PRÉFACE. VI
ver la trace dans un travail spécial ?— Sans dépasser les bornes d'une prévoyance ordinaire, on doit s'attendre, à l'époque présente, à la nécessité de transporter à travers les mers, à 1 aide de la vapeur, des expéditions dirigées sur des points éloignés. Combien ne serait-il pas utile alors de 'pouvoir s'éclairer des résultats de l'expérience acquise dans des conditions analogues ! La mesure que j'ai l'honneur de proposer à Votre Excellence offrirait un moyen de multiplier et d'enregistrer ces résultats. ,
« Il est difficile de déterminer, même d'une façon sommaire, toutes les questions qui pourront sortir de l'étude des documents soumis à l'analyse. Tout ce que l'on peut faire, c'est de préciser le point de vue sous lequel il conviendrait que fût élaboré ce travail, et d'indiquer par qui il devrait l'être. *
« Cette opération serait confiée à une comjnission tirée de l'étatmajor général de l'armée. Cette commission répartirait son travail entre ses membres, suivant les grandes divisions du service, savoir : Opérations militaires, administration, troupes d'infanterie, cavalerie, artillerie, génie, marine... etc., et aurait pour annexe la section topographique qui reviserait ses propres documents.
« Quant à 1 esprit qui devrait diriger ces travaux, il serait strictement pratique. Ainsi, point de théories, point de discussions, mais des faits énoncés d'une manière simple, claire et concise.
« Votre Excellence aurait, après quelques mois de labeur de cette commission qui, à la rentrée de l'armée, serait assemblée au dépôt de la guerre, un travail dans lequel seraient consignées, pour chaque service et pour chaque arme : d'une part une série de faits d'expérience utiles à conserver et, de l'autre, une suite de questions encore indécises et dont Votre Excellence pourrait, selon qu'elle le jugerait convenable, ordonner la mise à l'étude dans les comités compétents.
« Je livre ces considérations à l'appréciation de Votre Excellence comme le premier germe d'une idée que je crois bonne. Si vous adoptiez celte pensée, Monsieur le Maréchal, j'aurais l'honneur de vous adresser un projet pour la formation de cette commission et pour sa composition en officiers qui me paraîtront le plus aptes à en faire partie. •