MÉTÉORE EXTRAORDINAIRE
que cette vibration n'était autre qu'une évolution, et qu'il tournait rapidement sur son axe, en passant d'un rouge de feu très-vif au rouge foncé que j'ai mentionné plus haut, sans rien perdre de son aspect. Nous continuâmes à le voir, toujours aussi brillant, derrière les arbres, de l'autre côté du village. Quand ce globe passa au-dessus de nous, il nous parut un peu plus petit qu'à sa première apparition à l'horizon, sans doute à cause dé sa grande élévation, de même que le soleil et la lune paraissent à leur méridien plus petits qu'à leur lever.
ce Gomme depuis longtemps j'avais pris l'habitude d'observer les étoiles, j'ai vu plusieurs brillants météores, mais jamais un qui puisse soutenir la moindre comparaison avec celui-ci, soit pour ses dimensions, soit pour sa splendeur et sa durée. Grâce à son élévation, il a dû être visible à une grande distance, et j'avais espéré qu'il serait remarqué et décrit par des observateurs intelligents. Gomme il n'en est rien cependant, je crois de mon devoir de fournir quelques détails sur un phénomène si grandiose et si frappant. 5)
D'après la lettre de sir J. Herschel, ce phénomène a été vu de la même manière par plusieurs autres personnes, àDarlington et à Durham, ainsi qu'à Dundee, en Ecosse.
« Il est assez remarquable que, en consultant le registre qui constate les observations faites sur le fameux météore qui traversa l'Angleterre, le 18 avril 1783, nous trouvions qu'il fut observé à Windsor vers neuf heures, ce qui est précisément l'heure à laquelle nous vîmes celui-ci, mon frère ayant regardé sa montre au moment de son apparition. Gelui de 1783 ayant paru
pendant le crépuscule d*une nuit d'été, aura été sans doute plus généralement observé que le dernier, qui se montra par une nuit obscure, à la fin de l'automne. Mais, précisément pour ce motif, le dernier devait être beaucoup plus brillant que le premier, et il est regrettable que rheure avancée, ou plutôt la saison, ait empêché qu^il ne fût aussi généralement observé.
« Aucun bruit accompagnant son trajet n'est arrivé jusqu'à nous. Ceux qui ont vu l'énorme globe de feu traversant le ciel avec une inconcevable vélocité, n'oublieront jamais cet admirable et étrange météore. En voyant se déployer au-dessus de nous la magnifique traînée de lumière qui, en arc doré, couvrait plus delà moitié de la sombre voûte du ciel, on songeait involontairement au spectacle que doit présenter aux habitants de Saturne Tanneau qui ceint cette planète. La queue, en se terminant, s'élargissait énormément;* elle paraissait plus transparente et moins compacte, tout en présentant des contours bien définis et en s'arrondissant au bout. La figure ci-jointe est tracée dans l'espoir d'attirer l'attention générale sur un sujet si intéressant, plutôt qu'avec la prétention de donner une idée, même affaiblie, de ce phénomène rare et splendide. »
Vitesse et apparences des bolides.
On calcule aujourd'hui la marche des bolides avec assez d'exactitude, comme le montre l'extrait suivant, emprunté aux recherches de M. Heiss, directeur de rObservatoire de Munster. Le magnifique bolide dont il donne la description a été vu, le 14 mars 1863, en Hollande, en Belgique, en Allemagne, en Angleterre et en France :