‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 25 sur 112 · I. Le temps · texte numérisé non relu

I. Le temps

92 LA COULEUR, LA LUMIERE ET l'oMBRE

Qui la caresse et qui la sert.

A Tabri d'un porche héraldique Sous un beau feuillage pudique Il la cache jusqu'au nombril ; Et sous son pied blanc et superbe Étend les mille fleurs de l'herbe, Cette mosaïque d'avril.

Les Voix intérieures y 339 (IV, v).

Les lilas, les muguets, les glycines, faisaient dans les fourrés un bariolage exquis.

Les Travailleurs de la mer y II, 333-334 (III, m, 5).

La moisissure rose aux écailles d'argent

Fait sur l'obscur bourbier luire ses mosaïques.

Les Châtiments^ 379 (VII, iv).

Nous avons déjà rencontré deux fois le mot tatouage. Le poète emploie volontiers cette métaphore, comme une de celles qui peuvent bien exprimer l'opposition vive des couleurs ou la netteté des dessins. Les vieux clochers sont tatoués ; les broderies du costume breton, les couleurs écla- , tantes des blasons sont autant de tatouages. Dans ces deux der^niers cas, il faut considérer, outre Timage, le symbole : le tatouage est une habitude de la sauvagerie : c'est donc bien le mot qui convient au vêtement du paysan inculte ; c'est aussi un mot qui s'harmonise avec la barbarie féodale :

Les clochers tatoués, gaufrés et guillochés des quarantequatre églises de la rive droite.

Notre-Dame de Paris^ I, 200 (III, u).

LES INFLUENCES DETERMINANTES ()}

Si Ton veut comprendre la Vendée, qu'on se figure cet antagonisme, d'un côté la révolution française, de l'autre le paysan breton. En face de ces événements incomparables... qu'on place ce sauvage grave et singulier, cet homme à l'œil clair et aux longs cheveux... ayant sur le dos une veste de cuir avec des arabesques de soie, inculte et brodé, tatouant ses habits comme ses ancêtres les Celtes avaient tatoué leurs visages.

Quairevingi'irei^e, 251 (III, i, i).

Tatouage éclatant, la gloire féodale Dore vos morions, blasonne vos écus.

L'Année terrible^ 39 (Septembre, i).

Hideux, casqués, dorés, tatoués de blasons.

Il faut que chacun d'eux* de meurtre se repaisse.

/A., 60 (Octobre^ 11).

L'idée de sauvagerie arrive même parfois à dominer si bien que Victor Hugo parle du tatouage pour désigner une couleur uniforme, quand il s'indigne contre le badigeonnage des édifices :

Le badigeonnage, lui, se contente d'être stupide. Il n'est pas dévastateur. Il salit, il englue, il souille, il enfariné, il tatoue, il ridiculise, il enlaidit ; il ne détruit pas.

Le Hhtn, I, 436 fXXII).

La façade... serait belle si elle n'était badigeonnée (en rouge toujours I), et, qui plus est, ornée d'affreux personnages peints accoudés à un balcon figuré qui est dans le style gothique de 1810. La cour intérieure a subi le même

tatouage.

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