PRÉFACE
L'esprit dans lequel le présent ouvrage a été conçu sera facilement saisi en lisant les documents ci-après :
Extrait du mémoire de Dupleix sur son gouvernement dans VInde.
« Quand le sieur Dupleix arriva dans l'Inde, le sieur Le Noir était alors gouverneur de Pondichéry. C'était un homme de beaucoup d'esprit, et qui entendait très-bien sa partie. On conçoit combien le sieur Dupleix lui fut recommandé; mais ses qualités personnelles devinrent bientôt ses plus puissantes recommandations auprès d'un galant homme tel que le sieur Le Noir. Dès cjue celui-ci le connut à fond, et il le connut bientôt, il se fît un plaisir et un devoir d'aider et de seconder de tout son pouvoir l'envie que marquait le sieur Dupleix de s'instruire parfaitement de tout ce qu'il avait à faire pour remplir dignement les deux places dont la Compagnie l'avait honoré. Dans cette vue, le sieur Le Noir lui remit tous les registres du Conseil supérieur, qui étaient en effet la véritable source où le sieur Dupleix pouvait puiser, à la vérité avec beaucoup d'application et de travail, la connaissance des affaires et des différentes opérations de commerce qui s'étaient faites jusqu'alors. Il fît plus : comme il sentait mieux que personne combien la lecture de ces registres devait être pénible, et combien il devait se trouver d'opérations difficiles à comprendre pour un jeune homme qui n'était pas rompu dans le commerce, il permit au sieur Dupleix de lui faire des questions sur tout ce qui lui paraîtrait obscur. Celui-ci profita de ces bontés, vraiment dignes d'un père, en sorte qu'en fort peu de temps, et avec un travail assidu, il se rendit toutes les opérations de commerce qui s'étaient faites jusqu'à* lors dans l'Inde, aussi sensibles et aussi familières que si elles avaient été exécutées sous ses yeux, ou par ses ordres. »
« Les principes primitifs dérivent de l'expérience. De même qu'une voûte en maçonnerie ne subsiste par elle-même qu'après qu'on a retiré son cintre en charpente, de même les principes paraissent ne re-