Revue des cotirs scientiliq'uesj 5* année, n
siennes. Sur plusieurs lacs de la Suisse on a aussi observe d'abondantes diffusions d'électricité terrestre. Une société de naturalistes embarquée sur celui de Morat a confirmé les rapports des bateliers qui prétendent avoir traversé des nappes de feu.
Orages dans les montagnes.
Un ingénieur suisse, M. Buchwalder, était occupé d'opérations géodésiques sur le sommet du mont Sentis, à 2500 mètres de hauteur, lorsqu'il fut surpris par un violent orage. « De grands nuages, dit-il, venant de l'ouest, se rapprochèrent et enveloppèrent la montagne. Bientôt un vent impétueux annonça une tempête : le tonnerre retentit dans le lointain, et la grêle tomba avec une telle abondance, qu'en quelques minutes elle couvrit le Sentis d'une couche glacée. Nous nous réfugiâmes dans notre tente, dont je fermai toutes les issues pour ne pas laisser de prise au vent. Quelques instants l'orage parut se calmer, mais c'était un silence, un repos pendant lequel se préparait une crise terrible. En effet, à huit heures du matin, le tonnerre gronda de nouveau, plus rapproché, plus violent, et presque sans discontinuer pendant des heures entières. Lassé de ma longue réclusion sous la tente, je sortis pour voir l'état du ciel et mesurer l'épaisseur de la grêle tombée. A peine avais-je fait quelques pas au dehors, que la foudre éclata au-dessus de ma tête, avec tant de fureur que je jugeai prudent de regagner l'abri de la tente, où mon aide me suivit. Pour diminuer le danger d'être atteints par la foudre, nous nous couchâmes tous deux côte à côte sur quelques planches. En ce moment, un nuage épais et noir comme