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NIMBUS ET CUMULUS

Howard, il se hâta d'en vérifier les principes, et entreprit, dans ce but, une suite d'observations. Ces observations ont principalement été faites pendant le cours d'un voyage en Bohême, du 23 avril 1820 au 28 mai de la même année ; elles sont accompagnées de considérations générales sur lesquelles nous devons appeler im instant l'attention.

« Goethe distingue, avec plusieurs météorologistes, trois régions dans l'atmosphère : la plus élevée se ca ractérise par sa sécheresse; elle tend à absorber l'humidité des régions plus basses; dans cette région, le ciel est clair ou couvert de quelques nuages disposés en cirrus. Goethe n'a pas fait la remarque que, dans les hauteurs glacées de l'atmosphère, la vapeur se convertit en neige, et que les cirrus sont des amas de flocons neigeux. A la région intermédiaire appartiennent les cumulus, dont les formes bizarres et changeantes sont devenues, chez l^s habitants des montagnes, la source de superstitieuses croyances; au-dessous des cirrus el des cumulus s'étendent les stratus, qui occupent la plus basse région de l'atmosphère.

« Les régions basses et les régions élevées sont dans un état de conflit perpétuel: tantôt la région supérieure l'emporte, et les cumulus dissociés s'élèvent et se dissipent sous forme de flocons; tantôt, au contraire, la région inférieure est plus puissante: le cumulus s'allonge en stratus, et l'amas de nuages devient un nimbus chargé de pluie. La formation des nuages peut suivre une marche opposée: d'épais brouillards s'élèvent de la terre sous forme de stratus allongés ; ils se groupent alors en épais cumulus ou se dissocient pour produire des cirrus. Gœthe insiste sur ce conflit des hautes et basses régions de l'atmosphère ; il eroit avoir

remarqué que les vents de Test et du nord concordent avec l'action des régions supérieures, ceux de Touest et du sud avec l'action des régions inférieures. »

Prodaction des nuages dans les sones tempteées.

L'éminent météorologiste, M. Renou, analyse dans sa Théorie de la pluie ^ ce qui se passe le plus fréquemment chez nous, en fixant les idées par un exemple bipn choisi : « Supposons, dit-il, que, par un temps clair dans nos contrées, la température soit de 12* dans le milieu du jour et Thumidité relative à 85', le point de rosée sera à 3" 5, c'est-à-dire que lair refroidi jusqu'à 3*5 arriverait au point de saturation. Le courant ascendant, produit par Tinsolation, fait monter Tair échauffé par masses ondulantes, irrégulières, contrariées dans leur mouvement par le mouvement contraire de masses équivalentes, ou presque équivalentes d*air froid des régions supérieures de Tatmosphère. Cet air chaud, dont le mouvement ascensionnel est visible à Tœil nu, s'élève à une hauteur d*autant plus grande que l'insolation est plus forte, que le baromètre est plus bas et que sa baisse se fait plus rapidement. Arrivé vers 1000 mètres de hauteur, l'air prend, par le fait de son expansion, une température de 3*5, c est-à-dire qu'il arrive au point de saturation ; il se trouble et donne naissance à des cumulus, dont la base déterminée par une condition physique bien nette est formée par une surface horizontale, mais dont la tête forme des mamelons qui s'élèvent d'autant plus que le courant ascendant est plus énergique.

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