FERS CARBURES
Le fer carburé peut se séparer des alliages nickeK's par la méthode de chauffage ainsi que je m'en suis assuré directement en traitant, par cette méthode, un mélange de limaille d'acier et de fer météorique. Il faut d'ailleurs se rappeler que ce nom de fer carburé paraît devoir s'appliquer a des combinaisons de com-
position fort diiTérenlcs. J'en distinguerai deux principales sons les noms de chalypite et de campbellite.
A. Chalypite. — Je donne ce nom, avec M. Shepard*, à un composé dur et brillant que Forchhammer a isolé du fer de Niakornak (Groenland), dont le Muséum œ possède qu*un petit échantillon, et que je n'ai par conséquent pas pu étudier. Lacbalypite renfermerait 7,25 pour 100 de carbone et répondrait par conséquent à la formule CFe*. On verra du reste plus loin qu*il y a de fortes raisons de penser que le fer de Niakornak n'est pas d'origine météoritiquc.
B. Campbellite. — Le fer de Campbell County (Tennessee) n'a donné à M. Lawrenœ Smith' que 0,25 de nickel contre 97,54 de fer et 1,50 de carbone.
Examiné au point de vue de sa composition immédiate, ce fer m'a montré une quantité très sensible de tœnite, certainement suffisante pour absorber toute la proportion de nickel indiquée. J'en conclus que le métal prédominant est une sorte d'acier, ou fer légèrement carburé, auquel peut convenir au moins provisoirement le nom de campbellite.
Qd vient de voir que le graphite, le fer carburé, le charbon ayant probablement appartenu à des matières bitumineuses, ont été signalés dans les fers et les pierres météoriques. Les recherches de M. Boussingault ' ont eu pour but de constater si, dans certains fers d'origine cosmique, il y a du carbone au même état que celui où on le trouve dans les fers provenant des usines, dans l'acier, état désigné par les métallurgistes sous le nom de carbone combiné, et dont peut-être le caractère le plus saillant est de disparaître complètement pendant l'émission du gaz hydrogène résultant de l'attaque du métal par un acide. Le carbone combiné ne peut donc être mis en évidence que par les procédés employés pour le doser dans les fers et les aciers, la chloruration opérée par le bichlorure de mercure.
.Nous résumerons les expériences de l'auteur.
I. Fer météoiique de Caille (Alpes-Maritimes). — Ce fer était en copeaux. Après l'avoir traité par une solution de potasse, puis par l'éther, pour éliminer les matières organiques qui pouvaient adhérer à la surface, on l'a séché dans un courant de gaz hydrogène maintenu au rouge naissant .
0«',986 de fer chloruré ont donné pour résidu une matière
charbonneuse d'un noir mat, et très divisée, pesant O^'jOOOa
Après la combustion et la réduction 0 ,0050
Carbone brûlé 0 ,0015
n. Un fragment de fer de Caille pesant 5 grammes a été chloruré. Résidu charbonneux noir, terne, extrêmement divisé.
1. New Claêtipcalion of météorites dans Silliman^s American Journal, 2« série, t. XLIII, 1867.
2. Siliimanê American Journal, 2" série, l. X, p. 153. Feu M. Thomas Oldham, superintendant du Geological iurvey de l'Inde, considérait comme douteuse l'origine météorique de ce fer, mais saos donner de raison à l'appui de sa manière de voir. Voy. Catalogue of llie météorites in the Muséum of the Geologtcal tturvey of India. Calcutta, 1807.