‹ Les métamorphoses du jourChapitre 30 sur 49 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

UN APPARTEMENT RUE MONTUARTfiE, CHEZ DURILLON.

LE VICOMTE

Croyez bien , monsieur, que c'est malgré moi que j'ai consenti k la démarche qu'on me fait faire, (inquiet et élevant la voix.) Je saurai supporter avec dignité le malheur qui m'accable, (Déclamant.) et ne pas oublier ce que je dois au nom que mon père a illustré...

(Mme Durillon, qui a reconnu la voix du vicomte, se précipite dans le cabinet

do son mari.)

MADAME DURILLON

Qu'y a-t-il, monsieur Léopold? vous parlez d'un malheur?...

LE VICOMTE

Hélas ! madame , ne soyez pas témoin de ma honte ; je vois bien que M. Durillon hésite à me sauver, et...

MADAME DURILLON

N'en croyez rien, monsieur Léopold. (a son mari.) N'estce pas, mon ami?

M. DURILL0.N.

C'est que tu ne sais pas, madame Durillon, qu'il s'agit de trois mille* francs.

MADAME DURILLON

Eh bien, après?

M. DURILLON

Eh bien , c'est que je ne les ai pas , et je pensais que Ion père, qui connaît monsieur plus que...

MADAME DURILLON

Fi, monsieur, c'est abominable... Ce bon monsieur Léopold! si j'avais des économies, moi... Mais vous êtes si...

M. DURILLON

Allons, allons, cœur d'or, ne te fâche pas. Je vais faire autant et plus que le possible; voici quinze cents francs... que ton père en fasse autant, et...

LE VICOMTE

Monsieur, je ne puis tolérer qu'on me marchande ainsi plus longtemps; la dignité, l'honneur... (a Limier, en «o tournaat vers la porte.) Sortous... Adicu, madame!

MADAME DURILLON, A son mari.

Vous êtes un monstre, une âme sèche! je ne vous pardonnerai de ma vie. Donnez-moi ces quinze cents francs. — Je cours rejoindre ces messieurs , et je vais avec eux chez mon père.

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