‹ Les méthodes de guerre actuelles et vers la fin du XIXe siècleChapitre 38 sur 85 · ARMÉS DU RHIN · texte numérisé non relu

ARMÉS DU RHIN

Bâle, le 8 germinal an vin.

Ordre du jour.

< Le général en cbef fait défense aux militaires de tous grades et de toutes armes de quitter l'armée avant de lui avoir communiqué, ou au cbef de l'état-major général, l'ordre en vertu duquel ils doivent changer de destination. »

Le général en chef de l'armée du Rhin, Morean.

Bruxelles, le 49 mai 4845.

« Des officiers ne sont pas autorisés à quitter leur corps sous le prétexte de se présenter à une commission médicale; il faut au'ils en aient d'abord fait la demandé par la voie hiérarchique et obtenu la permission du général en chef. A leur demande sera joint un certificat du médecin de leurs corps. »

Wellington.

478 RELATIONS PU GÊHftlAL SI CHEF ATIC 8IS LlBUttU ANT8,

Le chef de V état-major au général Dommartin.

Quartier général, an Caire, 30 frimaire an th..

« Le général en chef Bonaparte me charge, citoyen général, de vous dire qu'il a reçu une demande du chef de brigade Grobert, qui sollicite son retour en France.

< Le général en chef répond à cette demande que, comme le citoyen Grobert a gagné son grade de chef de brigade à Paris, et sans avoir entendu un coup de fusil, son intention est que vous employiez continuellement cet officier aux avant-postes.

< Vous voudrez bien, en conséquence, le faire partir pour SâU heyeh. »

Le major général Berthier à V empereur Napoléon*

Schœnbrunn, le 6 août 4809.

« J*ai l'honneur d'informer Votre Majesté que le général Reynier (commandant le corps d'armée saxon) demande h venir passer quelques jours à Vienne.

« Je prie Votre Majesté de me faire connaître ses intentions. »

Réponse.

« Me faire connaître auparavant qui aura le commandement pendant ce temps-là. »

Napoléon.

t Vers le milieu de décembre 4870, le roi généralissime, considérant que les régiments de cavalerie attachés aux divisions d'infanterie avaient eu dans les derniers temps moins d'occasion de déployer leur activité et de se distinguer que les régiments des divisions indépendantes de cavalerie, et que leurs chevaux s'usaient davantage par suite d'un service plus pénible, ordonna une permutation entre les uns et les autres en tant que cavalerie légère ou hulans.

« Les commandants d'armée furent laissés libres de mettre à exécution cet échange suivant que le temps, les circonstances le permettraient ou qu'il faudrait attendre la fia d'opérations commencées. Ils devaient seulement rendre compte au grand quartier général de l'époque et du mode adoptés pour la permutation.

M. le capitaine prussien von Goltz, qui a en sons les yeux les documents de la IIe armée allemande.

Le feldrfnaréchal, prince Frédéric-Charles, commandant la II* armée allemande y aux commandants de corps d'armée et aux généraux de division de cavalerie.

Quartier général, Orléans, le 7 décembre 4870.

« Quand une division de cavalerie est temporairement attachée à un corps d'armée, au point de vue administratif et tactique, le corn-

g 1". CSOIX PBS UIYTIFUHTS. ftUNltftl W COKIIAKDKJL 479

mandant de cette division resta seul compétent è l'égard des questions, de personnel.

< Ainsi, il va de soi que les droits disciplinaires sont de son ressort. De même, il peut seul intervenir dans l'économie intérieure des corps de troupe* C'est à lui de décider comment seront composés les détachements qui entraînent une scission des unités laoliquos. S'il est nécessaire, dans l'intérêt de la situation générale, de détacher des troupes constituées de la division, c'est lui qui les désignera, et les enverra ensuite prendre les instructions ouïes ordres au commandant du corps d'armée* >

Le maréchal de ViUars à M. de Chûmitiart, ministre de la guerre*

An camp de GundelÛngen, le 48 juin 4703.

< Je crois, monsieur, devoir me donner l'honneur de vous dire que si quelqu'un de MM. les généraux se plaint de moi, il est d'une profonde dissimulation; je n'en vois aucun qui ne me montre et beaucoup d'estime et beaucoup d'amitié. Mon caractère, naturellement, n'est pas bien caressant; mais il ne m'est jamais arrivé de dire une parole dure; pour pénible, je ne dis pas qu'à Bûhl, celle-ci ne me soit échappée à quelques-uns des plus difficultucux : je vous ai asset fait connaître, leur ai-je dit, de quelle importance il était pour le roi et

Sour l'Etat de trouver les moyens d'emporter ce poste, pour que l'on ût plutôt chercher à m'aplanir les difficultés qu'à m'en faire tous les jours de nouvelles, et je regretterai toute ma vie ces deux premières journées. Mais il n'en faut plus absolument parler.

< J'aurai seulement l'honneur de vous dire, monsieur, que, comme) rien ne convient mieux à ceux qui ont l'honneur de commander qu'une politesse infinie et toujours des termes qui adoucissent ce qu'il y a de rude dans l'obéissance, il y a aussi de la faiblesse à être trop occupé de plaire et de caresser; celui qui en fait son premier soin se défie de son génie et de sa vertu; le$ qualités le$ plue néceteairee à ceux qui commandent, c'eet justice et fermeté ; celles-là attirent le cœur des honnêtes gens, et mènent les autres par la crainte.

< Le pauvre M. (le maréchal) de Luxembourg caressait tout le monde, et avait mille ennemis; ses favoris tour à tour se déchaînaient contre lui.

« N'ayez, monsieur, nulle inquiétude sur les manières dont je vivrai avec tout le monde. Hors les paresseux et méchants officiers, vous verrez que l'on sera content de moi. Vous m'ordonnez de vous dire librement ma pensée sur nos principaux sujets : il y a de l'esprit et de la capacité; du reste, je ne vous dirai mal d'aucun. Quand ils auront bien fait, je n'oublierai pas d'en rendre un compte fidèle; après cela, ce que je connais tous les jours dans la pratique des hommes, c'est que l'on ne les connaît point, et que souvent les idées que l'on en a, en bien ou en mal, sont fausses : je suis quelquefois forcé de me rendre à cette opinion des Espagnols, laquelle j'ai ton-

480 eelations du 6fiK shil bk cm* àtic ses libutinakts.

jours combattue, qui veulent que Ton dise : « Cet homme-là Hait brave ce jour -là ».

Ce qu'il y a de bien certain, monsieur, c'est que la vertu ferme, solide, constante, est bien rare. Si, par hasard, vous la trouvez soutenue de quelque génie, ne la rebutez pas pour les défauts dont elle peut être accompagnée; vous, monsieur, qui êtes un grand ministre, chargé des plus importantes affaires du plus grand royaume de Punivers, vous en avez une plus nécessaire et plus difficile que de régler les finances et l'état de la guerre : c'est d'étudier et de connaître les hommes, qui n'approchent jamais du roi et de vous, monsieur, qu'avec un masque; pour moi, je me suis assez démasqué, Dieu merci, surtout depuis quelques jours : ce qui me fait vous supplier d'aimer vos serviteurs avec tous leurs défauts. »

Le général en chefGrant au général Sherman.

Nashville (Tennessee), le 4- mars 4864.

c Mon cher Sherman, la loi qui rétablit le grade de lieutenant général (généralissime) des armées des Etats-Unis a été adoptée, et mon nom a été soumis au Sénat pour cette nomination.

« Je viens de recevoir l'ordre de me rendre en personne à Washington immédiatement, ce qui indiquerait la confirmation de ma nomination, ou sa probabilité.

« Je pars demain en conséquence, mais je déclarerai nettement, dès mon arrivée, que je ne puis accepter de nomination qui voudrait m'obliger à fixer mon quartier général dans la capitale; cependant je ne me suis pas dépêché de l'écrire.

« Si j'ai été éminemment heureux dans cette guerre, si, tout au moins, j'ai gagné la confiance du public, personne ne sent plus que moi combien ce succès est dû à l'énergie, à l'habileté, à la coopéra* tion de ceux que j'ai eu la bonne fortune d'avoir pour subordonnés.

c H est un grand nombre d'officiers auxquels cette remarque s'applique plus ou moins, suivant le degré de capacité qu'ils ont montré dans l'exécution des ordres; mais le besoin que j'éprouve surtout, c'est d'exprimer à des chefs comme vous et Mac Pherson, la reconnaissance que je vous dois plus qu'à tout autre dans les succès que j'ai remportés. Vous savez jusqu'à quel point vos avis et vos suggestions m'ont aidé; mais vous ne pouvez pas savoir aussi bien que moi combien la manière dont vous avez exécuté mes plans vous donne dé droits à partager l'honneur qui vient de m'étre conféré. Je voudrais que cette lettre pût exprimer la gratitude que j'en ressens : elle né pourra jamais être interprétée d'une façon assez flatteuse pour vous.

< J'ai employé le mot < vous > au pluriel, car mon intention est d'y comprendre Mac-Pherson. Je voudrais le lui écrire, et j'espère le faire plus tard, car le temps me manque à présent par suite de mon départ demain. » *

g 1er* CROIX DBS LIEUTENANTS. MANIÈRE DE COMMANDE». 481

Réponse au général Sherman.

Près de Memphis, le 1 0 mars 4 864.

« Mon cher général, j'ai reçu votre lettre du 4 de ce mois, si bienveillante et qui vous caractérise si bien. Je vais en envoyer de suite une copie à Mac-Pherson.

Vous ne vous rendez pas justice, et vous nous faites trop d'honneur en nous assignant une si grande part dans les mérites qui ont amené votre haute situation. Je sais que vous approuvez la loyauté et 'l'amitié que j'ai toujours professées pour vous, et que vous'me permettrez de continuer à vous en donner des preuves dans toutes les occasions.

• Vous voilà maintenant le légitime successeur de Washington, et vous occupez une position dont l'élévation suprême est presque dangereuse ; mais si vous pouvez continuer à être vous-même, comme jusqu'à présent, simple, nonnéte, sans prétentions, vous jouirez, pendant toute vôtre vie, du respect et de l'affection de vos amis, des hommages de milliers d'êtres humains qui vous attribueront une large

{>art dans la sécurité qui résultera, pour eux et leurs descendants, de 'affermissement d'un gouvernement basé sur la loi et la stabilité.

« Je vous assure que vous nous faites, au général Mac Pherson et à moi, trop d'honneur. A votre première affaire, à Belmont, vous avez déjà révélé ce que vous seriez un jour, et, ni Mac Pherson, ni moi, n'étions à vos côtés. Lors de la prise du fort Donelson, votre nom s'est illustré; j'étais loin et Mac Pherson dans une position trop subalterne pour avoir de l'influence.

« Jusqu'à votre victoire de Donelson, j'avoue que j'étais presque découragé par l'effrayant désordre et l'anarchie qui se montraient partout ; mais, à partir de ce moment, j'ai découvert le rayon lumineux qui, depuis, m'a toujours guidé.

* Je vous crois aussi brave, aussi patriote, aussi juste que notre grand modèle Washington ; aussi généreux, aussi bienveillant et honnête qu'un homme peut l'être ; mais votre trait le plus caractéristique, c'est la foi inébranlable que vous avez toujours eue dans le triomphe de notre cause, foi que je ne puis comparer qu'à celle d'un vrai chrétien dans notre Sauveur. C'est cette foi qui vous a donné la victoire à Shiloh et à Vicksburg. De même, après avoir terminé vos préparatifs, vous avez engagé la bataille, comme à Ghattanooga, sans hésitation, sans demi-mesure ; c'est ce qui nous faisait agir avec confiance. Je savais que, partout où je serais, vous ne m'oublieriez pas ; et que si j'avais besoin de secours, vous arriveriez à la rescousse ou vous seriez déjà tué.

« Mes seuls doutes étaient au sujet de vos connaissances en stratégie, des ouvrages de science militaire et d'histoire ; mais je dois confesser que votre bon seos paraît y avoir suppléé.

< Maintenant, parlons de 1 avenir. Ne restez pas à Washington. Le général Halleck (chef de l'état-major) est plus propre que vous à résister aux coups de l'intrigue et de la politique* Venez dans l'Ouest ; .

482 BBUTiOfl* PU eiUfiJUL EN CHIF ÀV«C SIS LIEUTENANTS»

choisissez pour théâtre de vos opérations le bassin du Mississipî. De sa destinée dépendent celles des versants de l'Atlantique et du Pacifique aussi sûrement que* la vie des branches de l'arbre dépend de celle du tronc. Nous avons fait beaucoup, mais il reste encore beaucoup à faire. Le temps et son influence sont avec nous. Nous pour* rions presque nous contenter de le laisser agir. Môme dans les Etats sécessionnistes, vos paroles auraient en ce moment plus d'effet que la

Êroclamation d'un président on une loi du Congrès. Pour l'amour de >ieu et du pays, ne restez pas à Washington. J'avais prédit au général Halleck, quand il quitta Corinth, ce qui lui arriverait ; et je vous exhorte à venir dans l'Ouest C'est dans l'Ouest qn'est le siège de notre futur empire ; quand notre tâche y sera termina, nous aurons bientôt raison de Cbarleston, de Richmond et de la côte appauvrie de l'Atlantique. »

Votre ami sinoère,

W. T. Shermut.

L'empereur Napoléon au maréchal Dawmt.

Wittenberg, £3 octobre 4806.

« Faites connaître à votre corps d'armée que l'empereur, en le faisant entrer le premier à Berlin, lui donne une preuve de sa satisfaction pour la belle conduite qu'il a tenue fc la bataille d'Iéna (Auerstsedt). «

c Autant les troupes estiment le général instruit, homme intrépide qui, ferme et confiant au milieu des dangers qu'il brave souvent à leur tête, sait, dans une circonstance difficile, tirer de son expérience et de sa valeur les ressources qu'un vulgaire timide croit anéanties; autant elles méprisent le lâche présomptueux qui, la main sur les yeux et l'oreille fermée, cherche à s'étourdir sur des périls dont il n'ose envisager l'étendue ; fanfaron ignorant qui, loin de l'ennemi, prédit avec emphase des succès qu'il n'a pas su préparer, qu'il ne saura point obtenir à son approche. »

Le général de division Reynier.

Le général Lee (plus tard commandant en chef des années sécessionnistes) à son file Custis Lee.

« Quant à ce qui est du devoir, je vais vous raconter ce qui se passa, il y a près de cent ans, un jour d'éclipsé, connu encore sons le nom de « jour noir », où la lumière du soleil parut quelque temps tout à fait éteinte. L'assemblée législative du Connecticut était en séance. A l'apparition de ce phénomène, les membres partagèrent la terreur générale. Beaucoup d'entre eux disaient que c'était le jour da jugement dernier. Quelqu'un proposa l'ajournement. A ce moment,

§ 1*. CHOIX PIS LIBUTEHAHT8. MAXÉU DE COMMAXDIft. 483

un vieux puritain, Davenport de Stampford, se leva et dit que si c'était vraiment le jour fatal, il voulait, quant à lui, qu'on le trouvât à son poste, faisant son devoir ; et en conséquence il proposa que l'on apportât des lumières, afin que la séance continuât. Il y avait chez cet homme le calme d'un esprit se reposant sur la sagesse divine et pénétré de la volonté inflexible de remplir sa tâche. Le mot de devoir est le mot le plus sublime dans notre langue. Faites en toutes choses comme le vieux puritain. »

• Dans la dernière année de la guerre de Sécession (1868), le quartier général de Lee était à deux Kilomètres à l'ouest de Peterstyurg, sur le Goxroad, presque au centre de son armée. C'est là qu'il vivait, attendant aveo sérénité l'arrêt q> l'avenir. Son visage n'indiquait pas l'ombre d'inquiétude ; au contraire, il paraissait plein d'espoir et encourageait ceux qui l'entouraient à croire au succès définitif. Nous avons cependant déjà démontré qu'il était loin d'avoir réellement cette assurance* Dès le premier jour du siège (de Petersburg), il parait avoir regardé la situation comme désespérée, à moins que son armée ne reçût de nombreux renforts ; mais, jusqu'au bout, il s'est rappelé ses deux maximes favorites : Faire son devoir, et Lej courage humain doit s'élever à la hauteur de V adversité humaine. »

M. Edward Le* Childe.

Arthur WeUesley (depuis duc de Wellington) ai* capitaine Monerieff.

Camp de Koorooly-Cotta, le 4" octobre 4800.

« Je dois d'abord vous rappeler que je désirais tout particulièrement avoir votre opinion sur ies affaires du Malabar ; vous n'aviez donc pas à vous excuser de me la donner. La différence entre votre manière de voir et la mienne n'est pas très-grande; mais, quand même elles eussent différé comme le pôle nord du pôle sud, ce n'aurait pas été un motif pour omettre de me la faire connaître aussi franchement que vqus l'avez fait. »

Wellington à M, Charles Stuart, ambassadeur à Lisbonne.

Gouvea, le 44 septembre 4840.

« Les officiers ont le droit d'avoir leur opinion sur les événements et la marche des affaires ; mais les officiers revêtus d'un grade élevé ou de fonctions importantes doivent garder leur opinion pour eux ; s'ils n'approuvent pas le système d'opérations de leur général en, chef, ils n'ont qu'à quitter l'armée. C'est là où j'en amènerai quelques-uns, si leur propre bon sens ne les empêche pas de continuer leurs clabauderies. »

484 HILATIONS DU GÉKÉRAL EN CHIP ÂY1C SES LœUWRÀHW.

Le major général WeUetky (depuis duc de Wellington) au

colonel Wallate.

Du camp de Niggeree, le 28 juin 4804.

< Je crois avoir examiné dans mes dépêches officielles les différents points sur lesquels je désirais fixer votre attention, à l'exception d'un seul dont je vais vous entretenir ; c'est celui du secret de toutes vos opérations.

< Rien n'est plus certain que, sur cent affaires, quatre-vingt-dixneuf pourraient être affichées sur la place du marché sans que l'intérêt général en souffrît. Mais le malheur est que si les affaires publiques sont le sujet de la conversation générale, au lieu d'être tenues naturellement secrètes en toute occasion, il devient très -difficile de se renfermer dans une discrétion absolue quand une fois l'occasion le demande impérieusement. On montre alors, faute d'habitude, de la maladresse à garder un secret, ce qui permet aux individus perspicaces (et il y en a toujours un bon nombre dans une armée) de le deviner ; et soyez bien persuadé que toutes les fois qu'une affaire doit rester confidentielle, il y a toujours des inconvénients à ce qu'elle soit divulguée.

« C'est pour cette raison qu'il est toujours préférable d'observer le secret; aussi, les personnes qui ont depuis longtemps le maniement des affaires publiques sont-elles dans l'habitude de ne mettre le public dans la confidence d'aucune communication, à moins que ce ne soit nécessaire. Il en résulte que ia discrétion leur devient naturelle, et une habitude aussi facile à garder que %l'est aux autres celle de parler des affaires publiques ; elles ont ainsi acquis assez d'empire sur elles-mêmes pour pouvoir à volonté parler ou se taire.

< Je vous entretiens sur ce sujet parce que c'est moi qui vous ai lancé dans les affaires publiques, et que je suis jaloux que vous les dirigiez comme elles doivent l'être. C'est un point indispensable.

• Remarquez bien que je ne vous recommande nullement d'être mystérieux. En effet, je ne recommande le silence sur les affaires publiques en toute occasion, que pour échapper à la nécessité de faire mystère de quelques-unes. »

L'adjudant général de Varmée anglaise au capitaine Swain, à Bilbao.

U octobre 4843.

« Rien ne retarde autant la marche des affaires que la propension à chicaner et à questionner sur leurs intentions les officiers qui, pour mille causes différentes, ont pu faire une erreur de forme dans le service. Quoiqu'il faille relever ces omissions, plus on met de bienveillance dans ce genre d'observations, mieux on fait disparaître le malentendu sans laisser derrière un levain d'aigreur. Je suis donc chargé de vous inviter à mettre plus de modération dans vos communications avec les divers chefs de service. >

Par ordre du commandant en chef Wellington.

g f«. CHOIX DBS LIEUTENANTS. MANIÈRE DE COMMANDEE. 485

« Pendant l'occupation de la Silésie par nos troupes en 4808, le colonel Dupellier, du 406* de ligne, ayant été obligé de faire une marche forcée, exigea des rafraîchissements pour son régiment dans un village qui ne lui avait pas été assigné comme étape. Le maréchal Davout crut, à la manière dont on lui en rendit compte, que le colonel avait commis une exaction : il lui fit des reproches publics et l'empêcha de se justifier. Cependant, après vérification du fait, il fut reconnu que cet officier était innocent, et se trouvait par conséquent victime des préventions du maréchal ; alors Davout ne dédaigna pas d'avouer son tort et, pour le réparer d'une manière plus éclatante, il obtint pour le colonel de l'avancement en pleine paix, et le conserva dans son corps d'armée. Trouve-ton beaucoup d'hommes puissants qui se sentent assez grands pour oser reconnaître ainsi leurs injustices et les réparer aussi noblement ? »

Le général Berthezène, alors colonel d'an régiment sons les ordres de Darout.

Napoléon au général Lauriston, chargé de commander les troupes

expéditionnaires des Antilles.

Paris, 21 frimaire an xui (42 décembre 4804).

• Les ministres de la marine et de la guerre vous ont envoyé vos instructions. Vous verrez que, pour vous rendre plus fort, je vous ai réuni le général Reille. J'ai besoin pour autre chose de la frégate la Muiron. La saison est déjà trop avancée, partez sans retard ; arborez mes drapeaux sur ce beau continent ; justifiez ma confiance, et si, une fois établi, les Anglais vous attaquent, souvenez-vous toujours de ces trois choses : réunion de forces, activité et ferme résolution de périr avec gloire. Ce sont ces trois grands principes de Vart militaire qui m'ont toujours rendu la fortune favorable dans toutes mes opérations. La mort n'est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c'est mourir tous les jours. Soyez sans inquiétude sur votre famille, et donnez* vous tout entier à cette portion de ma famille que vous allez conquérir. »

< Lorsque le lieutenant général Morillo eut débarqué au Venezuela (1815) et terminé la pacification du pays, il s'occupa avec un zèle infatigable de réorganiser l'administration et de cicatriser les plaies de la guerre. Il s'étudia à ramener les esprits et à persuader aux an* ciens insurgés que l'amnistie dont ils avaient profité était loyale et sans arrière-pensée.

< Toutes les mesures prises à cette époque furent dignes d'éloges, sauf une dont les résultats ont été des plus funestes, et que l'histoire ne peut passer sous silence.

< Si les insurgés qui voulaient proclamer l'indépendance du pays et sa séparation de l'Espagne avaient échoué jusque-là, c'était grâce au courage et au dévouement à l'Espagne des troupes indigènes; c'étaient elles qui, en versant leur sang pour la mère patrie, lai avaient con~

48$ BJUTtÛMS DU «4H*BÀL BN Cllf âVBC SB» UBCTtNÀWTf.

serve ces provinces ; la gloire «ju'eiles avaient acquise dans vingt combats ou bataille», aurait dû dira comprendre qu'il était d'une sage politique de les conserver ; il n'en fat rien. On réforma presque tous eof corps ; on reprit à beaucoup d'officier» leurs brevets et ou les rea* voya ches eux. Cette mesure les blessa au cœur, changea leur dévoue* ment en haine et devint par la suite fatale à la cause de l'Espagne en Amérique.

f Bien que notre plan soit de signaler iei les causes qui ont prédo* miné dans la révolution de l'Amérique espagnole, et à ce titre nous ne pouvons omettre une de celles qui ont le plus influé, cependant noua ne voulons pas pour oe motif contester le mérite et les excellentes intentions des chefs qui commirent cette faute ; en voyant des soldats dont l'organisation était des plus incohérentes, au moins en apparence, vêtus chacun à sa manière, ou pour mieux dire avee des lambeaux de vêtements pris à l'ennemi, d'autres & moitié nus et sans aucun apparat militaire, tout général européen, venant de combattre dans une armée régulière contre les aigles redoutables de Napoléon, aurait éprouvé les mêmes impressions, et probablement se serait laissé aller à opérer les mêmes réductions et ces prétendues réformes.

c II existait en outre une raison puissante pour justifier cette mesure. Les provinces du Venezuela, ou plus exactement les départements de la côte, qui étaient à eette époque les seuls en état de subvenir aux dépenses du gouvernement, pouvaient à peine maintenir sous les armes et sur un pied brillant 4 à 5,000 hommes. Gomme la division que le lieutenant général Morillo avait amenée d'Espagne excédait de beaucoup ce chiffre, la réforme une fois décidée, il était naturel qu'elle portât plutôt sur lçs troupes indigènes que sur les troupes européennes.

« jSous l'empire donc dé la nécessité ou de la fatalité, on renvoya ehez eux la plus grande partie de ces mulâtres et Indiens couverts de cicatrices reeues en combattant pour la cause de l'Espagne. « Si ce sont là les vainqueurs, que sont donc les vaincus ! » Cette exclamation intempestive et méprisante, échappée des lèvres d'un des principaux généraux espagnols, mit le sceau au ressentiment et à la fureur de ces fidèles soldats, aussi dévoués jusqu'alors à l'autorité royale, qu'ils le devinrent ensuite à la cause des insurgés ; et ils se montrèrent bientôt redoutables sous les ordres d'un génie guerrier et entreprenant. Ce fut don José-Antonio Paez, qui jusque-là avait combattu pour l'Espagne et mérité le grade de capitaine par ses exploits. A la suite de dissent timents qui éclatèrent entre lui et un commandant, il abandonna la cause de l'Espagne et se déclara son ennemi aussi implacable qu'il avait été auparavant son défenseur résolu. Cédant à la passion de la vengeance, il groupa sous ses ordres tous les mécontents et forma bientôt dans les plaines un corps de cavalerie respectable qui devint la terreur des royalistes par les cruautés qu'il commit. Plus tard, ee m&mQ Paez devint, après l'émancipation du pays, président de la République du Venezuela. >

Don Mariai» Torrents, qui « on sous les yêttx Us documents du Dtyôt de lt jraeriv de Madrid.

% 4«. CHOIX DIU LIIUTEUMT6. SUfflftH DE COUUKDUU 487

Le premier consul Bonaparte au ministre de la guerre.

Safnt-Clond, £8 germinal an xn.

« Demandez au général Jourdan dea renseignements sur le citoyen BertbeH - «'abandonne et ayant % et l'exemple d'une bonne conduite. *

L'empereur Napoléon au maréchal Moncey.

Saint-Cloud, \ 0 germinal an VXU

« Les soldats ne doivent jamais être témoins des discussions des chefs. Je ne puis que désavouer formellement votre ordre du jour. >

Le général en chef Bonaparte au général de division Klèber.

Au Gai», le 94 fructidor aa n (40 septembre 4798).

« Un vaisseau comme le Franklin, citoyen général, qui portait l'amiral, puisque V Orient avait sauté (à la bataille navale d Abou* lçir), ne devait pas 3? rendre à 11 heures du soir. Je pense d'ailleurs que celui qui a rendu ce vaisseau est extrêmement coupable, puisqu'il est constaté par son procès-verbal qu'il n'a rien fait pour l'échouer et

{>our le mettre hors d'état d'être amené ; voilfc ce qui fera h jamais a honte de la marine française, Il ne fallait pas être grand manœuvrier, ni un homme d'une grande tète pour couper un cible et échouer un bâtiment ; cette conduite est d'ailleurs spécialement ordonnée dans les instructions et ordonnances que l'on donne aux capitaines de vaisseau. Quant à la conduite du contre -amiral Duchayla, il eût été beau pour lui de mourir sur son banc de quart, comme Du Petit-Thouars. < Mais ce qui lui Ote toute espèce de retour h mon estime, c'est sa 14che conduite avec les Anglais depuis qu'il a été prisonnier. Il y a des hommes qui n'ont pas de sang dans les veines. Il entendra donc tous les soirs les Anglais, en se soûlant de punch, boire à la honte de la marine française 1 II sera débarqué à Naples pour être un trophée

§our les lazzaroni ; il valait beaucoup mieux pour lui rester h Alexanrie ou à bord des vaisseaux comme prisonnier, sans jamais souhaiter ni demander rien, (Le général anglais) O'Hara, qui d ailleurs était un * homme très-commun, lorsqu'il fut fait prisonnier à Toulon, sur ce que je lui demandais de la part du général Dugommier ce qu'il désirait, répondit ; « Etre seul, et ne rien devoir à la pitié. > La gentillesse et les traitements honnêtes n'honorent que le vainqueur, ils déshonorent le vaincu, qui doit avoir de la réserve et de la fierté. »

«M^H^MWmMMI»

g % PIÈCES A UBUft G0MUUHIQUI1.

Le général en chef remet à ses lieutenants :

1* Un chiffre de correspondance secrète. Ce chiffre sera changé chaque fois qu'on présumera que l'ennemi a pu en saisir la clef, notamment s'il s'est emparé des bagages d'un état-major.

2* Le signalement des agents secrets accrédités pour le service des renseignements et le mot de passe convenu avec eux.

3* Le tableau de Ja composition de l'armée ennemie, autant qu'elle est connue, avec l'indication des parties douteuses à rectifier ; le plan des places fortes de l'ennemi.

4* L'allocation des fonds secrets, et leur mode de renouvellement

5* Le tarif de la composition des rations de vivres, de chauffage et de fourrages sur le pied de guerre. — (Attribuer une ration double aux chevaux des cavaliers de correspondance ayant fait double étape).

6* Le tarif de la solde, des frais de représentation et de bureau, des indemnités diverses (d'entrée en campagne, pour pertes d'effets, etc.). Le procédé à suivre en cas de forcement de caisse, en accréditant près du payeur, par un acte spécial, la signature du fonctionnaire présent de l'intendance.

7° Le tarif des sommes allouées aux corps pour remplacer les chevaux morts, entretenir la ferrure, le matériel roulant, acheter les menus objets que ne peuvent fournir les réquisitions. Ces fonds sont indispensables à l'artillerie, au génie et au service de santé (réparation des voitures, installation d'hôpitaux, etc.).

8° Le tarif des allocations de vivres et de solde pour les conducteurs auxiliaires, les guides, courriers, interprètes, etc.

9* La haute paye à attribuer aux hommes qui seraient retenus sous les drapeaux au delà de leur temps de service.

10° La prime accordée pour chaque arme, giberne, paquet de cartouches ramassé sur le champ de bataille et livré au parc.

41* Le tarif auquel seront payés les chevaux, armes et objets pris sur l'ennemi.

12* L'indemnité à payer aux déserteurs ennemis qui livrent leur cheval.

13* La désignation des états de situation à fournir 1* numériquement; 2* nominativement, et à quelles dates. Le modèle de ces états.

14° Le modèle des rapports à fournir : 1° sur l'ennemi et les renseignements obtenus; 2° sur les marches, combats et positions; 3* sur les pertes et remplacements. •

15° L'énumération des registres à tenir, notamment 1° sur les marches et opérations; 2° sur le signalement des déserteurs; 3* les actes de l'état civil.

16* Les imprimés pour le service de la justice militaire.

17* Le tableau de la composition du service des étapes chargé de protéger les ravitaillements de l'armée; l'emplacement des infirmeries de chevaux, des dépôts de malingres, des dépôts de pièces de re-

g 2. pibcis a uua COMMUNIQUER* - 489

change, des gares de bifurcation où se fera le triage du matériel des divers corps d'armée, des lignes d'évacuation.

48* La liste des dépôts des corps à l'intérieur, des arsenaux mis à la disposition de l'armée.

19° Les points sur lesquels seront dirigés les déserteurs et prisonniers ennemis, après leur interrogatoire.

20° Les pièces d'ordre purement administratif à adresser directement au ministre de la guerre sans passer par l'intermédiaire du général en chef; et réciproquement, les pièces à réclamer directement des bureaux du ministère de la guerre.

Documents A méditer*

de correspondance confidentielle.

Chiffrer par- un seul chiffre, ou une seule lettre, Us phrases suivantes,

qui sont celles d'un usage continuel ;

— Au reçu du présent ordre, partez avec vos troupes pour vous rendre à...

— Rendez-vous, de votre personne seulement, à mon quartier général.

— Mettez immédiatement en route (telle troupe). «— Envoyez-moi votre itinéraire jour par jour.

— Envoyez par chemin de fer...

— Le mouvement aura lieu par voie ferrée.

— Faites-moi connaître où est établi votre quartier général»

— Cantonnez vos troupes.

— Quelles sont les positions qu'occupent vos troupes?

— Occupez la position de...

— Jusqu'à quel jour vos troupes sont-elles alignées en vivres?

— Combien avez-vous de cartouches par homme?

— Faites-moi connaître l'état de vos pertes.

— Combien vous reste-t-il de coups paf pièce?

— Faites-moi connaître le chiffre de vos combattants, présents souâ les armes, baïonnettes, sabres, canons.

— Reliez-vous à...

— Envoyez votre cavalerie en avant jusqu'à...

— Faites faire une reconnaissance sur.».

— Faites occuper par votre avant-garde les ponts de...

— Evacuez vos malades et blessés sur...

— Envoyez d'avance des officiers reconnaître Une position défen* sive sur (tel cours d'eau).

— Faites-moi connaître les nouvelles que vous avez sur l'ennemi, les rapports de vos avants-postes et de vos reconnaissances.

490 RELATIONS DU OÉKtlAL IN CH1F ATBG SfiS LIEUTENANTS*

a- Aceusez-moi réception du présent Ordre*

— Envoyez des vivres à»..

*» Envoyez des munitions fi...

— Il me manque : ...

«** J'ai un besoin urgent de.**

— Envoyez-moi les quantités BUivmntes : ... -* Mes pertes s'élèvent à>*«

**■ Mes troupes occupent. «*

«* M&n quartier général est établi à. t.

— Est annulé mon ordre du..*

Le major général Berthier au maréchal Mortier, à Moscou.

TroiUkoïe, 20 octobre 4842.

« Je reçois votre lettre chiffrée. A l'avenir, il ne faut pas tout chiffrer comme vous l'avez fait. En ne chiffrant que des mots et quelques phrases, il est facile d'ôter tout le sens de ce que l'on écrit. Dans votre dernière lettré, on a chiffre le ttot i MônSëigtiëiir' * ; tout cela demande beaucoup de temps pour déchiffrer, »

Le major général de l'armie du Shin au maréchal commandant

k 3* Mjtf * à Metz:

%\ juillet 4870.

« Je vous ai envoyé hier, par lettre chargée, le nouveau chiffre de l'armée du Rhin.

« Le chiffre dont vous vous êtes servi jusqu'à présent doit être réservé pour vos relations chiffrées avec les autorités de l'intérieur* >

Le major général de V armée du Rhin au maréchal commandant

le 1er corps d'armée*

Metz, d«ftût4l7d*

« M. le commandant Fœrster, de l'état-major général, Vtnife remettra aussi un chiffre. Je prie Votre Excellence de me faire connaître, par le retour de cet officier, s'il y a lieu dé ëupposér* que le chiffre qui était entre vos ihainâ a pu tomber" ail pouvoir1 dé l'ennemi (à la bataille de Wœfth),

Signalement des agents secrets accrédités et mode dé correspondre or eo oux.

Le général Moreau ail général ùrèniér, à BrèscU.

3S frimaire aa fit.

« Je cYôis qu'il serait três-âVafltagèti* (p* vô& rapports d'émissaires continssent, au lien dti nombre dés troupes ennemies qui «xis-

S 2. tifea» Â urot COMMUHIQUl». 4*1

tent dans chaque garnison ou cantonnement, le nom det régiments •t 1* numéro de» Bataillons ou des dirigions de cavalerie. Il serait également important dé savoir le nom des officiers généraux et lé nom de leur quartier; car, quand la* troupes forint des mouvements» il Serait bien important dé savoir si elles marchent par leur droite ou leur gaucho, ce qu'elles ne peuvent pas cacher quand on sait le nom des corps et des officiers généraux-. *

« fin 1813, un espion de l'armée autrichienne, s'étant introduit dans la ville de Trieste, envoya au quartier général autrichien la lettre déguisée suivante :

Trieste, le 34 juillets 3.

Mon cher ami, * Je éotopte que t dus auret dé)! reçu ma lettre prudente» Je suis

arrivé ce matin à 5 heures & îrieSte, Une heure après mon arrivée, je me suis mis en quête des marchandise» que vous désires, l'ai constaté la présence sur la place des articles suivants : 1 quintal cannelle (4) de médiocre qualité, 2 Caisses de limons (2) de grosseur moyenne, dito 60 caisses limons (3) d'une espèce inférieure. Elles ne se tfoavôflt pas loin du quai. 4 caisses d'oranges (4), 2 barils d'anguilles (5), 400 SfléS de ri2 (6), 430 dito amandes (7), 1 baril de ligues (8), 300 livres de châtaignes (0), et 1 baril d'huile rectifiée (10), sont attendus sous peu de jours.

« J'ai donné pour le tout un à-compte de 1700 livres (11) : Une manquerai pas de vous faire connaître le prix total par le prochain courrier. J'espère que vous serez content du résultat, qui vous laissera encore un beau bénéfice. J'ai l'honneur d'ôtre, avec la plus parfaite considération, votre très-obéissant serviteur et ami. »

Archives de l'armée autrichienne. *

«É«èM«MéAi

Composition de l'armée ennemie; — - Divulgations sur la nôtre

A éviter.

Le général Jourdan, commandant en chef V armée de Sambre-et-Meu$e^

4M générai Ernouf, chef de lètai-majàr*

Coblentz, le 3 floréal as rV.

a J'ai vu avec1 peiné, mori éâmarâde, que l'arrêté du Cireotoire exé-* cutif du 10 germinal concernant les numéros que doivent porter les demi-brigades, a été mis à Tordre général. Je n'ai pas été moins peiné

(4) Forteresse. — (2) Canons. — (3) Canons. — (4) ftedoutes. — (5) Magasins. — (6) Qdtotatn dé pétidr*. — (7) ChasséUrs * éhstal. — (8) Général de brigade. — (9> Vtitiiéufs. — (40) êénéral dé diriaiéH. — (14) Infanterie.

de voir qu'à la suite de cet arrêté» on a désigné le nombre des demibrigades qui composent l'armée de manière qu'au moyen d'une copie de cet ordre, l'ennemi peut connaître d'une manière positive la force de l'armée. Il eût été plus prudent de faire mettre seulement à l'ordre qu'en vertu d'un arrêté du Directoire exécutif les chefs des corps d'infanterie enverraient à Cologne un officier pour tirer le numéro que chaque demi-brigade devrait porter.

« Je te prie, mon camarade, de veiller à ce que l'avenir, il ne soit rien mis de semblable à l'ordre, car il est très-facile à l'ennemi de s'en procurer une copie. »

Fonds secrets. — Tarifs de solde et de vivres. Hantes pa s, gratifications, indemnités aux guides, conducteurs

de réquisition.

Procédé à suivre en cas de forcement de caisse.

Le commandant en chef de V armée du Rhin aux commandants respectifs des corps d'armée et des divisions de cavalerie.

Ban Saint-Martin, 23 août 4870.

« Je vous prie de vouloir bien m'adresser, à la date du 31 de ce m()i% la situation de vos fonds secrets, afin que je puisse les maintenir à hauteur, si cela est nécessaire.

« Vous voudrez bien donner des ordres pour qu'une semblable si* tUation me soit exactement adressée au dernier jour de chaque mois. »

Le général commandant le 4' corps d'armée au major général

de V armée du Rhin.

Boulay, le 3 août 4870.

« Prière de faire connaître le nombre de rations de vivres alloué à chaque grade, et les indemnités pour frais de représentation et de bureau. »

* t)ans l'armée prussienne, la ration de vivres de campagne du sol* dat est la suivante :

500 grammes de biscuit, ou 750 grammes de pain.

170 grammes de lard, ou 375 grammes de viatide fraîche, du

environ 200 grammes de viande de conserve. 125 grammes de riz, ou 250 grammes de pois, haricots OU

lentilles, ou 1500 grammes de pommes de terre. 25 grammes de sel.

25 grammes de café torréfié, ou 30 grammes de café vert, « Il n'y a, en campagne, que deux espèces de rations pour les chc*

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