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Poggendorffa Annulen, t. CXIV, p. 99, 250, 264 et

METEORITES. 55

€ 8. Les individualités cristallines auxquelles elles appartiennent sont tantôt entrelacées les unes avec les autres, tantôt formées ensemble en macles.

c 9. La kamacite oiTre des aspects variables dans les diverses météorites :

c A. Quand elle trouve une base sur laquelle elle peut se surcristalliser, elle la soit et se moule sur tous ses angles. Sur la surface opposée, (jui est tournée vers le dehors, la surface a une apparence noueuse et saucissonneuse ;

c B. Quand elle ne trouve aucune base et qu elle s*est développée sans empêchement dans la masse, elle se forme en longues baguettes cristallines qu*on a observées jusqu*à 1 pied de long, 1 pouce de large et 2 ou 5 lignes d*épaisseur. Elles sont presque toujoui*s associées aux autres membres du trias et réunies en plos grosses masses par la répétition multiple de ces derniers : comme par exemple dans le fer de Bemdego qui forme une masse de 170 quintaux ;

f C. Quand Tespace est très étroit, on voit la kamacite apparaître seule.

« Le cas  a lieu dans tout le groupe de Pallas où la kamacite repose exclusivement sur des cristaux de péridot arrondis, suit leurs formes sphériques jusque dans le sonmiet de leurs angles et dessine pour ainsi dire des lignes de fortificatioQs qui sont développées sous une forme en général irrégulièrement courbe. Ce cas a lieu aussi dans les météorites du groupe de Widmanstaetten ^ lorsque des corps étnuigers s*y sont introduits par hasard ; la kamacite s'est surcristallisée sur eux et les a enveloppés ; ces corps étrangers paraissent s*être accrus subitement dans toute la masse du fer météorique à la fois.

€ Le cas B a lieu dans toutes les météorites petftes ou grandes de tout le groupe de Widmanstœtten et en partie aussi dans le groupe de Pallas, particulièrement dans le fer de Steinbach. Il se reproduit aussi dans les fers de Braunau et de Glaihoane qui consistent presque entièrement en kamacite.

€ Le cas C a lieu dans les parties métalliques des météorites pierreuses. Çà et là OD y rencontre de petits rognons métalliques sur lesquels le trias a son empire, par exemple : Blansko, Klein- Wenden, TAigle ; mais celle des trois combmaisons métalliques qui domine et de beaucoup, dans les météorites pierreuses, est la kamacite.

€ 10. Les baguettes de kamacite se croisent sous des angles qui dépendent de Toctaèdre. Lorsqu elles se rencontrent, elles ne s*unissent pas, mais elles se courbent et se moulent l'une sur Tautre, et prennent, à cause de cela, un aspect de iaucisêes.

« 11. Li kamacite se montre dans beaucoup de météorites et possède probablement une tendance à une subdivision grenue. Des lignes presque microscopiques traversent la surface de cassures et dessnient comme un filet ; même quelques-uns des grains commencent à se désagréger en une sorte de gravier de fer suivant la direction de ces lignes.

8 11. Tcentte. — 1 . Les surfaces polies des fers météoriques sont uniformément colorées en gris de fer. Les membres du trias sont entre eux d'une couleur si proche de Tuniformité que Ton ne pont les distinguer à la vue. Si on les met en contact ou en séjour avec les acides ou si on les expose à TinQuence du temps

1. ?• plus loin la classification des météorites proposée par Reichcobacli.

20 ENCTGLOPËDIE CHIMIQUE.

gaz, retenus par occlusion, que les aciers terrestres, et influencé par Tidée que j* ai développée ailleurs^ que la passivité est due à une influence réductrice, j*2: remarqué que les gaz des métaux en question sont des gaz réducteurs, et je me suis demandé s'ils ne sont pas précisément cause de la passivité spéciale de 1 acier.

J*ai donc pris des barreaux d*acier et j*ai privé ces barreaux des gaz qu'ils renfermaient en les chaufTant, suivant la méthode de M. Graham, dans un tube en rapport avec une machine pneumatique. Contre mon attente, les barreaux n'étaient pas modifiés après Texpérience et possédaient le même degré de passivité. Malgré cet insuccès, je pense qu'il y aurait lieu de revenir sur cette question.

Il faut ajouter que la ressemblance qui vient d'être signalée entre le fer de Charcas et l'acier ne se soutient pas relativement à la force coercitive. Le fer météorique dont il s'agit n'a guère plus de force coercitive que le fer doux. Il faut, pour l'aimanter, faire usage d'un aimant ou d'un électro-aimant très énergique : encore a-t-on quelquefois de la peine à y reconnaître des pôles. Dans de premières expériences, j'avais conclu à l'absence de toute force coercitive chez ce fer '.

Avant de quitter ce sujet, je veux indiquer une expérience qui montre bien jusqu'à quel point la passivité vis-à-vis les acides et la passivité vis-ù-vis les sels métalliques sont différentes. On mouille une lame de fer météorique avec une 'dissolution de sulfate de cuivre, et aucune précipitation n'a lieu. Cela fait, et sans essuyer le métal, on le plonge dans l'acide azotique fumant : à l'instant on observe un cuivrage très adhérent. C'est peut-être sous l'influence de l'acide sulfurique mis en liberté que la passivité a cessé un instant.

Analyse des fers nickelés, — En ce qui concenie Vanalyse chimique des fers météoriques, il convient de reproduire ici le procédé mis en pratique par Rivot' :

Cette analyse, dit le savant chimiste, présente de grandes difQcultés, elle exige des opérations nombreuses et très longues.

Les résultats sont toujours assez incertains, d'abord parce qu'il s'agit de déterminer des quantités très faibles de différents métaux, dont les séparations ne se font pas avec netteté, ensuite et principalement parce qu'il faut diviser l'analyse en plusieurs parties, faites sur des fragments différents.

Il est bien certain que les fers météoriques ne sont pas homogènes ; chacun des résultats partiels répond seulement au fragment sur lequel on a opéré.

Pour obtenir un échantillon moyen, il faudrait limer 25 ou 30 grammes du fer météorique, et s'exposer, en opérant ainsi, à mélanger une proportion appréciable d'acier provenant de la lime, avec la matière dont il s'agit de déterminer la composition. On doit peut-être attribuer à l'emploi de la lime la petite quantité de carbone qui a été signalée dans le fer météorique de Zacatecas et dans quelques autres masses analogues.

A l'aide d'un ciseau Iremoé très dur, on détache un très grand nombre de très

i. ExpA^encef sur la passivité du fer, juillet 18C7.

2. Études sur les météorites^ p. 32, 1807. — Voir plus loin, les particularités reUtiyesau magné* tisnie du Ter de Sainte-Catherine.

3 Docimasie, t. III, p. 414.

ftAtâ fngments de la masse ; on observe avec attention si le tranchant de Toutli se casse, et, dans œ cas, on recherche avec soin les éclats, afin de ne pas les mélanger avec le fer météorique lui-même. Les petits fragmenta sont ensuite mélanges de manière à produire une espèce de sable d'une homogénéité relative. De cette manière on prélève les poids qui sont nécessaires pour les diverses recherches chimiqaes. Les principales séries d'opérations sont les suivantes :

1* Recherche de$ métaux. — On attaque 5 ou 6 grammes de la matière par facide cblorfaydrique. L*bydrogène qui se dégage entraîne le soufre, le phosphore, raraeoic. On n*a pas à tenir compte de ces métalloïdes dans cette partie de Tanalyse. Lorsque, après douze heures d'action de Tacide chlorhydrique, la dissolution des métaux n'est pas complète, on ajoute quelques gouttes d'iteidc nzolI'|ue et on fait chaufTer à TébuUition.

Nous admettons que la matière métallique se dissout en totalité. La liqueur chlorhydrique contient, ou du moins peut contenir, fer, nickel, cobalt, manganèse, chrome, cuivre, magnésium . On Tétend d'eau et on y fait airiver un courant un peu rapide d'hydrogène sulfuré. On bouche la fiole lorsque la liqueur est saturée de gaz, et on laisse en repos pendant douze heures. Après ce temps, on filtre, et on lave à l'eau bouillante le filtre et le précipité.

D ne peut y avoir sur le filtre que du soufre et du sulfure de cuivre. Le seul eorps k doser est le cuivre. On sèche le filtre, on le brûle dans une petite capsule de porcelaine avec les matières qu'il contient. La présence du cuivre est indiquée par un résidu noir, adhérant à la couverte de la porcelaine. Il convient cependant de démontrer d'une manière plus certaine que ce résidu est du cuivre (oxyde et solfate produits par le grillage du sulfure). On le traite par quelques gouttes d*adde azotique. Lorsque le résidu noir a disparu dans Tacidc, on ajoute un peu d'eau, ensuite de l'ammoniaque.

La coloration bleue de la liqueur ammoniacale est la preuve ù peu près certaine delà présence du cuivre; on reconnaît aisément à l'intensité de la couleur bleue s'il est possible de déterminer la proportion du métal. Dans ce dernier cas, on précipite de nouveau le cuivre à l'état de sulfure par le sulfliydrate d'ammoniaque, et on le pèse à l'état de sulfure Cu'S, chauffé au rouge sombre à l'abri du contact de Tair. Généralement le cuivre est en quantité trop faible pour qu'on puisse le peser; mais on peut évaluer approximativement sa proportion d'après la coloration de la liqueur ammoniacale.

La liqueur acide filtrée contient de l'hydrogène sulfuré; elle est rendue louche par du soufre très divisé, provenant de la décomposition du réactif. On chauffe pourchasser l'hydrogène sulfuré; on ajoute ensuite une certaine quantité d'acide acétique, et on sature à peu près complètement les acides par l'ammoniaque. On obtient ainsi une dissolution faiblement acidulée, ne contenant pas d'autre acide libre que l'acide acétique.

Od fait arriver de l'hydrogène suliuré en grand excès, on bouche la fiole, et on laisse en repos pendant vingt-quatre heures. Le nickel et le cobalt sont en totalité précipités à Tétat de sulfures; le fer l'est seulement en partie, le mangnnàse, le chrome, le magnésium, une partie du fer restent dissous. On lave les sulfures par décantation, en employant de l'eau chargre d'hydrogène sulfuré, l/t lavage sur le

BlfCrOOPfiDIE CHIHIQUB.

I A iliIttHiiiiiitir In' ccUlinns <le position qui existent entre les dÎTera principei

liiiiiitMludi un tuit KÛiiûralemenl la méthode suivante due à Widii il lMt|ili>lli> ilitjik ninii avons été obligé de laire allusion.

(lu kiiil ((ni' Ht <)n verse un acide sur une lame de fer ordinaire poli, elle perd son ^iIhI t'I piiind uni' surface finement grenue.

l/nipi'rii'ucc répétée sur une lame de fer météorique ne donne pai le même ■■^miltiit; l'acide fuit alors apparaître des figures plus ou moins compliquées et ivmun|uablcs par leur e&tréme régularité. Ce sont des baguettes brillantes, entreorui*^ siuis des angles déterminés et se détachant nettement sur le fond mit du fur fllla(|ué. t'otimii* elles sont en relief sur le fond, le fer ainsi traité devient an vdritnble elii^lié, prupn.' à l'impression, et il arrive souvent qu'on s'en serve pour (vl UM([t>. On \uit par exemple dans le bel ouvrage de Schreibers' des impressiom Ati t* ^enn'.

!>• dvwiil-1 (Rg. 4) (Kirtent dans la science, en l'honneur du savant qui les ■ dérauvt^rt». lo m>m de figum de Widmaîulatlen.

Kty. 4' ' ' Kl||un> illlt dn \Vir1niuitlcUoa produite pr l'Ktion des ieide> sar on» uirUet polK de Ah' itrfU'irlqun, — Eiemple (bumi par la ciillite d'Oauca (Heiiqaf). GraDdeoriulurelIc.

|)i «iiit duN I une double cause, savoir la cristallisation de la masse et l'exis- \inm <l«l)* <»<lli>'<:i de lamelles régulièrement orieniées, de matières in^alenaent Rullditoa dMMN W nrideN.

Iiiii lldiirn* ijiie donnent 1rs divers fers par la méthode de Widmanslœlten son! tiilli d'Mm idnitiiiticR. Quelques-uns 'même, quoique météoriques à n'en pas dou- IkI'i IIi l'r'Wlilfrrit fia* cà-» dessins caractéristiques : du nombre est le fer trouvé Hl IHll ti NcriliH, mil ^ItitU-Unis; d'autres ne les donnent que d'une manière ttitNiii*iii<> t'H "l 'K (»>'nmn ni ime ligure primitivement régulière avait été dérangée ni lu lii'ii ; l'iml l« ni» dit fi^r découvert à llacotab, aux États-Unis, en 1863. Il y en „ rjul !<'■ "Ill'iiit uv'ii iiii" iiellclé rmiaïquable, comme le fer de Caille. Chez

I lli-iilxi'il' ••" lli-'il'irlilr uii'l Ki-iintiii" mfUorUeher Stein- und Melall-Mimen. VieoM.

KËTËORITBS. 39

certains, comme celui tronvé en 1792, & Zacatecas, au Heiîque, elles sont lai^ment dessinées; chez d'autres, au contraire, chez Brauaau, par exemple, elles sont très fines. Quelquefois elles sont formées par l'entrecroisement de lignes très serrées, et ailleurs, comme dans le fer trouvé en 1801 au Cap de Bonne-Espérance, ce sont de larges bandes qui les constituent. L'étude de ces difTérences est intéressante et a servi quelquefois de base à la classification des fers météoriques.

Action de la chaleur. — La structure remarquable des fers météoriques a été aussi mise en évidence par Widmanstœtten, à l'aide d'un procédé étudié depuis en détail par Reichenbach'. Il consiste purement et simplement à cbauffer an contact de l'air mie plaque polie d'un fer météorique. On lui voit alors prendre simultanément, dans ses diverses parties, des colorations variées identiques à celles que prend successivement une lame d'acier poli dont la température s'élève. Ces teintes, bien distinctes les unes des autres, dessinent une sorte de mosaïque (fig. 5] dont cliaque pièce correspond manifestementàunprincipeimmédiat particulier.

C'iXl

En opérant ainsi sur le fer de Caille ou sur celui de Cbarcas, on voit de longues lignes fines et jaunâtres, dessiner un réseau sur un fond bleuïitre. Avec le fer d'Oldbam, on voit une figure différente où trois nuances apparaissent simultanément. An contraire, avec le fer du cap de Bonne-Espérance, au moins en petits édtantillons, on obtient une teinte uniforme comme avec l'acier.

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