SUiiman a American Journal^ 5« série, t. XI, p
A la température de l*eau bouiJiante le gaz contient :
Acide carbonique 95»45 pour 100,
Hydrogène 4,54 pour 100.
L*oxyde de carbone, s*il existait, n*était qu*à Télat de traces.
Une cfaalenr modérée fut alors appliquée pendant peu de temps à l'aide d'un petit bec de Bunsen donnant la température de 200 à 250^. Il se dégagea davantage de gu, qui donna:
Acide carbonique 92,52
Oxyde de carborc 1,82
Hydrogène 5,86.
Une plus forte chaleur fut appliquée presque pendant une heure, sans atteindre cependant le rouge. Environ 5 centimètres cubes de gaz furent mis en liberté :
Acide carbonique 42,27
Oxyde de carbone 5,11
Hydrogène 48,06
Azote 4,56
100,00 Au rouge naissant :
Acide carbonique 35,82
Oxyde de carbone 0,49
Hydrogène 58,51
Azote 5,18
100,00 Au rouge vif :
Acide carbonique 5,56
Oxyde de carbone 0,00
Hydrogène 87,55
Azote . 6.91
On ne trouva aucun composé hydrocarboné, ni hydrogène sulfuré, ni cidore.
L*autcur des faits précédents cherchait à en conclure une différence radicale entre les fers et les pierres : les premiers contiendraient surtout de Tliydrogène et les autres surtout de Tacide carbonique. Mais H. Mallct a montré par l'analyse du fer de Virginie, et comme on vient de le voir, que cette distinction n*est pas fondée et que les fers diffèrent beaucoup entre eux sous ce rapport.
Le spectre des gaz fut observé sous la pression de quelques millimètres seule* ment. Au milieu du spectre de Thydrogène on vit apparaître les bandes de carbone, les trois bandes moyennes, celles dans le jaune et dans le vert étaient extrêmement orillantcs et cette dernière la plus intense de toutes. Dans une partie du tube elle
» E^CVCLOPË01E CIIIHIQUB
CODsliluail presque tAut le spectre visible, la ligne verle de l'Iiydrogène a'éUtit
tensible qu'avec dirTiculIé et les autres ne pouvant éti-e aperçues.
Cf. sont précisément les trois bandes observées dans le speclre de certaines comètes et elles ont la même intensité relative. Ce fait, sur lequel nous reviendrons, est très signincatif, puisqu'il montre qu'il est tout à fait inutile de supposer l'existence de composés carbonés volatils pour expliquer les spectres cométaires comme l'ont fait certains nulcur^. l,a présence en quantité suDidante des deux oxydes da carbone est tout ce qu'il faut pour donner naissance i ce résultat.
GIIU>HITE
Le graphite se rencontre dans un très grand nombiï: de fers. |II encadre habituellement les rognons de pyrrhotine, ainsi que cela se voit dans la masse de Toluca, dans celle de Caille el dans beaucoup d'autres.
Dans cette demièi-e on reconnaît que le graphite est loin d'être amorphe et qu'il se présente au contraire avec une slructiii'c très reconnaissable due à son assodalion avec des substances difTérentcs.
On peut aisément déceler du graphite, paifois même dans le fer en petits grtini tuberculeux des météorites pierreuses des types communs,
Le plus bel exemple de graphite a été signalé par M. Lawrence Smith dans te* fers de Sevier County, de Kalb Couuly et de Cranbonne. On peut voir dans la collection du Muséum une tranche venant du premier de ces graphites prélevée au milieu d'un rognon dont le volume et la forme sont conservés par un moulage eu plâtre (fig.2). Ce graphite, fort analogue au graphite terrestre, est cependant plus oxydable que lui et laisse une petite quantité de cendie.
Rg. 2. — Rognon de (^rsphile dirait dit fer de Sérier tituiit;. Gniidcur naturelle.
Dans lus fers météoriques les plus oi'dinaires on peut isoler le graphite de la manière suivante ' : Quelques grammes de limaille sont projetés dans de la potasse caustique pure en fusion et on obtient ainsi un mélange de graphite et de fer nickelé.
Ce mélange peut être traité de diverses façons :
t" On peut dissoudre le fer dans l'acide chlorhydrique, qui laisse à peu près pur
1' Slanislis Ueunlur, Cottnoi dv itm
UÉTÉORITËS. *^1
tout le graphite : il contient seulement un peu de carbone dans le cas où le fer eontenait de la campbelline (carbure de fer).
S* On peut séparer le graphite par lévigation, et ce procédé a Tavanlage de roarair d*un seul coup tout le graphite et le fer nickelé. Mais la séparation n*est jamais complète et ne donne presque rien quand le graphite est très peu abondant.
S* Enfin on peut recourir à Taimant, mais seulement si le gi'aphite se trouve ihins le mélange en grande quantité ; autrement il est entièrement enlevé entre les gnins de limaille.
Dans tous les cas le graphite doit être lavé à Tacide chlorhydrique, qui le débarrasse du résidu provenant de Tattaque de la troïlite et de la schreibersilc.
Si Ton voulait obtenir avec exactitude le poids du graphite contenu dans un fer météorique, il serait bien préférable d'opérer de la manière suivante : Le résidu dfr l'attaque de la limaille par la potasse fondue est, après lavage, traitée par le bichlorure de mercure. Tout le fer est dissous et il reste, en mélatige avec le graphite, les oxydes provenant de Tattaque du sulfure et du phosphure, du mercure métallique peu abondant et beaucoup de protochlorure de mercure. Ce dernier est coleTé par l*eau de chlore, le mercure par lévigation et les autres matières étrangères par Tacide chlorhydrique faible.
Qd peut aussi, après avoir, au moyen d'un acide, débarrassé le mélange des oxydes qu'il contient, chasser le mercure et le caiomel en chauffant le tout dans un courant d'hydrogène. C'est la méthode à laquelle M. Bousî^ingault s'est arrêté de 100 côté pour le dosage du carbone des fontes et des aciers ^
Le bichlorure de mercure a de plus, vu son mode tranquille d'action, l'avantage de permettre d'obtenir le gi'aphite avec la forme qu^il affecte dans les masses météoritiques, au lieu de le désagréger comme le fait d'ordinaire, quand on emploie les acides, l'agitation produite dans le liquide par le dégagement des bulles gazeuses.
Ainsi le fer météorique de Caille qui, par l'acide chlorhydrique, donne le graphite à l'état de poudre fine, le laisse sous forme d'écaillés quelquefois assez grandes quand on le traite en morceaux par une solution saturée de bichlorure de mercure.
Le graphite du fer météorique de Caille m'a donné, après les purifications qui ont été indiquées, une densit'î égale à 1.745.
Pour l'analyser, j'en ai incinéré un poids connu dans un creuset de platine et j'ai déterminé la composition du résidu. Celui-ci consistait en sesquioxy<le de fer que j'ai cru devoir considérer comme dû à Toxydation^du fer métallique combiné au carbone.
En opérant ainsi, j'ai obtenu, pour le graphite au fer de Caille ;
Carbone 97,3
Fer 2,4
Nickel traces
Le graphite du fer de Charcas pèse 1,309 et m'a donné à l'analyse :
Carbone 98,0
Fer 0,9
i Compte* rendus de V Académie des sciences^ 1808.
Je ferai remarquer que les analyses de graphites métëoritiques sont jusqu'ici fort peu nombreuses. M. Troost (de Mobile) a trouvé dans le graphite du fer de Cosbj's Creek (Tennessee), 96,5 de carbone et 3 de fer.
On ne saurait dès à présent assigner de formule à ce principe immédiat des fers météoriques. 1! est surtout remarquable par son extrême résistance à Taction des réactifs. L*acide chlorhydrique, les alcalis, les sels métalliques sont sur lui sans action. L*acide azotique, surtout lorsqu'il est fumant, Tattaque, mais très lentement.
CARBURES D'HYDROGÊRE.
Certaines météorites renferment une matière charbonneuse, dont rexistence et l'origine soulèvent un problème des plus intéressants. Cette matière, en effet» comme l'ont montré les analyses de Wôhler et celles de M. Cloêz, contient à b fois du carbone, de l'hydrogène et de Toxygène. Elle peut donc, suivant h remarque de H. Berthelot^, être rapprochée des composés ulmiques, derniers résidas dé la destruction des substances organiques : il serait sans doute très important de pouvoir remonter de ce résidu jusqu'aux substances génératrices. « Si, dit Tautenr, la question ainsi posée surpasse les ressources de notre science présente, on pourrait cependant, ajoute- t-il, faire un premier pas dans cette voie en i*emontant, sinon aux générateurs eux-mêmes, du moins à des principes qui en dérivât par des réactions régulières. » En effet, M. Berthelot a décrit une méthode universelle cTAydrogénationf par laquelle tout composé organique défini est transformé en carbures d'hydrogène correspondant. Cette méthode est applicable même aux matières charbonneuses, telles que le charbon de bois et la houille ; elle les change en carbures analogues à ceux des pétroles.
L'auteur a appliqué la même méthode à la matière charbonneuse de la météorite d'Orgueil, et il a reproduit, quoique plus péniblement qu'avec la houille, nne proportion notable de carbures forméniques, C'°H'"'', comparables aux huilesde pétrole.
M. Lawrence Smith' a étudié les propriétés delà matière carbonifère des météorites charbonneuses ; cette matière, suivant lui^^ n'est pas de l'humus, mais elle se rapproche du carbone hydraté de la fonte de fer blanche, ainsi que l'ont analysé dernièrement MM. Schûtzenberger et Bourgeois. M. Smith avait accompagné son mémoire d'une série complète d'écliantillons à l'appui des résultai obtenus par lui et j'ai eu l'occasion de les examiner au Muséum.
H. Tscherniak' a extrait une matière hydrocarbonée de la pierre météorique d'Assam.