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COURONNES

tôt entourée d'anneaux irisés, séparés par des intervalles égaux.

Halos colorés. •- Parhèlies.

Dans les phénomènes dont nous allons nous occuper, ce ne sont plus des gouttelettes d'eau, mais de petits cristaux de glace qui modifient la lumière. Nous sommes quelquefois enveloppés de brouillards formés par ces particules ; elles existent fréquemment, comme l'ont constaté les aérônautes, dans les hautes régions de l'atmosphère où elles constituent les nuages appelés cirrus.

Si la marche du rayon lumineux dans les petites sphères nous a déjà donné de si belles apparences, nous pouvons prévoir que lorsqu'il traversera les limpides cristaux aux nombreuses facettes, nous trouverons encore à admirer d'harmonieuses combinaisons de lignes géométriques et de couleurs.

Dans nos climats tempérés, les phénomènes de cet ordre qu'on observe le plus souvent sont les halos^ cercles colorés qui entourent le soleil ou la lune, mais qui diffèrent des couronnes. La disposition des couleurs du spectre y est ordinairement inverse, c'est le rouge qui est placé en dedans. Les distances des cercles à l'astre sont constantes et beaucoup plus grandes que dans les couronnes. Ainsi le halo intérieur a 22 ou 23 degrés de diamètre ; le second, appelé habituellement extérieur, 46 degrés, et le troisième, 99 degrés. M. Brewster a imité les halos en plaçant devant une lampe une vitre recouverte d'alun cristallisé. Pour bien comprendre la formation de ce phénomène, il faut supposer un très-grand nombre d'aiguilles prismatiques

suspendues dans Tatmosphère. Ces prismes, dans de certaines positions, peuvent tourner assez longtemps sur eux-mêmes sans que la déviation des rayons réfractés change sensiblement. La multiplication de ces rayons dans une direction unique donnant à Foeil une impression plus vive, on voit se former des bandes colorées qui se superposent comme dans Tarc-en-ciel.

Quand le soleil ou la lune se trouvent près de Thorizon et que, dans un air calme, les aiguilles de glace se placent verticalement, il se forme sur le diamètre horizontal des halos, et un peu en dehors de chaque cercle, des taches brillantes, images diffuses de l'astre, qui prennent les noms de parhélies ou de parasélènes. Les parhélies, ceux du halo intérieur surtout, ont une belle coloration où toutes les nuances du spectre suivent le rouge, placé du côté du soleil. Quand cet astre s'élève, les taches s'éloignent des cercles en restant toujours sur le diamètre horizontal.

Sur les halos viennent quelquefois s'appuyer des arcs

tangents^ brillamment colorés. Les plus fréquents sont

ceux qui se forment symétriquement aux extrémités du

diamètre vertical du halo de 23 degrés. Ceux du lialo

extérieur, plus rares, mais plus nombreux, le touchent

non-seulement dans la verticale dii soleil, mais encore

aux points latéraux distants de 45 degrés. Le plus

élevé de ces arcs, qui a le zénith de Tobservateur pour

pôle, est quelquefois désigné sous le nom de cercle circum^zénithaL

Nous ne pouvons entrer dans des détails sur la manière dont ces apparences sont produites par la réfracdon de la lumière dans les cristaux, M. Bravais, dans ses savantes recherches sur ce sujet, ne s'est pas contenté de trouver par le calcul toutes les circonstances

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du phénomène ; il est parvenu à en donner la reproduction artificielle dans une chambre obscure au moyen d'un prisme en glace qu'il faisait tourner très-rapidement en y projetant les rayons solaires.

Arcs blancs. — AnthéUes.

Les apparences que nous avons encore à décrire sont toujours entièrement blanches, ce qui montre qu^elles résultent, non du passage de la lumière dans les cristaux, mais de sa réflexion sur leurs facettes. Leur éclat est variable ; tantôt on ne voit que dé pâles lueurs, tantôt la clarté est éblouissante comme celle de F astre central. D'abord un immense cercle, appelé cercle par^ héiique , traverse le soleil ou la lune en croisant les deux halos et en faisant le tour entier de Thorizon à une hauteur constante. Sur ce cercle , et à l'opposé de Fastre, son image se reproduit, seule ou accompagnée de deux autres qui se placent systématiquement à ses côtés. Quelquefois ces images, ou anlhèlies^ sont croisées par deux arcs blancs qui s'étendent à une assez grande distance. On voit aussi se former les colonnes verticales^ traînées lumineuses qui s'étendent jusqu'à 25 degrés au-dessus et au-dessous de Pastre, formant ainsi, avec une partie du cercle parhélique, une croix à bras plus ou moins inégaux.

Il se produit, d'après M. Babinet, une imitation du cercle parhélique, quand on regarde le soleil à travers un cristal de structure fibreuse, taillé en lame parallèlement aux fibres, et placé dans une position verticale. La bande blanche horizontale qu'on voit alors résulte du miroitement de ces fibres. M. Bravais a expliqué

ce phénomène, ainsi que celui des anthélies et de leurs arcs, au moyen de ses ingénieux appareils.

Quelques physiciens attribuent aux effets du mirage les faux soleils ou les fausses lunes qui se montrent quelquefois à côté de Tastre véritable, quand il se trouve près de Thorizon ; mais on peut aussi expliquer ce phénomène par l'interposition d'une infinité de petits cristaux composés de prismes et de pyramides.

Nous n'entrerons pas davantage dans le détail des apparences que peuvent présenter les halos. Il faudrait ajouter encore d'autres courbes et d'autres disques dus à des combinaisons cristallines assez rares ; mais nous arriverions à une trop grande complication. Ajoutons seulement que des parhélies et des arcs très-brillants deviennent quelquefois eux-mêmes des sources de lumière pour la formation d'un nouveau système d'apparences semblables, mais naturellement très-pâles.

On voit dans notre figure les principales parties des halos. La bande blanche horizontale doit être supposée prolongée jusqu'à l'opposé du soleil, où l'image de l'astre se trouve répétée plusieurs fois. Mais le phénomène n'a presque jamais son complet développement. C'est tantôt telle forme de cristaux, tantôt telle autre, qui se produit dans l'atmosphère, et ces petits corps y flottent immobiles ou descendent lentement, dans des positions difiérentes, selon qu'elle est calme ou agitée. Les parties que nous avons figurées se présentent par conséquent rarement ensemble, et Ton ne doit pas s'étonner de trouver une grande variété dans les descriptions des observateurs.

On remarque ordinairement que le ciel, à l'intérieur du halo de 23 degrés, contraste, par une couleur grise

assez sombre, avec Tilluminatioii géniérale de Tespace extérieur. Cette particularité s'explique par la direction de certains rayons réfractés par les prismes qui produisent le halo.

Gomme pour les arcs- en-ciel, il existe une grande différence d'éclat entre les halos solaires et les halos lunaires. Dans ceux-ci, les couleurs sont toujours trèsternes, m^XH les parties blanches de la grande construction géométrique, quand elle Vient à se former, réfléchissent une belle lumière argentée.

Halo de Clèré.

Une remarquable apparition de halos et de parasélènes a été observée, le 21 février 1864, à huit heures du soir, dans plusieurs localités des départements d'Indre-et-Loire et de Loir-et-Cher.

ce .... C'est à Cléré que le phénomène s'est produit sous l'apparence la plus curieuse.

ce Le ciel paraissait pur et sans nuages, et l'on distinguait même les étoiles, malgré le clair de lune.

ce Tout à coup, des rayons d'un blanc d'argent, partis de la lune, dessinent une croix grecque, dont la lune occupe le centre ; un cercle blanc plus foncé réunit les bras de la croix, et forme ainsi un premier et magnifique halo lunaire.

ce A chaque bras, dont l'un s'étend au nord, l'autre au midi, et à égale distance, l'image de la lune se trouve reproduite par un globe lumineux de même grandeur, moitié blanc et moitié teint des couleurs de l'arc-en-ciel. Ces globes lancent parfois des rayons irisés imitant la queue d'ime comète.

ce Un second halo, cercle immense en dehors du pre-

ïnier et partant des globes lumineux qui terminent les bras de la croix, entoure le bourg de Cléré ; il est d'une couleur identique au premier. Ce second halo présente aussi, et à égale distance sur sa circonférence, deux autres globes lumineux en tout semblables aux premiers, ce qui forme ainsi cinq globes lumineux, y compris le globe de la lune, et tous réunis par les cercles et les branches de la croix, f « Ce qui est encore plus curieux, c'est que deux croissants d'inégale grandeur et superposés à une certaine distance l'un de Tautre, occupent le centre du second halo au-dessus de la croix, sans liaison aucune avec le reste du phénomène * . »

A Mettray, le météore présentait les apparences suivantes :

<c Le cercle argenté entourant la lune était coupé par deux diamètres lumineux perpendiculaires. L'un de ces diamètres, allant du nord-est au sud-ouest, présentait à chaque extrémité les teintes irisées de Tarc-en-ciel. Ces deux points ainsi colorés projetaient eux-mêmes, en dehors du cercle, une longue traînée lumineuse, mais incolore, affectant la forme d'une portion d'ellipse.

<c Le phénomène a suivi des phases diverses par suite du déplacement des nuées, ou, -ce qui est plus probable, de l'amas de neige interposé entre la lune et l'œil du spectateur.

« Les diamètres lumineux ont disparu lentement, le cercle s'est déprimé progressivement, de manière à prendre une forme complètement elliptique. La courbe, en même temps, se colorait des teintes de l'arc-en-ciel,

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