‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 25 sur 85 · PRODUCTION · texte numérisé non relu

PRODUCTION

journalière de l'atelier.

270 quint, métr.

2090 cpint. métr.

I par jour.

< Total par mois : 60,000 quintaux métriques.

Le maréchal de jfac-Mahon, commandant le premier corps d'armée,

à Vintendant.

Le 3 août 4870.

« La brigade de cavalerie qui est à Soultz manque d'avoine. Ce se* rait à l'administration territoriale ou au sous-intendant de la division de cavalerie de pourvoir à ses besoins, mais l'un et l'autre ne parais* sent pas s'en être préoccupés jusqu'à présent. Le pays est épuisé. Il faut absolument faire venir de l'avoine par cbemin de fer de l'intérieur. »

Confier aux boulangeries civiles la fabrication dn pain pour l'armée, afin de consacrer tont le travail des manutentions militaires à celle dn biscuit.

Un simple calcul fait voir les approvisionnements énormes de vivres ou denrées qu'il faut à la suite des armées.

Ainsi, pour 200,000 hommes, on doit se procurer chaque jour 1300 quintaux métriques de biscuit. 120 quintaux de légumes secs, 42 quintaux de sucre, 32 quintaux de café, 33 quintaux 20 kilogrammes de sel, ce qui exige déjà 254 voitures chargées chacune en moyenne à six quintaux.

Pour la viande, il faut 600 quintaux de viande fraîche, fournie par 667 bœufs de 150 kilogr. chacun poids brut, ou 480 quintaux de lard.

Si, au lieu de biscuit, on veut distribuer du pain, on devra, se procurer 1065 quintaux de farine, en comptant 188 rations par quintal.

En liquides, il faudra 500 hectolitres ou 500 quintaux, en eau-devie 12,500 litres ou 125 quintaux.

Pour les fourrages, si cette armée a 40,000 chevaux, il faudra 1,600 quintaux d'orge, à 4 kilogr. la ration, et 2,000 quintaux de foin à 5 kilogr. la ration.

Enfin, si cette armée est immobilisée devant une place, et qu'on doive la pourvoir de bois, elle aura besoin de 2,400 quintaux par jour de ce combustible.

Et nous ne parlons pas du supplément de rations auquel ont droit les officiers, de la paille nécessaire aux hommes, etc.

On voit donc que dans les conditions les plus favorables, cette armée aura besoin de se procurer chaque jour environ 4,500 quintaux de vivres, et gue si le pays est épuisé, il lui faudra un approvisionnement journalier de près de 9,000 quintaux.

L'intendant militaire Le Creurer.

Si la contrée où une de nos armées modernes est appelée à opérer est en mesure de suffire à la nourriture des habitants, c'est-à-dire si leur agriculture produit ou si leur commerce importe de quoi satisfaire aux besoins, c'est après la moisson que les approvisionnements sont les plus considérables ; c'est avant la moisson qu'ils seront le plus réduits; mais il est toutefois permis de supposer que, même dans cette dernière période, il y a toujours une réserve de sécurité, réserve de denrées suffisante à assurer la consommation des habitants pendant un mois ou 30 jours au moins. Si Ton admet maintenant que le territoire occupé par l'armée soit peuplé de 450,000 habitants sur une surface de trente à trente-cinq milles carrés (90 lieues carrées), qui est la surface moyenne correspondant au chiffre de 150,000 habitants dans les contrées qui ont été le théâtre de la guerre de 1870-71, on peut compter qu'on y trouvera disponibles 4,500,000 rations de vivre

AVBC LE MINISTRE DB LA GUBRRK. 337

ordinaires, y compris celles des femmes et des enfants. Qu'il arrive 150,000 soldats qui consomment, par jour, deux de ces rations ordinaires au moins, il n'y aura plus de vivres que pour dix jours, même en admettant que tout se passe avec Tordre le plus parlait (puisque chaque jour il y a 450,000 rations de consommées). Si l'adversaire a, dans cette même région, une armée d'égale force, le manque de vivres

venir des vivres par convoi.

Les contrées que l'on traverse une seconde fois fourniront naturellement beaucoup moins, et pour peu que les armées restent sur place, il leur devient impossible d'y vivre, même dans le pays réputé le plus riche, si la subsistance des troupes n'est u*s assurée, indépendamment des ressources locales, par des convois réguliers.

M. le lieutenant général allemand von Hanneken.

V empereur Napoléon à M. Pètiet, intendant général de V armée.

Ângsbourg, 8 brumaire an xiv (Î4 octobre 4805).

« Nous avons marché sans magasins ; nous y avons été contraints par les circonstances. Nous avons eu une saison extrêmement favorable pour cela; mais, quoique nous ayons été constamment victorieux, et que nous ayons trouvé des légumes dans les champs, nous avons cependant beaucoup souffert. Dans une saison où il n'y aurait point de pommes de terre dans les champs, ou si l'armée éprouvait quelques revers, le défaut de magasins nous conduirait aux plus grands malheurs. »

L empereur Napoléon au général Dejean, ministre directeur de r Administration de la guerre.

Paris, le 16 mars 4806.

« Je désire que l'approvisionnement des grains pour les vivres de l'armée de terre soit successivement porté de quarante à cinquante millions de rations, ce qui nécessite de deux cent soixante à trois cent mille quintaux métriques de grains. Si cela n'est pas possible sans dépense, avant le renouvellement du traité des vivres, je désire qu'alors cela soit effectué. »

Le ministre de la guerre au major général de V armée $ Italie.

Paris, le 50 mai 4859.

« Afin d'activer la production du biscuit et de donner à cette fabrication la plus grande extension, j'ai arrêté les dispositions ci-après :

« 1 ° Emprunt à la boulangerie civile de tous les fours nécessaires pour la cuisson du pain de troupe ;

« 2° Fabrication de ce pain par les boulangers civils avec leurs propres farines, sons la direction des syndics ;

« 3° Par suite, libre disposition dans les manutentions militaires de tous les fours et de tout le personnel pour la fabrication du biscuit.

« Les syndics de la boulangerie ont reconnu cpie'la fabrication tout© spéciale du biscuit est ignorée de la boulangerie civile. Celle-ci manque des locaux nécessaires et surtout de salles de ressuage (à air chaud), moyen sans lequel l'opération du ressuage demande 45 jours au moins, tandis que dans les étuves de l'Administration 3 ou 4 jours suffisent ;

< 4* Achat de biscuit dans tous les ports. *

Le maréchal Lebœuf, major général de T armée du Rhin,

au ministre de la guerre.

28 Juillet 4 870.

« Le biscuit manque pour se porter en avant. Dirigez sans retard sur' les places de Strasbourg et de Metz tout ce que vous avez dans les places de l'intérieur. »

Organiser de grands dépôts de linge et chaussure

pour couvrir les besoins extraordinaires de corps d'armée,

qui ont perdu leurs bagages ou subi de grandes pertes.

Le général Frossard, commandant le II* corps alarmée, au commandant en chef de V armée du Rhin.

La Basse-Béroye, 43 août 4870.

< Nos besoins de toute nature en effets d'habillement, de linge et chaussure, et en ustensiles de campement sont les suivants : 3,000 ceintures de flanelle, 8,000 tentes-abris avec accessoires, 8,000 demicouvertures, 1,000 marmites, grands bidons, gamelles, 2,000 petits bidons, 3,000 chemises, 4,000 paires de souliers, 7,000 havre-sacs, 5,000 petites gamelles, 4,000 paires de guêtres en toile. •

Le général von Tresckow, commandant la 17* division d'infanterie, au général en chef, grand-duc de Mecklembourg.

44 décembre 4870.

« Mon infanterie à Fréteval est extraordinairement fatiguée. Cependant je n'ai pu relever les troupes dans leurs positions parce que l'entrée du village est exposée au feu de l'ennemi, qui occupe encore la

ATIC IX MTKISTII fiff LA GUUM. 939

gare. La troupe est trempée; beaucoup d'hommes ont laissé leurs Sottes dans la boue. Le nombre des malades est très-considérable.*

< Dès qu'on quitte les routes, on enfonce dans la boue jusqu'au ge« li ou. L'artillerie est forcée de ne pas quitter les chaussées.

« Les fusils ont tellement souffert de la pluie et des marches de ces derniers jours que c'est à peine si on peut s'en servir.

* Il y a des compagnies où quarante (40) hommes ont perdu leurs thaussures dans la marche d? aujourd'hui. Je doute fort que l'infanterie de la division soit demain en état de combattre. >

Dresser d'avance la liste de* ouvragée d'art à détruire passagèrement on à fond sur les diverses voies de communication .

On ne doit plus désormais construire un seul ouvrage de chemin de fer sans se préoccuper à l'avance des moyens d'en assurer la destruction complète. Nous pensons qu'il convient à ce sujet d'étendre à tous les points du territoire les règles qui ne s'appliquaient autrefois qu'aux ouvrages établis dans les zones de la frontière, et de placer des chambres de mine dans la plupart des ouvrages importants.

En 1870, informée que, sur le territoire allemand, les ingénieurs préparaient de très-nombreux fourneaux de mines dans les principaux ouvrages d'art des chemins de fer et dans les grandes tranchées, la Compagnie française de l'Est demanda, le 18 juillet, au ministre de la guerre, s'il ne jugeait pas opportun de faire faire des travaux semblables sur les lignes françaises, et notamment dans les souterrains et dans les grandes tranchées de la traversée des Vosges. Le ministre de la guerre répondit immédiatement et demanda à la Compagnie de faire exécuter ces travaux après entente avec les commandants du génie pour le choix de l'emplacement des fourneaux.

Ces travaux furent exécutés ; mais il n'appartenait pas à une com-

{>agnie industrielle de charger les fourneaux, encore moins de donner 'ordre de détruire des lignes qui pouvaient servir à des mouvements stratégiques.

Lorsque parvint à Paris la nouvelle de la perte de la bataille de Frœschwiller, on ne comprit pas la gravité de cet échec : on supposa que les corps d'armée de Mac -Manon et de Failly se reformeraient sur le versant oriental des Vosges, de manière à se maintenir sur la défensive ; et on ne donna aucun ordre relatif aux souterrains (tunnels) du chemin de fer. Les représentants locaux de l'autorité militaire n'osèrent rien prendrejsur eux ; et deux ou trois jours furent ainsi perdus. Lorsqu'enfin on se décida, à Paris, à donner les ordres de destruction des ouvrages, il était trop tard : ceux-ci étaient occupés par les Allemands, < dont rien n'égala la joie, dit un de leurs historiens, lorsqu'ils découvrirent qu'aucun obstacle n'arrêtait leur marche dans la traversée de la ligne des Vosges. >

M. l'ingénieur Jaeqmin, directeur de la Compagnie du chemin de fer de l'Est,

340 RELATIONS DU «ÉHÉBAL EN CHBF

Les indications ci-après vont montrer de quelle sollicitnde la navigation est entourée aux Etats-Unis. C'est que les cours d'eau, outre leur importance commerciale, y sont comptés comme un des éléments de la puissance militaire du pays. Les Américains suivirent avec une grande attention les événements de la guerre lamentable dans laquelle se débattait la France en 1870; l'exposé des motifs du projet de loi présenté alors pour les ponts de TOhio porte la trace de cette préoccupation. Dans cette démonstration, si péremptoire, des avantages qui s'attachent à une concentration facile des ressources militaires» les auteurs du projet virent un enseignement qui s'imposait à l'attention du Gouvernement américain.

On peut tirer une conclusion plus générale encore de ces faits. La législation américaine se complète, en ce qui concerne les travaux publics, à mesure que le besoin s'en fait sentir. La doctrine du < laisserfaire » y a produit de grands résultats; mais elle ne domine pas au point de compromettre l'existence du domaine public et les intérêts généraux du pays.

Ainsi le pont de Quincy, ouvert en 1868 sur le Mississipi, ne paraît avoir donné lieu à aucune plainte; mais il n'en fut pas de même de celui de Kansas-City. En octobre 1868, bien avant que les travaux ne fussent achevés, un ingénieur envoyé par le Gouvernement constatait que, malgré les stipulations législatives, la navigation allait se trouver, sur ce point, dans de très-mauvaises conditions. Le pont est dans une courbe très-prononcée. On a l'avantage d'y trouver, même en basses eaux, un chenal de 6 mètres de profondeur. Mais les crues, ordinairement limitées à 6m,10, atteignent parfois jusqu'à llm,28. La vitesse du courant, en hautes eaux, est d'environ 3", 60 par seconde. Pour que les bateaux puissent gouverner et tourner brusquement dans un courant pareil, il faut qu'ils prennent une vitesse de 5*,40 qui augmente beaucoup le danger de l'évolution.

Le pont de Steubenville, construit sur l'Ohio (1862-63) en vertu d'une autorisation accordée par le Congrès, a aussi l'inconvénient d'être placé dans une courbe. Le général Warren, envoyé sur les lieux en 1868, constata, en outre, que deux circonstances réduisaient notablement, en fait, l'ouverture apparente des travées : D'une part, la direction du courant, influencée comme il arrive si souvent par l'existence d'un haut-fond, change à mesure que les eaux montent, en décrivant un angle de 30 degrés qui les porte tantôt vers une rive, tantôt vers l'autre. Indépendamment de ces variations, inquiétantes pour les mariniers, il faut se tenir à distance des piles protégées dans leurs fondations par des enrochements à pierres perdues. Bref, le général Warren estimait que l'ouverture libre de la travée principale était réduite en fait de 90 mètres à 75.

Cet ingénieur émettait l'avis qu'une loi nouvelle fût faite pour garantir d'une manière plus efficace les intérêts de la navigation sur les rivières de l'Ouest, tout en ménageant autant que possible ceux des compagnies de chemins de fer qui ont des ponts à construire. Il 6onstatait que si l'opinion publique réclame pour la marine des travées

plus grandes, l'art des constructions progresse en même temps et de façon à ne pas rester en dessous des besoins nouveaux qu'il doit satisfaire. Il faisait remarquer d'ailleurs qu'on ne pouvait enfermer dans une même formule législative les conditions d'établissement des ponts de toutes les rivières.

Conformément à ces idées, le Congrès demanda le 41 juillet 1870 qu'un nouvel examen fût fait des huit ponts construits ou en cours de construction sur la rivière d'Ohio. L'une des conséquences de cet examen fut un projet de loi soumis le 13 février 1871, par le ministre de la guerre, à la Chambre des représentants. En voici les dispositions essentielles :

1° Tout pont à construire sur l'Ohio devrait présenter une travée marinière de quatre cents pieds (122 mètres) au moins d'ouverture franche, cette largeur étant mesurée perpendiculairement au courant dans toute les directions qu'il peut prendre eu égard à l'état variable de la rivière. La hauteur du point le plus bas du tablier serait de 12 mètres au-dessus des plus hautes eaux.

2* Cette travée principale serait placée au-dessus du chenal suivi par les bateliers en eaux ordinaires. Mais si ce chenal n'était pas celui d'étiage, d'autres dispositions seraient ménagées pour que les bateaux pussent passer, au moins isolément, en eaux basses.

3° En aval de Cincinnati, — pour que les bateaux qui naviguent sur le Mississipi pussent remonter dans l'Ohio avec leurs cheminées de 15 mètres de nauteur, dont l'abaissement ne pourrait pas s'opérer sans danger, — les ponts devraient présenter, outre la grande travée de 122 mètres, un pont tournant recouvrant deux travées de 48 mètres.

4° Les piles seraient construites parallèlement au courant qui correspond à k hauteur d'eau la plus importante pour la navigation, et l'on n'admettrait ni enrochements ni autres ouvrages saillants du côté de la grande travée ou des travées mobiles.

£>• Les pétitionnaires seraient tenus de produire un plan de la rivière s'étendant jusqu'à un mille (ou 1,609 mètres) au moins en amont et en aval du pont projeté, avec indication des sondages, de la laisse des hautes et basses eaux, de la direction des courants à toutes hauteurs,... etc. Et si, les travaux commencés, quelque doute venait à surgir sur les conséquences possibles de la construction, le ministre de la guerre déléguerait trois hommes expérimentés, pris dans les corps des ingénieurs, à qui serait donnée la faculté de prescrire des modifications telles que la navigation ne puisse, en aucun cas, éprouver de préjudice.

6° La compagnie du pont serait tenue d'éclairer pendant la nuit les travées marinières conformément aux indications qui lui seraient données par la commission des phares.

Ces préoccupations de police administrative peuvent surprendre dans le pays classique de la liberté illimitée : elles n'en sont que plus instructives.

M. l'ingénieur en chef Malézieox, enroyé en mission aux Etats-Unis en 4870.

342 RILfcTIOHS DU GtHfoiL Kl CHBF

« On ne conteste ptas aujourd'hui la nécessité de relier aux ebemins de fer les grands établissements de la guerre et de la narine ; et, dans son rapport fait à l'Assemblée nationale en 1873 sur l'enquête relative an matériel de guerre, M. Riant estime à environ dix million la dépense à faire pour établir ces divers raccordements.

c Ce chiffre nous parait très-considérable ; et nous estimons qu'avec une somme beaucoup moins importante, on obtiendrait déjà la plus sérieuse amélioration ; toutefois, comme on n'improvise pas des travaux de cette nature, nous émettons le vœu qu'ils soient entrepris successivement, mais en les commençant le plus pramptement possible. >

M. l'ingénieur Jacqmin, directeur de la Compagnie do efaemin de fer de l'Est.

Préparer les évacuations en masse par les lignes ferries

des blessés et malades.

Le maréchal Davout, ministre de la guerre, au général Bader dTAlbe,

directeur du dépôt de la guerre.

Paris, le 3 mai 1815.

< Je vous prie de m'envoyer un officier ingénieur-géographe pour tracer sur une carte le système général des établissements propres au traitement des malades et des blessés. »

Le major général de Varmée du Rhin au médecin en chef

et à V intendant général.

Metz, le 4« août 4870.

« Il est indispensable qu'on précise les rapports qui devront exister entre l'autorité militaire et le personnel dont la Société de secours volontaires aux blessés dispose pour le service de ses propres ambulances. •

Relations à établir entre V autorité militaire et la Société de secours

volontaires aux blessés.

L'ambulance volontaire réclamant son indépendance, ne peut réclamer en même temps qu'on prévienne son chirurgien en chef des mouvements que doit exécuter l'armée, puisque cet avis suppose Hinvitation, sinon Tordre, de se rendre en tel ou tel lieu. Il en résulte que cette ambulance ne sait presque jamais ce qui se passe ; elle n'est avertie du commencement d'un combat que par le bruit du canon, bruit toujours éloigné, car l'ambulance volontaire n'ayant de place marquée ni dans la marche en colonne, ni dans le campement, est

àvbc u mxism dh la «jbre*. 343

presque toujours et parla force même des choses à la fin des convois. Quand elle arrive sur le champ de bataille, c'est fort souvent asse» tard. (A l'ambulance volontaire que je dirigeais à l'armée de Metz),

jours après des mouvements faits par tentée le 26 août, mais qui, n'ayant reçu qu'un commencement d'exécution, ne put nous être révélée par le brait de la bataille ; et ce n'est crue parce que je me trouvais le 34 août au matin chez le général Cofnnières que nous pûmes arriver sur le champ de bataille de Servigny avant le début de la lutte. Enfin, tandis que quelques-uns des membres de l'ambulance étaient très-utilement occupés sur le champ de bataille de Borny et dans les ambulances prussiennes à recueillir et à délivrer nos blessés, tandis que les autres donnaient leurs soins à ceux que nous avions ramenés et placés à l'hôpital de la caserne du génie, une grande bataille se donnait à Mars-la-Tour (le 46 août) et nous ne l'apprenions que le soir par l'arrivée de» blessés. Cette ignorance des événements militaires est extrêmement fâcheuse ; elle fut une de mes plus grandes* préoccupations pendant notre séjour à Metz, car, mal* gré la bienveillance dont voulurent bien m'honorer les chefs de l'armée, malgré mes fréquentes visites au quartier général, je ne pouvais prétendre qu'on me mit par avance au courant de projets connus seulement des généraux en chef des corps et de l'intendant général.

L'indépendance des sociétés de secours volontaires, aujourd'hui irrévocablement condamnée, n'a jamais été acceptée par la Prusse. On ne peut traiter cet important sujet sans rappeler, pour ce qui concerne ces sociétés, les principales dispositions de 1 Ordonnance prussienne de 1969 sur le Service de santé en campagne. La partie du règlement qui traite du fonctionnement de ces sociétés s'exprime ainsi :

< L'Assistance volontaire pour les blessés ne doit pas 'être un élé- » ment indépendant de l'assistance officielle. Il y a plus : cette assis- « tance volontaire serait, pour le fonctionnement du service de santé;

< une cause d'embarras et de désordre, si elle ne faisait point partie « intégrante de l'organisme officiel et si elle n'était point soumise à « l'autorité de l'Etat.

§ 64. • Le chef et directeur de l'assistance volontaire est le con> « niissaire royal, inspecteur militaire de l'Assistance volontaire. » Sa mission est de concentrer et de centraliser Faction des comités et les efforts individuels inspirés par le dévouement. 11 commissionne des délégués qu'il choisit de préférence parmi les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem (protestants), et les chevaliers de Malte (catholiques).

« Ce commissaire royal a son bureau central à Berlin. Il est Tinter* m médiaire entre le ministre de la guerre et les délégués (§ 65). Il se « fait représenter dans les provinces par des délégués provinciaux: « Ceux-ci doivent établir le siège de leurs opérations au lieu où com^

< mence la route d'étapes qui va de la province à l'armée en campagne

(§ 66). D'antres délégués sont accrédités par le commissaire royal auprès de chaque inspection générale d'étapes (g 67). La sphère d'action de r Assistance volontaire est, autant que possible, en arrière du théâtre des opérations actives (§67). « Dans le rayon où combattent les armées, l'Assistance volontaire ne pourra qu'exceptionnellement agir utilement; cependant si, dans quelques cas particuliers, on peut avoir à utiliser ses services, ce n'est qu'à la condition qu'elle sera étroitement reliée aux organes officiels compétents et soumise d'une manière absolue à leurs instructions (§ 68). « Il en serait de même si des hôpitaux spéciaux étaient organisés par des Sociétés de secours sur le théâtre de la guerre (§ 68).

« Le personnel fourni par l'Assistance volontaire pour escorter les convois de malades ou blessés est à la disposition de l'inspection d'étapes en arrière de l'armée et surtout à la disposition de ta cornmandature du chef-lieu d'étapes (§ 69). Ce personnel est soumis à la surveillance des délégués du commissaire royal. Les moyens de transports sont fournis par l'Etat. L'escorte militaire et les médecins qui accompagnent l'évacuation appartiennent à l'armée (§ 69).

< Les hôpitaux de réserve, lesquels existent en arrière du théâtre des opérations actives, 'peuvent emprunter une partie de leur personnel, infirmiers et infirmières, aux sociétés de secours, mais « ce personnel est à la disposition de l'inspection générale d'étapes qui peut, s'il en est besoin, en envoyer une partie dans les Feld-Lazareths (hôpitaux mobiles ou temporaires). Sous le rapport de la discipline, ces infirmiers relèvent des délégués de leur comité ; mais le médecin en chef de l'hôpital a le droit de renvoyer ceux qu'il ne juge pas aptes à leurs fonctions, et ces infirmiers ne peuvent d'autre part se retirer du service volontaire sans la permission de ce médecin en chef (§ 70).

« L'installation, dans, les gares de chemin de fer, de services de pansements et de rafraîchissements se fait par l'intermédiaire des délégués du commissaire royal (§ 69).

< L'action des sociétés privées dans les hôpitaux de réserve officiels est, dans toute son étendue, subordonnée à la direction du chef de l'hôpital, dont les ordres doivent être exécutés avec la soumission la plus complète (§ 73).

Hôpitaux fondés par les comités. — • Les établissements fondés par des sociétés, en arrière de l'armée active, devront compter au moins vingt lits. Ces hôpitaux sont sous la surveillance militaire spéciale du commissaire royal. Ils sont soumis au contrôle de l'Etat

Eour tout ce qui regarde la médecine pratique et la police médicale. 'Etat délègue ce droit de contrôle au médecin en chef de l'hôpital de réserve établi dans la localité ; dans les villes de grande garnison, à des directeurs hospitaliers spécialement désignés, au médecin général du corps ou à ses commissaires.

< Le maintien de la discipline, la surveillance des intérêts de l'Etat

« dans les hôpitaux des comités sont confiés à la commission de Fhô- • pital de réserve le pins proche, ou à une commission spécialement c nommée, composée d'un officier de l'armée et du médecin en chef « de l'hôpital de la société (§ 75).

Ambulances privées pour convalescents. — - « Les personnes dispoc sées à recevoir des soldats convalescents doivent adresser leurs « offres au général commandant la circonscription. Ces offres doivent € être accompagnées d'un certificat constatant que les personnes qui « font ces propositions présentent toutes les garanties qu'exige la si* « tuation de ces malades (S 74). »

Ces asiles ne peuvent recevoir que des convalescents; ceux-ci ne peuvent y être envoyés qu'après avoir subli une nouvelle visite d'un médecin militaire, et pendant leur séjour, ils sont sous le contrôle du dépôt de recrutement ou des commandants d'étapes (J 74).

Les traits principaux de cette organisation sont les suivants : Dépendance absolue des secours volontaires à l'égard du service officiel. — Gonnexité étroite entre les deux services. — Surveillance exercée partout par les officiers de l'armée. — Limitation des secours volontaires au territoire non occupé par l'armée active. — Subordination du service médical volontaire au service médical officiel. — Asiles privés ouverts seulement aux convalescents. — Surveillance exacte exercée même dans les hôpitaux fondés par les Sociétés de secours.

C'est surtout, en effet, sur les derrières de l'armée d'opérations que oes Sociétés peuvent, si elles le veulent, rendre des services.

Pour le comprendre, il faut se rappeler que le service de santé ne ressemble à aucun autre service de l'armée. Lorsqu'une bataille a eu . ieu, et que l'armée victorieuse marche en avant, elle emmène avec elle ses canons, ses parcs de réserve, ses approvisionnements en vivres, en munitions; et, sauf quelques détachements chargés d'assurer les communications avec la base d'opérations, tout suit, tout marche avec J'armée; seul, le service de santé doit laisser en arrière une notable partie de son personnel et de son matériel. Si de bonnes réserves ont été instituées, les médecins, d'abord immobilisés, sont bientôt relevés par leurs collègues de la 1" réserve et rejoignent l'armée; mais deux ou trois grandes batailles ne tardent pas à épuiser cette lre réserve , et désorganisent tout le service. Pour le maintenir dans son intégrité, il faut en quelque sorte que la 1" réserve elle-même soit relevée par une 2e de nouvelle formation; il faut que les blessés transportables, évacués loin du théâtre de la guerre, puissent demander à d'autres qu'aux médecins de l'armée les secours dont ils ont besoin.

Ces secours devront être donnés par l'élément civil. A l'insuffisance numérique du personnel médical se joignent très-rapidement l'épuisement et l'insuffisance du matériel de secours. Il faut des médicaments, des objets de pansement, des couvertures, des vêtements chauds, des vivres choisis; il faut même des asiles pour les convalescents, et ici encore l'initiative individuelle doit venir en aide au service officiel»

Sur le théâtre même de la guerre, sur le théâtre des opérations actives, l'armée ne doit avoir avec elle que des médecins militaires,

346 ULàTIOHS DO ftftftlâAL BK OBÈ&

en service actif et permanent, on en service temporaire par suite de mobilisation. Envisagées sons le rapport exclusivement chirurgical, les blessnres de guerre ne demandent pas de chirurgiens spéciaux. Dès que le soldat blessé est couché sur un lit d'hôpital, il peut être soigné par un médecin civil, à la condition toutefois qne celui-ci sera vraiment chirurgien, restriction beaucoup moins naïve qu'on pourrait le supposer. Mais le chirurgien militaire réunit dans sa personne deux personnages : le médecin , le militaire. Dans les rangs de Tannée active, surtout quand elle est en campagne, le personnage militaire prime et doit primer souvent le personnage médical. C'est le militaire qui connaît lé soldat, qui en est connu et estimé; c'est le militaire qui sait apprécier les mouvements de l'armée, qui sait par conséquent Où et comment il doit agir pendant la bataille pour être utile aux blessés et ne pas être nuisible aux combattants; c'est le militaire qui, habitué de longue date h la discipline, sait, suivant son çrade, suivant les circonstances, commander, obéir et se faire obéir; c'est le militaire qui, vivant de la vie du soldat, a appris à supporter les fatigues des marches et des campements; c'est lui encore qui, par l'habitude, s'est identifié insensiblement avec les lois et les règlements, avec l'esprit de l'armée.

Le chirurgien militaire acquiert, par la pratique, des connaissances dont on n'aperçoit l'importance que lorsqu'on se trouve pendant une campagne (comme celle de 1870) en présence de médecins très-distingués, comme praticiens et comme savants, mais qui, n'ayant point antérieurement appartenu à l'armée, ignorent les nécessités du service militaire, et qui, même dans l'exercice de leur art, habitués a trouver autour d'eux tout ce dont ils ont besoin, ne savent pas se créer les ressources qui leur manquent et s'inquiètent outre mesure de ne pas avoir sous la main les variétés infinies de médicaments dont s'encombre, si inutilement du reste, la pharmacopée civile.

Tout chirurgien expérimenté peut soigner un soldat blessé; les chirurgiens militaires seuls sont aptes à faire le service au milieu d'une armée en campagne. C'est pourquoi je pose comme règle absolue ce principe : à l'exception des chirurgiens consultants, dont le rôle est exclusivement scientifique, il ne doit y avoir dans les rangs de l'armée •et sur le théâtre des opérations actives, sur le lieu même de la lutte, que des chirurgiens militaires.

Ce n'est pas tout encore. Je ne dois pas cacher que si l'armée de Metz, en raison des services rendus par nous, que si le maréchal Bazaine et le cénéral Coflinières nous témoignaient la plus entière confiance, il nen était pas de même pour tout i'état-major de l'armée.

On me demanda trop souvent si j'étais sûr de mon personnel d'ambulance volontaire, si je pouvais répondre qu'il ne s'y était pas glissé d'espions (cette idée fixe de tous les Français dans la dernière guerre) pour qu'il soit impossible de nier que l'ambulance était tenue en suspicion par beaucoup de personnes.

Quant aux hôpitaux ambulants, c'est-à-dire aux évacuations par chemins de fer, c est la seule partie du service où Ton puisse admettre

AYBC LB MlHISTRB DE LA GUBRRB. 34Î

sur le théâtre de la guerre la coopération du personnel des Sociétés de secours. Ce personnel n'agirait du reste que comme convoyeur, car si ces convois ont besoin d'un nombreux personnel d'infirmiers, ils n'ont guère besoin de médecins, puisqu'en cas de fort long trajet> les médecins des grandes stations d'étapes pourraient donner leurs soins aux blessés, au moment de leur passage. Chaque convoi d'ôva* cuation doit être dirigé par un médecin militaire.

Mais, ce qui est essentiellement dans le rôle de ces Société», c*est l'approvisionnement des hôpitaux. Si l'Etat doit donner le nécessaire; et l'on peut affirmer qu'il ne le donne jamais que fort difficilement; lorsque le nombre des malades et blessés est considérable, il n'est pas tenu à donner le superflu, bien que ce superflu, quand il s'agit de malades, soit si souvent le nécessaire.

* m Au moyen des souscriptions publiques , des dons en nature , les Sociétés de secours peuvent réunir de grands approvisionnements et établir, à proximité du théâtre des opérations, des dépôts dans lesquels le corps de santé militaire pourra puiser les provisions désirées : vins généreux, conserves alimentaires, fruits, tabac, café, pain blanc ou farines nécessaires à sa fabrication, légumes conservés, couvertures, hamacs, vêtements chauds ou vêtements de malades, appareils dé ehirnrgie, médicaments, linge de corps, linge à pansements. Tels sont les objets dont les ambulances ont toujours besoin, et que les Sociétés de secours peuvent leur fournir. Tel a été surtout le rôle de la Société anglaise dans la dernière guerre, et c'est elle.' qui, incontestablement, nous a rendu le plus de services.

Il y aurait lieu enfin de prendre des mesures pour empêcher que les marques distinctives du personnel des ambulances fussent usurpées indûment, ou qu'elles devinssent le refuge de tous les poltrons. « On ne s'imagine guère, dit M. le docteur Lucas Championnière, chirurgien de la 5e ambulance volontaire, les difficultés que nous a créées quelquefois (en 1870) le discrédit jeté sur notre uniforme. A Paris, comme en province , par une inexplicable tolérance, brassard et costume ont été envahis par la foule des gens effrayés ou désireux de se soustraire au service militaire ; il en est résulté une grande déconsidération pour les chirurgiens qui, consacrant leur temps, leur science, leur dévouement, quelquefois leur vie, promenaient le même costume en tous pays. Ce débordement de gens déguisés en employés d'ambulance n'a pas été une des moindres marques de la démoralisation de notre pays. »

H. le docteur Léon Le Fort, qui a dirigé une ambulance volontaire à l'armée de Metz, en 4870.

Le major général de X armée du Rhin au ministre de la guerre. .

Metz, le 2 août 4870.

* M. l'intendant général Robert, chargé de l'organisation du service hospitalier en arrière de la frontière du nord-est, me fait connaître que l'évacuation par les chemins de fer est en voie d'être réglée

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sur la plus grande échelle. Il ajoute, en outre, les observations ciaprès : < Toutefois il y aura toujours entre les deux lignes fer-

« rées et les champs de bataille une distance, plus ou moins longue, « qui devra être franchie par les blessés au moyen de voitures d'eo-

• treprise ménagées aussi bien que possible; et on ne devra pas < compter, au moins d'une façon régulière, pour ce service, sur les

• voitures de subsistances réunies par M. l'intendant général.

« La Lorraine a été complètement épuisée par les réquisitions ré» « centes. Il faut donc chercher des voitures plus loin, par exemple en « Franche-Comté. »

< En raison de l'urgence de ces besoins, je prie Votre Excellence de vouloir bien donner sans délai des ordres pour que les réquisitions aient lieu, et pour qu'en général toutes les mesures propres à favoriser cette organisation soient prises avec toute la rapidité possible. »

L'intendant Prêtai à V intendant délai" division territoriale.

Montmédy, le 25 août 4870.

« Faites-moi connaître, par le télégraphe, le nombre de places dont je pourrais disposer, pour des malades et des blessés, dans les villes du nord de votre division, telles que Beauvais, Compiègne, Senlis,... etc. •

Circulaire du ministre de la guerre concernant Vorganisation du service hospitalier, en arrière des armées, à ^intérieur : à MM. les préfets; les généraux commandant les divisions territoriales et octives; les intendants et sous-intendants militaires-, les médecins militaires.

Bordeani, le 26 décembre 4870.

Messieurs, l'effectif des armées de la République, en campagne, devenant chaque jour plus considérable, les installations et les méthodes usitées jusqu'ici menacent d'être insuffisantes; en conséquence, je prescris, dans la présente instruction, une série de mesures qui devront, sans le moindre retard, être mises à exécution.

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