EXAMEN DIRECT APRES COLORATION
Le premier de tous les procédés, le plus ancien et aussi le plus généralement employé est l’examen direet après coloration. Parmi les innombrables méthodes de coloration, celle de Ziehl-Neelsen a prévalu. Elle est basée sur les propriétés :d’acido-alcoolo résistance du bacille de Koch. Après étalement et fixation sur une lame du produit pathologique, coloration à chaud par la fuschine phéniquée pendant cinq minutes, on lave à l’eau et on décolore dans l’acide sulfurique au quart ou l’acide nitrique au tiers pendant deux minutes, puis à l’alenol pendant cinq minutes encore, après quoi le fond de la préparation est recoloré rapidement au bleu de méthylène. La préparation est alors examinée au m'croscope.
Que voit-on alors? Ou des éléments acido-alcooiarésistants colorés en rouge sur fond bleu ou malgré un examen prolongé de la préparation, ces éléments ne sont pas rencontrés. Pouvons-nous affirmer, dans le premier cas, qu'il s’agit de bacilles de Koch, dans le
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deuxième l’absence de bacilles de Koch? Ce serait aller bien vite et se contenter d’un examen très insuffisant. Tont ce qui est acido-alcoolo-résistant n’est pas bacille de Koch.
L'absence de bacilles de Koch après un examen direct ñe traduit pas l’absence des bacilles de Koch dans un produit pathologique.
S'il y a présence d'éléments acido-alcoolo-résistants, une première remarque s'impose: s'agit-il vraiment de bacilles acido-alcoolo-résistants? Eliminons d’abord tous les artefacts de préparation, débris de colorant, d’hématies, de noyaux cellulaires, qui peuvent rester colorés en rouge, mais dont la forme ne peut pas prêter à confusion. Par contre, peuvent prêter à confusion, tous les germes pseudos acido-alcoolo-résistants et ils
sont nombreux. Qu'ils soient acido-résistants seulement ou seulement alcoolo-résistants ou insuffisamment décolorés par l’alcool ou l’acide, leur présence sur la lame est un gros écueil. Ecueil moins rare qu’on ne pourrait le croire, si l’on tient compte de is les nombreuses espèces qui ont été décrites. Il s’en trouve pour ainsi dire partout, non seulement de l’air, les poussières, mais à la surface du corps et dans les produits pathologiques eux-mêmes. On ne saurait par conséquent trop recommander de pratiquer la coloration de Zieh]l suivant une technique rigoureuse, la décoloration à l’acide et à l’alcoo! ayant été prolongée pendant deux minutes pour affirmer que l’on se trouve bien en présence d'éléments acido-alcoolo-résistants.
Cette précaution ne représente pourtant pas une garantie absolue. L'examen direct porte en lui toutes les insuffisances du diagnostie bactériologique basées sur des caractères morphologiques. Sans doute, lorsque les signes cliniques sont nets, lorsque la clinique ne demande au laboratoire qu ane confirmation supplémentaire, on peut, sans trop s’avancer, considérer comme. Daaile de Koch un bacille acido-alcoolo- résistant; mais ce n’est pas là une méthode scientifique,
D’autres germes que le baeille de Koch sont des acidoalcoolo-résistants vrais. Les uns sont pathogènes, les ‘autres sont saprophytes, leur présence sous le mieroscope est toujours possible, on doit les connaître et s’en méfier. [1 n’est pas d’expérimentateur qui, après avoir vu les bacilles acido-alcoolo-résistants que l’on rencontre assez fréquemment dans les anti-giseleurs de robinets, osera prendre la responsabilité d'affirmer la présence de bacilles de Koch sur un simple examen direct.
Sans en faire une étude, donnons ici une brève nomenclature de ces germes où du moins des principaux.
1. — Les bacilles açido-alcoolo-résistants vrais, trouvés chez l’homme et pathogènes sont:
les bacilles tuberculeux, le bacille de la lèpre de Hansen, le bacille de Vérugua du Pérou.