‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 13 sur 112 · LE LIMAÇON · texte numérisé non relu

LE LIMAÇON

Tout beau ! je suis un financier.

Je laisse de l'argent derrière moi, les belles.

Théâtre en liberté^ 269 [La Forêt mouillée^ II).

On pourrait à la rigueur citer encore cette phrase, quoique la métaphore soit beaucoup moins nette ' :

Ce qui est hideux, c'est que la drôlesse était tout aussi

jolie aujourd'hui qu'hier. Son financier ne paraissait pas

sur sa figure. Les roses ont ceci de plus ou de moins que

les femmes, que les traces que leur laissent les chenilles

sont visibles.

Les Misérables, IV, 474 (IV, xn, a).

Le rouge est une couleur qui se prête facilement à la métaphore symbolique et antithétique. Victor Hugo oppose à la pourpre triomphante le costume rouge du forçat :

I. Voir encore, bien que Tidée ne soit pas la même, dans la Dernière gerhe^ la pièce intitulée le Colimaçon.

LES INFLUENXES DETERMINANTES 49

Leurs mains ont retourné ta robe, dont le lustre

Irritait leur fureur ; Avec la même pourpre ils t*ont fait vil d'illustre

Et forçat d'empereur.

Les Voix intérieures^ 35')"356 (XXX, i).

Ces deux pourpres se rencontrent sur les épaules de Napoléon III :

Ce vainqueur qui, béni, lavé, sacré, sublime, De deux pourpres vêtu, dans Thistoire s'assied, Le globe dans sa main, un boulet à son pied.

Les Châtiments^ 331 (VI, viii).

La tête même du brigand de décembre sera respectée avec horreur par le progrès. La révolution fera de cet homme un plus grand exemple en remplaçant sa pourpre d'empereur par la casaque du forçat.

Actes et paroles. Pendant Vexily 8a (1853, 0-

L'esprit du poète associe très souvent le sang et la pourpre. Le sang de Marie Mancini semble avoir un reflet de la pourpre romaine :

Quoique ma nièce soit Une fille de, race et dont le sang, en somme, A d'illustres reflets de la pourpre de Rome.

Les Jumeaux^ 393 (III, ij

Mais le plus souvent il s'agit du sang répandu. Il y a du sang dans la pourpre du conquérant et du despote : Napoléon I*', Cromwell, Richelieu, Napoléon III surtout, et en général tous ceux qui ont acquis ou conservé par la violence leur puis-

sance et leur gloire, tous ceux qui se plaisent à la cruauté :

Un sang royal teignit sa pourpre usurpatrice. Un guerrier fut frappé par ce guerrier sans foi. L^anarchie, à Vincenne, admira son complice, — Au Louvre elle adora son roi.

Odes^ et Ballades^ 113 [OdeSj I, xi, a).

Voilà rimage de la gloire ; D'abord un prisme éblouissant, Puis un miroir expiatoire Où la pourpre paraît du sang !

Tour à tour puissante, asservie, Voilà quel double aspect sa vie Offrit à ses âges divers.

11 faut à son nom deux histoires ; Jeune, il inventait ses victoires ; Vieux, il médiiait ses revers.

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