‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 154 sur 248 · De Mirahil. Auscult.y p. 132 sq · texte numérisé non relu

De Mirahil. Auscult.y p. 132 sq

cqpe : « environs d’AnçJira, on trouve! une espèqe <c de pierre qui se change en fer par l’action dn feu ; cc ce fer mis ensuite en fusion avec une certaine terre, « produit le zinc. Du mélange de ce dernier avec du « cuivre, résulte pe métal que quelques-uns appellent (ç oricljalque. Ainsi d’après cette traduction , npus aurions ici un enchaînement d’effets devenant causes à leur tour, et dont la pierre d’Andira serait le principe générateur : celle-ci produirait le fer, le fer produirait le zinc, et le zinc uni au cuivre produirait l’orichalque. Mais qui jamais a pu avancer que le fer produit le zinc B Sans doute ils se rencontrent souvent dans le meme minerai; mais les deux métaux y sont parfaitement distincts; on sait qu’un métal n’est presque jamais isolé dans sa mine, et qu’il s’en trouve ensemble jusqu’à trois et quatre et au delà. L’or est toujours rnélé d’une plus ou moips grande quantité d’argent; dira-t-on pour cpla que l’or prpduif l’argepl;, ou que l’argeni: produit l’or?' L’argent se trouve très-souvent mêlé de plomb et de cuivre; peut-on dire qu’il les produit, ou qu’ils le produisent? Telle est cependant l’énormité que le dpeteur floray prête à Strabon* Mais si le géographe avait commis l’erreur ? Il n’en est point ainsi, et la faute est tout entière au traducteur. La phrase de Strabon se compose de trois propositions ayant un seul sujet, qui est ^(ôoç ; jl suffit d’un coup d’œij pour s’en convaincre : âè Tuept joc "^4^â“et.pa, qç

« zaïo'jLsvoç Gi^Tipoç yivETca. — Il est aux environs d’An- « dira une pierre qui, brûlée, devient du fer. » eIt(Z « p,£Toc Tivoç xajJLLveuGslç (ZTrocTaÇei ij;£U(^apYupov. En- « suite calcinée au fourneau avec une pertaipe terre, cc elle distille du faux argent. « Il est évident que c’est

encore la pierre qui calcinée au fourneau , distille ce faux argent, et qu’on doit reprendre devant zafxtveuSeiç. Qu’a fait cependant Coray? Il a supposé trois sujets différents aux trois propositions, transformant l’attribut de la première en sujet de la seconde, et l’attribut de la seconde en sujet de la troisième. Ainsi pour lui, ce n’est pas T^tOoç qu’on doit reprendre devant xapuveuôsl;, mais l’attribut delà première

proposition. C’est là, ne craignons pas de le dire, fausser la syntaxe grecque ^ Si le docteur eût jeté les yeux sur un autre géographe, sur Étienne de Byzance, il se serait sans aucun doute aperçu de son erreur. Au

mot’Av(^£tpa, en effet, Etienne de Byzance reproduisant la phrase de Strabon,la simplifie et l’éclaircit : « An-

i . Une chose à noter, mais que je ne remarque certainement pas à la décharge de Coray, c’est que Savot, haVûle numismatiste, mais qui n’était que peu ou point du tout helléniste, a traduit à peu près comme lui la phrase de Strabon : « Slrabon, dit-il, sur « le subjet du mot Andcira^ dit qu’auprès de cette \ille, même « suivant l’opinion de quelques-uns, proche le mont Tmolus^ se K trouve une certaine pierre, laquelle estant fondue rend du fer : a par après si on mesle dans le fourneau ce fer avec une certaine a terre, qu’il en découle, et s’en fait un certain minéral , qu’il « appelle pseudargyriim , avec lequel, si on adjouste du cuivre, « on en fait Vnrichalcum ou laiton. » (Discours sur les Médailles antiques^ p. 110.)

Le docteur Coray publia plus tard une édition du texte de Strabon, avec des notes en grec littéral; j’ai vérifié s’il était revenu sur le sens de la phrase , et je me -suis assuré qu’il nous avait donné son dernier mot ; voici, en effet, ce que dit sa note : « Pour a la leçon et pour le sens de ce qui suit, voyez ce que j’ai remar- « qué dans la traduction française. — Oepi lï a iTrojXEvojv, sTTiôi TOC cy)pt.£Ko6évTa poi Iv FaXXix^ pe-

« Ta*.ppà(7£t (t. IV, p. 279). »

«dira, dit-il, où se trouve une pierre qui brûlée « devient fer ; ensuite, calcinée au fourneau avec une « certaine terre, elle distille du faux argent ; puis mêlée « au cuivre, elle devient orichalque. Ainsi le racontent « Strabon et Théopompe dan^ leur treizième livre. — « '''Av^eipa * SV "Xtôoç, oç zaio[X£Voç, Gi^vipoç yiyveTai * eiroc « [ASTa y*?iç Tivoç xapuvsuôelç , (XTZOGTa(ei <|/£u^(zpyupov * dra. « zpaÔElç yocX}i(à, 6peiyocXx.oç ytyv£Tai. STpaêwv ly' x.od 0£o-

« X0(A7U0Ç ty^\ »

Il est vrai que le dernier membre de la phrase de Strabon surprend d’abord par une apparente irrégularité ; car, après nous avoir dit : ô; z«(.o[A£voç, za(Atv£u- G£iç, rhistorien passe brusquement au féminin de la façon suivante : y\ xpodlaêouda y^aVzov, etc. Ce changement de genre embarrassait beaucoup Goray; écoulons sa note : « Beckmann, dit-il exprime un peu « différemment ce passage de Strabon, qui, en effet, « n’est pas fort clair. Cet yi xpoçlaêoGaa (au féminin) « ne se rapporte à rien dans la phrase. Si l’on adop- « tait pour le second mot la variante xpo<7>.aêwv (au « masculin) de quelques manuscrits, et qu’on chan- « geât le premier en ri (avec esprit doux), comme il « est écrit dans le nôtre, 1393, il faudrait alors Ira- « duire : On trouve une espèce de pierre qui se change

1 . A la place du second nombre lyS qui me paraît attiré par le premier, je proposerais de lire xe', chiffre donné en toutes lettres par le scholiaste d’Apollonius de Rhodes (Voyez p. 221). Le§ deux citations, en effet, doivent appartenir au même passage, et M. Wichers, l’éditeur des Fragments de Théopompe ^ s’est évidemment trompé en plaçant la citation d’Étienne de Byzance au XIII® livre des Philippiques, et celle du scholiaste au XXV® {Theopompi Fragm.^ p. 84 et 96; cf. p. 192 sq. et 225).

« en fer par Vaction du feu : ce fer mis ensuite en « fusion acec une certaine terre ^ produit le zinc : s’il cc est uni (j\ lïpoGlaêwv), m^ec du cuivre^ il se change « en métal, que quelques-uns appellent du nom d’ ori- « chalcum^. ))

On voit que cette pote ne touche point du tout au fond de la difficulté, et qu’elle cherche seulement à régulariser une construction. Le docteur trouve que cet TrpodTvaiooGaa (au féminin) ne se rapporte à rien dans la. phrase ; moi je trouve qu’il se rapporte à trop de choses, et que c’est ce qui le rend un peu embarrassant* On peut, en effet, le mettre en rapport avec qui n’en est séparé que par trois mots, et avec le sujet principal; car )aôoç est des deux genres. Que ce dernier rapport soit le seul légitime, cela est incontestable ; il suffira de rappeler que Théophraste, dans le traité des Pierres, a souvent passé du masculin au féminin de 'XlOoç, et qu’il offre des exemples de cette permutation dans une même phrase. Ainsi, au sujet des pierres fusibles : « Quant à la combustion « des pierres, dit-il, quelques-unes se fondent et se li- (( quéfient, comme les métalliques; celle, en effet, qui (c contient l’argent, le cuivre et le fer, se liquéfie avec K ces métaux, soit à cause de ITiumidité des substances (( renfermées en elle, soit aussi par sa propre nature. « — Kc^và Sè TiQV T:u,pfO(jt.v, oi [xèv T7i/-ovTat. xccl psQuaiv, wtJTUsp (c oi p/.£Ta'X‘X£UTof : p£i '^'àp tw apyupco /-ocl tw (< TW cri^'épw '/I VA. toutcov, £it’ oùv T'^V uypoT7)Ta

cc TWV êvUTCapyOVTCOV, £IT£ Y.C/X auTCCÇ^. )■>

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