Thesaur. Numism. a Petr. Maurocenn.^ p. 74 et
Caracaîla, on voit Rhée tenant Jupiter dans ses bras, et autour d’elle trois Curètes qui la protègent du bruit de leurs boucliers.
Sur la seconde , frappée sous Maximin , Rhée est aussi entourée de trois Curètes, qui font retentir leurs
armes.
Je ne dois point omettre de signaler une troisième et rare médaille qu’a publiée P. Séguin \ Frappée par les Apaméens, sous Dèce , cette moïmaie reproduit j avec quelques détails de moins, le revers de celle des Laodicéens : trois Curètes armés couvrant de leur protection la mère, qui tient son enfant dans ses bras. Je dis Curètes pour les raisons apportées plus haut, et sans laisser, comme le savant numismatiste Séguin, la faculté de voir ici des Corjbantes^ si mieux on aimait : « Quis non videat viros illos très Curetes cc esse aut Corybantes ? »
Remarquons encore au sujet de ces médailles qu’elles appartiennent à la Pbrygie , et que ce sont par conséquent autant de voix qui réclament pourcette contrée le privilège d’avoir servi de berceau à Jupiter. Toutefois, ces nouveaux témoignages n’enlèvent point à la Crète la supériorité que nous ayons constatée en sa faveur.
C’est donc un fait bien établi que l’antiquité confia généralement aux Curètes seuls la garde de Jupiter enfant. Et puisque nous en sommes sur les différences qui les pouvaient distinguer des Corybantes, disons aussi que les Curètes figurent généralement au nombre de trois.
1 , Select. Numism.^ p. 188,
Comme les Corybantes, les Gurètes passèrent-ils de la Pbrygie en Samotbrace ? Lors même qu’aucun texte ne le dirait explicitement, le silence n’autoriserait point ici la négative; car rien n’assure que l’affirmation, quia été si positive relativement aux Corybantes, ne comprend point les Curètes : nous avons vu, et nous verrons plus clairement encore, que, pour beaucoup d’écrivains, ces deux noms désignaient absolument les mêmes personnages. Mais je puis heureusement alléguer un témoignage positif. Dans l’hymne orphique adressé aux Curètes on leur décerne comme titres à la vénération de faire retentir
l’airain, de porter des armes martiales et d’être les
habitants de la Samothrace, terre sacrée :
Ot T£ kpYjv /^ôova, vaiETocovxeç^.
Et quelques vers plus bas, le poète, confondant luimême les Curètes avec les Corybantes, va jusqu’à les appeler rois de la Samothrace : KoupTjTsç Kopuêavvsç, h
2a(xo6p7]V.'ij avcocTÊÇ.
Suivons maintenant les Curètes oii la tradition leur faisait jouer leur plus grand rôle, dans la Crète. Après ce qui a été dit de la richesse métallique de cette terre, avons-nous besoin d’ajouter qu’ils durent s’y trouver non pas seulement comme gai diens de Jupiter, mais comme métallurges ? Suivons-les donc dans une autre île , dont le sol devait exercer sur eux une attraction encore plus puissante que la Crète, dans l’île d’Eubée.