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1. Mémoiret de la Société des lettres, eciencet et arts de VAveyron, t. YII, p. i à 180-1850. 11 est juste d'ajouter que dès 1840, M. Angelot, traitant, dans le Bulletin de la Société géologique
S74 BNCYCIOPËDIE CUNIQUB.
Noos allons voir que cette coastitution supposée est 1res difr&eDte de celle qu'il oonrient d'admettre.
En erTet, l'existence de types très nombreui des roclies mët^ritiques est un tnit de ressemblance si frappant entre le« épaves célestes et les roches terrestres, qu'où est nëcessairement conduit à se demander si les métik)riles ne constitueraient pu les parties difenes d'un seul ou de plusieurs ensembles géologiques construits sur un patron analogue à celui de la Terre.
Or, supposons qne sur un aslre autre que la Terre, on ait pu former, sans en connaître l'origine, une collection de rocbes terrestres ; les géologisles de cette plante pourront-ils, par l'étude de ces échantillons, découvrir quecclles-ci proviea-
V\g 11k.. — l'innliiij!ui> |i.iiïgi!iilc]ue ilx IIÎe'ii. — fimndpur tialurtlle.
IK-iil d'un mômi! gisement primitif ou, pour nous servir de l'expression coofirmée, i|u'ilN "lit été (juciquit jinrl en relations straliigraphiques ?
flviikrniiicijt. si ros (jf-oiogiies n'avaicnl à leur disposilton que des échantillons
" fl •■"■ l"'t'i'-l il '-1 rrmiu on IS*,-. djuit : « Il y mmit loul Iji'ii ic oi-oii-e que In milèo-
(II-. luMtW'HWt -..m In tiovaii dn prllla «alrpi rlonl tes .iiilrei riL'lL-orilcs son! Ii crmlle el ce qui (i.i- i"iiiMr- INI ihiIiipI srKiitiii'iil k l'ii|)piil de Celle suppiisilinn, r'cut que rf \cr Ml souTeat crislaU J».. "■ '|iii ■ii|ij.»i> II» ruri'oiiliani'iiictil osias lent, el que les aiilret tfrultlbea n'onl de crisUiii que 1} »ii til-t [-i-iit iiiliiiiif, ce qui auppwe un i^rroMiaaenient pliia rapide. •
) \»ii-i riiuii Oitat lie Géologie compara profetti av Muttum, |i. It5 et aui». (1874).
H&TÉORITES, 31S
monogéniques. c'est-à-dire composes d'une seule espace lithologiquei cette découverte serait imparfaite. Rien par eiemple, dans la substance d'un calcaire chslallin on dans celle d'un granit, ne saurait faire naître l'idée qu'ils ont été ensemble en relation de position. L'identité des deuE échantillons d'une même roche n'est pas plus démonstrative, car il se peut que dans des points diiTérents de l'espace, l'exerùœ des mêmes causes ait produit les mêmes effets.
Hais il n'en est plus de même dès que les géologues que nous supposons ont entre les mains des échantillons de roches poljgéniques, des poodingues ^fig. 105) on des brèches (fig. 106).
Fig. 100. — Urùcbc ophilique do Giroiiingiiy. — Ciunrlcur nalurelle.
On a TU qu'il existe par exemple, dans les collections du Muséum, une brèche (6g. 100) dans laquelle on reconnaît à pi-emière vue, à l'état de fragments angu* lenx, du granit, du ta I es d lis te, du phyilade, du calcaire, etc. Elle n'a pu se faire que dans une région où piéexistaient «ous forme du masse distincte le granit, )o talcscliisle, le phyilade et le calcaire. Il a fallu ensuite que, par des actions spéciales, ces roches fussent concassées pour que les fragments en fussent mélangés et enfin qu'une substance, en s'iulcrposant entre euv, les cimentât ensemble. C'est évidemment les raisonnements que feraient les géologues de l'astre sur lequel un échantillon de cette brèche viendrait à tomber, et ils auraient raison de le faire, car la roche dont il s'agit vient en effet des Pyrénées, oii se trouvent des masses de granit et de taleschisles ainsi que de puissantes assises de calcaire et de phyilade.
Les peperinos de nos volcans, où l'on peut retrouver toute la collection des roches volcaniques réduites en fragments cimentés entre eux : basalte, wacke, gallinace, etc., donneraient lieu aux mêmes considérations. Ces peperinos ne pouvant Ee produire que là où se trouvent leurs éléments, dévoileraient par conséquent la communauté d'origine de ceux-ci aux confrères dont nous faisons l'hypolbèse.
Ceux-ci trouveraient piirmi nos roches un autre genre de brèches, celles qui
370 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQinB.
entrent dans la eonstitution des dykes des filons draptifs. Ainsi on exploite dans le Calvados, auprès de Vire, de gros filon» de pegmatile empâtant des fragments anguleux de gneiss. La vue d'un échantillon de cette roclie leur attesterait que celleci provient d*ane localité où la pegmatite et le gneiss existent simultanément.
A chaque pas les dalles du trottoir nous donnent à constater des faits du même genre. Le granit éruptif qui les constitue empâte de nombreux fragments de leptjnite normal, et cela suffirait pour prouver à tout géologue étranger (on sait dans quel sens nous prenons le mot) que les masses de leptjnite sont en relation avee le granit dans la localité quelconque d*où ce granit éruptif provient. Nous pour* rionsy mais sans intérêt, multiplier ces exemples.
La découverte des relations stratigraphiques des roches d'origine inconnue pourrait résulter encore de l'existence de transitions minéralogiques entre ces roches. kinii le passage si insensible du granit au gneiss et du gneiss au granit est k preuve évidente que ces deux roches ont une même origine et qu'elles doivent leurs caractères distinctifs à certaines circonstances accessoires.
Enfin, pour borner nos exemples, tout en restant dans le mâme ordre de faits, si les géologues en question arrivaient à transformer métamorphiquement un de nos types de roches en un autre type, ce serait pour eux la preuve certaine que ces deux types proviennent d'un même gisement : une fois acquis pour eux» par exemple, que notre marbre blanc, soit celui d'Antrim en Irlande, représrate l'état métamorphique de notre craie blanche, soumise à la chaleur dans de certaines conditions ; une ùàm prouvé que l'existence du marbre blanc suppose Texistenoe antérieure de la craie, ils ne seraient pas libres de ne pas conclure que les marbres blancs et la craie blanche sont, si je puis dire, compatrioteê^ et par celte voie encore ils arriveraient â la découverte des relations stratigraphiques.
D'ailleurs, les études de ce genre ne fourniraient pas seulement des notions sur les faits relatifs aux relations de position ; on ne saurait les faire sans en tirer des renseignements quant au mode spécial de formation des roches.
Il sera manifeste, par exemple, que la brèche pyrénéenne citée tout à l'heure, le granit fragmentaire de Vire, ou les filons dits en cocarde de Hirtz où des fragments de schiste sont enveloppés de couches concentrique^ de quartz et de minerais qui les cimentent entre eux ; il sera manifeste, disons^nous, que ces diverses brèches ne se sont pas faites de la même manière. Et l'on pourra reconstituer, par des observations ou parfois mt^me par des expériences, les caractères spéciaux qui les ont traverse's.
Eh bien, tout ce que des roches terrestres tombant sur une planète y donneraient le moyen de découvrir, touchant leur passé, les météorites nous mettent en mesure de le constater à leur égard. Tous les faits énumérés tout à l'heure à propos de nos roches ont leui^s analogues exacts parmi les météorites ; c*est ce qui résulte d'études auxquelles je me suis consacré durant de longues années.
Si donc on admet que le raisonnement qui vient d'être prêté à des géologues hypothétiques, serait légitime et les conduirait à des conséquences irréprochables, il faut, après les faits exposés dans le chapitre précédent, regarder comme démontré que les météorites sont des fragments ayAit jadis été ensemble en relations stratigraphiques.
De plus, rintérét de la méthode géologique est encore accru par ce fait que les
astres dont die nous fournit la découverte n'existent plus et qu'elle édifie ainsi, suivant Fexpression déjà employée tout à Theure, une véritable Paléontologie sidérale.
Avant tout, il faut rappeler Texistenee des météorites primitives ; celles-ci, produits de concrétion, ne sont pas nécessairement les plus denses et c*est un point sur lequel il y a lieu d'insister.
La principale partie de leurs éléments consiste dans des silicates magnésiens (enstatite, pyroxène, péridot, etc). Les fers nickelés se sont constitués ensuite sous la double forme de masses entièrement métalliques (fers météoriques) et de granules disséminés sur les roches pierreuses.
Par ce double procédé de condensation de givre et d'incrustation s'est produite une coque fondamentale qui a été longtemps en s'épaississant.
Par-dessus se déposèrent des strates de roches de moins en moins denses, telles que les pierres charbonneuses et, par-dessous, les roches plus fusibles telles que les eukrites.
Le refroidissement progressif de l'astre détermina dans la coque des torsions qui bien des fois produisirent des ruptures : il s'ouvrit aussi des failles dont les météorites ont souvent garde des témoignages très nets.
Parmi les holosidères, nous devons rapporter à des étirements le long de failles, la déformation que présentent en divers points les figures, de Widmannstaetten, de plusieurs fers. On va voir que la comparaison de cette déformation avec les faits < présentés par les pierres donne beaucoup de vraisemblance à notre supposition. Parmi les masses où le fait que nous signalons peut être observé, il faut citer l'échantillon du fer météorique de Caille, enregistré dans les catalogues du Muséum , sous le signe 2. Q 536.
On retrouve de très belles surfaces de glissement chez certaines syssidères et spécialement dans le ferd'Atacama (2. Q 407), dont l'origine filonienne a été démontrée.
Mais c'est surtout parmi les spoi'adosidères-oligosidères que ces accidents sont fréquents; c'est là aussi que leur étude est particulièrement instructive, et nous allons y revenir dans un moment.
Cette fréquence contraste avec l'absence de toute trace d'action mécanique chez les polysidères et chez les kryptosidères.
Les asidères n'ont présenté jusqu'ici aucun accident du genre de ceux qui vont nous occuper.
On voit donc, en somme que, parmi les pierres météoriques, les sporadosidèresoligosidères sont seules à offrir des traces d'action mécanique. 11 y a plus, ces traces n'existent pas indifféremment dans tous les types rentrant dans cette division : la montréjite, la mesminite, l'erxlébénite, etc., ne les ont pas présentées; elles sont au contraire plus ou moins fréquentes dans l'aumalite, la chantonnite, la lucéite, la limerickite, la canellite, la parnallite, l'aiglite, etc.
Étudiés dans ces derniers types, les accidents mécaniques de:; météorites se présentent sous trois formes qui ont été souvent confondues entre elles et qui résultent» comme on va voir, d'actions géologiques différentes.
Ce sont :
1* Des surfaces s'accusant sur les cassures par de fines lignes noires qui traver-
1^)^ E5aaOPËDlE CHIMIQUE.
«ii^M I^V^iuommtfit les échantillons de part en part et qui présentent tous les caracl^vi» ^W ùille* {lignes cofmi<pte$. de Reichenbacb) ;
^ IV$ tmrfaa» froUtet^ de kagueor en général peu considérable, s*entf e-croî- «Mil tn li«s stfcss df&erminuit soQTent la niptare des fragments qui nous parrien- WAl et raf»:if 2:rt »«( kcs le$ npports les surfaces polies si fréquentes dans les
S* ii& flucrivrircr mmzs qui ont fixé Tattention de beancoup de minéralogistes H SOT 11: luftnr!- 0£!iOi»fll» oo a longtemps hésité.
Cb tnuf isarss f aeddeats, quoique distincts, sont très habituellement en iiiitimir TrwfttMaitJtAas certains cas, ils passent insensiblement de Tun à l'autre. |gna: \f^ sarsase» firattiMS se lient aux failles d'une manière intime, de façon que AigHs, SI» «eâBtfsfiottk ^ b faible grosseur de ceux-ci, on ne peut parfois distin- 1^ ( £a^ i fia «I à Tantre de ces accidents qu*on a aflaire. De mémCy les 3iirs^ j« lâflÉt aox Édiles et aux surfaces frottées en ce sens que c'est d'Orly ^1^ ie cas ailles et de ces surfaces frottées qu'elles s'étendent. D'ail- }i m^T MÙre de ces lignes de fractures en fait en quelque sorte de Mfcfa»^ <^ >^ ^^ ^^ ^^'^ ^^ l'explication véritable de ces dernières. fMMMS^ ks caractères différentiels de ces diverses formes l'emportent sur
A importe de justifier le nom de failles donné plus haut aux fines
>j;^ vV» outre les caractères déjà connus qui les rapprochent de ces acci-
èt la <«Mta;(ie terrestre, nous signalerons les rejeU que parfois les lignes
^ M^\^tiqtt«« se sont fait mutuellement éprouver.
U^ ù:i ^^ *''^** ngels se montre d'une manière remarquablement nette sur les
;^,,|yi,j{;;î,,ii{*^ d^^iumalite provenant de u chute de Château -Renard, Loiret
ii ]««« ISir^ ("t enregistrés sous le sl^ne 2. Q. 49. L'un de ces échantillons,
*^ %^hirt 4U iHunbiv de trois sous le même numéro, montre une faille qu'une
.i^icoi^V t^ilU* ivjollt» de 47 millimètres. Un second oiîro un rejet du même genre,
K%iit A«î^* "**^» '"*'*^ *'^ ^ millimètres seulement. Le troisième, le plus gros de
l^m^ c^vilu'ut un ^'rand nombre de failles dont beaucoup sont parallèles entre elles
^ 4IU »^*t «oo<Mnnaj;iU'es de nombreux rejets.
|\iw«wlito loiuhée à (iirgenti, en Sicile, le 10 février 1853, présente de même UN'iMMidIou îJ. 0- ^34) des rejets très nets. (Voy. page 196 la figure 56.) Dans l'édk^nldlou -. y. ^*^- '!<• li* même chute, on voit une faille ramifiée s'arrêter brusuiHHUWït à une autre faille droite; le rejet est encore évident, bien que la portion M4«^«v 110 »oit pas visihle, n'étant point comprise dans réchantillon.
|Vrtn« \a IucimIc loinhée à Aumière (Lozère), le 4 juin 1842 (2. Q. 245), on observe Mil «\j«l^mo de l'aille, rejeté tout entier de plusieurs centimètres.
Ou pouiniit citer un très grand nomhre d'exemples tout à fait pareils dans l^^ii^miin d'aulnes fragments d'aumalite provenant des chutes les plus di-
\U\\n loUM t'i't^ cas et par exemple dans le gros échantillon de Château- Renard, olh^ plu« hatit. on renuirque (juc les failles sont d'autant plus noires que les rejets
sont pliu grands et par conséquent que l'effort mécanique éprouvé par la roche a été plus considérable. C'est donc, conformément aux faits développés dans un Mémoire spécial S que la coloration noire résulte de réchauffement local déterminé par le glissement des deux parois de la faille.
Les surfaces frottées proprement dites qui caractérisent par exemple la chantoonite doivent être séparées des failles, non seulement à cause de leur aspect, mais parce qu'elles résultent évidemment de phénomènes différents. Au lieu d'être daes à de grandes fractures «générales, elles sont causées par une série nombreuse de concassements en tous sens. Leur identité avec les surfaces polies des serpentines donnent à la chantonnite un faciès éniptif qui a déjà été signalé. Les marbrures noires qui les accompagnent très souvent témoignent de In chaleur considérable dont leur production a été contemporaine.
Comme la chantonnite, la lymerickite est abondamment pourvue de surfaces frottées et il en résulte une application utile au point de vue de la spécification des types lithologiques des roches météoriques. On a précédemment signalé le caractère ambigu de la météorite d'Ohaba, Siebenbourg fiO octobre 1857), par rapport à la montréjite et à la limerickilc. Au point de vue lithologique, il y a presque autant de raison pour comprendre la météorite en question dans l'un ou dans l'autre de ces deux types. Mais il n'en est plus de même si Ton fait intervenir les considérations qui viennent de nous occuper : la pierre d'Ohaba présentant une magnifique surface frottée, comme la limerickite et contrairement à la montréjite qui n*en offre jamais, c'est du premier de ces types qu'elle doit évidemment être rapprochée.
Enfin, les marbrures noires se présentent rarement seules et, dans ce cas, on doit présumer, d'après les faits observés, que si l'échantillon était un peu plus grand, il comprendrait des surfaces frottées ou des failles. Quand ces surfaces frottées existent, leur liaison avec les marbrures est, comme nous l'avons déjà dit, évidente à première vue : celles-ci en rayonnent, pour ainsi dire.
Le fait se voit très bien, outre un nombre infini d'autres exemples, sur l'échantillon 2. Q. 144 de la chute de Salles, Rhône (8 mars 1798) et sur l'échantillon 3. Q. 180 de la chute de Chantonnay, Vendée (5 août 1812).
Lorsque dés surfaces frottées restent peu distantes l'un de l'autre, la zone intermédiaire est fréquemment métamorphisme d'une manière complète, au point que des écailles enlevées daus ces régions auraient tous les caractères de la tadjérite. C'est par exemple ce que montre la chantonnite tombée à Mexico, dans les îles Philippines, en 1859 (2. Q. 581). Et Ton voit que le métamorphisme de l'aumalite a eu lieu dans le gisement originel des météorites, par deux procédés tout à fait distincts :
D'une part, réchauffement dû à Tinjection du fer fondu, comme le montre le dyke de Deesa, et d'autre part, réchauffement causé par la friction énergique de fragments pierreux les uns contre les autres, ainsi qu'on l'observe dans la plupart des échantillons de chantonnite. Dans ce dernier cas, l'épaisseur de la zone noire le long des failles et des surfaces frottées pourra peut-être, à ht suite d'expériences, permettre d'apprécier la valeur des actions mécaniques dont il s'agit.
i. Compte» rendus t t. LXXIV. p. 154.
.180 EiNGYGLOPËDIE CHIMIQUE.
Quoi qu'il eu soit, au point de vue oii nous sommes placés, les météorites oligosidères se répartissent en trois groupes caractérisés chacun par un régime géologique particulier.
Le premier groupe formé par la montréjite, Teraélbénite, etc., comprend des roches qui paraissent avoir ccliappé i\ toute action mécanique du genre de celles décrites plus haut.
Dans le deuxième groupe se trouvent des roches qui, comme Taumalite et la lacéite^ présentent de longues failles fmes souvent accompagnées de rejets plus ou moins considérables. La lucéite diffère même de Taumalite en ce que les (kille^ y sont d*ordinaire plus fines et plus nombreuses, ce qui tient peut-être à sa plus grande fragilité.
Enfin la chantonnite et la Ivmerickite, avec leurs surfaces frottées et leurs marbrures noires, constituent un dernier groupe qui se rapproche naturellement par son allure générale des roches éruptives terrestres.
G*est évidemment à des phénomènes mécaniques de ce genre que sont dus les froissements et les concasscments, avec les charriages nécessaires pour expliquer Torigine des brèches pépérinoïdes dont les roches de Saint-Hesmin, de Soko-Banja et de Parnallce sont des exemples entre autres.
Hais les failles ouvertes ont laissé en même temps passage à des matériaux profonds dégagés les uns à Tétat de vapeur, de façon à constituer de vrais dépôts concrétionnés, souvent Glonicns, comme les roches d'Atacama, de Pallas, etc., les autres à Tétat de fluidité ignée, comme le dyke de Deesa.
Dans ce dernier cas, la chaleur accompagnant Téruption a développé des phénomènes métamorphiques, soit dans des fragments empâtés (Deesa), soit dans des roches voisines (stawropolite résultant de la montréjite, tadjérite résultant de Taumalile et de la lucéite, etc.).
Certaines roches ont été poussées de la profondeur à un état déjà solide, les pressions et réchauffement qu'elles ont subis alors y ont déterminé la production de surfaces frottées et de marbrures noires ; le type de ces roches est la chantonnite.
Gomme on voit, nous pouvons résumer en peu de mots des notions fort précises sur le globe météoritique, et Ton voit queces notions étayces sur des observations directes maintenant fort nombreuses, diffèrent profondément de celles que H. Boisse tirait de la simple considération des densités relatives.
On déduit du fait relaté plus haut du métamorphisme de certains types une nouvelle preuve très concluante, au point de vue de la stratigraphie des météorites, des relations de gisement originel de Taumalite avec la chantonnite, et des raisons de plus pour regarder cette dernière, ainsi que je l'ai fait ailleurs *, comme la forme complétée de l'autre.
La notion des relations straligraphiques résulte aussi de l'existence de types de transition parmi les météorites*.
On sait maintenant que la lucéite et la montréjite, représentées chacune par un grand nombre de chutes, offrent la même composition, mais qu'elles diffèrent pro-
i. Compte* rendus, l. LXXÏ, p. 590.