‹ Les météoritesChapitre 149 sur 208 · A. Corna : Comptée rendue, t. LXXVI, p · texte numérisé non relu

A. Corna : Comptée rendue, t. LXXVI, p

546 ENCYCLOPÉDIE CHINIQUE.

Un pareil résulttit serait réellement un contrôle matériel des vnes si grandioses émises récemment par H. Faye quant à Téconomie de la photosphère du Soleil, et par contre, si un pareil contrôle se présentait, il pourrait servir de confirmation à la théorie relative à Torigine des météorites mêmes.

En d'autres termes si, conformément à mon opinion, les météorites des types luc«iite, aumalite, montréjite, etc., sont des produits de la concrétion pnre et simple de Tatmosphère photosphérique d*un astre construit sur le même plan que le Soleil, elles ont dû conserver, au moins dans certains cas, des détails de stnictare tenant précisément au régime cyclonique des masses an sein desquelles elles se sont formées.

Or, parmi les caractères intimes de constitution des roches dont il s*agii« il en est un qui a fixé Tivenieni l'attention des observateurs, et qui consiste dans la pré- Honco dans leur substance des globules pierreux qui nous ont déjà occupés, désignés généralement, depuis G. Rose (1862), sous le nom de chondres^ d'ailleurs assez défectueux et étendu progressivement à des grains qui sont loin d'avoir tous les mêmes caractères et par conséquent la même origine.

Kn présence des résultats exposés dans le chapitre précédent, il paraît difficile de ne pas admettre que les chondres sont aux roches de pr^ipitation gazeuse, ce (|U0 les dragées de Carlsbad et le fer en grains sont aux roches de précipitation ac|ueuse. Ces globules témoignent dans le milieu générateur des remous dont Tin* tensité était nécessairement en rapport direct avec le volume que ces chondres ont pu atteindre. Conformément à la terminologie dont font usage les paléontologistes à propos du vent fossile^ du soleil fossiley de la pluie fossile, on serait de tenté de les qualifier de cyclones phostosphériques fossiles.

En second lieu, avant d'appliquer à l'histoire de toutes les sporadosidères les résultats d'expérience exposés plus haut, il fallait lever une difficulté très considérable, au moins en apparence.

Je montrerai, en effet, que si un fragment d'aumalite, ou de lucéite, ou d'aîglite, etc., est porté, même pendant peu de temps, à la température rouge, il subit une transformation métamorphique, devient noir et prend tous les caractères de la tadjérite. Il résulte de lu que, soumise à l'expérience qui permet d'imiter les syssidères concrétionnées, toute météorite grise se transformera,et par conséquent ce n'est pas ainsi que l'aumalite, la lucéitc, etc., se sont chargées des grenailles métalliques qui les remplissent.

Il fallait doue voir si Ton pourrait laisser la température de l'expérience sans cesser de déterminer la réduction des métaux. Or, j'ai constaté, par des essais faits successivement ù des degrés thermométriques de moins en moins élevés, que bien avant le rouge la rédiiclion est très abondante. Le tube de porcelaine étant placé dans un bain de sable, on a obtenu le fer métallique en même temps qu'un petit fragment de lucéite se maintenait avec sa couleur blanche primitive. A 400 degrés, l'expérience marche très nettement et il ne faudrait évidemment que du temps pour obtenir un résultat complet. A 300 degrés, et même au-dessous, le protochlorure de fer traité par l'hydrogène dans un bain d'huile dégage beaucoup d'acide chlorhydrique. Le résidu abandonne ensuite à l'aimant des grains magnétiques, mais je ne suis pas absolument sûr que le métal soit libre. En tous cas, il serait enveloppé de ces sous*ci?f a tonufidso s pi ntml ohertnruidnol aé récède l'isolement du fer et

qui en masqueraient les propriétés caractéristiques. Je n*ai pas poursuivi 1* étude de ce résultat, parce qu'il n'est pas nécessaire de supposer une température aussi basse dans les points du milieu métëoritique où les sponidosidères se sont constituées.

LES MÉTÉORITES PÉPÉRINIFORMES.

U MESMINUE.

En examinant avec soin la météorite tombée le 50 mai 1860 à Saint-Hesmin, dans le département de TAube, on reconnaît qu elle constitue une véritable brèche composée de fragments anguleux cimentés ensemble ; non de fragments tous semblables entre eux comme il arrive dans les roches monogéniques, mais de ceux de deux roches parfaitement distinctes : l'une blanche et de structure trachytique, qui est lalucéite; l'autre plus sombre et çà et là globulaire, qui est la limerickite.

D'après le raisonnement évident que Ton fait tous les jours à Tégard des brèches terrestres, il résulte de cette structure complexe que la roche de Saint-Hesmin provient d'un gisement où existaient séparément la lucéite et la limerickite. Voici donc trois roches (lucéite, limerickite et mesminite), dont nous pouvons dire en tonte assurance qu'elles ont été quelque part en relations stratigraphiques.

Nous savons en outre ipso facto que dans ce gisement commun s'exerçaient les actions complexes que nécessite la production des brèches, savoir : le concassement de roches préexistantes, le transport des fragments, enfin leurs cimentations. Ces actions géologiques variées supposent elles-mêmes une foule de conditions que nous serons bien mieux tout a l'heure en mesure de préciser.

LA CANELLITE.

Les résultats donnés par la pierre de Saint-Mesmin sont confirmés par un grand nombre d'autres. Aussi la météorite tombée le 50 novembre 1866 à Cangas de Onis, en Espagne, fort analogue à celle de l'Aube, est, comme celle-ci, une brèche dont ondes éléments est la limerickite; mais les fragments blancs ne sont plus ici de la lucéite ; leur structure oolithîque on fait de la monlréjite. Appliquant à cette nouvelle roche appelée canellite (parce que la chute de Canellas est une de celles qui l'oot fournie) le raisonnement de tout à l'heure, nous concluons que les trois types : montrëjite, limerickite, canellite dérivent d'un même gisement.

La limerickite se retrouvant dans les deux brèches, on peut penser que la canellite et la mesminite ont été elles-mêmes eu relation, ce qui porterait à cinq le nombre des types géologiquement réunis.

LA PARNALUTE.

On a vu antérieurement que la Pamallite^ qui tire son nom de la chute observée le 28 février 1857 à Parnallee, dans les Indes anglaises, offre une structure qui ne peut être comparée qu'à celle de nos grès à grains fins. Les grains dont se compose ceconglomérat d'origine céleste sont exactement de petits cailloux, souvent anguleux, parfois plus ou moins arrondis et offrant dans tous les cas les caractères de fragments

arrachés à des masses plus volumineuses. Certains d*entre eux sont brisés et ressoudés, comme on i*observe si souvent dans les grès des Vosges» par exemple.

La roche de Parnallee est donc une brèche, et par conséquent elle donne lieu, au point de vue de la Géologie comparée, aux mêmes considérations que les brèches de Saint-Hesmin et de Canellas qui nous occupaient tout à Theure. Hais c'est une brèche beaucoup plus complexe, et Ton ne saurait mieux la comparer qu*à nos pépérinos. De même que, dans ceux-ci, on peut souvent recueillir à Tétat de fragments toute la nombreuse collection de nos roches volcaniques ; de mème« dans le pépérino céleste de Parnallee, on trouve des débris de types météoritiques très

variés*.

L*étude des quatre échantillons de la météorite de Parnallee conservés au Muséum m*a fourni, en effet, au moins douze espèces distinctes de grains parfaitement caractérisés'. Nous allons dire un mot de chacune d'elles.

Cinq sont plutôt des minéraux proprement dits que des roches; ce sont : 1<^ de la troïlite en fragments parfois très volumineux et souvent arrondis; du fer nickelé s*est quelquefois déposé à la surface de ces fragments, et cela manifestement après la formation du conglomérat ; 2° du fer nickelé, non seulement en grains tuberculeux comme dans la plupart des météorites (forme sous laquelle il parait s*étre concrète dans la roche après la formation de celle-ci), mais en fragments souvent très anguleux ; ces fragments, dont la composition diffère de celle des grains tuberculeux, dérivent probablement de quelque type de fer météorique dont ils sont les débris ; 3<* du péridot, vert grisâtre translucide, paraissafit roulé et remarquable par Téclat que lui donne Topération du polissage ; ¥ du fer chromé enveloppe d'une matière pierreuse blanchâtre ; 5° cnfm un minéral dont Taspect est très analogue à celui de Vhypersthène ou de ['amphibole; il est gris, très lamellaire, d'un éclat perlé, et parait provenir, par clivage, de cristaux volumineux ; les acides sont sans action sur lui et il fond difficilement en émail gris.

Les sept autres espèces de grains sont franchement des roches. Nous les diviserons en deux groupes: l'un comprenant celles dans lesquelles nous avons reconnu des types lithologiques constituant des météorites distinctes; l'autre comprenant celles dans lesquelles nous n'avons pas reconnu de tels types.

Ce dernier groupe renferme trois roches, savoir : 6° une roche grise, scoriacée, sans grenailles métalliques, roche extrêmement remarquable en ce qu'elle semble révéler des actions qui ne seraient pas sans analogues avec celles dont certains fragments empâtés dans nos roches volcaniques portent l'empreinte; 7** une roche d'un gris foncé, contenant de petites grenailles métalliques; 8" enfin une roche gris clair, légèrement ocracée, qui n'est peut-être qu'un produit d'altération d'une autre espèce. Il se peut que ces trois sortes de grains représentent des types météoritiques qui tomberont un jour a Tétat de masses monogéniques. Du moins est-on naturellement conduit à cette opinion par l'examen des quatre dernières espèces, de fragments dont il reste à parler et qui constituent le premier des deux groupes que nous venons de distinguer. Leur étude, aussi complète que le permet leur petitesse, montre en effet que ces fragments sont identiques avec les types météoritiques déjà connus.

1. Certains cailloux sont eux-mêmes bréchoîdes : exemple les échantillons de U parnallite de la chute de Mezo-Bladaras (Transylvanie).

2. Étude lithotogiquc de la météorite de Parnallee, Comptes rendus^ LXXIII, p. 346.

Ce sont 9* une roche blanche grenue renfermant des grenailles de fer nickelé et de trmlite et qu*il est facile de reconnaître au premier coup dœil pour de la lucéite ; leiamen microscopique de la poussière. Faction du chalumeau, de Taiguille aimantée et4e8 acides confirment cette identité; 10<* une roche d*un blanc de plâtre, oootenant de tout petits grains noirs ; elle est absolument insoluble dans les acides et fond très diiBcilement au chalumeau en un email blanc; Tétude microscopique conduit à y reconnaître de la chtadnite; H^ une roche parfaitement noire contenant des grenailles de fer nickelé et de sulfure et remarquable par sa grande dureté; malgré la petitesse des grains qu'elle constitue, on arrive à constater son identité avec la tadjérite; 12^ enfin une roche d*un gris verdâtre, friable, grenue, très cristalline, sans trace de grenailles métalliques, mais contenant d*assez nombreux petits grains noirs de fer chromé : elle résiste au chalumean, mais est aisément attaquée par Tacide chlorhydrique, et la solution renferme beaucoup de magnésie; en un mot elle ne se distingue pas du type lilhologique désigné par Gustave Rose sous le nom de chassignile.

La conséquence à tirer de ces faits ne parait pas douteuse. Puisque la présence simultanée dans le nagelfluhe du Righi de toutes les roches des Alpes démontre, sans autre preuve, la relation de position de ces roches, — la réunion dans le conglomérat polygéniquc de Pamallee de fragments appartenant à sept types au moins de roches météoritiques distinctes prouve la coexistence de ces types dans le gisement d*oii provient la météorite indienne. Sous ce rapport la parnallitc est le plus remarquable des types météoritiques connus ; nul autre n*a encore autant prouvé. Ce qui ajoute à Fintérét de cette roche, c'est qu'elle donne, comme on Ta VQ, la première et jusqu'ici la seule indication de plusieurs types qui no sont pas encore parvenus sur la Terre, qui du moins n'y ont pas été signalés et qui pourront nous arriver un jour ou l'autre. C'est la preuve assez peu nécessaire que les types connus ne comprennent pas tous les types existants, soit que la lacune provienne d'une étude incomplète, soit qu'elle résulte de l'insuffisance acluelle de documents.

Quoi qu'il en soit, la pierre de Parnallee nous révèle les relations stratigraphiques de huit types géologiques. Nous avions déjà constaté celles de cinq autres types. Nous verrons que ces groupes, l'un de cinq, l'autre de huit types, ont été en relation ensemble. {Cours de Géologie comparée, p. 151.)

U BANJITE.

Appliquant à la météorite de Soko-Banja qui ])résente, comme on l'a vu, la structure des trass (fig. 97), une méthode dont on a déjà eu l'occasion d'apprécier la fécondité, j'ai comparé séparément les divers éléments lithologiques qui plus haut y ont été signales à des types de roches cosmiques antérieurement définis.

Pour ce qui concerne les galets, la conclusion de mes études est que la roche dont ils sont formés appartient au même type que les météorites d'Ensisheim, d'Erxleben, de Kernouve, etc. : c'est rei*xlébénite.

Quant à la masse bréchoïde générale, elle ne saurait être distinguée à un point de me quelconque de la montréjite dont les météorites de Pégu, de Hontréjeau et de Searsmont, entre autres, ont donné des échantillons.

Enfin» il est possible que la chute de Soko-Banja ne soit pas la première qui nous

350 E-NCYCLOPËDIB CUUnQOE.

fournisse la brèche qui vient d'être étudiée. Provisoirement, et jusqu'à vërificalign |ilus complète, elle pnrait se rapprocher beaucoup de la roche tombée a Hinbhoom (Indes) le 32 décembre 1863.

Les deux roches associées dans la roche de Soko-ltanja ne difTèreut pas beaucoup l'une de l'autre au point de vue purement chimique et même en re qui concerne la composition minéralogiquc. Mais il eti est tout autrement pour ce qui a trait à leur histoire géolof^ique. On n'a pas de raison pour ne pas voir dans l'enlébénile une roche primilive, résultant de la concrétion de malériauv précédemment tenus en vapeur. Au contraire, la monlrrjile est manifestement un produit de trituration de roches plus anciennes dont les débris ont été frottés, et ce n'est pis autrement que se sont associés les fragments qui composent le trass cité plus haut i dessein.

La diiïér(>ncc profonde qui existe entre l'cnclcbénite et la monlréjite est du même ordre que celle qui sépare le quartz du filon du grès quarlzeux.

La forme des galets d'erxiébénile et celle des fragments de pyrrhotine montre que c«s deux substances oiit été arradiéei à des gisements plus ou moins éloignés et charriées jusque diins le conglomérat où nous les retrouvons aujourd'hui.

Pour les galets, on [>eut pousser leur histoire géologique plus loin encore. Les fissures qui les traversent et qu'on ne retrouve pas dans les pierres d'Ensisheim, de Kernouvc, etc. , montrent qu'ils ont subi des actions mécaniques très puissantes, telles que de fortes pressions. Ces actions sont évidemment antérieures i la production de la brèciic de Soko-Banja, car les tissures ne se prolongent nulle part

dans la montrëjite juxtaposée. C*est à elles qu*il est légitime de rapporter ia fragmentation même de Terilëbénite.

Après la constitution définitive de la brèche de Soko-Banja, cette roche a été soumise à Faction d'émanations dont le produit a été la concrétion de fer nickelé qui s est logé dans certaines fissures de rerxlébcnite et dans les interstices des éléments de la montrëjite.

Nous ne pouvons* dès maintenant, aller plus loin dans la détermination des vicissitudes géologiques de cette roche cosmique, mais ce qui précède montre une fois de plus Fanaiogic de la géologie des météorites avec la géologie terrestre.

Parmi les types lithologiques décrits dans un précédent chapitre, il en est plusieurs qu'on est autorisé à considérer comme représentant des roches volcaniques extra-terrestres.

L'EUKRITE.

En première ligne, figure Toukrite, dont certains échantillons sont rigoureusement comparables et à tous égards à des laves terrestres. On en jugera pour ce qui concerne la composition chimique de l'euknte de Stannern, analysée parlUmmelshergS û nous la rapprochons de la comi)osition de ia lave du volcan islandais Thjor/a faite par M. Cent '.

Méléoriles Lavo.

de Slanncrn. de lu Tlijorza.

Silice 48,30 49,60

AliAnine 12,65 16,89

Protoxyde de 1er 19,32 11,92

Protoxyde de cobalt » traces

Protoxyde de manganèse. . . 0,81 »

Magnésie. . 6,87 7,56

Chaux 11,27 15,07

Soude 0,62 1,24

Potasse 0,26 0,20

. Fer chromé 0,54 »

Sulfure de fer traces >»

On trouve souvent des différences bien plus considérables entre deux échantillons d*une même roche terrestre.

LA CHASSIfimiE.

Le péridot terrestre est de même identique avec la météorite de Chassigny. Il existe même, à la Nouvelle-Zélande, ainsi que M. Hochstetter Ta reconnu pendant le voyage scientifique de la frégate autrichienne la Novara, une roche à

Page 1