‹ Les métamorphoses du jourChapitre 41 sur 49 · LE RENARD · texte numérisé non relu

LE RENARD

La petite s'est enfin décidée; il était temps; je commençais à me lasser de faire le pied de grue sous ses fenêtres. Si cela eût duré plus longtemps, je devenais ridicule.

A parler franchement, elle est charmante^ et elle vaut bien que je m'expose à quelques ennuis pour elle. Il est vrai aussi que l'uniforme de hussard est brillant, et que je ne le porte pas trop mal... Une chose m'inquiète. Elle va me tenir des propos ravissants en anglais; elle me dira des sentimentalités; c'est le défaut de ces petites pensionnaires... My dear... Quand j'aurai répondu : / love you, je serai au bout de mon rouleau, puis je bâillerai le second jour, et je regretterai le café de Paris. Bah ! je m'occuperai de son éducation pour me distraire. En attendant le monsieur en écharpe, qui doit nous marier, et qui ne viendra pas, je lui apprendrai à boire le Champagne. La pauvre enfant, j'en suis sûr, n'a encore bu que de l'eau.

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