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POINT DE VUE GÉOGÉNIOUE

D*après leur mode probable de formation, on peut diviser les météorites en trois groupes principaux :

1° Les fers, les lithosidérites, les météorites des types communs, etc. ;

î^ Les météorites alumineuses (eukrite, etc.) ;

5* Les météorites charbonneuses.

Les eukrites reproduits exactement par M. Fouqué se présentent comme identiques aux roches dWigine purement ignée, et il est probable que les charbonneuses doivent leur constitution aux mêmes procédés qui donnent lieu aux matières bitumineuses de nos volcans; ce sont des points sur lesquels nous aurons h revenir.

Pour les autres types, il convient d*entrer ici dans quelques détails d*un caractère tout nouveau. Elles appartiennent au domaine très vaste dans lequel bientôt nous pénétrerons davantage et qui, parfaitement c^iractérisé par le nom de Géologie comparée^ a, tout jeune encore, réalisé déjà des progrès considérables.

Un de ses résultats les plus nets que nous établirons avec toute la rigueur désirable, c'est que les météorites, malgré Tapparence indépendante de chacune d'elles, proviennent en réalité des régions les plus diverses d'un astre construit originairement sur le même plan général que la terre.

Pour le moment, bornons-nous à remar([uer que les expériences dont nous venons de rendre compte, en montrant que les divers types de météorites ne sauraient être reproduits synthétiquement par un seul et unique mode opératoire, jettent un jour très vif sur l'origine qu'il convient d'attribuer à ces types.

Il en résulte, à Tégard des roches cosmiques, un ensemble de notions véritablement géogéniques qui permettent, comme on va voir, de les répartir en catégories (listmctes auxquelles conviennent les noms de

Météorites primitives^ ou normales;

Météorites pépériniformes ;

Météorites volcaniques;

Météorites éruptives {lavi formes et scori formes);

Météorites filoniennes;

Météorites épigéniques;

Météorites métamorphiques.

Donnons quelques détails sur rhacuno dVIlos.

344 ENCYCLOPÉDIE CHIXIQUE.

CAIUITE. ETC.; LUCËTTE, AUMAUTE, ETC.

Parmi les roches météoriques, il s*en trouve nécessairement qui présentent cette particularité de dater précisément de Tépoque oîi Tétat solide s*est pour la première fois constitué sur Tastre dont elles faisaient partie; d*élre par cornséquent, et en d*autres termes, des roches essentiellement primitives.

Personne ne contestera l'intérêt qu*il y aurait à préciser l'histoire de ces rodies singulières. Or, il semble, grâce au grand fait de Tunité de composition du système solaire, que cette tâche ne soit pas au-dessus di nos efforts.

Voici comment :

Le spectroscope nous apprend que le Soleil présente à sa périphérie un milieu dans liHluel la matière est parvenue h ce moment critique où Tétat gazeux originaire cesse de pemster. On sait que notre astre central, résidu de la nébuleuse initiale, diùt être considéré, depuis les beaux travaux de M. Paye, comme une énorme bulle tfsaeuse de composition très complexe et dont Tétat d'agitation constant est révélé à notre vue par la formation des protubérances. Plongé dans l'infinité glacée du niilieu slellaire, il s*y trouve soumis sans relâche à un refroidissement sensible, surtout à la périphérie, et que des effluves chauds, venus des profondeurs, tendent (HMiMtamment, mais infructueusement, à contre-balancer. C'est ainsi qu'il arrive un uioiiient oi^ la température de la portion la plus externe s'est assez abaissée pour que les phénomènes de la dissociation initiale ne s'y produisent plus : les éléments cliiiiiiques, jusque-là maintenus séparés, se groupent entre eux et donnent naissance h des composés définis.

Un nouveau progrès du refroidissement permet à ces composés de se concréter an une sorte de poussière dont la formation est signalée, grâce à son pouvoir rayonnant, par une exaltation de l'éclat solaire. Les courants centrifuges existent néanmoins toujours, et c'est à l'action réchauffante, exercée par eux au point de leur émergence, que doit être rattachée Tapparitiou des taches et des protubérances qui en sont l'annexe obligée.

Nous sommes parfaitement renseignés quant à la composition chimique de la matière photosphérique et de la matière protubérantielle du Soleil, et nous savons que le magnésium, le fer, l'hydrogène, la vapeur d'eau s'y trouvent en abondance. Mais au point de vue physique, on peut se demander si la poussière solaire est liquide ou solide, et l'on sait que le spectroscope est à cet é^ard impuissant à fournir une réponse.

C'est ici que les météorites interviennent d'une manière décisive. Nous pouvons, en effet, reconnaître à deux caractères les roches qui, parmi elles, correspondent à répo^iue où le Soleil est actuellement parvenu :

i" A leur nature magnésienne qui, conformément aux remarques développées

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par M. A. Corna*, donnerait à leur vapeur le môme caractère spectral qu'aux gaz protubérantiels ;

2* A Tabsence dans leur masse de toute trace de phénomènes géologiques secondaires, tels que concassement, charriage, éruption, épigénie ou métamorphisme.

Le type de ces météorites, vraiment dignes de la qualification de primitives, est fourni par les espèces lithologiques appelées depuis longtemps lucéite et aumalite.

Or, Texamen de ces roches, empreintes dès maintenant d*un genre tout nouveau ifintérét, permet de reconnaître, d*après les détails de leur structure, si elles dérivent de masses fondues, solidifiées plus ou moins lentement ou, au contraire, de substances amenées brusquement de Tétat gazeux à la forme solide.

Sans entrer ici dans le détail d*une foule d'observations concordantes, nous dirons, pour y revenir plus loin, qu*on est en possession de la preuve, désormais inattaquable, que les météorites qui nous occupent n*ont jamais passé par Tétat de fusion.

11 faut insister plus loin sur ce fait qui change les idées adoptées jusqu'ici et qui a imposé, comme on Ta vu, au point de vue synthétique, un mode opératoire tout nouveau, puisque le but qu'il fallait essayer d'atteindre consiste à obtenir par voie de condensation binisque de vapeurs convenables des composés définis et cristallisés, semblables aux minéraux des météorites.

Après avoir décrit nos résultats relatifs, les uns aux éléments lithoïdes, les antres aux substances métalliques, il faut maintenant préciser leurs significations.

Or, partant du principe, si magistralement démontré aujourd'hui, de Tunité de constitution du système l^laire et appliquant les données fournies par révolution sidérale, je crois avoir prouvé que la date de formation de ces météorites, dont les types lithologiques principaux sont Taumalite, la lucéite et la montréjite, correspond à Tépoque remarquable où l'éUit solide s'est constitué pour la première fois à la surface de Tastre dont elles ont fait partie, c'est-à-dii*e à une stase comparable à celle que le Soleil traverse en ce moment.

L'un des arguments les plus décisifs à l'appui de cette manière de voir consiste dans la synthèse des météorites dont il s'agit à l'aide de matériaux identiques à ceux dont l'analyse spectrale a révélé la présence dans l'atmosphère solaire. En iaisant en quelque sorte une imitation artificielle de la photosphère pour en provoquer la condensation, j*ai obtenu les composés essentiels caractéristiques, pyroxènc magnésien, péridot et fer nickelé de ces météorites. Résultat qui paraît nous autoriser à considérer les poussières irradiantes de la photosphère comme minéralogiquement comparables aux météorites primitives.

lia lumière dont s'éclairent ainsi réciproquement l'étude du Soleil et l'histoire des météorites, engageait à serrer de plus près ce chapitre de géologie comparée.

Tout d'abord on remarque que si les météorites primitives se sont réellement formées dans un milieu comparable à la photosphère du Soleil, on doit espérer de trouver dans leur constitution intime des indices et comme des vestiges fossiles da régime mécanique auquel la photographie de l'astre météoritique a été soumise.

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