VI PRÉFACE
poser que sur eux-mêmes quand l'expérience d'où ils résultent n'est plus présente à l'esprit. »
Condillag.
Extrait d'une conversation de Napoléon Ier avec le sénateur Rœderer,
le 6 mars 1809.
« V Empereur. — Le roi (Joséph-Napoiéon) n'est pas laborieux ; le moindre travail l'accable. Moi je travaille toujours, je médite beaucoup. Si je parais toujours prêt à répondre à tout, à faire face à tout, c'est qu'avant de rien entreprendre j'ai longtemps médité, j'ai prévu ce qui pourrait arriver. Ce n'est pas un génie qui me révèle tout à coup, en secret, ce que fai à dire ou à faire dans une circonstance inattendue pour les autres; c'est la réflexion, cest la méditation. Je travaille toujours : en dînant, au théâtre ; la nuit, je me réveille pour travailler. La nuit dernière, je me suis levé à deux heures : je me suis mis dans ma chaise longue, devant mon feu, pour examiner les états de situation que m'avait remis hier soir le ministre de la guerre; j'y ai relevé vingt fautes , dont j'ai envoyé ce matin les notes au ministre, qui maintenant est occupé dans ses bureaux h les rectifier. »
Le maréchal Pélissier, commandant en chef V armée d'Orient, au maréchal Vaillant, ministre de la guerre.
Au grand quartier général, à Sébastopol, le 4 avril 4 $56.
« Après la dislocation de l'armée d'Orient, la paix étant conclue, il y aura lieu de faire la remise au dépôt de la guerre de toutes les archives réunies à l'état-major général de l'armée.
« Pour que ces archives puissent être facilement et utilement consultées, il est indispensable qu'elles soient soumises à un travail de classement fait avec méthode et clarté, suivant les différentes époques, les divers services, les questions variées qu'elles embrassent.
« Ce sera déjà beaucoup nue la mise en ordre de tous ces documents et que l'établissement d'un catalogue complet et raisonné. Mais il m'a semblé qu'il serait possible de retirer un &rand fruit de ce travail en le complétant par un exposé de toutes les questions intéressantes ou nouvelles qui, d'après les pièces existant dans ces archives, aufaient été soulevées, résolues, ou seraient restées encore indécises pendant la durée de la guerre qui vient de finir. L'importance des armées engagées, la grandeur des moyens déployés, l'éloijmement du théâtre des opérations et le rôle considérable de la marine doivent rendre cette guerre fertile en enseignements qu'il ne faut pas laisser perdre. Mieux que personne, Votre Excellence sait les prodigieux efforts que le département de la guerre a dû faire pour organiser, transporter, entretenir et approvisionner une armée aussi considérable, placée dans des conditions si exceptionnelles. Ne serait-il pas désirable, sous le double intérêt historique et instructif, d'en conser-