‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 155 sur 248 · Traduction de Strahon, t. IV, 2® part., p · texte numérisé non relu

Traduction de Strahon, t. IV, 2® part., p

2. De Lapid., ^ 9, t. I, p. 688, ed. Schneider. — Schneider a

Qt X1601. TvfîtovTau... ol p.gTa}^);£UTol, au masculin;

7î SX. TouTwv.... a^Tocç, au féminju.

Toutefois, comme un manuscrit a donné Trpoa'Xaêwv, j’aimerais mieux lire : ska Trpoa'Xa^wv. Elm continue la construction du second membre : ska [astoc y?i; Tivoç X(X(xtv£u6slç , et se trouve confirmé par Étienne de Byzance : ska zpaOslç yaV/.w. La correction de Coray, qui consiste simplement à changer v] en yi , et à faire ainsi du relatif une conjonction, paraît fort plausible; mais en réalité elle va contre l’esprit du passage ; car Strabon avance trois propositions affirrnatives, et la conjonction au rendrait la dernière hypothétique. Du reste, en laissant le texte tel qu’U est, on peut l’expliquer grammaticalement, et dans aucun cas, il ne saurait subsister la moindre incertitude sur le sens général.

La question grammaticale discutée et éclaircie, il nous reste à traiter la question physique, ce qu’on n’a point fait jusqu’à présent. Quelle est cette pierre merveilleuse, qui produisait de si surprenants effets, qui engendrait le fer, le zinc et transformait le cuivre en laiton ? C’est la pierre calaminaire ou la miue de zinc. Disons d’abord que la matière appelée par les Grecs ^£uSapyupo<;, est, selon toute vraisemblance, notre zinc. Tel qu’on l’obtient par la fusion , le ?inc est une substance dore, sans être cassante, d’un blanc assez brillant, et que l’antiquité a pu désigner convenablement sQus le nom de faux argent. Ce métal est grand ami du fer, et il se trouve très:SOuyent avec lui. Dans la

écrit §1’ lieu de §1’ Qt^Taç : « auxoc;, dit-i|, aa^tayi ia

auTouç. » {Ânnot, ad de fjàpiçlf. , p IV^ p. G’est pn toft.

plupart des mines de fer, il s’en rencontre en plus ou moins grande quantité ; cependant alors sa présence ne se révèle qu’à la suie des fourneaux. Comme il est extrêmement volatil, il se sublime aisément sous l’action du feu vif qu’on emploie pour réduire le rainerai du fer, et il s’attache sous une forme concrète aux parois des cheminées des fonderies. C’est cet enduit qu’on appelle la cadmie des fourneaux^ ^ et qui pulvérisée et fondue avec le cuivre rouge, le transforme en cuivre jaune ou laiton. Le procédé se uomme^cémen-talion. Mais le zinc a aussi sa mine ou plutôt ses mines propres dont on l’extrait en vapeur ou en fusion ; ce sont la calamine, qu’on appelle encore cadmie fossile, et la blende; or, ces deux mines contiennent toujours du fer avec le zinc, et la blende, en plus grande quantité que l’autre. Voilà donc une pierre qui réunit déjà deux conditions de celle d’Andira, puisqu’elle contient du fer et du zinc ou du faux argent; poursuivons. Nous venons de dire que le laiton ou cuivre jaune s’obtient par la cémentation de la cadmie des fourneaux, ou concrétion du zinc sublimé; on le produit encore en alliant le zinc fondu avec le cuivre rouge. Mais le plus beau et le meilleur tout à la fois, c’est celui que donne la cémentation de la mine même du zinc, cémentation qui consiste à réduire en poudie la pierre calaminaire , à la mêler avec une égale quantité de poudre de charbon un peu humectée, et à recouvrir de ce mélange les lames de cuivre rouge, qu’on met ensuite au fourneau. Voilà donc la troisième condition

1. Les anciens qui nous ont transmis le nom de cadmie^ en connaissaient aussi l’usage, comme il se voit par Pline fNat. Hist., XXXIV, 2 et 22) et Dioscoride (V, 84).

remplie, puisque la même pierre, s’adjoignant le cuivre, le transforme en laiton.

Je n’ai pas encore tout dit ; Strabon n’a prétendu établir aucune solidarité entre les trois effets de la calamine, et s’il les présente successivement et comme en relief, c’est pour faire de cette pierre une sorte de curiosité naturelle. Quant à la terre qu’on ajoutait à la chaux du zinc, c’était sans doute un fondant pour la rendre plus fusible, comme on se sert encore de poussière de charbon. 11 est peu de minerais qui n’aient besoin d’un pareil auxiliaire ; ainsi la mine de fer, si elle est chargée de matière calcaire, demande l’addition d’une certaine quantité de terre vitrifiable, et si elle est mélangée de matière vitreuse, demande l’addition d’une certaine quantité de terre calcaire. Notons d’ailleurs que l’emploi de ces agents pour accélérer la fusion fut pratiqué des anciens. L’auteur des Récits merveilleux^ dans un passage fort important pour la connaissance de la métallurgie antique, nous apprend que les Chalybes, en fondant leur fer, y jetaient de la pierre appelée pjromaque , qui se trouve abondamment dans leur pays : « napep.êàl>.£tv tov U xupipt.a^ov za'XoujAsvov )^iGov • slvai £v xoXuv^. »

Aristote, qui paraît avoir fait en grande partie les frais de ce passage, donne à peu près le même détail dans Météorologiques^', et Théophraste à la suite d’une phrase citée plus haut , lorsqu’il parle des pierres fusibles, dit à son tour ï a C’est ainsi que les pierres « pyromaques et les pierres de meulière entrent en

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