Cm*^» rmJui. t. XC. p
i72 ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
gras et opalescent» et une couleur jaune verdâtre. Sa structure au microscope ^3*^ nettement diflcrente de celle de Tolivine.
La densité, prise sur 0«',300, a été trouvée de 3,25.
L*analvse exécutée sur deux échantillons a donné :
l H Oxygène.
Silice 49,60 49,59 25,73
Protoxyde de lei 15,78 17,01 3,77
Magnésie 33,01 32,51 12,76
Des proportions relatives d*oxygène contenues dans la silice et dans les bases, déduit très approximativement la formule :
Sin-f-|(Si,2R),
ou peut-être plus exactement :
2SiRH-Si,2R.
qui représente 2 atomes d*enstatite ou de bronzite unis à 1 atome d'olivine.
M. Smitli applique à ce minéral le nom de peckhamite^ en l'honneur du profes seur Peckham.
La troïlite existe en très faible quantité. Lorsque de petits fragments sont chauf- — fés quelque temps avec Tacide chlorhydrique , et qu*on lave et dessèche le résidu, on reconnaît aisément la présence de petites particules noires et brillantes quà consistent en fer chromé. L'alumine, dont on ne voit que des traces, a démontra clairement Tabsence de tout feldspath.
Bien que divers chimistes se soient déjà occupés de Tanalyse minéralogique des ^ météorites d'Estherville, personne n*avait abordé Tétude vraiment géologique de ' ces masses si intéressantes. Préoccupé, comme on verra plus loin, de ce nouveau point de vue, j*ai dû nécessairement rechercher si la roche dont sont formées ces masses était nouvelle pour la science, ou si elle rentrait dans quelqu'un des types lithologiques déjà établis.
Le résultat de mes études, assez différent de ce qu'on serait autorisé à conduis des recherches de Lawrence Smith, est que la météorite d'Estherville appartient réellement au type logronite dans lecjuel je la range ici comme on voit.
A première vue cependant, la roche d'Rstherville paraît différer nettement de la logronite type : elle est sensiblement moins foncée et les prenailles qui y sont disséminées présentent en général un volume plus considérable. Il résulte de ce dernier caractère que la masse donne Fidée d'une sporadosidère polysidère, et c'est Topinion qu'on s'en fera à coup sûr d'après l'examen superficiel de la grosse masse de 50 kilogrammes exposée dans la galerie de géologie du Muséum. — Avec plus d'attention cependant il est facile de reconnaître qu'aux grains de fer plus ou moins tuberculaire sont associés de minces filaments métalliques qui les relient entre eux et qui constituent en beaucoup de points le vrai cimont des éléments lithoides. Ce caractère se représente d'ailleurs, comme on Ta vu, dans les météorites de Sierra de Chaco, de Logrono, etc.
MÉTÉORITES. 'l73
Pour ce qai est de la nuance moins foncée d'Emmet County comparée à Logrono et à Sierra de Chaco, on peut croire qu'elle tient à ce que certaines matières colorantes intihrées dans ces dernières n*ont pas eu le temps de prendre naissance dans la pierre récemment tombée. Quelques essais me portent à penser que ces matières dérivent par oxydation de matières cosmiques identiques à Torigine.
En lames minces, Emmet County, Logrono, Sierra de Chaco donnent les mêmes résultats, avec cette particularité que la transparence de la roche est d*autant moindre que le temps écoulé depuis la chute est plus grande.
Cet examen microscopique sur lequel ne parait pas s*étre arrêté M. Smith, offre des résultats intéressants. Les minéraux pierreux dominants d*Emmet sont :
i° L'olivine en très grands fragments donne dans la lumière polarisée des mosaïques colorées des plus brillantes. Ces cristaux, en lumière naturelle, sont parfaitement incolores souvent clivés et contiennent des inclusions, cristallines très nombreuses. On y voit aussi des bulles liquides dans des cavités sphéroïdales remarquables par leurs grandes dimensions.
En lumière convergente ces crislau]^ donnent deux systèmes d*anneaux très brillants dont les axes sont très écartés.
2» La bronzite en cristaux mal terminés, très nettement dichroïques, offrant souvent des traces de clivages rectilignes parallèles entre eux, extrêmement nets.
5"* Uu minéral en grands cristaux peu colorés, constitués par des alternances de lames minces ayant des effets inverses les uns des autres sur la lumière polarisée. Le mode d'action des acides sur eux, en y déterminant l'apparition de très fmes lignes attaquées parallèles entre elles, porterait à penser comme non invraisemblable qu'ils résultent du groupement de lamelles alternatives et extrêmement minces de bronzite et d'olivine, et celte supposition rendrait |)eut-ètre compte de l'analyse publiée par M. Smith et que nous venons de reproduire du minéral qu'il appelle peckhamite et que la météorite d'Estherville lui a fourni.
Selon le chimiste américain, ce minéral consisterait dans Tassociation de Tolivine avec la bronzite.
Un petit échantillon de peckhamite, donné au Muséum par M. Smith, permet d'observer les caractères du nouveau minéral, et je crois intéressant d'ajouter à cette occasion qu'un minéral grisâtre empalé dans Téchantillon, catalogué au Muséum sous le signe 2 Q. 414 de Sierra de Chaco et que j'avais remarqué depuis des années, paraît identique à cette peckhamite. C'est un lien de ))lus entre Estherville et Siei'ra de Chaco.
4** £n poursuivant 1 étude de la niasse d'Estherville, j'y ai rencontré un grain de pyrrhotine où se voient deux faces du prisme, et c'est une nouvelle occasion d'insistei* sur l'erreur des personnes qui voient dans ce minéral, qu'ils appellent troïlUe^ du protosulfure de fer.
5® Dans le résidu de l'attaque par Teau régale de la météorite d'Estherville j'ai reconnu très nettement la schreibersite dont la présence cependant n'a pas été observée par M. Smith.
6® On observe des oclaèdies très nets de fer oxydulé.
Outre les grosses masses, la chute du 19 mai a fourni une abondance de p(;tites météorites parfaitement complètes.
Celles-ci, résultant d'un concassenient de la roche représentée par les blocs vo-
t « V. cscYaoKMS ouhqde.
U^vu^Uv- >k^ ^^hk« «ît ftrfkMcmftaX pr k csfcontte de diaax, laivant la méthode X II Al «^^iJewoMit f*» t îaÂfii^ *ut ce* o|iénitioii$ non plus (|oc sur les
iNfa» i'tym^f et wêèsS' -nwn sar «rtle qaestîoD, H. Maskelyne a fait connaître vjftf niftàuidr jiipii i I amèor à» skales Brtéoriliqiies qui ne font point gelée
w iPiiBnèf isnoïKir m luf til 9if«âd ^ casHste dans nne cornue de platine Al SV ^aiiaimi*pft- rtmi» iiiJMiu j«w ul bwKhœ tabalé de méoie métal et dcmtle iiflv «imnc ips^tw u iimi «iu vatse. la delion. le tube reroit à angle droit im >«cMiu tuiv isr t^nftn m ginic cMduire de rhTdro*jhie dans la cornue. Le tube •«n^iiai ^ t-r-m* t 'munu? pur vn bouchoa de platine on par un entonnoir de C6 mtei «nsit in traen -rè» ^itt à smi extrémité.
>i ;<flU; I* fe mnuii.. ,usttr au-dessous de son col. un tube de dégagement est uut» <iu 4 ' aiw i*mir iisfiiMiÛHi 5péaale aboutit sous le bouchon de liège on de aumutiTui: 4* ui :itiM à eissai. CelÛHri contient 7»5 centimètres cubes ou 63 gramr tttunutttAïue .*uiii:entrêe d'une densité ^ale à 0.88.
vjit .uiM i ^<tt àw sur ht cùlé de ce récepteur plonge dans un peu d*ammontaqu< isHc^ '411 Hivnioii tube ii essai* Û«%2 à 0«%o du mÎDéral à analyser son Jwi^ M oNWitf avec une petite balle de platine; on lute le bouchon avec di ai.;jMiaNMn.tié. L'«NiiimiiiMr« rempli d*acide fluorhydriqne parfaitement pur, estintro 4^ xiMte. '.« tube ^crtictL puis le robinet est ouvert. L'acide fluorhydrique qu :Ktt^-ttv â»M$ dans b i-omue contient environ 32 pour 100 d*hydrogène fluon lO^u. — c^cM Wire que lenlonnoir débite 1«^12 d acide capable de rcndn ^«M%H4\ i^ »v^l di' silice et de neutraliser 0«%95 d*ammoniaque. A ce momeni . v-^iHMKHi v.^1 iviiiplaiv pr un petit iiouclion de platine qu'on cimente à la gutta M^ivÎM. iHi É»i traversin* Tappareil par un courant très lent d'hydrogène pur. iMix^ li* cxH-uuo c*t abandonnée pendant î2 heures dans un bain-marie. à la tempelUwv sk" I^H^"* ot do temps à autre on l'agite pour l'aire rouler de son intérieni u^ ^H>tvK* Mlo uh^lalliiiue. Durant l'opération une trace seulement de fluorure dt >àlK<uiu se dé^;ii;e,
V^i Inut^KUio alors la cornue dans un bain de parnlTme et la tem()érature esl ^i^wcutw pix>^ivssivoment. D'abord du fluorure de silicium se dégage et à ce tM^MiKHit dv Topôration il faut redoubler d'attention pour prévenir par le courani Hi>\hxVi^^MO loH absorptions d'ammoniaque. Vers 132®, pour le cas des silicate* t^xi^ixoiùquo!* du gfure do ceux des météorites, la silice apparaît en flocons dan* xMMHUUUaquo du nrepteur, qui bientôt devient tout à fait nuageuse.
|sM huit nunutos 1 élévation du thermomètre à ïAb^ a produit tant de fluorure de iihoiuiii qiH' lo rontonu du tiilie était demi-solide.
li\ loniponilunî rst alors portée à l.W, puis la cornue est abandonnée au ixîfroidi«MMiiont,
(Ml iil|ièlt' iilors l'opération avec une nouvelle quantité d'acide fluorhydrique et d'imuiioMiaqiH*. ^>i •'•»" "'« pas agi sur plus de 0*^2 de silicate, deux charge:!
I fttênritinui u/'lfu' Hoijtil Sitcivty, t. XVIil, p. Il7 -^ 1870.
de la eonraft aoot niffiBaDles ; maû avec 0,5 grammea il fatit quatre attaques HiccesÙTes. Dans tona les cas on doit continuer jusqu'ï ce qu'il n'apparaisse plus de flocons de nlice dans le récepteur.
A la fin, on met 0,75 centimètres cubes d'acide sutfurique dans ta cornue et la température est de nouveau portée à iGO', le courant d'hydrogine étant toujours cmtinué.
Les dÎTcrses charges d'anunoniaque sont réunies dans une capsule de platine ob l'ea place aussi les eaux de lavage des dilTérenls lubes, et le tout est lentement ^p énpMé an bain-marie, en remuant constamment,
' ^** An moment où, par suite de l'évaporation, la I iqueu redevient exactement neutre >
" ^V la totalité de la silice se trouve en dissolution et l'on reconnaît ce moment fort '- ^ iB ijsément. Alors on ajoute du chlorure de potassium en lëgcrcxcès, en môme temps '^ * ^'un volume d'alcool absolu égal au volume de liquide contenu dans la capsule, le Quosilicate de potassium se précipite et, après un laps de temps de 34 heures, on le filtre, on le lave il l'alcool, on le sèche et on le pèse. Les résultats sont très précis.
Dans la cornue se trouvent les bases à l'état de sulfates dont le traitement se fùl par les méthodes ordinaires.
1" Sous-DivisioM : POLYSIDËRES (Daub.)
TOULITE. (St*s. Medn.)
Roche essentiellement bréchiforme constituée par la juxtaposition de fragments métalliques et de fragments pierreux, anguleux, les uns et les autres. Le fer est cristallin et prend très bien le poli. — Densité: du fer, 7,332 (de Uaidinger); de la pierre, 4,155 (le même). — CompoiUion minéralogique: Le fer dont l'analyse minéralogiquc n'a pas été failt; paraît se rapprocher beaucouji du la burlingtonite. Il
178 ENCYCLOPÉDIE ClIlIlIQtJE.
renferme des quantités très sensibles de sclireibersite et de fer chromé, ainsi des traces de troïlitc. La matière pierreuse parait formée d*un mélange de péri de labrador et d*augile ; mais cette composition minéralogiquc est simplei déduite par le calcul de la composition élémentaire.
Chute principale :
i846. Toula, Nelschaevo, Russie.
Toula . — La météorite découverte en 1846 à Toula, gouvernement de Netscha en Russie, constitue, autant qu*on en peut juger d'après les échantillons des oo tions, une sorte de brèclie, dont les fragments anguleux sont les uns pierreux el autres métalliques.
La densité de celte météorite est» diaprés de Haldînger, comprise entre 5, et 5,975 ».
Son analyse a été faite par M. Auerbach '. Voici les nombres qu*il a oblea
Fer nickélifère 16,70
Fer chromé 0,il
Olivine 72,92
Labrador et augite? i0,21
Fer sulfuré traces
Le fer nickélifère, d'après le même chimiste, est formé de :
Nickel 2,64
Étain 0,07
Schreibersile 0,90
iOO,00 2* SoDs-DivisioN : OLIGOSIDÈRES (Daub.)
EIWLÉBÉNITE. (Stan. Mei>.)
Moche grise, éminemment cristalline, à grains très fins, dure et prenant bien le poli. — Densité : 5,6152 (llausmann et Stromeycr) à 5,747 (Pisani) Composition miner alogique : Celte roche résulte du mélange d*un silicate v< du péridot avec un silicate analogue au pyroxène ou à Tamphibole. On y obs une assez grande quantité de fer nickelé, un peu de troïlite et de traces d< chromé et de minéraux alumineux.
i Sitzungsberichte dvr k. Akademie der Wiêêenschafflen su ySien^ t. XL, p. 561. 1. Poggeitdorffs Annalen^ l. CXVill, p. 505.
irËTÉORETES.
Chulet prinâpalet :
1493, 7 TKnembre, Ensislieim, Haul-Rliin, Fiaiice. 1813, 15 avril, Enlebcn, Hagdebourg, Prusse. 1849, 31 octobre, Cabarra:», Caroline du Nord, Ëtats-L'iiis. 1865, 8 BoOt, Pillilsrer, Livonie, Russie.
1868, 23 décembre, Motecka-N'ugla, Ghoardlia, Itliuripur, biile.
1869, 33 mai, Kemouve, Cldgucrec, Morbiban, France. 1869, (9 septembre, Tjabé, Java.
Entithàm. — Densité : .',4884, d'après Runilcr. Analyse de Fourcroy et Vauquelin.
Chani 1|4
Protoxjde de fer 30,0
Protoiyde de iiick<;l 3,4
91,8 Cfoot' trouva en 1868 :
Pyri-holinc 5,042
Fer 8,000
Nickel avec coUilt 1,250
Phosphore t.OIÔ
Fer chromé 0,600
Olivinc 50,244
Labrador 7,695
Au},'i[e 26.146
100,590 >' biuerltitwn on Ihe chtmiial coiitUivIioii ofmricoric lionei, Gultiuguc, ISGIt
Erxleben. — Densité : 3,6441, d'après Runiler. Analyse de Stromeyer^ :
Fer S4,41S
Nickel ; . . . . 4,579
Sesqoioxyde de chrome 0,S46
Silice S6,3S0
Magnésie 23,584
Alumine, j, IpWlk
Chaux ùnà \?
Soufre. S,«!S "^
Protoxyde de-fer ^t^7%
Soude 0,74É
Perte 0,SS8. ^ ,.
tOOiOOé^ ' *^ ^
Caiarras. — Densité : 3,60; d'après Shepard.
ApJfie de Shepard* : '. '^''
Silice 56,1«« '^■
Protoxyde de fer 18,108 ''
Magnésie 10,40ff '
Alumine 1,797
Chaux traces. . .
Fer ) ; — '
Nickel ...:.[ 0,320 '
Chrome , )
Pyrrholine 5,807
Perte )
Kemouve. — La météorite de Kemouve' est d*uu gris assez foncé, très coo à texture grenue. Elle est fortement magnétique. Le fer y est disséminé en extrêmement brillants; par places, on voit des veines ou filets minces de ce ayant plusieurs centimètres de long, ou bien on en rencontre de petites masse plusieurs centimètres de diamètre.
La pyrite magnétique s*y trouve également disséminée, et plus rarement < nos. H. Pisani en a vu un amas de 2 à 5 centimètres de long sur 2 millimèti paisseur. On remarque, en certains endroits, de petits noyaux composés probab soit d^enstatite, soit d*un des feldspaths qui se trouvent dans les météorites.