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III IhHl , I. I.XVI, p. l^iim fit 1330.
METEORITES. 405
Plusieurs nébuleuses ont pu être soumises au spectroscope K Nous ne parlons, Inen entendu^ que des ndbuleuscs irrésolubles, les autres ne pouvant point être distinguées des étoiles dont elles sont de simples amas. Depuis plus de 150 ans, les astronomes étaient très préoccu{>és de déterminer la véritable nature des nébuleuses. Après les beaux travaux d où William Uorschel avait conclu que ces masses sont formées de matière cosmique accumulée, les perfectionnements des appareils optiques ayaient résolu en étoiles un très grand nombre de nébuleuses considérées comme homogènes, et Ton jml douter (|u*il y eût vraiment des nébuleuses irréso- Inbles. Il paraissait même bien difficile d^urri^er jamais à la solution du problème, puisqu'on pouvait toujours supposer un appareil plus puissant que celui dont on disposait. Cependant la question fut complètement élucidée par M. William lluggins qui, au mois d*aoùt 1864, examinant au spectroscope la nébuleuse désignée dans les catalogues par le signe 57, 11, IV, du Dragon, reconnut, au caractère de son spectre, exclusivement formé de trois raies brillantes, que la lumière de cet astre n'émane pas d'une substance solide ou liquide, mais d*un gaz lumineux. £n outre, la position des raies dans le spectre devait, (Faprès ce qu'on a vu, faire connaître la composition de ce' gaz. Les mesures prises au micromètre montrèrent que la plus brillante de ces raies occupe une position très voisine de Tune des raies les plus nettes du spectre de Tazote ; une deuxième ligne correspondait à l'une de celles de Thydrogènc ; quant à la troisième, elle était très voisine de celle du baryum, mais ne coïncidait pas absolument avec elle, et Ton doit se demander si elle indique un élément inconnu on simplement un état piirticulier de l'un de nos corps simples. Outre ces raies brillantes, signes d'un gaz incandescent, on voit un spectre continu extrêmement faible. Ce spectre n'a pas de largeur apparente, et doit par conséquent provenir d'une lumière diffuse et peu intense qui semble cor* mpondre au centre de la nébuleuse. Celle-ci a donc un noyau, premier degré, sans doute, de la condensation qui la transformera en soleil.
En somme, il résulte de l'énumération qu'on vient de lire que, sauf quelques indications spectrales douteuses, les astres n'offrent guère que les corps simples existant sur la Terre. Beaucoup des éléments connus dans nos laboratoires ne se montrent pas dans les spectres astronomiques; mais on ne saurait sans témérité conclure à leur absence plutôt qu'à leur rareté ; et l'on avouera que les faits qui précèdent fournissent un argument bien décisif au principe de l'unité de la constitution de l'univers.
Hue conclusion pareille va nous être fournie par l'examen de la composition minera logique des astres, quelque incomplet que cet examen soit encore à présent.
Ajoutant une merveille à celles qu'on lui devait déjà, l'analyse spectrale donm dans quelques cas le moyen de reconnaître dans les corps célestes l'existence de composés définis ou, si l'on veut, d'espèces miner abgiques.
Ainsi, on a pu afûrmer, d'après l'étude de leurs spectres, que le Soleil et quelques étoiles renferment de la vapeur d'eau*. 11 y a môme des étoiles, et le Soleil est du nombre, qui contiennent certains gaz composés que Secclii était conduit à rapprocher de quelques hydrocarbures et^ spécialement de la vapeur de benzyle'^
1. Voy. les mémoires de Secchi dans les Comptes rmtdui, t. LVI, p. 543 et 1167.
2. Comptes rendus, t. LXVIIl, p. 350. ^ ' 3. IM, t. LXYIII, p. 1086^
L*atmosphère de Jupiter et celle de Saturne ont donné h H. Janssen le spectre caractënstique de la vapeur d*eau.
La détermination des roches qui entrent dans la composition des astres est extrêmement difûciie ; aussi sommes-nous encore bien incomplètement renseignés sur cet important sujet.
Nous trouvons a citer d'abord les notions acquises sur Mars, oîi i*OQ a reconnu la présence de continents, de mers et de glaces polaires ; car Teau est une roche an même titre que le granit ou le calcaire.
Pour la Lune, les doimées sont un peu plus précises, et il est certain que Ton trouverait les analogies des roches lunaires parmi nos roches volcaniques, les unes poreuses et scoriacées, sans doute trachytiques, qui constituent les cratères ; les autres lisses, unies, épanchées comme nos trass et les déjections de nos volcans. Les grands cirques ont une physionomie qui portait H. Lecoq à les comparer aux escarpements de porphyre.
Le même jour, jeté d*nnc façon si inégale sur la composition chimique, rainéralogique et lithologique des astres, s*est étendu dans quelques cas à leur constitution géologique, c'est-à-dire à la manière d'être velative des diverses roches qui les composent.
Un des corps célestes qui ont donne les résultats les plus nets est le Soleil, d6nt nous avons déjà énuméré les diiïerentes couches superposées. On a vu que sur un noyau obscur, et sans doute gazeux, re))ose une enveloppe liquide ou même solide, qui doit à son état physique le vif éclat qu'elle répand et qu'on a voulu rappeler en la nommant photosphère. Sur la photosphère, et peut-être séparée d'elle par une substance que caractérise un spectre continu, se' trouve la chromo^phèrej formée d'un gaz incandescent et qui est enveloppée elle-même par une immense atmosphère.
Si nous passons aux planètes, nous trouvons une structure toute différente, que l'étude de la Terre nous dévoile, au moins pour ses parties externes. La Terre présente, comme on sait, sur un noyau central, soustrait par sa situation à nos recherches directes, mais que divers faits, développés ailleurs, nous conduisent à regarder comme fluiilc, un épais revêtement de roches dont on a le type dans le granit des trotloirs. Cette croûte se brise de temps en temps et laisse échapper, sous forme de filons, un certain nomi)re de roches inférieureSy auxquelles on donne le nom d'éruptives, et parmi lesquelles les plusî connues sont le porphyre, la serpentine, etc.
Des éruptions plus ou moins analogues ont lieu encore aujourd'hui, et avec un appareil spécial qui porte le nom de phénomènes volcaniques : le basalte, le trachyte, etc., ont une orij^nne de ce genre.
Dans certains cas ces exsudations de roches sont remplacées par des exhalaisons gazeuses ou par des sources thermales. Celles-ci, suivant leur nature, se condensant ou précipitant parfois le long des parois de la crevasse qui leur livrait passage, les substances qu'elles dissolvent ont donné naissimce à ces filons métallifères dont la recherche et l'exploitation constituent le travail du mineur. Sur le revêtement granitique, et par suite de l'action des eaux, se sont empilés successivement de très nombreux dépôts, auxquels on donne le nom général de terraint stratifiés et cjui, par les restes appelés fossiles qu'ils renferment, nous renseignent sur les êtres vivants qui nous ont précéiiés sur la Terre.
L'Océan forme comme un revôtement superposé aux sédiments, et d*où ils émergent par place sous forme de continents; de même V Atmosphère ou océan aérien peut être considérée comme formant la couclie la plus externe du globe.
Grâce à sa proximité et à la transparence de son atmosphère, la surface de Mars a pu être soumise à un examen approfondi. On y a reconnu comme sur la Terre des continents et des o(;éans.
Même, M. Proctor' signale comme une des plus remarquables particularités de cette planète le grand nombre des passes longues et étroites et des mers en goulots de bouteille {botlle-necked). Cette disposition diffère essentiellement de tout ce que Ton connaît sur la Terre. Ainsi, la passe d'Huggins est un long courant fourchu, beaucoup trop grand pour qu*on puisse le comparer à aucune rivière terrestre. 11 9*étend sur 3000 milles anglais environ et joint la mer d'Airy n celle âe Maraldi. La passe de Bessel est presque aussi longue. Un autre canal, que les cartes désignent sons le nom de Nasmyth, est encore plus remarquable : commençant près de la mer de Tycho, il coule vers Test, parallèlement à elle et à celle de Béer, puis se courbe bmsquement vers le sud et, s'élargissant alors, forme le fond de la mer de Kaiser.
Les mers en goulots de bouteille ou lacs constituent un trait singulier de la planète Mars. Celles que réunit le canal d*Oudemann forment une paire très remarquable.
On en voit deux autres qui se ressemblent encore bien plus entre elles : elles sont séparées de Tocéan Delarue par un isthme courbe si étroit que, n'étaient ses Tastes dimensions, on serait tenté de voir dans tout cet ensemble le résultat d'un travail artificiel. Mais chacune des deux mers a 3000 milles de long et 130 milles de large; un canal qui les réunit à Tocèan Delarue n*a pas une longueur moindre fk 250 milles.
On sait que sur la Terre les océans ont trois fois la surface des continents, et l'on doit noter que TËurope. l'Asie et l'Afrique forment ensemble une seule grande île, tandis qu'une autre île consiste dans la réunion des deux Amériques. Or, sur Mars il existe une disposition tout à fait différente. D'abord, il y a une égalité presque complète entre les surfaces occupées par les continents et par les mers, et, en second lieu, ceux-ci sont mêlés les uns aux autres de la manière la phis compliquée. C'est au point qu'un voyasreur pourrait, soit par voie de terre, soit en bateau, visiter presque tous les quartiers de la planète sans avoir à quitter l'élément sur lequel il aurait commencé son voyage.
Un trait caractéristique de la structure de la Terre consiste dans l'existence de montagnes ; on observe des accidents du même genre à la surface de Mars, de Mercure et de Vénus. Pour Mercure, dont l'étude est très gênée par la proximité du Soleil, on a reconnu la présence d'une montagne à ce fait que le croissant présenté par la planète dans certaines de ses phases n'a pas ses deux parties également aiguës ; Tune d'elles, la méridionale, s'émousse sensiblement et présente une véritable troncature. Il est indiqué, en effet, pour rendre compte de cette inégalité des cornes, d'admettre que près de la pointe sud il existe une montagne très élevée qui arrête la lumière du Soleil, et l'empêche d'aller jusqu'au point que la