MÉTÉORITES. 19 L
en Provence. — Pierre tombée dans un bateau pêcheur, près Gopensha. — Chute d'une pierre à Larisse, en Macédoine ; cette pierre, d'une odeur sulfureuse et ayant l'apparence d'écume de fer, était du poids de soixante-douze livres. — Grande pluie de pierres à Barbotan, près Roquefort. Quelques-unes de ces pierres pesaient de vingt-cinq à trente livres : Tune d'elles pénétra dans une cabane et y tua un berger et un jeune taureau. — Pluie de pierres à Gutro, en Galabre, pendant la chute d'une grande quantité de poussière rouge. — Masses tombées dans la mer Baltique, à la suite du grand météore de Gothembourg.
Dans le village de Luce, à deux lieues de Ghartres, on vit, le 13 septembre 1768,, à quatre heures de l'après-midi, un nuage sombre faisant entendre des détonations i qui furent suivies d'un sifflement produit par la chute d'ime pierre noire. Gette pierre, qui s'enfonça à moitié dans le sol, pesait sept livrés et demie, et était tellement brûlante qu^on^ne pouvait la toucher. ^^ La pierre qui tomba à Angers, le 9 juin 1822, a.été attribuée à une belle étoile filante, aperçue à Poitiers. Humboldt rapporte que cette étdile fit l'eff'et d'une chandelle romaine dans un feu d'artifice, et laissa un sillon en droite ligne dont le brillant éclat se conserva pendant plusieurs minutes.
Météore extraordinaire.
Dans une lettre adressée à M. A. Quételet, secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique, sur un météore extraordinaire observé à Hurworth, en octobre 1854, sir J. Herschel cite la description suivante, extraite, du Scheffitld Times^ et publiée par une personne
demeurant à Hurworth, qui^ avec son frère, a eu Toocasion de voir ce météore :
ce Mon frère et moi, nous retournions chez nous à neuf heures du soir ; nous nous trouvions au bout du village, au moment de traverser une prairie qui est d'une largeur considérable. Le ciel était pur, étoile, mais obscur. Nous observions une des constellations les plus brillantes, quand, au point même où nos yeux étaient fixés, une magnifique apparition frappa nos regards. Un cri d'admiration et d*étonnement nous échappa à tous deux : c'était un globe de feu d'une dimension double au moins de celle de la pleine lune à son lever; il avait la couleur rouge de sang et il dardait des rayons scintillants et profondément dessinés, .tels que les anciennes gravures représentent les rayons du soleil. Il traînait après lui une longue colonne de lumière, de la couleur d'or la plus belle et la plus limpide. Elle ne ressemblait pas à la queue chevelue d'une comète, mais à une colonne solide d'une grande largeur et parfaitement compacte, qui tranchait . sur 1§ bleu foncé du ciel. Au commencement, elle présentait l'aspect d'une ligne droite ; mais en s'élevant dans le ciel, elle suivit la courbe d'un arc, avec des scintillements d'une grande intensité, qui ne dépassaient pas la ligne extérieure bien définie. Sa direction était du nord-est au sud- ouest, et son étendue si énorme, que la tête disparaissait sous Thorizon sud-ouest, quand la queue était encore visible au nord-est dans toute sa première splendeur.
« Quand le globe de feu se trouva immédiatement au-dessus de nous, il sembla s'arrêter un instant, avec des vibrations si rapides que j'eus peur de le voir tomber sur nous. Mais l'instant d'après, je m'aperçus