SCÈNE II
UN APPARTEMENT RUE MONTUARTfiE, CHEZ DURILLON.
LE VICOMTE
Croyez bien , monsieur, que c'est malgré moi que j'ai consenti k la démarche qu'on me fait faire, (inquiet et élevant la voix.) Je saurai supporter avec dignité le malheur qui m'accable, (Déclamant.) et ne pas oublier ce que je dois au nom que mon père a illustré...
(Mme Durillon, qui a reconnu la voix du vicomte, se précipite dans le cabinet
do son mari.)
MADAME DURILLON
Qu'y a-t-il, monsieur Léopold? vous parlez d'un malheur?...
LE VICOMTE
Hélas ! madame , ne soyez pas témoin de ma honte ; je vois bien que M. Durillon hésite à me sauver, et...
MADAME DURILLON
N'en croyez rien, monsieur Léopold. (a son mari.) N'estce pas, mon ami?
M. DURILL0.N.
C'est que tu ne sais pas, madame Durillon, qu'il s'agit de trois mille* francs.
MADAME DURILLON
Eh bien, après?
M. DURILLON
Eh bien , c'est que je ne les ai pas , et je pensais que Ion père, qui connaît monsieur plus que...
MADAME DURILLON
Fi, monsieur, c'est abominable... Ce bon monsieur Léopold! si j'avais des économies, moi... Mais vous êtes si...
M. DURILLON
Allons, allons, cœur d'or, ne te fâche pas. Je vais faire autant et plus que le possible; voici quinze cents francs... que ton père en fasse autant, et...
LE VICOMTE
Monsieur, je ne puis tolérer qu'on me marchande ainsi plus longtemps; la dignité, l'honneur... (a Limier, en «o tournaat vers la porte.) Sortous... Adicu, madame!
MADAME DURILLON, A son mari.
Vous êtes un monstre, une âme sèche! je ne vous pardonnerai de ma vie. Donnez-moi ces quinze cents francs. — Je cours rejoindre ces messieurs , et je vais avec eux chez mon père.