Service télégraphique du quartier général
Le service extérieur au quartier général comprend l'assiette du logement, la transmission des ordres, l'escorte du général en chef.
À Tégard du logement, le système généralement adopté consiste à faire représenter chaque chef de service par un délégué, à exiger que dès l'arrivée, ce chef de service envoie son adresse et un planton au * bureau' du chef d'état-major, et à ce qu'il affiche a sa porte son nom ou son emploi, en la faisant éclairer la nuit par une lanterne. Les bureaux des opérations militaires, des renseignements et de la correspondance générale doivent toujours être sous la main du général en chef, dont la résidence sera dans une localité au centre de l'armée et pourvue d'une station télégraphique.
La transmission des ordres est assurée par les officiers d'ordonnance, aides de camp, cavaliers et plantons. Le premier aide de camp règle ce service et tient la main à ce qu'il y ait toujours un nombre suffisant de chevaux sellés et bridés. Les cavaliers et courriers du quartier général sont logés à portée. Si le général en chef monte en voiture, une place sera constamment réservée près de lui à son chef d'état-major. Enfin, chaque chef de service, intendance, artillerie,
fénie, étapes, etc., entretiendra constamment de jour un planton au ureau du chef d'état-major pour y recevoir les ordres ou communications le concernant, et lui apporter le soir l'ordre pour le lendemain.
A l'égard des escortes, il convient d'empêcher que celle du général en chef ne forme sûr le champ de bataille, ou dans les reconnaissances, une masse compacte attirant les coups ou l'attention de l'ennemi : il est préférable de la scinder en plusieurs échelons, et de faire jalonner par des cavaliers les emplacements qu'occupe successivement le commandant en chef, afin que les officiers qui le cherchent connaissent toujours la direction qu'il a prise. En tout cas, il sera constamment accompagné de son chef d'état-major, d'un aide de camp porteur du chiffre et des cartes, d'un interprète et d'un guide du pays.
Il y a lieu de remarquer qu'il est indispensable de fournir une escorte de quelques cavaliers au général du génie, à l'intendant, pour porter leurs communications, tenir leurs chevaux, etc., ainsi qu'au général d'artillerie s'il n'a point d'artillerie à cheval à sa portée. Ces cavaliers d'escorte, comme les plantons, seront permanents, afin d'être en état de bien remplir leur service : des hommes qu'on change tous les jours ne savent comment vivre et font dès maladresses, faute d'expérience dans cette situation nouvelle pour eux.
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La principale mesure d'ordre à prendre au sujet des équipages du quartier général, c'est d'empêcher qu'ils ne coupent les colonnes eu marche, et surtout qu'ils n'obstruent les rues de la localité où réside le commandant en chef. On attachera une garde permanente au fourgon des papiers précieux, avec la consigne d'y mettre le feu plutôt que de le laisser tomber aux mains de l'ennemi.
Nécessité d'affecter des noms distincts au
ÀltHÉE D'oatBNT.
Ordre général.
« ïl est arrivé souvent, et encore aujourd'hui, que dés ordonnances viennent au quartier du général en chef, au lieu de se rendre au quartier de l'un des corps d'observation, de siège, ou de l'une des divisions, sur lequel ils étaient dirigés.
c Ces erreurs provenant surtout d'indications fautives données à ces ordonnances, le général en chef rappelle que les divers quartiers doivent être dénommés ainsi qu'il suit :
« Quartier du général en chef : ♦ Grand quartier général * ;
« Quartiers des corps d'observation ou de siège : Quartier général de tel corps, ou du général commandant ce corps >;
c Quartiers des divisions : < Quartier général de telle division (1", 2*, etc., cavalerie), ou du général commandant la division ».
« Pour les armes spéciales, on se servira également des dénominations de : t Quartier général de l'artillerie » ou de < Quartier général du génie ».
c De même, les divers états-majors seront désignés ainsi qu'il suit :
c Etat-major général.
€ Etat-major de l'artillerie, état-major du génie.
« Etat-major de telle division.
« Ces désignations sont les seules qui devront être employées à l'avenir, afin d'éviter des malentendus et des erreurs qui pourraient avoir de graves inconvénients pour le bien du service» »
« Au grand quartier général, devant Sébastopol, le il déc. 1854. »
Le généra] en chef Canrobert,
Composition des quartiers généraux.
Le principe qui règne dans l'armée allemande, à l'égard de la composition des quartiers généraux et des états-majors, est celui de la plus stricte économie.
Il est hors de doute que toute personne de trop ici est un mal. D'abord parce qu'on enlève inutilement aux troupes une individualité
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utile dans le rang; ensuite, pare* que les états-majors nombreux ont de la difficulté à se caser et enlèvent beaucoup de logements aux troupes cantonnées au même endroit, et que celles-ci ne sont déjà que trop portées, assez injustement d'ailleurs, à voir d'un mauvais œil les états-majors. Enfin, et c'est là la raison principale : < L'oisiveté est la mère de tous les vices >. Quand le nombre d officiers dans un étatmajor dépasse les besoins du service, il n'y a plus pour eux cette activité corporelle et intellectuelle nécessaire pour qu'ils s'y trouvent bien; l'excès de forces non utilisées s'emploie alors au détriment de la concorde. L'expérience montre, en effet, que dans les états*majors trop nombreux les natures ambitieuses se lancent dans des intrigues, les caractères difficiles causent des frottements inutiles, et les esprits vaniteux sont toujours mécontents. Toutes ces passions inséparables de la nature humaine sont contenues quand les individus sont continuellement occupés. En outre, plus le nombre des personnes qui composent un état-major est restreint, plus le choix est grand entre les personnalités en question. Pour la formation d'un état -major au moment d'une guerre, il faut des hommes possédant non-seulement des connaissances suffisantes et la pratique du service, mais encore un caractère sur, de l'abnégation, de l'activité et de la discrétion.
Sous ce dernier point de vue, les correspondants de journaux parais* sent donc fort peu à leur place dans un état-major, car leur métier exige plutôt l'inverse de la discrétion. Cependant les temps où nous vivons permettent de moins en moins d'exclure ces individus; qui sont parfois des personnes estimables ; mais on doit être très-circonspect dans leur choix. Il faut que ces correspondants prennent l'engagement, auquel on tiendra la main, de n'envoyer aucune lettre sans qu'elle ait passé par la censure d'un officier supérieur chargé spécialement de cette révision. La méfiance qu'implique cette mesure n'est pas dirigée contre la personne elle-même du correspondant, mais
sitôt un télégramme la transmet au quartier général de l'adversaire
un titre quelconque, mais sans occupation officielle, ont su se procurer l'autorisation d'accompagner l'armée et s'attachent toujours aux flancs d'un état-major. Que ce soit le plus ardent patriotisme qui ait motivé ce désir, il n'en est pas moins certain que la présence de ces personnes ne cause à. l'armée qu'une charge sans utilité, à moins qu'elles ne soient chargées de distribuer des secours aux blessés ou malades.
Les demandes d'étrangers, qui, n'appartenant pas comme officiers à une armée alliée ou sûrement amie, désirent être attachés à un étatmajor ou à un corps de troupes par curiosité, sous un prétendu inté-
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rêt ou en vue d'augmenter leurs connaissances, doivent être réponssées sans cérémonie.
II. le général Bronsart Ton Schellendorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.
Le grand quartier général, celui du généralissime, doit renfermer tous les organes de la haute direction des armées combinées.
Il nous est permis d'espérer qu'à chaque grande guerre qui exigerait la mise sur pied de toute l'armée allemande, l'empereur se trouvera à sa tête. Il aura à ses côtés, pour la direction des opérations, le chef d'état-major de l'armée. Ce dernier soumet à la sanction de l'empereur les mesures à prendre en vue de la situation, prend ses décisions et les communique sous forme de dispositions, d'instructions , etc., aux commandants des différentes années. Le premier adjoint du chef de l'état-major de l'armée, et son suppléant au besoin, est le quartier-maître général.
Ses attributions n'ont pas été nettement tranchées, et son rôle serait plus nuisible qu'utile si les personnalités du chef d'état-major et du quartier -maître général n'étaient pas en harmonie; mais, s'il en est ainsi, il n'y a pas besoin de règlement pour séparer leurs attributions. D'ailleurs, le quartier-maître général a de quoi exercer toute son activité en réglant le service de l'état-major du grand quartier général, en enlevant au chef de l'état-major la préoccupation de décider une foule de détails qui ont néanmoins leur importance et le laissant tout entier à sa grande tâche de suivre les opérations des armées. Dans la campagne de 1870-71, le quartier-maître général avait de plus à s'occuper des derrières de l'armée, à surveiller le service des étapes et des postes sur les lignes de communication, parce que le grand quartier général du généralissime n'avait pas d'inspecteur général d'étapes; tandis que l'intendant général, ayant sons ses ordres la direction générale des vivres, et le chef de la télégraphie de
les besoins de ce genre dans les armées combinées. Ces deux derniers chefs de service se regardaient comme tenus, sans y être liés précisément par leurs instructions, de prendre l'avis du chef d'état-major de l'armée, afin d'être orientés par lui sur la manière de faire fonctionner le mieux possible leur service. Le choix des personnes suppléait encore ici au manque d'instructions précises; on pourvoyait spontanément à cette lacune au fur et à mesure des besoins. L'intendant général des armées combinées en 1870-71 avait été en 1866 quartier-maître d'une armée et avait servi longtemps dans l'état-major ; presque tous les jours, en 1870-71, il se trouvait au rapport à l'état-major du grand quartier général, prêt à donner tous les renseignements de sa compétence, et se tenant au courant des vues du généralissime. Le chef de la télégraphie de campagne, ancien officier d'état-major, avait à peine besoin d'une indication du quartier-maître général pour assurer tou-
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jours la liaison entre le généralissime et les commandants des armées combinées. Le service des chemins de fer, base du service des étapes, était dirigé par un chef de division de l'état-major du grand quartier général conjointement avec un ingénieur représentant l'élément technique. Ainsi, direction des opérations, service des vivres, des chemins de fer et des télégraphes marchaient d'accord et côte à côte sous les yeux du généralissime et faisaient partie en quelque sorte de son propre état-major dûment complété. Cet état-maior du grand quartier général comprenait d'ailleurs deux adjoints à Vétat-major employés dans le service intérieur et les matières générales, trois chefs de-section et neuf autres officiers. Il y avait, en conséquence, troisbureaux, savoir :