LE CLOUD-RING
« Ce mouvement s'arrête au moment de la plus grande chaleur du jour; les nuages restent quelque temps stationnaires ; puis un mouvement inverse se produit : les masses d'air redescendent, s'échauffent par le fait de leur contraction résultant de leur plus grande pression et par le voisinage d'un sol échauffé par le soleil ; la vapeur d'eau se dissout de nouveau et les nuages disparaissent. L'air devenu serein peut descendre au-dessous du point de saturation, mais le sol se refroidissant plus que lair, condense la vapeur avant que Tair soit arrivé à ce terme; c'est ce que j'ai souvent observé et ce que confirme d'ailleurs la marche diurne de la tension de la vapeur d'eau : vers dix heures du soir la tension diminue rapidement dans toute la hauteur de l'atmosphère quoique l'air soit assez loin de la saturation. Il y a donc précipitation de vapeur sans que l'air soit saturé, et même quand son degré d'humidité relative n'atteint que 75 ou même un degré moindre. Cet effet de condensation, d'extraction de la vapeur du sein de l'air qui la tenait en dissolution est naturellement d'autant plus marqué que le sol est plus sec ; quand il est déjà humide, soit par suite de pluies précédentes, soit par la nature du sol, le voisinage de ruisseaux et surtout de marais, le refroidissement total produit des brouillards locaux de quelques mètres de hauteur. »
Distribution des nuages — Cloud-ring.
La distribution des nuages dans les différentes régions du globe est connue par des observations trop incomplètes pour qu'on puisse en déduire des lois générales. Cette distribution est d'ailleurs évidemment en
kO LES MÉTÉORES.
rapport avec la quantité de pluie tombée dans chaque région, et nous résumerons bientôt les données recueillies jusqu'ici sur cette partie de la météorologie, qui se rattache si directement à la culture, à la fertilité du sol.
Cette fertilité n'est pas due seulement à l'action bienfaisante delà pluie qui arrose nos champs, ni à la neige qui les protège pendant l'hiver. Les nuages, en s'étendant au-dessus de la terre, lui conservent sa chaleur ou la protègent contre la sécheresse, et, comme Ta très-bien fait observer Maury * : « quand leur tâche est accomplie en un point, les vents les transportent ailleurs pour y remplir le même rôle régulateur. »
C'est dans la zone des calmes équatoriaux qu'on peut surtout apprécier cette influence des nuages sur le c'imat et sur les productions végétales. Tandis que dans la région des alizés, au nord et au sud de Téquateur, le ciel est généralement clair ou semé de légers nuages, on voit au contraire, en approchant delà zone des calmes, le ciel s'obscurcir et se couvrir d'épaisses vapeurs, provenant des masses d'air saturées d humidité que les alizées amènent incessamment dans cette zone. Le dais de nuages ainsi formé s'étend autour de la terre comme un anneau (Cloud-nng)^ qui, suivant la saison, se transporte du nord au sud et du sud au nord dans certaines limites, protégeant alternativement contre l'ardeur du soleil les divers parallèles qu'il couvre, et y ramenant la pluie à des époques déterminées.
1. Physical geography of the sea and ils meteorology, by M. F. Maury, 9* édition.