Scientifio Heview du 1" mars
corne aiguë aurait occupé sans cela. L'étendue de cette troncature peut servir à culculer la hauteur de la montagne qui la produit. Cette hauteur a été trouTée ^lo à 5 lieues de 4 kilomètres : c*est la i 25<^ partie à peu près du rayon de la planète. Cette montagne est donc extrêmement grande si on la compare à celles qui existent sur la Terre.
Pour Vénus, les résultats sont bien plus nets, et Ton est autorisé à dire que sa surface est couverte de hautes montagnes' ; souvent en effet les cornes des croissants sont tronquées et leurs bords dentelés comme ceux des croissants lunaires. Les plus hautes de ces montagnes sont cinq fois plus élevées que les plus hautes montagnes de la Tem?; leur hauteur atteint 44 kilomètres.
De même que la Terre, ces planètes sont enveloppées d'une atmosphère. On remarque même que celle-ci est plus épaisse dans Mercure que dans Vénus el surtout que dans Mars. Les petites planètes situées entre Mars et Jupiter se distincuenl des précédentes sous ce rapport par Tabsence de toute enveloppe
Autant qu\w eu peut juger dès maintenant, les planètes les plus éloignées du Si>Wil 5«!tiiKl<tit avoir une constitution différente de celles des planètes dites inférieurv^ Ain^i^t. Jupiter et Saturne se comportent comme des masses qui seraient lh|«»4^; H Tranus et Neptune, peut-être faiblement lumineuses par elles-mêmes, ^N^vi^t des spectres tout à fait pareils à ceux que produisent les comètes et les M^WWus^ irrt'solubles ; c'est-à-dire qu'elles se présentent comme des corps
l^m la Lune on reconnaît sans peine une constitution essentiellement volcanique ; IM^U outiv les cratères ou puy^y pour employer l'expression consacrée en Auvergne, MU «^ puolnerverà la surface de notre satellite de larges surfaces unies ou peu acci- ^^'UltVH que l'on désigne sous la dénomination, sans doute fort impropre, de mert, JKmih ijuolquos régions on a pu constater, à des signes plus ou moins nets, une iv*(h\hî do stratification.
CtM'Iuiiis observateurs ont signalé des corrosions manifestes, analogues à celles \\m produit l'Océan, et le pouvoir que possèdent diverses plaines de polariser |ortt«inenl la lumière a conduit à supposer qu'elles peuvent bien être remplies par doM ^lucicrs.
Il n'existe dans la Lune aucune trace d'atmosphère. Voici comment on s'en esl iiiÉMuré : lorsqu'on fait l'observation du spectre d'une étoile un peu avant son occultulinn |)ar le bord sombre de la Lune, ou au moment de cette occultation, on peut oiÉ|H^n»r (lo saisir quelque phénomène caractéristique du passage de la lumière de j'iUcûbî à travers l'almosplière lunaire. Car s'il existe une telle atmosphère, qui |iiiii<H(s soit par les substances dont elle est composée, soit par les vapeurs tenues HM dissolution exercer une absorption élective sur la lumière de l'étoile, cette Mb«*or|»tion doit être indiquée par l'apparition dans le spectre de nouvelles raies biinibres, immédiatement avant son occultation par la Lune. Or, M. Huggins*, parlunt de ces idées, a observé avec le plus grand soin la disparition du spectre de l'étoile ides Poissons lors de son occultation le 4 janvier 1865, mais il n'a découvert
1, Attronomie populaire d'Arago. t. II. p. 524. i Analyaf spectrnie dea corps célestes.
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aucan signe d'absorption lunaire. On doit donc conclure que notre satellite ne possède pas d'atmosphère.
En résumé, la constitution des diverses parties de Tunivers physique, autant que nous pouvons en juger dès à présent, n'est pas aussi variée qu'on aurait pu lo croire à priori : elle tend à reproduire un môme plan général sur des échelles différentes. Certes les nébuleuses et notre globe diffèrent beaucoup sous le rapport de la constitution, et pourtant nous avons la preuve que de mêmes forces s'y exercent et qu'an certain nombre d'éléments leur sont communs. Les étoiles, ou du moins les plus brillantes, offrent avec le Soleil, malgré Ténorme distance qui les en sépare, des traits de ressemblance tels qu'il est bien probable qu'elles ont une constitution tout à fait analogue à la sienne. De même les nébuleuses irrésolubles sont formées de gaz fort analogues à ceux qui constituent les comètes et les étoiles filantes, gaz qui font aussi partie de notre planète, ne serait-ce que pour y avoir été apportés par ces derniers météores.
Cette unité de constitution dispose l'esprit a les regarder comme issus d'une même origine. Voyons si l'étude des phénomènes qu'ils présentent fortifiera ou infirmera cette première conclusion.
Les phénomènes dont les astres ont été, ou dont ils continuent d'être le théâtre, n'ont pu être étudiés encore que d'une manière très incomplète. Dans la plupart des cas, nous ne voyons en effet des corps célestes que la partie la plus extérieure. Par conséquent, les forces qui s'exercent dans ces corps ne nous donnent prise sur elles que par un petit nombre de leurs manifestations. Cependant, et par exception, les météorites nous procurent des renseignements sur des régions habituellement cachées à nos regards ; de sorte qu'en somme, malgré la nouveauté de ces études, l'ensemble des faits acquis présente déjà beaucoup d'intérêt.
Parmi les actions géologiques, la plus manifeste sur les astres est due à un foyer de chaleur situé dans les profondeurs de ces astres. Cette chaleur interne a produit des éruptions, des soulèvements, des actions métamorphiques qu'on peut étudier en divers points de l'espace céleste; et comme on observe en ces localités différentes des effets inégalement avancés de son action, la comparaison entre ces effeLs permettra sans doute de déterminer plus tard, avec beaucoup de précision, les lois qui en régissent la cause.
Les phénomènes éruptifs s'observent de toutes parts; mais c'est sur le Soleil qu'ils ont le plus de développement, et tout le monde connaît les belles études dont ils ont été récemment l'objet de la part de MM. Janssen*, Lockyer', Respighi', Secchi*, Zollner', etc. Le résultat capital de ces recherches est que les protubérances, c'està-dire ces singuliers appendices lumineux observés pendant les dernières éclipses totales, et sur la nature desquels on ne savait absolument rien, sont de tumultueuses éruptions de substances, violemment expulsées par les régions profondes de l'astre. On dirait une matière gazeuse, lancée verticalement dans un espace
1. Comptes rendus, l. LXVIII. p. 93, 181. 245. 512. 5t4. 713 ot 715.