‹ Les métaphores et les comparaisons dans l'œuvre de Victor HugoChapitre 99 sur 112 · I. Eviradnus · texte numérisé non relu

I. Eviradnus

£tdu farouche vent des cimes enivrée, Terre et cieux ! aboutit à la Suisse en livrée !

La Légende des siècles ^ III, 96 (XXXI, 11).

A Tombre de Melchthal, à Tombre du mont Rose,

La Suisse trait sa vache et vit paisiblement.

Sa blanche liberté s'adosse au firmament.

Ib., 107.

Cent mille ardents soldats, héros et non victimes, Morts dans un tourbillon d'événements sublimes. D'où prend son vol la fière et blanche Liberté.

Le^ Quatre vents de l'esprit, l, 83 (Liv, sat.^ XIX).

O libre France enfin surgie 1 O robe blanche après Torgie î O triomphe après les douleurs !

Les Châtiments^ 434 (Lux^ 1).

Oh ! qu'il serait urgent d'arrêter net le gouffre En pleine éruption de lumière, et la paix.

Le progrès s'évadant des nuages épais, La science, et, montant là-haut vers le solstice, L'âme, et cette blancheur céleste, la justice !

Toute la lyre, II, 319-320 (La Corde d'airain, xii).

C'était la deuxième apparition blanche qu'il rencontrait. L'évèque avait fait lever à son horizon l'aube de la vertu ; Cosette y faisait lever Paube de l'amour.

Les Misérables^ II, 339 (II, iv, 5).

La sérénité de la poésie est une blancheur aussi. Dans Timmense édifice des livres, Tœuvfe homérique apparaît à Victor Hugo comme un bas-relief en marbre blanc. Les odes d'Horace le font penser à des vases d'albâtre :

A gauche de l'entrée, on a scellé le vieux bas-relief en

marbre blanc d'Homère.

Notre-Dame de Paris, I, 291 (V, n).

Les odes d'Horace font vaguement songer à des vases d*albâtre. Telle strophe semble portée par deux bras blancs au-dessus d'une tête lumineuse. C'est ainsi que de certains versets de la Bible semblent revenir de la fontaine.

Tel est Horace. D'autres ont des dons plus augustes... Horace, lui, règne par le charme serein. 11 a ce qu'on pourrait nommer la blancheur du style.

Post'Scriptum de ma vie, ai (Utilité du beau).

Victor Hugo oppose à la prose, qui est Tairain, le vers, qui est le marbre. La beauté pure exige le marbre blanc :

Il y a des sujets qui peuvent être indifféremment traités en prose ou en vers, taillés dans le bloc ou coulés dans la fournaise. Ce sont ceux où se mélangent dans une proportion quelconque l'humain et le divin, l'idéal et le réel. Il y a d'autres idées qui exigent impérieusement le marbre blanc, transparent et rêveur du vers. La beauté pure veut le vers. Une Vénus en bronze serait une négresse.

Post'Scriptum de ma vie, ')8 (Tas de pierres , in).

Il voit le vers ouvrir ses ailes blanches ; il voit quelquefois une ombre passer sur les blanches métaphores de Virgile et d'Horace :

Je compare, en mon cœur que ton ombre* accompagne, Ta verte poésie et la fraîche campagne; Je t'évoque partout ; il me semble souvent Que je vais te trouver dans quelque coin rêvant,

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