Bureau des opérations et des effectifs
2. — Bureau des chemins de fer et autres moyens de communication.
3. — Bureau des renseignements, y compris l'armée ennemie, affaires politiques, etc.
1 Des neuf officiers affectés à ces trois bureaux, un certain nombre
* était toujours en mission et détaché pour plusieurs jours, ce qui arriva même aux chefs de bureau; aussi presque jamais ne furent-ils tous
' présents simultanément au grand quartier général. Ce dernier com-
! prenait réglementairement :
' 2 généraux,
: 3 chefs de bureau,
t 2 adjoints à l'état-major,
i 3 officiers supérieurs i j,^. WOÎAW
! 6 capitaines F (détaUnajor,
10 ingénieurs géographes et employés, 3 secrétaires,
i 4 ordonnances d'état-major,
i 59 soldats du train,
i 115 chevaux.
i Les pièces de quelque importance étaient écrites de la main des
i officiers ou par les principaux employés. Un officier supérieur tenait
! le journal secret des opérations.
i Il n'est pas à présumer que dans une nouvelle guerre l'état-major
i du généralissime prenne de plus grands développements. L'expérience de 1870-71 a montré que ce nombre d'officiers était suffisant
t pour le travail à faire. L'organisation toutefois sera un peu différente, parce que l'Instruction du 20 juillet 1872 concernant le service des étapes et des chemins de fer a institué un inspecteur général de ce double service et l'a placé sous les ordres du cnef de l'état-major de l'armée. Cette création s'est imposée par suite de la nécessité de faire diriger par une autorité centrale et toute-puissante le service des chemins de fer surtout.
Le ministre de la guerre, avec quelques officiers et employés de ses bureaux, se trouvait près du généralissime pour suivre de près les événements et connaître les besoins sur place. D'habitude il était présent quand le chef d'état-major de l'armée faisait son rapport au sou-
410 QUA1TOM GtnfilAUX*
verain, et il était ainsi à môme, en écoutant lei décisions» dé donner directement à ses bureaux du ministère les ordres nécessaires pour
qu'ils fissent face immédiatement aux besoins à subvenir.
C'était dans le même but qu'on avait attaché au grand quartier général les deux inspecteurs généraux permanents de l'arme du génie et de l'artillerie avec leurs aides. Cependant le service des armes et munitions, comme celui du génie, était dirigé dans chaque armée et corps d'armée par des officiers de ces armes directement.
Le service de transmission, d'ordres et d'écritures près du généralissime était fait par les aides de camp et les officiers d'ordonnance de Sa Majesté. Le cabinet militaire était chargé de tenir en évidence les états de service, de proposition, de récompenses, etc., des officiers (le souverain, en Prusse, «'occupant personnellement de connaître leur degré de capacité et leurs aptitudes).
Le maintien de la police militaire et de la discipline était confié au commandant du grand quartier général. Il avait à sa disposition, outre un détachement de gendarmerie, la garde dite d'état-major, composée d'infanterie et de cavalerie ; la première comptait 280 nom* mes, la seconde 180 chevaux : leur mission était d'assurer la sécurité de la personne du généralissime dans les marches et les cantonnements. En outre, la cavalerie faisait le service d'ordonnances pour h transmission des dépêches.
Le délégué de la Société des secours aux blessés se tenait le plus souvent au grand quartier général, près de l'intendant.
M. le général Bronsart von Schellendorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.
Extraits de l'instruction, publiée le 20 juin 1872, par le ministère de la guerre de V empire d'Allemagne, concernant le service des étapes ou lignes de communication des armées en campagne.
§ 1er. — Au grand ouartier général se trouvera un inspecteur général des étapes et des chemins de fer, qui dirigera, d'après les instructions du chef de l'état-major général de l'armée, l'ensemble des services suivants de son ressort à titre d'autorité supérieure et centrale: Le service des étapes (ou des lignes de communication), Le service des chemins de fer, dans son ensemble, Le service de l'intendance de campagne, Le service de santé de l'armée en campagne, La télégraphie d'étapes ou sur les lignes de communication, Le service postal, dans son ensemble.
Pour chacun de ces services spéciaux, il y aura un chef spécial, énuméré plus loin au § 2, mais tous ces chefs spéciaux seront subordonnés à l'inspecteur général ; ils se conformeront à ses indications d'ensemble, tout en gardant chacun leur initiative et leur responsabilité dans la limite de leurs attributions, telle qu'elle est définie par les règlements.
Outre les troupes, fonctionnaires et agents techniques du service
QUA1TIBRS GÉNÉRAUX. 441
des étapes et des chemins de fer, les membres de l'intendance, du service de santé et de la poste attachés aux armées en eampagne ou aux gouvernements établis en pays occupé doivent se conformer aux instructions de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, autant qu'il est possible sans contrevenir aux droits conférés aux commandants des troupes dont ils relèvent.
L'inspecteur général est responsable de la marche concordante et
de la coopération des divers services soumis à sa haute direction.
C'est par son canal et celui des chefs de service subordonnés à son
l impulsion que les troupes, etc., entretiennent leurs rapports et leur
' liaison avec leurs attaches dans la mère patrie.
i Les autorités de lamère patrie (trésorerie, postes, télégraphes,, etc.),
i ne peuvent exercer d'action directe sur le personnel qu'elles ont
fourni à l'armée ou sur le matériel cédé par elles que dans la limite
i réglée par la présente instruction. Elles n'ont pas le droit, nota m -
i ment, d'affecter une autre destination à ce personnel fourni à l'armée,
i si ce n'est d'accord avec l'inspecteur général, qui de son côté est tenu
{ de les informer des changements prescrits par lui.
Si des armées opèrent sur plusieurs théâtres de guerre différents, il
I pourra être nommé pour chacune un inspecteur général.
Dans ce cas, il ne sera lié, ainsi que ses organes, aux prescriptions de l'inspecteur général attaché au généralissime que pour les affaires communes aux divers théâtres de guerre.
C'est à l'inspecteur général attaché au généralissime qu'il appartient^ par contre, de délimiter les sphères d'attributions et de donner des instructions convenables pour que les mesures prises dans différentes armées ne se croisent pas.
§ 2. — Chefs de service subordonnés à l'inspecteur général des étapes
et des chemins de fer.
L'inspecteur général dispose des organes ci- après pour faire diriger les différents services Boumis à sa haute direction :
1° En ce qui concerne les étapes ou lignes de communication des armées, il a à sa disposition ;
a) Un chef d'état-major et un état-major spécial pour l'ensemble du service ;
b) Des inspections d'étapes, une par armée composée de plusieurs corps, ou une par corps d'armée opérant isolément.
2° Pour diriger, au point de vue militaire, l'ensemble du service des chemins de fer sur le théâtre de la guerre, et pour régler les transports militaires sur les voies ferrées de la mère patrie, ifa à sa disposition :
Le chef des chemins de fer de campagne.
3° Pour diriger l'ensemble des services administratifs sur le théâtre de la guerre :
L intendant général de l'armée.
4* Pour diriger l'ensemble du service médical et des évacuations sur le théâtre de la guerre :
412 QUAITOftS GtHfiUlîX.
Le médecin en chef de l'armée.
5# Pour diriger le service de la télégraphie sur les lignes d'étapes ou de communication :
Le chef de la télégraphie militaire.
6« Pour l'établissement et l'entretien des communications postales :
' Le chef du service postal de l'armée. Les autorités énumérées de 2* à 6° portent la responsabilité de l'exécution de leur service spécial dans son ensemble et de sa concordance avec les instructions de l'inspecteur général.
Personnel affecté à l'inspection générale des étapes et des chemins de fer.
1 inspecteur général du grade de lieutenant général ou de généralmajor, disposant d'une voiture à 4 chevaux, de 8 chevaux de selle et de 5 ordonnances.
1 chef d'état-major, disposant d'une voiture à 4 chevaux, de 4 chevaux de selle et de 2 ordonnances.
1 capitaine | à l'état-major, disposant chacun de 4 chevaux de selle
1 lieutenant ( et de 2 ordonnances.
1 auditeur, chargé des affaires de justice militaire, disposant d'une voiture à 2 chevaux, d'un cheval de selle et d'un ordonnance.
1 grenier.
3 sous-officiers, secrétaires.
17 hommes du train (ordonnances des officiers ou conducteurs).
Personnel affecté à l'inspection d'étapes d'une seule armée.
1 inspecteur, du grade de lieutenant général ou de général-major, disposant de 4 ordonnances, 6 chevaux de selle et d'une voiture à 4 chevaux.
1 chef d'état-major, disposant de 2 ordonnances, 4 chevaux de selle et d'une voiture à 4 chevaux.
2 capitaines, dont un d'artillerie et un du génie, disposant chacun d'un ordonnance et de deux cheyaux de selle.
1 lieutenant ou sous-lieutenant d'infanterie, disposant de deux chevaux de selle et d'un ordonnance.
1 payeur, disposant d'un ordonnance, d'un cheval de selle.
1 vétérinaire, chef du service, disposant d'un ordonnance et d'un cheval.
2 vétérinaires, disposant chacun d'un ordonnance et d'un cheval de
selle.
1 sous-officier et 4 ordonnances montés | n„nt%^Aa * i»/*«* ™-^ 1 sous-officier et 12 hommes non montés j atlachés à 1 état-major.
4 sous-officiers secrétaires, dont un pour le payeur. 15 hommes du train.
3 maréchaux ferrants.
Personnel affecté an chef des chemins de fer des armées en campagne.
1 chef militaire des chemins de fer, du grade d'officier supérieur, disposant de 3 ordonnances, de 6 chevaux de selle et d'une voiture à 2 chevaux.
QlUftTIIlS GftNÉlAUX. 413
4 officier supérieur d'état-major, disposant de 2 ordonnances et de 4 chevaux de selle.
1 capitaine d'état-major, disposant de 2 ordonnances et de 4 chevaux de selle.
2 employés supérieurs du service des chemins de fer, choisis par le chef d'état-major de l'armée, disposant de 2 ordonnances et de
2 voitures à 2 chevaux.
2 secrétaires de chemins de fer, choisis également par le chef
d'état-major de l'armée.
2 secrétaires, tirés des bureaux de l'état-major de l'armée ou du
régiment des chemins de fer.
43 hommes du train (ordonnances et conducteurs). 4 voiture à papiers, attelée de deux chevaux.
L'intendant en chef des armées combinées a pour devoir, d'après les indications de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, de diriger en grand les services administratifs des troupes et autorités militaires sur le théâtre de guerre.
Il forme, au point de vue des mesures administratives de son ressort sur ce théâtre de guerre, une autorité centrale pour les intendants des armées combinées, des corps d'armée, des étapes et des fouvernements installés dans les pays occupés, sans qu'il puisse 'ailleurs limiter leur initiative ou leur responsabilité individuelle envers leurs chefs militaires respectifs plus que ne l'exige la nécessité de régler d'une manière unique le service des chemins d* fer.
L'intendant en chef des armées combinées est un lieutenant général, auquel est adjoint le personnel suivant : 4 lieutenant en premier, aide de camp, 4 intendant d'armée suppléant,
3 secrétaires d'intendance,
2 autres employés inférieurs (assistants). P L'intendant en chef a 4 ordonnances, dont 3 montés, 6 chevaux de selle et 1 voiture à quatre chevaux qui porte ses bagages et ceux de son aide de camp. Cette voiture a deux conducteurs du train.
L'adjudant a un ordonnance non monté et 2 chevaux de selle.
L'intendant d'armée a 2 ordonnances montés, 4 chevaux de selle et une voiture à 2 chevaux pour ses bagages et ceux des cinq employés.
Les 3 secrétaires ont 3 ordonnances et 6 chevaux de selle; les assistants, 2 ordonnances et 2 chevaux de selle, 2 voitures à 4 chevaux portent les papiers et la comptabilité.
En tout: 2 officiers, 6 fonctionnaires, 49 soldats du train conducteurs ou ordonnances, 20 chevaux de selle, 44 chevaux d'attelage, 4 voitures.
Le chef du service de santé des armées combinées forme une autorité centrale pour cette branche sur le théâtre de guerre. Il doit, pour en bien assurer la marche, se tenir en communication constante avec le
414 QtJARTlUS atniiavi.
ministère de la guerre, auquel il adresse ses réquisitions et qui le tient au courant des dispositions prises dans la mère patrie* U reçoit de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer les instructions et communications qui lui permettent, d'accord avec les autorités des étapes et des chemins de fer, de pourvoir, au fur et à mesure des besoins, au traitement et à l'évacuation tant des malades que des blessés, et de prendre à l'avance les dispositions nécessaires pour que le service de santé remplisse les conditions qu'il est à prévoir que le cours des opérations lui imposera.
Un certain nombre de trains de chemins de fer à wagons d'ambulance, formant des hôpitaux sur rails, sont mis à sa disposition. Après s'être entendu aveo le chef du service des chemins de fer, il les fera venir à l'armée et renverra les trains chargés de malades on blessés, par l'intermédiaire des directions militaires de chemins de fer, là où les commissions instituées pour les évacuations en prendront charge, lesquelles commissions effectueront la dispersion ultérieure de ces blessés et malades, en dirigeant le transport vers les endroits où elles seront averties que tout est prêt pour les recevoir, et par l'intermédiaire des commandants militaires des lignes de chemins dé fer.
Le chef du service de santé des armées combinées peut être un médecin principal de 1" classe ou un médecin inspecteur.
Il lui est adjoint le personnel suivant : 1 médecin-major de 1" classe, 1 médecin aide-major de 1** classé, 4 infirmiers.
Le chef du service a 1 ordonnance monté et 1 chevaux de selle, chacun des deux autres médecins a 1 ordonnance non monté ; le médecin-major dispose de 2 chevaux de selle ; le médecin aide-major n'en a qu'un seul.
4 voiture à 2 chevaux porte leurs bagages.
En tout : 3 médecins, 4 infirmiers, 4 soldats du train dont 1 conducteur et 7. chevaux.
Le chef de ta télégraphie 'militaire des armées combinées est chargé de présider à l'ensemble du service des télégraphes sur toute l'étendue du théâtre de guerre. C'est le directeur général des lignes télégraphiques de l'empire lui-même, ou un officier supérieur, son délégué.
Le chef de la télégraphie militaire est attaché a l'état -major du généralissime. Pour la partie de son service qui concerne la télégraphie aux armées en campagne, il est directement placé sous les ordres du chef d'état-major de l'armée et du quartier-maître général. Quant à la télégraphie d'étapes, c'est-à-dire sur les lignes de communication, il en assure le service en se tenant en liaison constante avec l'inspecteur général des étapes. De cette manière, la télégraphie de l'armée, procédant d'après les mêmes formes que celles de l'Etat dans la mère patrie et en connexion constante avec elle, pourra satisfaire aux exigences essentielles du commandement des troupes.
Le chef de la télégraphie militaire dispose directement des détache*
rnents de télégraphiera de campagne attachés au quartier du généralissime, mais il n'influe sur les opérations de ceux attribués aux diverses armées combinées qu'en communiquant avec eux seulement par l'intermédiaire des généraux en chef de ces armées. Il fait parvenir ses instructions aux directions télégraphiques de la ligne d'étapes stir le théâtre de la guerre et reste en liaison constante avec l'administra* tion générale des lignes télégraphiques de Pempire, afin que les divers quartiers généraux soient constamment reliés entre eux et avec le réseau de la mère patrie. Tous les détachements de télégraphiera aux armées actives et les directions sur la ligne d'étapes lui doivent compte de leurs travaux, installations et changements ; avec ces données, il tient au courant, au quartier du généralissime, le tableau d'ensemble des communications télégraphiques, et, à l'aide du personnel qui lui est adjoint, il fait dresser et tirerfà autant d'exemplaires qu'il est besoin pour en fournir aux autorités supérieures les cartes et tableaux de ces voies de communication.
Si, pendant le cours des opérations, Une partie du territoire ennemi occupé par nos armes est détaché du domaine des autorités des étapes pour être constitué en gouvernement distinct, sous les ordres d'un gouverneur général, il est institué pour ce territoire particulier une direction spéciale des télégraphes qui, dès lors, est du ressort de l'administration générale des télégraphes de la mère patrie.
t)ans les armées actives, la télégraphie de lre ligne est assurée par les détachements de télégraphiers dits de campagne et de réserve, dont les installations improvisées sont, autant que possible, consolidées ensuite par le matériel plus stable dont dispose la télégraphie d'étapes. Le personnel est relevé également par celui de cette dernière, afin que les détachements de première ligne puissent toujours être disponibles pour les mouvements en avant. Les ordres dans ce sens sont donnés, soit en général, soit dans chaque cas particulier, par le chef de la télégraphie militaire aux directions des télégraphes des étapes, car ce n est gue d'un point central que Ton peut juger dans quelle mesure il convient de procéder à la consolidation des communications et si la télégraphie d'étapes n'a pas des travaux plus importants ou plus urgents à accomplir. C'est encore le chef de la télégraphie militaire qui est chargé de délimiter les rayons entre les directions télégraphiques des lignes d'étapes des différentes armées combinées.
Enfin, il informe à temps l'administration générale des lignes télégraphiques de la mèrefpatrie du chiffre du personnel et de la quantité de matériel qu'elle doit fournir le plus tôt possible à l'armée au fur et à mesure des besoins.
Personnel attaché au chef militaire de la télégraphie en campagne.
1 officier supérieur, chef militaire du service télégraphique, disposant de 2 ordonnances, 4 chevaux de selle et d'une voiture à 2 chevaux. 1 secrétaire (employé supérieur) des télégraphes. 3 hommes du train, dont 2 ordonnances et 1 conducteur.
416 QUA1TII1S GftHfilAUX.
Fonctions du directeur général du service postal des armées combinées.
Dans le but d'établir et de maintenir les communications postales sur le théâtre de la guerre, ainsi que pour surveiller l'ensemble du service des bureaux de poste militaires, il est adjoint à l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer un directeur général du service postal, pour les armées combinées.
Ce fonctionnaire est de plus chargé de diriger le service postal du
Quartier général du généralissime. Il dispose de deux inspecteurs, ont le plus ancien le supplée quand il s'absente.
Sous ses ordres sont placés les directeurs du service postal de chaque armée, leurs bureaux et relais de correspondance.
Pour le service technique proprement dit, concernant la réception, l'expédition, la distribution des lettres et paquets, le mode réglementaire d'expédition et la comptabilité, il est tenu, ainsi que ses inférieurs, de se conformer aux instructions émanant de l'administration impériale des postes de la mère patrie.
Leurs autres rapports sont définis par le Règlement sur le service postal aux armées.
Le directeur général de ce service en campagne informera l'administration de la mère patrie des changements survenus dans la composition des armées, dès que ce sera possible, mais seulement après en avoir obtenu l'autorisation expresse de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer.
Personnel affecté an directeur général dn serf iee postal des armées combinées.
1 directeur général, disposant de 1 ordonnance, 2 chevaux de selle,
et de 1 voiture à papiers en forme de bureau ambulant, et de
1 calèche de voyage, attelées chacune de 2 chevaux.
2 inspecteurs des postes, disposant chacun de 1 ordonnance et de
2 chevaux de selle.
4 secrétaires du service postal, ayant chacun 1 ordonnance et 1 cheval de selle.
1 postillon.
8 hommes du train (6 ordonnances et 2 conducteurs).
D'après les règles actuellement en vigueur (1876) en Allemagne, l'état-major d'une armée sur le pied de guerre se compose du chef de Vètat-major, du chef quartier-maître, et d'un nombre d'officiers supérieurs, capitaines et lieutenants d'état-major, proportionné à la force de l'armée (en 1870-71, 8 officiers).
Il n'y a pas de sections pour le service des bureaux; les aptitudes spéciales des officiers sont utilisées par le chef d'état-major et le chef quartier-maître pour lejir répartir les affaires concernant les opérations, les effectifs,. le service des étapes, des télégraphes et des chemins de fer, celui des renseignements, etc. ; toutefois, il est avantageux de confier d'habitude les mômes affaires aux mêmes individus.
Les rapports du chef quartier-maître avec le chef d'état-major ne
gbnt point fixés par un règlement. Le premier est un subordonné, et, au besoin , un suppléant du second. Leurs relations doivent surtout être basées sur un choix tel de ces deux personnalités que l'harmonie en résulte.
Le chef quartier-maître remplit généralement les fonctions de chef des bureaux. Il s'oriente ainsi sur toutes les questions, et est en mesure de régler lui-même tous les détails d'importance secondaire. Son attention spéciale se porte sur le service des étapes en arrière de l'armée , et il doit se tenir en communication constante avec l'intendant de l'armée.
Les adjoints à l'état-major employés dans les bureaux se composent d'un nombre d'officiers supérieurs, capitaines et lieutenants, proportionné à la force de l'armée et à peu près égal à celui des officiers d'état-major titulaires. Le plus ancien adjoint est chef de bureau pour les affaires traitées par les adjoints et relatives aux remplacements + ordres du jour, rapports, etc., et il contribue ainsi à décharger le chef d'état-major.
Tout ce qui concerne V artillerie est du ressort d'un général qui a un état-major spécial. Il n'exerce pas de droit de commandement sur les troupes, à moins qu'il n'y ait une réserve centrale d'artillerie de formée, ou bien qu'il ne soit momentanément chargé de diriger le feu des batteries réunies de plusieurs corps d'armée.
Par contre, sa mission spéciale est de surveiller l'ensemble du service de l'artillerie de l'armée et d'assurer le remplacement des munitions de toutes armes. Les commandants d'artillerie des corps d'armée disposent , il est vrai, directement des parcs de munitions aftectés à leur corps; mais le soin d'approvisionner ces parcs de corps d'armée au moyen du grand parc général de l'armée, et celui-ci à son tour au moyen des dépôts échelonnés en arrière, incombe au général commandant l'artillerie de l'armée.
Ce général d'artillerie relève directement du commandant en chef de l'armée; il n'est donc pas placé sous les ordres du chef d'état-major, ce que son ancienneté de grade empêcherait d'ailleurs assez souvent ; toutefois, il va de soi que s'il ne se tient pas en rapport constant avec ce chef d'état-major, le chef quartier-maître et les autorités des étapes, il ne peut guère s'acquitter convenablement de sa tâche.
Tout ce qui concerne le service du génie et des troupes de cette arme est du ressort d'un général qui a un état-major spécial. Sa compétence pour son service est analogue à celle du général d'artillerie. En particulier, il exerce une surveillance sur le matériel du génie (outils et équipages légers de ponts). Il est à la disposition du général en chef pour la direction technique de grands travaux d'investissement, de ponts, de débouchés, quand il y a lieu de réunir les ressources de plusieurs corps d'armée.
Le service de la justice militaire est confié à un auditeur en chef. Ce fonctionnaire , dans la guerre de 1870-71 , ne figurait pas au quartier général de l'armée; mais sa place y est marquée pour lavenir.
418 QlUETIMS OiftftltAIlX.
La police militaire est exercée près du général en chef par le commandant du quartier générai, qui a à sa disposition une garde d'étatmajor, composée de 1 officier, 1 trésorier, 1 vétérinaire, 60 hommes et 43 chevaux, et un détachement de la gendarmerie, subordonnée à l'inspection des étapes. Le commandant du quartier général reçoit ses ordres directement du chef d'état*major.
Le service de V intendance est dirigé par un intendant d'armée. Sa principale mission consiste à assurer en grand la subsistance des hommes et des chevaux. U reçoit les informations nécessaires du chef de l'état-major, auquel il est encore subordonné pour toutes les autres branches du service dont il a à s'occuper comme membre de l'état-major du quartier général de l'armée, parmi lesquelles nous citerons notamment : établissement de magasins en profitant de toutes les ressources comprises dans le rayon d'opérations de l'armée, réquisitions en vivres, draps, cuirs, etc., imposition et recouvrement de contributions de guerre ou d'impôts , ordres à donner pour la répartition des ressources aux corps d'armée, etc. Mais l'intendant reprend sa liberté d'action à l'égard de la direction du contrôle et de la comptabilité au quartier général de l'armée, dans ses rapports avec l'intendant général des armées combinées, avec les intendants des armées voisines, l'intendant en chef des étapes et les intendants des corps d'armée. Il y a à sa disposition le personnel nécessaire en fonctionnaires de l'intendance et en secrétaires, ainsi que la direction centrale des vivres de l'armée.
Le service de$ étapes sur la ligne de communication de l'armée est eonfié à un inspecteur d'étapes, qui dépend d'un côté du commandant en chef de son armée, et de l'autre, de l'inspecteur général des étapes et des chemins de fer, qui se trouve au quartier du généralissime. Il possède un état-major spécial qui comprend 1 chef d'état-major, 3 ad* joints, 1 intendant, 1 médecin chef de service, 1 auditeur, 1 directeur des télégraphes, 1 directeur de là poste, des employés d'administration civils , des agents du trésor et des vétérinaires; Sous ses ordres sont un détachement de gendarmerie et des troupes qui gardent la ligne de communication de l'armée.
Le service de santé et des ambulances fonctionne sous la haute diree* tion d'un médecin en chef de l'armée. H doit se tenir constamment en relations avec les autorités des étapes, afin de pouvoir évacuer les blessés et malades transportables, et rendre de nouveau disponibles, pour suivre l'armée, les ambulances qui autrement s'encombreraient
Dans la campagne de 1870-71, la Société de secours volontaires aux blessés était représentée aux quartiers généraux des armées par des délégués qui étaient en rapport permanent avec l'intendant , le médecin en chef et les autorités des étapes.
A chaque quartier général d'armée est affectée, en outre, Une diréc* tion des postes de campagne, qui ressort du chef quartier-maître pour tout ce qui n'est pas service purement technique.
M. le général Bronsart fon Schellrodorff, chef d'état-major de la garde royale prussienne.
Qtuànm GÉNÉRAUX. 4i9
Extrait du règlement pruuien du 20 juillet 1872.
Le directeur des postes d'une armée est chargé d'établir et d'entretenir les communications postales entre cette armée et la mère patrie, etc., d'après les instructions du directeur en ehef du service postal aux armées. Il dirige la poste jusqu'aux quartiers généraux des corps d'armée, ou jusqu'à leur portée, et en reprend les envois.
it se tient en communication constante avec l'état-major du commandant en chef de l'armée à laquelle il appartient et réside, suivant les circonstances, soit au quartier général, soit à l'inspection des étapes. Il dirige en même temps le service postal du quartier général et surveille celui de tous les bureaux dans l'étendue de l'armée. Outre ses rapports de dépendance envers l'autorité militaire, il doit, pour les affaires techniques, se conformer exactement aux instructions de l'administration générale des postes de l'Empire.
Pour le mettre à même d'assurer les communications postales, l'état» major du général en chef lui communique les marches et mouvements dont l'exécution est imminente, quand l'intérêt militaire n'est pas compromis par cette communication. S'il se produit dans l'organisation de l'armée des changements dans la répartition des troupes, de nature à effectuer l'expédition des envois par la poste, le directeur en informe sans délai l'administration générale des postes, mais seulement après qu'il a demandé, dans chaque cas particulier, au chef de l'état-major si la nécessité de garder le secret ne s'oppose pas à cette mesure.
au moyen des voitures à la disposition des commandants de place, ou requises par eux, soit au moyen d'attelages ipossédés en propre ou loués par son administration, et il installe les bureaux de poste.
Il remet aux commandants dés étapes et des gares de Ja ligne de communication de l'armée, s'il n'y a pas de bureau établi dans la localité, le tableau des bureaux et communications postales dressé par l'administration, ou prie celle-ci de le leur envoyer.
Au directeur du service postal d'une armée sont adjoints trois inspecteurs, destinés principalement à parcourir les lignes de communication pour installer et surveiller le service. Le plus ancien des trois supplée le directeur, près le quartier général et i inspecteur d'étapes, en cas d'absence.
Outre ces trois inspecteurs, il est mis à la disposition du directeur : 30 employés (dits secrétaires), 20 conducteurs.
foutes ces personnes deviennent employés militaires du moment de la mobilisation. Elles portent l'uniforme prescrit pour les agents de la poste en campagne.
S'il est nécessaire d'augmenter ce personnel, le directeur s'adresse au directeur en chef, en envoyant l'état des besoins; ce dernier le
contrôle et le renvoie, en l'approuvant ou en le désapprouvant, à l'administration générale des postes.
Avant même que l'armée ait pris position sur la frontière, le directeur doit entrer en fonctions avec son personnel. A cet effet, dès
Les bureaux de la mère patrie coopèrent au service postal de l'armée, suivant les instructions particulières de l'administration générale. En pays ennemi, le directeur des postes d'une armée pourvoit à l'installation des bureaux avec le personnel mis à sa disposition. Les commandants de place sont tenus de lui fournir des auxiliaires tirés des troupes de leur garnison.
Pour couvrir le premier besoin en moyens de transport, l'administration désigne au directeur les circonscriptions d'où il est autorisé à tirer ses attelages et son personnel.
Les frais pour l'acquisition de ces moyens de transport sont remboursés par le budget de la guerre.
Le personnel qui l'accompagne est compris dans la mobilisation.
Pour chaque armée distincte, l'administration des postes met sur pied, au compte de l'administration de la guerre, un dépôt de chevaux et voitures, composé de :
90 chevaux, 30 voitures,
30 postillons de campagne, 10 conducteurs, sous les ordres d'un secrétaire principal et destiné à desservir les bureaux, conformément aux prescriptions du directeur des postes de l'armée.
Les circonstances décident dans quelle mesure les circonscriptions postales de l'intérieur contribuent à la formation de ce dépôt.
Le directeur des postes de l'armée, après avoir pris 1 avis de son inspecteur d'étapes ou de l'état-major de l'armée, tait faire les mouvements convenables à son dépôt. S'il y a lieu de le compléter, il adresse un rapport en conséquence à l'administration générale. Le dépôt sert en même temps à recevoir les chevaux écloppés, et Fadmiministration engagera un vétérinaire pour leur traitement. Ce vétérinaire sera mobilisé et compris dans la catégorie des employés militaires. S'il n'arrivait pas à temps, l'inspecteur des étapes, sur la proposition du directeur des postes de l'armée, procurerait l'aide nécessaire.
Les fourrages et les vivres sont assurés par l'administration militaire pour tous les chevaux de poste et tout le personnel, y compris celui du dépôt; les locaux pour les bureaux sont mis à la disposition des employés, par les commandants de place, sur la ligne d'étapes. Les fournitures de- bureau et les imprimés sont délivrés par l'administration des postes, au compte de l'administration militaire.
QUAHTÏBR8 GÉNÉRAUX.. # 4SI
Si un corps d'armée est chargé d'opérer isolément, l'administration lui affectera un inspecteur des postes particulier, si l'armée n'en peut détacher un dans ce but. Cet inspecteur aura alors les mêmes devoirs que ceux du directeur postal d'une armée, y compris le service, sur la ligne de communication.
Extrait du règlement prussien du ii janvier 1876.
Personnel et matériel mis à la disposition du directeur des postes d'une armée.
1 directeur des postes de l'armée, avee 4 ordonnance non monté,
2 chevaux de selle.
3 inspecteurs, avec 3 ordonnances non montés, 6 chevaux de selle. 30 employés (dits secrétaires).
1 voiture à 2 chevaux avec 1 postillon.
1 voiture de fournitures de bureau, à 2 chevaux, avec i conducteur du train.
Dépôt de chevaux et de voitures,
1 secrétaire principal, chef du dépôt, avec l'ordonnance non monté et 2 chevaux de selle.
1 vétérinaire civil, 40 conducteurs, 30 postillons, 30 voitures à 2 chevaux.
Sur le pied de guerre, le quartier général d'un corps d'armée prussien comprend :
4 général commandant le corps d'armée.
4 éhef d'état-major, 1 officier supérieur, 2 capitaines d'état-major et 4 adjoints, pris dans les capitaines ou lieutenants de l'armée. 4 commandant de l'artillerie, avec 2 aides de camp. 4 commandant du génie, avec 4 officier-adjoint. Un détachement de gendarmerie, fort de 4 officier, 82 hommes et 53 chevaux, fait partie du quartier général.
Pour le service d'ordonnance et de sûreté, il y a une garde d*état-
maior, composée d'infanterie et de cavalerie, L'infanterie fournit
552 nommes. La cavalerie, 4 officier, 4 payeur, 44 hommes, 51 che*
vaux et une voiture. Sur ce chiffre, on attribue :
4 officier, 48 hommes de cavalerie et 28 hommes d'infanterie au
quartier général du commandant du corps d'armée, 4 nommes ae cavalerie et 8 d'infanterie, à chaque général commandant une division, d'infanterie.
2 hommes de cavalerie, à chaque commandant d'une brigade d'infanterie.
En outre, les régiments de cavalerie fournissent à ces états-majon des officiers d'ordonnance, suivant les besoins. •
M. le chef de bataillon prussien baron ton Eberstein, do 3* régiment i pied de la garde.
Le 25 décembre 1813, au moment de l'ouverture de la campagne de France, les quartiers généraux étaient dotés, dans l'armée russe, de la manière suivante :
Au quartier général de Barclay de Tolly se trouvaient 778 hommes, dont deux escadrons de houlans et le reste de cosaques.
Au quartier général de Wittgenstein, 1,146 hommes, dont 488 d'infanterie et le reste de cavalerie, dragons, hussards et cosaques.
A la disposition de l'intendant général Cancrin, un régiment de cosaaues, fort de 114 hommes.
A la disposition du grand-prévôt Ertel, un régiment de cosaques de 369 hommes.
A la disposition du commandant des parcs et convois autrichiens, trois escadrons de houlans et une compagnie d'infanterie, 357 hommes.
M. le général rosse Bogdanowitseh, qui a en sous les yeux l'état de sitoatia.
Inconvénients d'admettre des volontaires an quartier général,
ou des officiers inexpérimentés.
c Lorsqu'il vint prendre le commandement de l'armée russe en Moldavie, au mois d'avril 1811, Koutousoff nous donna une preuve de sa faiblesse.
- c Le quartier général fourmillait de volontaires : la peste et k fléau de toutes les années, et surtout des armées russes. Ils obstruent le quartier général, en triplent les équipages, l'affament, et y font des orgies et des dettes. Aussi importants qu'importuns, ils jugent les généraux avec la légèreté la plus condamnable et avec l'ignorance la plus complète, écrivent ce qu'ils pensent et ce qu'ils imaginent, et, par leurs liaisons et leurs relations, donnent souvent des impressions fausses et dangereuses sur les hommes et sur les choses.
« L'empereur, qui savait les apprécier et qui jugeait le peu d'utilité dont ils étaient dans ses armées, et les embarras qu'ils y cassaient, répugnait à leur permettre d'y servir; mais, importuné par les sollicitations indiscrètes et sans cesse renouvelées des parents, il cédait enfin, en convenant qu'il avait tort de céder. Cependant, pour diminuer leur influence et éviter les inconvénients de leur séjour au quartier général, il avait ordonné de les en éloigner et de les employer dans leur grade dans les régiments de l'armée.
c Le comte Kamensky (précédemment général en chef), aussi jeune
Su'eux et dont ils formaient la cour, n'avait point obéi à cet ordre. >e général Koutousoff, l'ayant lu, distribua ces messieurs dans des régiments : ce fut une vraie révolte au quartier général ; aucun ne voulut le quitter; et Koutousdff, au lieu de les punir et de les chasser, céda bientôt à leurs cris, ou plutôt à la peur que lui inspiraient leurs parents; et ils restèrent tous au quartier général comme auparavant. »
Le lieutenant général comte de Langeron* émigré français an service de Bassie.
Le major général Berthier au ministre de la guerre.
Dresde, le 48 mai 1842.
« Je reçois votre lettre du 10 de ce mois. J'en ai parlé à l'Empereur.
c L'intention de Sa Majesté est de ne point sortir des dispositions qu'Elle a arrêtées pour la composition des états-majors, même pour les rois qui commandent des corps. Ils ne peuvent avoir à leur étatmajor qu'un général chef d'état-major, des adjudants commandants, des capitaines adjoints, dans la proportion déterminée. Aucun colonel, major, lieutenant ou sous-lieutenant ne doivent être employés aux états-majors, si ce n'est les adjudants commandants. Les officiers supérieurs du grade de colonel et de chef de bataillon ou d'escadron, qui ne sont pas titulaires dans les corps, ne peuvent être employés que comme commandants de place ou comme commandants du quartier général. Les officiers désignés par Votre Excellence pour ces fonctions doivent être tous envoyés au grand quartier générai, d'où ils seront mis à la disposition des rois et des maréchaux commandant en chef les corps d'armée, pour être employés conformément aux dispositions générales arrêtées par l'Empereur pour les états-majors.
< M. le sous-lieutenant Pérignon et M. le major Berthemy feraient une infraction aux ordres de l'Empereur ; et bientôt on verrait rénaître, à la suite des états-majors de chaque corps d'armée, les abus qui ont eu lieu par le passé.
« Je prie Votre Excellence de vouloir bien me seconder pour m'aider et me donner la force de résister aux demandes des rois commandant des corps d'armée, en ce qui serait contraire à l'ordre général établi par l'Empereur. Votre bureau des états-majors et celui de la solde doivent avoir la décision de l'Empereur relative aux états-majors de la Grande Armée. >
Le major général de l armée du Rhin aux commandants respectifs
des 8 corps d*armée.
49 juillet 4870.
(Circulaire).
< J'ai l'honneur de signaler à votre attention le paragraphe suivant, inséré dans le Journal officiel de ce jour :
• L'Empereur a décidé de ne recevoir, soit au quartier impérial, soit
4Î4 QUARTOttS GÉNÉRAUX.
aux quartiers généraux des corps d'armée, aucun volontaire, auca officier étranger, en un mot, aucun individu étranger à Tannée. >
t Je vous prie de vouloir bien veiller à la ponctuelle exécution de ces dispositions. »
« Le 18 janvier 1814, il arriva au quartier général de l'armée du maréchal Suchet un événement qui donna des inquiétudes* réalisées bientôt de la manière la plus malheureuse. Un officier espagnol, nommé Van Halen, Belge ou Hollandais d'origine, et qui avait servi à Madrid près du roi Joseph dès le commencement de la guerre, était employé depuis peu, par ordre du duc de Feltre (ministre de la guerre), à l'état-major de l'armée de Catalogne ; il déserta à l'improviste. Cet exemple n'était pas nouveau, depuis que bien des gens voyaient succomber le parti qu'ils avaient embrassé; et la chose eût à peine été remarquée, si, en passant aux ennemis, il n'eût entrepris, par de fiai ordres, d'emmener avec lui un détachement de cent cinquante à deoi cents chevaux. Heureusement, l'officier qui les commandait se douti à temps de la trahison : il refusa de marcher au delà de la ligne des avant-postes* Van Halen, déconcerté, s'échappa seul, monté sur un cheval dérobé, et laissant à Barcelone des dettes criardes.
« Pendant qu'il avait été employé à l'état-major de l'armée, il s'était appliqué à connaître et à imiter l'écriture, le chiffre, la signature et k cachet dont nous nous servions dans la correspondance secrète. Mnoi de ces moyens de trahison, il s'était rendu auprès des généraux espagnols; et, pour effacer auprès d'eux le tort de sa conduite passée, il proposa un plan, adroitement concerté, dont le succès pouvait être favorisé par une négociation tentée récemment pour l'évacuation des places fortes occupées par des garnisons françaises. Van Halen se présenta, le 13 février, devant Lerida. Le blocus de cette place était formé par la division espagnole d'Eroles. Van Halen avait la commission d'officier d'état-major français; il en portait l'uniforme. Il venait, avec des lettres simulées du maréchal Suchet, qui prescrivaient an général de brigade Isidore Lamarque d'évacuer la place et de la remettre aux Espagnols, pour se rendre par le chemin le plus court aux avant-postes de l'armée française, en vertu d'une convention qu'on pouvait regarder comme le préliminaire de la paix générale.
« Tout devait rendre suspect un homme qui, avec une mission de cette importance, se refusait à entrer dans la place. La première garantie de la véracité que doit offrir un parlementaire, c'est de se mettre à la merci de ceux près de qui il est envoyé.
« Le conseil de défense de la place hésita longtemps; mais enfin la fraude l'emporta, en fascinant les yeux aux plus incrédules. La place fut remise après quelques formalités, stipulées pour en imposer davantage ; et la garnison se mit en route, emmenant une batterie de campagne, accompagnée par la division du général d'Eroles, qui se disait chargée de préparer les vivres et de faire respecter la convention. Les garnisons de Méquinenzaet de Monzon, après s'être refusées
QUARTIERS GÊNfilÀUX. 425
d'abord attx propositions de Van Halen, suivirent l'exemple et la marche de celle de Lérida.
« La colonne passa par Gervera et Igualada. Dans cette dernière ville, la nuit, au milieu de la troupe bivouaqtiée, un chef de bataillon du 42% que l'inquiétude tenait éveillé, prit à part son colonel et le général, et leur dit : « Soyez sûrs que nous sommes trahis; nous pou* et vons encore nous échapper pendant que les Espagnols sont en- « dormis et dispersés. Laissons l'artillerie et les bagages; appelons «c sans bruit nos soldats, et mettons-nous en route pour les monta - « gnes dans la direction de Yich et les frontières de France. Notre « régiment connaît le pays; quand nous aurons gagné cinq ou six « heures de marche, rien ne pourra nous arrêter. » Le général, à cette proposition, fut un moment ébranlé; mais les difficultés de l'exécution parurent l'emporter sur les motifs d'une défiance qu'il commençait à partager. Les propos sinistres des habitants, l'assassinat de quelques soldats, le déterminèrent à se plaindre au général espagnol. On répondit de manière à l'abuser, et la colonne continua sa route. Le soir, les vivres manquèrent; on promit de les fournir un peu plus loin. Le lendemain, nos soldats, épuisés de faim et de fatigue, arrivèrent dans les défilés de Martorell; là, ils firent halte, mirent leurs armes en faisceaux, et attendirent une distribution. Mais ils virent alors toute l'armée espagnole couronner les hauteurs à droite et à gauohe, tandis que la division d'Eroles occupait la route derrière eux. L'armée anglaise, sur la route de Palleja, leur fermait la route en avant. Dans cette position, on leur annonça qu'ils étaient
Srisonniers et victimes d'une ruse de guerre- La confusion des uns, le ésespoir des autres, peuvent aisément s'imaginer; quelques-uns voulurent tenter une résistance inutile. On fit signer au général une nouvelle convention, qu'on viola aussitôt sous le premier prétexte, ce qui était aussi facile que honteux envers des soldats désarmés. Deux mille Français furent contraints de céder à la trahison, à la force et au nombre. »
Le maréchal Sachet
Une trouvaille précieuse pour le quartier général de la II* armée allemande fut celle des papiers trouvés sur un aventurier irlandais, le capitaine Ogilvy, tué le 24 novembre (1870) dans les rangs des Français. On trouva, en effet, sur lui un carnet renfermant un journal de marche et toute une série de renseignements, en outre, l'ordre donné pour le 24 novembre au corps d'armée du général Grouzat. Cet ordre assignait aux trois divisions qui le composaient les points de Beaunela-Rolande, Juranville et Saint-Loup pour gîtes. Comme le X- corps prussien avait lui-même Tordre de s'y établir, on s'expliqua ainsi la rencontre qui avait eu lieu.
Non-seulement la pièce trouvée sur le capitaine Ogilvy indiquait la composition du corps d'armée français, mais elle en énumérait encore la force :
426 QUAUTlEftS GtiltfftAUX.
1'* division 13,000 hommes.
Enfin, il se trouvait dans son portefeuille une lettre qui fournissait des éclaircissements importants sur les vues de l'autorité dirigeante chez les armées françaises et qui était d'une grande importance pour les événements à venir. Elle était de la main de rien moins que le dictateur Gambetta lui-même, adressée au général Grouzat , et devait servir d'introduction au capitaine Ogilvy près de ce général. Elle était ainsi conçue :
République française.