Poggendorffi Jnna/«i, t. CXIV, p. 00. SnO. J64et
Il est facile, avec un peu d'habitude, de reconnaître dans ces trois alfiages ceux que je décrirai bientôt sous les noms de kamacite, de tsnite et de plessite et les relations de coloration peuvent remplacer les essais chimiques pour déceler ces corps dans un fer quelconque. C'est ainsi, par exemple, que je suis arrivé, par Texamen de lames irisées, à reconnaître une très petite quantité de plessite dans le fer de Gharcas et cela, comme on va voir, dans une position extrêmement intéressante.
Ayant chauffé avec une lenteur extrême une lame polie du fer de Charcas, j*ai vu se dessiner la mosaïque colorée dont il vient d*être question, mais, dans certaines régions, les lames de laenite présentaient la particularité suivante : on voyait ça et là une telle lame se diviser par place pour se réunir presque immédiatement, de iàçon à circonscrire un espace à peu près circulaire dans lequel un anneau de plessite entourait un point métallique inoxydé consistant, non en schreibersite, mais en taenite.
L'intérêt de ce fait ressortira de la lecture du passage de ce chapitre, où je traite des auréoles auxquelles donnent souvent lieu les sels métalliques sur les lames de fer météorique.
Je dirai enfin un mot d'une circonstance nettement visible sur les figures irisées et que les autres réactifs dont il s'agira tout à Theure font du reste ti'ès bien apparaître aussi. Je veux parler du contoumement et de l'étirement des fers nickelés le long des fissures naturelles dont les fers sont habituellement traversés. En examinant ces parties avec attention, on y constate Texistence de tous les alliages qui ont été amincis, mais qui ne se confondent pas et qui conservent l'ordre même qu*ils affectent dans les autres parties de la masse.
Ces figures sont donc, d'une manière générale, identiques à celles que déterminent les acides : comme celles-ci, elles apparaissent tout à coup et prennent déplus en plus de netteté à mesure que Taction corrosive se fait sentir plus longtemps pourvu toutefois que la durée de l'attaque ne dépasse pas un maximum après lequel les détails de la figure disparaissent successivement. Les parties qui, sous TinQuence de k chaleur, prennent simultanément des nuances diverses, sont ici caractérisées par un grain particulier. Cependant, il ne faut pas considérer les deux méthodes comme faisant double emploi.
Les figures irisées, en effet, permettent de reconnaître dans tous les cas, d'après la méthode qualitative que je décrirai plus bas (p. 45), la nature de chacun des alliages météoritiques, quelle que soit la forme qu'il affecte, et cela, d*après sa nuance. Les acides ne pourraient rien indiquer de pareil, car il faut remarquer que le grain rendu sensible par ces réactifs est dû à des causes simplement physiques et peut varier par exemple suivant la plus ou moins grande rapidité de cristallisation des alliages. Au contraire l'irisation est due entièrement à une action chimique ; elle est indépendante d'une foule de circonstances qui peuvent au contraire modifier certaines au moins des propriétés physiques. Et c'est par exemple pour avoir donné le pas à ces dernières sur les autres que H. de Reichenbach est arrivé à des définitions si vagues des alliages dont il a tenté l'étude.
Toutefois, relativement aux études que j'ai entreprises, les acides ont l'inconvénient d'être beaucoup trop énergiques, même à leur plus grand état de dilution,
\ qui empêche de saisir des phases, à' supposer qu'il en existe, dans la formation » figures. De plus ces rëaclifs ne suffisent pas pour indiquer la nature de tous ïs principes qui concourent à la production de ces figures.
On va Toir que j*ai ajouté aux deux agents qui interviennent ainsi, savoir : les cides et Toxygène chaud, deux autres réactifs, les alcalis caustiques en fusion, t les sels métalliques qui m*ont permis de constater des faits que les premières oëthodes ne peuvent indiquer.
Mes recherches, d'ailleurs, n*ayant pu porter que sur un petit nombre de fers liffêrents, je me garderai bien d'universaliser les résultats que j*ai obtenus. Le plus ouveot, les masses de Caille et de Gharcas ont été le sujet de mes expériences et *est d'elles qu'il s'agira dans ce qui suit, toutes les fois que la provenance du fer n expérience ne sera pas indiquée.
Action des alcalis fondus. — La principale raison qui m'a conduit à plonger lans la potasse fondue, et à l'y laisser séjourner, une lame polie de fer météorique i été de Toir quel est le rôle de la schreibersite dans la formation des figures de Vidmanstaetten.
La plupart des personnes qui se sont occupées des fers météoriques admettent [oe les longues lignes inattaquées que l'acide fait apparaître sont de la schreibersite. bi-méme, je m'exprimais il y plusieurs années à ce sujet de lamanière suivante^: 1 Ces dessins portent dans la science, en l'honneur du savant qui les a découverts, e nom de figures de Widmanstœtten. Ils sont dus à une double cause, savoir : la :ristalIisation de la masse, et l'exislence dans celle-ci de lamelles régulièrement orientées d'une matière insoluble dans les acides... Cette substance insoluble consitae un phosphure double de fer et de nickel, contenant toujours une certaine proportion de magnésium. On lui a donné le nom de schreibersite, etc. » Hais somment expliquer dans cette manière de voir que le fer de Caille par exemple, qu'on peut citer comme l'un des plus remarquables au point de vue de la netteté des ligures, n'ait pas donné trace de phosphore à M. Rivot qui en a analysé, avec le Min qu'on connaît à cet énunent chimiste, deux échantillons différents?
Or les notions que nous avons acquises depuis, relativement aux . propriétés
de la schreibersite, nous donnent le moyen de décider la question. En effet, j'ai
montré que la schreibersite est complètement décomposée par les alcalis caustiques
en fusion , tandis que les divers fers nickelés résistent à ces réactifs ; si donc les
longues baguettes sont formées de phosphure elles doivent être attaquées et appa -
nitre en creux, tandis qu'elles resteront sensiblement intactes si elles sont consti-
tnées par des alliages de fer et de nickel.
L'expérience montre que les baguettes en question sont inattaquables dans la potasse fondue qui, grâce \ ses propriétés oxydantes, dessine sur la lame en
expérience une figure identique à celle que produisent les acides. L'analyse directe
de ces baguettes, analyse dont je donnerai plus loin les résultats, a montré qu'elles
sont formées de taenite Fe*Ni.
Par l'action de la potasse, de petits grains de pyrrhotine sont devenus visibles,
1. Étude descriptive, théorique et expérimentale sur les méléatntes, par Stanislas Meunier, p. 35. 1867.
4i ENCYCLOPÉDIE CHmQUE.
quon ne voyait pas d^abord, et on a vu dans les baguettes de tasnite de petits points attaqués, sans doute formés de schreibersite.
La conclusion à tirer de là est que ce phosphure est en général bien moins abondant dans les fers qu'on ne serait disposé â le croire à première vue» et il y a lieu «rinsister sur le peu d'importance qui en résulte quant au rôle de la schreibersite dans la formation des figures.
Action detuU métalliques. — Dans un travail auquel j'ai été associé, M. Daabrée a fait connaître de h manière suivante une méthode qui décèle dans les fers météoriques des particularités noovelles^
Une lame polie de fer uéléoriqBe plongée dans un acide peut être considérée comme formant un eoaple voitaiqiie. Le contact du liquide avec des substances métalliques inégalement attM|aaUes et en relation entre elles développera un courant dirigé dans le Uquiie. im Bèlal attaquable au méUl inattaquable, et dans la masse de (et^ du métal mrttafmUe au métal attaquable. C'est par une cause semblable que les pUqnes ie fcjaiajr pî proviennent de fer corroyé forment une multitude de coudes. «B ntMtti^ilMlèragéiiéîté de leurs parties. Dans la disposition ordinaire TeipérieDOf ie IRlMwMIai* l'existence de ce courant a simplement pour eflèl àt yfterb idwtaMi dki mêlai attaquable, mais sans que cette influence soit ma-
l0 ««mllat est tout différent si le liquide simplement adde est
ÎMriliÉMi d*un métal précipitable. Le sulfate de cuivre en soin-
4 MM JHiftMvd particulièrement convenable à cause de la couleur do
<«lle du fer et rend sensibles les moindres dépôts. A peine
* plongée dans la solution, que le réseau formé par les lamelles
tm louge de cuivre sur le fond encore blanc. Un instant après,
Imielie cuivrée, il se forme un petit anneau ou plutôt une auréoU
Maternent du côté externe. Enfin» à peine ces auréoles sont-elles
m'M ^Hf'^ instantané de cuivre couvre tous les points de la surface qui
« ^%iwiil restés à nus.
' ) :mjt» ^ MWC«9sion de ces divers dépôts, localisés d'une manière à la fois si ^jjlfft* «I «iMstante» tient, comme je m'en suis assuré par la suite, à l'existence J^^MMM^^^I^i^^^^ métalliques en contact. On peut en avoir une idée première 4g ^ iM«mKWiiit par un lavage à l'ammoniaque du cuivre déposé. Le fer pré- ^^iM aftM^ ^ne surface intéressante à étudier , et essentiellement différente des Éigjm kf WkiiuanstaBtten.
^ ^ ^1 d'abord la tenite sous forme de très longues lamelles parallèles que 1^ ilulinffiit AU vif éclat qu'elles ont conservé. Il est même à remarquer, au moins ^ C^ ^Mi tHUicerne le fer de Charcas, que les figures ainsi produites sont inoom- MK«MMiH4it |Jus nettes que celles qu'on rend visibles au moyen du pix>cédé y^^l^ir^» (Nir la simple action de l'acide. Dans l'alignement de la plupart des ^»ll0||«tii di« twnita repai^nît l'auréole déjà signalée et qui se montre alors comme un HM^Ul plus blanc Qilessite) que le reste de la masse, et plus profondément attaaM^« Quant à la masse générale ou kaniacite, elle a pris un grain fin qui lui donne
MIH» l«^iitl«^ ftrisAtiv.
IWpui» h\ publication du travail dont il vient d'éti^ question j'ai soumis ce sujet
\. (.'«MH/t^x n^i/n* »/•• rAciul^mif ihx sc$eHceê, t. LXIY, 2 avril 1867.
HÊTéORITES. iS
kaK^nide noDielleet il en est r^ullé ce fait intiresBant que les auréoles oonstihienl comme le premier temps des âgures de WidmaDsUetten.
On uit, et c'est un fait très remarquable, que dans la formation de ces figures pif ]i méthode ordinaire, dès qu'elles se dessinent elles sont coraplèles quels que hIhiI d'ailleurs l'élat de faiblesse de l'acide employé et le peu de temps de son uAob: elles ne peuvent rien gagner par Teniploi d'un acide plus fort, ou par une plu longue durée de l'expérience, si ce n'est de la netteté. Or la production successive des auréoles et des lignes droites me parut indiquer Il possibilité, k l'aide de solutions métalliques, de suivre le développement des %ares. Pour cela je cherchai, avant tout, i remplacer la solution cuivreuse par un liquide plus commode. En effet, outre les perturbations apportées dans la précipitation par la passivité de beaucoup de fers, ce qui rend nécessaire de chauffer le sulfate, le lavage du cuivre est extrêmement long et entraîne l'emploi de cor])s d'un maniement pénible, tels que l'ammoniaque ou la potasse.
Ces considérations tournèrent mon attention vers les chlorures, et je ne tardai pu 1 ro'arréler au sublimé corrosif qui m'avait déjà rendu plusieurs services dans le murs de mes recherches.
Quand on plonge une lame polie du fer de Charcas, pareiemple, dans une dissohtion aqueuse, froide et peu étendue de bichlorure de mercure, on observe presque instantanément la production des auréoles indiquées plus haut. En lavant l'é- (hintillon on reconnaît que ces auréoles sont dessmées en creui et correspondent pu- conséquent à un métal plus attaquable que le reste de la masse dans les conititioas de l'expérience. Elles sont formées de plessite, comme je l'ai reconnu par les irisations décrites dans un paragraphe précédent, et apparaissent avant l'attiqae de la kamacite, cependant un peu plus soluble, et sans doute à cause de leur liluition entre deux amas de tœnite, ce qui doit développer des courants électriques intenses. Ces figures, consistant exclusivement en petites auréoles placées sans ordre
Ff. t.— iaréole* produite* par le tuiFate de caivre >ur un Ter météoriqDe. Exemple ronnii p*r !■ caillile de Caille (Alpes-lUfitiines]. Grandeur Dilurelte.
tpparent, correspondent donc à la période d'attaqué de la plessite et constituent le premier temps de la formation des figures complètes (fig. 6).
Si la dissolution mercurique est concentrée, on voit aux auréoles s'ajouter des l>i^eltes qui dessinent des alignements dont l'analogie avec les figures de Wid-
U EHCTOOPÊDIB CHlinQnR.
nunsbEtteD est déji 1res nette (fig. 7) : c'est le second leoips du déreloppemeDt
des Ggures; il corresponil i la période d'attaque de la kanucite.
Enfin, en empinyant une dissolution saturée et chaude de bichlonire de mercnie, le fer de Charcas donne les plus belles figures qu'il soit possible de voir (fig. 8), et ce résultat est d'xutant plus remarquable que le fer dont il s'agît ne donne par les acides que des figures bien inférieures à celles de beaucoup d'autres masses de
même origine. C'est le troisième et dernier temps de la production des figures : il répond A l'attaque de la txnite qui prend alors le même grain que la plessile, ce qui rend celle-ci indiscernable.
Les mêmes résultats m'ont été donnés par les fers de Caille, San Francisco del Mezquital (Mexique), Seeiasgen (Prusse), Zacatecas (Mexique), Union County (Géorgie), Tuczon (Mexique) et Sarepta (Russie), traités par une goutte de bichlnrure de mercure. Toujours, sur la surface d'un centimètre carre environ que j'ai étudiée, j'ai vu la succession dont il vient d'être question, et presque toujours le résultat final a été plus net que par l'emploi d'un acide.
Ces premiers faits m'ont engagé à voir si des solutions analogues au bichlonire de mercure, telles que le chlorure d'or el le chlorure de platine, ne donneraient pas lieu Si des phénomènes du même genre.
J'ai reconnu qu'ils ont une action dilTérente.
Due goutte de chlorure d'or en solution froide et concentrée, placée sur la surface polie du fer de Zacatecas, ou encore sur celle des fers de Caille et de Charcas, a
donné lieu instantanëment ù un dépôt d*or très peu adhérent, sans dégagement sensble de gaz. L*or enlevé, j*ai reconnu la formation d* admirables figures de Widmanstatten, mais il est impossible d*obtenir les phases successives qui ont été
signalées tout à Theure.
Je dois recommander tout particulièrement l'emploi du chlorure d*or toutes les
fois qu'on veut savoir instantanément quelle figure donnera une lame polie d'un fer inétéorique donné.
Un efîet analogue a été produit par le chlorure de platine sur le fer de Zacatecas : un dépôt très adhérent de platine, avec dégagement de gaz, accompagne la production de figures complètes, ou, si l'on veut, dont je n'ai pas pu suivre le développement.
Gomme appendice, je citerai ici, mais seulement pour mémoire, les essais que j'ai faits sur le fer de Seelasgen, avec beaucoup d'autres sels, et particulièrement avec la solution de chlorure d'argent dans l'ammoniaque, avec l'acétate de plomb, avec le solfhydrate d'ammoniaque, etc., qui n'ont donné lieu à aucune attaque.
D en a été de même, pour le même fer, avec les dissolutions de nitrate de protoxyde de mercure et de nitrate d'argent.
En résumé, il ressort de l'étude d'un assez grand nombre de figures obtenues par les divers moyens indiqués dans les quatre paragraphes précédents que les prinapes immédiats des fers météoriques occupent, les uns vis-à-vis des autres, des situations parfaitement fixes.
Ainsi, pour ne citer que quelques exemples de la régularité dont il s'agit, lorsque les trois fers nickelés principaux sont réunis dans une même masse, jamais la plessite D'est en contact avec la kamacite. Elle en est séparée par la tsenitc dont la composition n'est cependant pas un terme moyen entre celles des deux autres substances.
Il en est de même de la schreibersite qui paraît localisée dans les lamelles de tenile, ou enveloppée de taînite et qui peut aussi se trouver en contact direct avec le graphite.
La pyrrhotine n'est pas non plus en contact avec la kamacite. Elle paraît même être toujours séparée de la taenite par unecoucheplus ou moins épaisse de graphite, laquelle s'est montrée, dans plusieurs cas, enveloppée de schreibersite. Je n'ai pas vu de schreibersite en contact avec la troïlite. Quand le graphite enveloppant le sulfure est épais, comme il arrive pour le fer de Caille, où il atteint parfois 1 centimètre d'épaisseur, il est formé de couches parallèles régulières.
On retrouve du graphite en lamelles dans l'intérieur des rognons de troïlite.
Des grains lithoïdes sont souvent engagés dans la troïlite et j'ai souvent retrouvé le sulfure en couche très mince entre les grains de péridot et le métal enveloppant. Il paraît, d'ailleurs, que la kamacite n'est jamais en contact direct avec les silicates.
Je borne ici ces exemples dont le nombre augmentera certainement par de nouvelles études.
Séparation mutuelle des fers nickelés. — J'ai repris l'étude d'un certain Dombre de ces alliages, et mon premier soin a été de chercher à réaliser leur séparation mutuelle. J'eus pour cela recours à la méthode suivante : Le fer en expé-
rieuce étant préalablement réduit en poudre au moyen d*une lime fort dure, on l'introduit dans un bain de potasse caustique pure maintenue en fusion tranquille dans un creuset d'argent. II faut avoir soin que le métal tombe bien au milieu du bain et ne s'attache pas aux parois du creuset, cas dans lequel il s'oxyderait.
Presqu'instantanément, on voitTalcali, jusque-là limpide, se troubler parsuitede la présence de flocons grisâtres qui y flottent. Ces flocons proriennent, comme on le verra plus loin, de la décomposition de la pyrrhotine, de la schreibersite des grains lithoïdes, etc., et consistent surtout en oxyde de fer.
Quand la décomposition des substances étrangères est bien complète, on laisse refroidir et Ton traite le gâteau alcalin par de Teau distillée. Toute la potasse, et une partie des flocons grisâtres sont entraînées. Ce qui reste de ces flocons est aisément dissous par l'acide azotique fumant qu on ajoute alors en excès sur la limaille encore humide.
Le fer nickelé, devenu passif, résiste parfaitement à ce réactif, qui opère Toxydation complète du graphite, surtout si on le porte à la température de Fébol lition.
La limaille, bien lavée à l'eau distillée, puis à lalcool et enfin à l'éther, afi d'éviter aon oxydation à laquelle donnerait lieu son contact prolongé avec l'eai est desséchée et consiste alors exclusivement en fer nickelé renfermant toutefoi mais seulement dans des cas exceptionnels, une très petite quantité de carbu de fer.
Restent à séparer les divers alliages dont nous avons reconnu l'existence» jusqu'ici les procédés purement chimiques ne m'ont pas donné de résultats ïÀt satisfaisants. La raison en est dans l'extrême analogie de ces divers alliages qpii : trouvent être attaquables par les mêmes réactifs et sensiblement avec la mèn facilité.
Après diverses tentatives plus ou moins heureuses, j'ai eu recours à un prooéi physique qui m'a permis, comme on va le voir, d'isoler les principaux de ces a liages.
Mes expériences ont porté surtout sur les fers météoriques de Caille (Âlpes-Mai times) et de Charcas (Mexique), qui se recommandaient par leur simplicité relati de composition immédiate et dont je pouvais disposer à l'état de limaille et de peti fragments en quantité comparativement grande.
Il importait avant tout de déterminer exactement le nombre des composés co stituants renfermés dans le fer nickelé de ces deux masses. Pour cela, une peti lame polie du fer de Caille fut chauffée avec précaution et bien uniformément. Cet opération du chauffage, dont l'idée première est due, comme on l'a vu, à Wi( manstaetten, dessina, grâce à l'inégale oxydabilité des différents principes immédiat un réseau jaunâtre qui se détacha sur un fond d'un beau bleu violacé.
On observait en outre des parties d*une nuance intermédiaire, nettement limitée comme les autres, et occupant toujours les espaces bornés par les lignes jaunâtr entrecroisées.
Ces trois métaux se réduisirent toutefois à deux par un examen plus attent le troisième résultant de l'existence simultanée des deux premiers en lamell alternatives très minces, ainsi que j'en acquis la preuve par une étude à loupe.
Le fer coloré en bleu correspond à la kamacite, et le fer jaunâtre à la tonite. Lear existence une fois constatée,^ il s'agissait de les séparer, et là résidait une très grande difficulté. En effet, ces corps, dont la composition se ressemble beaucoup, comme on le verra dans la suite, présentent, d*après ce que j'ai déjà dit, des propriétés trop voisines pour que Ton puisse employer les agents chimiques de séparation. S*il est vrai que la kamacite soit plus soluble que la taenite dans les acides, ainsi que le prouve Texpérience de Widmanstaettcn, on ne peut toutefois fonder sur cette différence un procédé de séparation. D ailleurs, en admettant, ce qui e«t vrai, que Ton puisse ainsi isoler un peu de tœnite de la kamacite qui raccompagne, on ne pourrait pas, par cette méthode, arriver à connaître la nature de ce second alliage.
Après un très grand nombre d'essais, durant lesquels j*ai passé en revue Faction de la plupart des dissolvants du fer, je suis revenu à la méthode même qui permet de reconnaître lexistence des deux alliages en question et qui vient d'être décrite.
Une petite quantité de la limaille bien pure et un peu grosse du fer de Caille fut éparpillée sur une plaque de verre et chauffée lentement et bien uniformément. On rit bientôt la plupart des grains se colorer, tandis que d'autres, beaucoup moins nombreux, restaient à peu près intacts. Quand les premiers grains furent arrivés ao bleu, on laissa refroidir, puis, à la loupe, on se livra à un triage, extrêmement long, à la vérité, mais n offrant d'ailleurs aucune difficulté. Quelques grains de limaille qui n'étaient pas colorés d'une seule nuance furent considérés comme contenant à la fois les deux alliages, et rejetés.
Après une quinzaine d'opérations de ce genre, j'arrivai à posséder ainsi environ 3 grammes de fer bleu ou kamacite et 0>%5 de fer à peine jaunâtre ou taenite, qui me permirent, comme on va voir, d'étudier les propriétés de ces deux métaux.
Le fer de Charcas, soumis aux mêmes manipulations que celui de Caille, m'a donné sensiblement les mêmes résultats. Comme ce dernier fer, il paraît résulter do mélange de la kamacite et de la taenite et à peu près dans les mêmes proportbns.
liais il ne faut pas croire que tous les fers météoriques présentent une aussi grande simplicité de composition immédiate. Outre la kamacite et la tœnite, il existe beaucoup d'autres principes immédiats qui sont moins répandus, au moins à en juger par les fers que j'ai étudiés et qui se distinguent plus ou moins nettement par leurs propriétés.
L'un des mieux caractérisés est la plessite, ou du moins un alliage que je crois être la plessite de Reichenbach. On peut, par exemple» observer son existence dans les fers de Jewell-Hill (Caroline du Nord) et d'Oldham County (Kentucky).
Pour l'isoler» j'ai eu recours au procédé de séparation qui m'avait déjà servi pour les deux premiers alliages.
Quand on chauffe sur une lame de verre de la limaille du fer d'Oldham, on observe à un moment convenable des grains peu abondants et un peu jaunâtres, des grains pourpres et des grains bleus. Ainsi qu'on s'en assure en chauffant une lame polie de fer en expérience, les premiers correspondent à la tsËuite, les seconds à la kamacite et les derniers à la plessite. Je dois faire remarquer à ce sujet que, si je me sers de ces trois noms introduits
Aii> b ^.vfiokv )itf l^iitffcrafca h V b f«ÎÉe <r«K ttmàt dool les résulUts ne sont itiwiriir»: m éit mÉÊurt i te» fti«» afaHs» c'a! finpleiiient pour De pas augeiMtfff ^ siiftimTiiÂr •àffà s. ■imhi f n tf <b ■ÔKraloeîe. Je regarde ces noms msifii mÊÊ, cauifciBïw i^a *--i— ^«^^ & ^tni p» bw jours en pomtret^ ni la Ueoite k jÎKrsaa; mvodc m mmjmt aîHevs que dans les TÎdes anguleux
eertaines parties da fer de Nelson
se présente en petites taches re-
fe isr de Zacalecas (Mexique) renferme h
t plutôt le nom de kamacite, etc
qui Tiennent d'être âiuméréSv la kfl
beaucoup les plus habituels, œ sont pa
météoriques. Parmi les autres alliage
I tot coa^rfeC je me bornerai à rappeler Voctibbe
de nickel qui y est renfermée et que j
if «K ■nnîèfe spéciale, le Muséum n*en possédan
h catarimne et la hraunine.
je n'ai pas eu Toccasion de rencontrer d*aatre
iTétre cités. Voici les faits à la connaissance desquel
^ !^ta||ili^ ««^ba MMfet «f*^ j'm spécialement étudiée proTenait du fer de Caille ^ ^ i-^L ^tfmkf P^ ^ pnxédé indiqué plus haut.
^ imAi i I>5$0» ainsi qu*il resuite de mesures prises après purifî in mrtwfft <Mk$liqiie en fusion et par Tacide azotique fumant qui a ei ilinii^^ W sail« d*enleTer les matières étrangères telles que la pyrrfao h. iiiij<4hff 'fcf ^ ^taphite, etc. Reichenbach doune le nombre 7, i24 pou >^ -y**f*^ «i*w laenite qui nVtait [^ut-èlre pas absolument pure. >^iMlKR.i t'^nMih^ la ta^nile ainsi purifiée, et voici la méthode que j'ai suivie É^iK^^ a ^ JfosAUJite dans Tacido «azotique, puis la liqueur, convenablemen hiîter |'i<l»L *^ additiomuV ii\tnimoniaque jusqu a Tapparition d'un précipil ^^ ^ t^ a aUu^ été précipité à Tétat de suocinale d'ammoniaque et pds . ^b|jt JI^M^VJ^ a|u\V oaiàuatiou du sel organique. Le nickel contenu tout entie ^ 1^ liMAit^ * ^'^ pi^Vipité j^r la potasse à l'état d'oxyde qui, lavé et calciné,
^j^jl^ ^ INK'M ^ ci^lt, la Ui'uite du fer de Caille m'a donné :
Fer R5.0
Nickel, . , . 14.0
SV Ms^^^t^"^^ \HMului:^tHU à la formule :
FV.Ni,
^.VIW^^IK^ j'<dlm ho d*«ul«ia plu* d'im|H)rtance que M. de Reichenbach fils y est ai ^V^ vl^^ «^vm vhUi^ à Ih Huilo do Taualyse d'une autre taenite d'ailleurs non purifie H^I^UVuiout ot qui lui « donné :
MKTKOUITES.
Fer ....
Nickel. . .
Cobalt. . .
Soufre. . .
Phosphore .
Jesuis parvenu à un résultat tout à fait conforme au précédent, en abandonnant à Faction de Tacide azoti(]uo étendu, une lame mince du fer de Caille qui s'est ainsi mluite à Télat d'un réseau très délié, entièrement formé de taînite. Celle-«îi, soumise à Tanalysc, m'a donné en effet :
Fer 85.0
Nickel .... 15.0
Ces faits m'autorisent, je crois, à repousser absolument la conclusion que N. Shepard tire de ses analyses et d'après laquelle la tœnite devrait être représentée par Fe*Ni'*.
B. Kamacite, — Le fer nickelé de la masse de Caille m'a donné environ 80 pour 100 de kamacile dont la densité, mesurée avec les précautions convenables, est égale à 7.652.
Soumise à l'analyse, elle m'a donné, sans trace de cobalt:
Fer 91.1)
Nickel. . . . 7.0
98.9 d'où l'on doit conclure que la formule de cet alliage est :
Fe**Ni.
Remarquons à ce sujet qu'en admettxint, comme les nombres donnés précédemment semblent l'autoriser, que le fer de Caille contient en moyenne 4 parties de kamabite pour une de tœnite, la formule élémentaire de ce fer s'exprimerait par :
Fe^Ni-f4(Fe*%)=Fe«*Ni»
•jni, chose digne de remarque, conduit à très peu près aux nombres que M. Rivot a obtenus dans l'analyse élémentaire de cette masse météorique. On tire en effet de la formule ci-dessiis :
Fer 91.4
Nickel .... 8.6