Silliman's American Journal, 2* série, t. XY, p
MÉTÉORITtS 71
En étudiant la mëtéorite de Breitenbach M. Haskclyne y a observe un petit
octaèdre du même minéral.
M. Lawrence Smith a signalé la présence du fer chromé en rognon dans le fer de
Goliahaila, oîi il présente des caractères particuliers.
Deux sections pratiquées par M. Lawrence Srailli *■ dans le fer de Coliahnila ne montrèrent que de rares nodules, mais dont l'une ofirit un rognon ovale bien dessiné de i2 millimètres environ de diamètre et à 6 centimètres environ de la surface du fer, dont il était séparé par du métal compact et solide. Il s*assura qu'il différait de tous les autres nodules observés jusque-là dans l'intérieur de la météorite ; il ne contenait pas de troilite» et, quoique noir, il n'était pas composé de graphite. En l'examinant soigneusement à la loupe, on trouva dans la substance noire quelques particules d'un minéral translucide, et celles-ci, obsen'ées au microscope, se montièrent incolores, sauf deux ou trois, qui étaient verdàtres ; il y avait aussi quelques lamelles de fer attirables au barreau aimanté.
Sa poudre fine, fondue avec du borax, donne un émail d'un vert de chrome très intense. Mais celte poudre, cliauffée au bain< marie, avec Tacide nitrique, n'éprouve pas la moindie action, alors que la daubréelite est aisément dissoute, avec dépôt dun résidu vert de chi*ome foncé.
Après la fusion avec le carbonate de soude, jusqu'à ce qu'aucune action ne se produisit plus, et après lavage du résidu, l'acide nitrique ne fut pas plus actif qu'avant la fusion.
Ces réactions firent supposer à H. Lawrence Smith qu'il avait alTaire à la chromite. OVyiôO en poudre très fine, furent fondus avec dix fois leur poids de bisulfate de soude ; lorsque le minéral fut fortement attaqué, mais non dissous, le résidu insoluble* fut fondu avec un mélange de carbonate de soude et de nitre, et on procéda comme pour une analyse ordinaire de la chromite. L'auteur obtint les résultats suivants, qui comprennent le fer extrait du bisulfate fondu :
Sesquioxyde de chrome 62,61
Protoxyde de fer 55,81
La masse renfermant en outre un peu de magnésie, de cobalt et de silice. La milice et la magnésie proviennent sans doute du silicate incolore ou verdAtre signale plus haut, et qui consiste soit en enstatite, soit en péridot. En considérant la petite quantité de matière employée et la présence de faibles proportions d'autres éléments, cette analyse établit clairement que le minéral est de la chromite.
C'est la première fois qu'on trouve la chromite en nodules dans l'intérieur d'un fer météorique.
Divers points des particules de chromite, au microscope, se sont montrés transparents sur les bords et d'une couleur violet rouge foncé.
La transparence de la chromite a déjà été notée par H. Thoulet.
1' Compte» rendus, t. XCII, p. 99.
72 ENCYCLOPÉDIE CHISnQUE.