‹ Les météoritesChapitre 175 sur 208 · Aubum, Maçon O · texte numérisé non relu

Aubum, Maçon O

Parmi les régions très privilégiées, il faut citer le Bolson de Mapinî *, ou désert

1. SiUimana American journal ^ 3* série, t. Il, page 335 ; 1871.

mexicain, qui occupe la portion occidentale de la province de Cohahuila et la portion orientale de la province de Chihuahua. Il n*a que 400 milles de Test à l'ouest et 500 du nord au sud, borné au nord par le rio Grande, et malgré ces dimensions relativement restreintes, les localités où diverses masses météoriques ont été recueillies y sont au nombre de six. Ce sont celles où gisaient :

l*^ Le fer de Cohtûiuila^ (proprement dit) ;

2» Le fer de Cohahuila (Butcher, 1868) >;

3^ Le fer de San Gregorio, fer énorme qui est toujours dans son gisement ;

4® Celui de Chihuahua^ qui est toujours en place à la hacienda de Concepcion, à 10 milles de Zapata. On a calculé que sou poids est de 4O0O pounds;

5* Un bloc récemment découvert, dont aucun spécimen n'a été détaché, et qu'on dit être plus grand qu'aucun autre trouvé jusqu'ici dans cette région ;

6** Le fer de Tuczon, dit aussi Siquel meteoril, ou météorite d'Acrisa^,

Il y a naturellement lieu de se demander quelle est la cause du grand nombre de météorites de cette région. D'après ses études, Lawrence Smith pensait qu'elles représentent deux chutes distinctes. Avant tout il note que le n'* 6, la météorite de Siquel ou A'Acrisa (Tuczon), a des caractères physiques et chimiques qui la sépare nettement de toutes les autres.

Les numéros 1, 2 et 5, examinés chimiquement, paraissent se ressembler beaucoup pour la composition, de même que pour les propriétés physiques comme pour la douceur du fer et l'absence d'écorcc rugueuse à l'extérieur, les échantillons observés étant tous plus ou moins brillants sur les surfaces naturelles.

L'auteur n'a pas eu l'occasion de soumettre à la comparaison les tigures de Widmannstaetten, car, sauf pour le n° 1, on n'a eu que de petits débris détachés de la surface au moyen d'un ciseau à froid et qui sont impropres à Tétude des tigures.

De ces recherches il ressort donc de fortes raisons pour supposer qu'à une certaine époque, probablement reculée, les masses météoriques 1, 2, 3, 4 et 5 formèrent le produit de la chute d'une masse méléoritique se mouvant du nord-est au sud-ouest. Les plus petits éclats tombèrent les premiers, aux points 1 et 2, et les plus grands plus loin. Les distances réciproques de ces corps sont, de 1 à 2, environ 85 milles; de 2 à 5, 135 milles; de 5 à 3, 165 milles; de 3 à 4, 90 milles.

Lawrence Smith remarque que pendant les dix-huit dernières années (on était en 1877), il y a eu, aux États-Unis, douze chutes de météorites qui ont été recueillies ; toutes ces chutes ont été décrites par ce chimiste, qui en a envoyé des échantillons à différents musées d'Amérique et d'Europe. En estimant la quantité de matière minérale qu'elles ont fournie, il a été frappé de ce fait remarquable que la plupart d'entre elles, représentant plus de 1000 kilogrammes de matière, sont tombées dans la région des prairies de l'Ouest, et sur une surface qui n'excède pas 1/8 de l'étendue des Etats-Unis.

Contrairement à l'idée qui se présente d'abord, on ne peut attribuer ce fait à ce que cette région est plus peuplée, et par conséquent plus riche en observateurs.

1« Silliman'g American journal, avril 1870.

Page 1