‹ Les métaux dans l'antiquitéChapitre 204 sur 248 · Paris, Firmin Didot · texte numérisé non relu

Paris, Firmin Didot

deux savants allemands ont le mérite d’avoir mis un peu plus d’ordre et de méthode dans leurs dissertations, Bocliart a l’avantage d’avoir fait à peu près tous les frais de l’érudition du sujet.

Quant aux divers sens qu’il convient d’attacher au mot électre^ les uns et les autres en sont restés à la distinction de Pline, distinction insuffisante et fausse.

Si je reprends à mon tour une matière si souvent traitée, ce n’est pas seulement pour compléter ce que j’avais à dire de l’orichalque, qui finit par se confondre avec l’électre, c’est encore et surtout, je l’avoue, pour montrer que l’électre ne pouvait révéler sâ véritable nature qu’à celui qui l’étudierait en suivant la méthode que j’ai appliquée à l’orichalque. •

AGE MYTHIQUE DE l’ÉLECTRE.

A coté de la métallurgie terrestre et réelle, il y eut dans l’antiquité une métallurgie tout idéale, éclose du cerveau des écrivains. Pour répandre du merveilleux sur un objet, les poètes n’hésitaient point à créer des substances qui n’avaient rien de correspondant dans la nature, mais qui, parle vague éblouissant du nom, et par le rôle qu’on leur faisait jouer, semblaient appartenir à un monde surnaturel, et réveillaient dans l’esprit des images qu’il complétait, en les agrandissant. L’orichalque est un exemple irrécusable de ces sortes de créations ; nous avons ici l’autorité des faits et l’aveu meme des anciens. Le chalcolihanon^ nous l’avons vu, n’eut point d’autre origine. Qu’est-ce maintenant que 'l’électre? Encore une invention du génie poétique. *

Les anciens poètes grecs appelaient le soleil et Homère lui a donné plus d’une fois ce nom^ y-Twp vient lui-méme de vîXio;, lequel dérive à son tour de EV/i ou siXt), puis éXsr/i, qu’Hésychius définit par : *H TOü tiXlou aùyv], l éclat du soleil'^. C’est d’T^Xsy-Twp què fut ensuite formé Tilsz-Tpoç, par le seul déplacement du p.

L’intention évidente des poètes était de désigner sous ce nom une substance capable de rivaliser par son éclat avec l’astre meme de la lumière. Mais quelle a pu être la substance d’abord ainsi nommée? Remontons au premier emploi du mot.

L’Homère de V Iliade n’a point connu l’électre; l’Homère de VOdjssée en a fait mention jusqu’à trois fois. Dans ce dernier poème, Télémaque fait admirer au fils de Nestor l’opulente richesse du palais de Ménélas, où resplendit Péclat du cuivre, de l’or, de rélettre, de l’argent et de l’ivoire,

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Xp'jffoïï t’ -PiXéxTpou T£, xai apyupou, Ditpavxoç®.

Ailleurs, il s’agit d’un collier que veulent vendre des pirates phéniciens, et il est dit de celui qui l’apporte :

Xpuaeov oppiov (xetoi S’ riXéxrpoiatv esp-ro*.

(c Ayant un collier d’or, auquel était aussi associé (c l’électre. »

Dans le troisième passage , il est encore question d’un ornement de cou, celui qu’Eurymaque fait

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