Un ustensile de cuisine
g 4. PBHFBCTI0NNEHE3TS HAHS L'OEGAMSATJO*. 399
5. La besace ou musette contenant des vivres; . 6. La tente-abri roulée en sautoir.
« Les hommes ainsi allégés sont frais et dispos; ils peuvent faire 10 lieues sont laisser de traînards. »
1 « Le soldat français en campagne porte Une charge de 30 kilogrammes, sans compter les effets qu'il a sur le corps, et en ne comptant qu'un jour de vivres. Il a souvent 4 jours de pain, presque toujours 10 à 15 jours de vivres de campagne. Souvent aussi il quitte le bivouac avec ses eftets mouillés et rendus bien plus pesants par la pluie ou par la rosée. Ce poids est beaucoup trop considérable. Une
frande partie des exemptions de service pendant les expéditions, et es entrées aux hôpitaux au moment de Varrivée et du départ des 'colonnes, est due à l'excès de charge qui pèse sur les épaules des hommes. Au Mexique (1862-1866), lorsque par hasard une expédition était faite sans sacs, 11 n'y avait pour ainsi dire pas de malades à la visite journalière du médecin. Il faudrait donc diminuer de beaucoup le poids du sac. Que Ton consacre à cela une partie des transports réservés pour les hommes fatigués ou blessés aux pieds par l'excès de charge, les convois n'en seront pas plus considérables et les rangs s'éclaircïront moins. Sans doute, il est beau d'avoir une infanterie qui
Forte tout avec elle : les populations étonnées ont souvent admiré échafaudage qui surmonte, en campagne, le sac de nos zouaves ; mais ces prouesses sont le fait du petit nombre. Beaucoup plient sous le faix et manquent bientôt à l'appel, qui, moins chargés, eussent fait bravement leur devoir. •
Le médecin-major Aronssohn.
Extrait au Journal de marche tenu par un officier du S» régiment de zouaves, pendant l'expédition du Mexique.
« On se rendra bien compte de la nécessité de recruter l'infanterie avec des hommes plus solides que ceux qu'on lui abandonne comme le rebut des autres armes, si on réfléchit qu'après une marche péni* ble, sac au dos, il faut qu'à l'arrivée au bivouac l'infanterie fournisse de suite des corvées :
Pour aller décharger les voitures du convoi;
— installer les ambulanees; — r fournir les gardes;
— chercher l'eau, le bois, les vivres ; — . fournir les avant-postes ;
— exécuter les travaux du camp ;
— monter de nombreuses factions la nuit.
c Aussi voyons-nous les régiments de ligne perdre beaucoup de jeunes soldats par l'épuisement et les fatigues. »
Le général Heudelet au ministre de la guerre.
Mayeoce, le 8 mai 4842.
« Le prince major général (Berthier) m'a envoyé une lettre de Votre Excellence du 30 avril, relative à une demande que je lui avais faite le 34 mars, de ne laisser passer le Rhin (pour la campagne de Russie) à aucun enrôlé volontaire de l'âge de 46 à 17 ans.
« Ma lettre, qui est sous les yeux de Votre Excellence, donne les motifs de cette demande : ces jeunes gens sont évidemment trop faibles pour soutenir les fatigues de la campagne et faire de premier jet une marche de 2 ou 300 lieues, avec une charge aussi disproportionnée à leurs forces.
« Le major général m'avait bien autorisé précédemment à retenir à Mayence les nommes malades et hors d'état de faire la campagne , mais j'avais pensé que cela ne devait pas s'entendre néanmoins des enrôlés volontaires, qu'ils étaient nombreux et qu'il fallait une mesure générale.
« Votre Excellence m'a fait connaître que l'intention de Sa Majesté était qu'aucun conscrit de 1812 ne passât le Rhin, et que, s'il en arrivait à Mayence, ils fussent renvoyés à leurs dépôts. C'est cette même décision que j'avais demandée pour les enrôlés volontaires. J'ai pensé que Sa Majesté, en la donnant, avait eu en vue de laisser prendre des forces et habituer à la vie militaire dans les dépôts ces jeunes gens qui, sans cette précaution, peuplent les hôpitaux ; et que, si ce motif était déterminant pour des hommes âgés de 19 ans, il devait l'être à plus forte raison pour des hommes de 16 à 17 ans, âge de beaucoup d'enrôlés volontaires. »
Le marèchalde camp Bugeaud, commandant une colonne expéditionnaire dans la province $Oran, au ministre de la guerre.
Oran, le 46 juin 4836.
t Mes jeunes troupes ont montré de la bonne volonté pour le cornbat, mais elles ont très-mal supporté les fatigues. Des fusils, des sacs, des marmites, des bidons ont été jetés. Beaucoup d'hommes seraient restés en arrière et auraient été tués sans les soins actifs de l'arrièregarde et de l'ambulance. Quand on leur disait qu'ils se feraient couper la tête en restant en arrière, ils répondaient que cela leur était égal, qu'ils aimaient autant qu'on leur coupât la tête que d'aller plus loin. Un caporal du 62e s'est suicidé en vue du camp qu'il allait atteindre. La démoralisatien de la fatigue était complète. Plusieurs officiers supérieurs et subalternes n'y ont point échappé; quelques-uns. ont manifesté une grande faiblesse de caractère et, au lieu de soutenir les autres, ils contribuaient à les démoraliser. J'ai déclaré que, si cela se reproduisait, j'en rendrais compte au ministre et, qu'en attendant, quel que fût le grade de l'officier, je le ferais mettre sur un bateau et l'enverrais en France.
< Il faut, monsieur le maréchal, pour commander les régiments, les
§ 4. PERFECTIONNEMENTS DANS l/ORGANlSÀTION. 601
bataillons et les escadrons en Afrique, des hommes vigoureusement trempés au moral et au physique. Les colonels et chefs de bataillon un peu âgés, chez qui la vigueur d'esprit et de cœur ne soutient pas les forces physiques, devraient être rappelés en France, où ils recevraient ou leur retraite ou des commandements de place. Leur présence ici est beaucoup plus nuisible qu'utile.
« Ge qu'il faut aussi pour faire la guerre avec succès, ce sont des brigades de mulets militairement organisées, afin de ne dépendre pas des habitants du pays, de pouvoir se porter partout avec légèreté pour suivre l'ennemi sur tous les points où il se retire, et ne pas charger les soldats, comme on le fait, de manière à les rendre impropres au rude métier qui leur est réservé sur un sol aussi âpre et sous un climat aussi Brûlant. Il y a vraiment de la barbarie (je dirais presque que c'est un crime de lèse-nation) à les charger de 7 à 8 jours de vivres, 60 cartouches, chemises, souliers, marmite, etc., etc. Beaucoup succombent sous un tel poids, et les plus forts ont besoin d'être conduits avec une lenteur telle qu'il est impossible de faire de ces mouvements rapides, qui seuls peuvent donner des succès. »
Le qyartier-maitxe général des armées opérant contre Richmond au ministre de la guerre des Etats-Unis.
Quartier général, City Point (Virginie), le 28 août 4864.
« Nos soldats sont trop chargés, non-seulement pour combattre, mais encore pour marcher avec aisance. Au commencement de chaque campagne, j'ai vu jeter sur les routes un grand nombre de havre* sacs et d'effets d'habillement. Dans mon rapport sur la campagne de Chancellorsville, je vous ai rendu compte que le nombre de havre* sacs dont les hommes se débarrassaient s'élevait au moins à 2op.l00. Je suis d'avis, d'après ce que j'ai vu, de charger le soldat le moins
Eossible, et de ne lui distribuer d'avance que ce dont il a absolument esoin en vue du moment et du genre de service qu'il est appelé à faire. Je ne crois pas qu'on puisse supprimer définitivement le havre* sac ; il doit former, dans les circonstances ordinaires, une partie de l'équipement ; mais, pour de courtes campagnes, et à la veille d'une bataille, ou quand les convois de Tannée restent à sa portée, une couverture de laine roulée et portée en bandoulière est suffisante; elle dispense de havre-sac et de capote. Le soldat peut porter dans une besace pour trois jours de lard cuit S'il est nécessaire, il peut y mettre pour deux jours de biscuit , ou porter deux jours de pain et une chemise de rechange dans sa couverture.
c Je le répète, nos hommes sont surchargés d'effets de reohange, de vivres, de cuir et de courroies, ce qui les fatigue énormément en marchant et donne beaucoup de traînards et de maraudeurs. Je m'abstiens de proposer toute modification cependant, et je laisse ce soin aux chefs de corps, qui sont bien placés pour faire les changements nécessaires. »
La quartier-maître général des armées opérant contre ttichmond, Rufas Ingalls
Le général de LadmirauU, commandant le 4' corps d'armée, au major général de Vannée du Rhin.
ThionnJIe, le 29 juillet 4870.
« Plusieurs généraux et chefs de corps demandent, pour alléger Je chargement de leurs hommes, de leur retirer la veste, qui leur est inutile dans la saison où nous sommes, surtout depuis la distribution des demi- couvertures, et que les hommes d'ailleurs finissent par jeter, malgré la surveillance exercée.
• Le poids que les hommes portent est excessif, vu les journées de vivres qu'ils emportent encore avec eux.
« Il serait presque impossible au soldat, dans ces conditions, de faire un service de tirailleurs un peu actif, et, à plus forte raison, serait-il difficile de faire donner aux hommes ainsi chargés an vigoureux coup de collier pour l'enlèvement d'une position.
< Cette mesure donc me parait présenter assez d'avantages pour k soumettre à l'appréciation de Votre Excellence. >
Déposition de Jf . le général Fiéreck devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le 12 août 1871.
c On a parlé de la seconde attaque de Dreux (octobre 1870). Il y a eu là le régiment de Lot-et-Garonne qui, à Chartres, avait abandonné ses sacs et ses effets de campement. A Dreux, il a recommencé. En moins de six semaines, il a fallu lui donner deux fois des sacs et des tentes, etc. La première chose que font les hommes qui battent en retraite, c'est de quitter leur sac et de s'en aller. Ils ne peuvent pas porter ce poids. J'avais dit à la réunion des commandants supérieurs : « Ces hommes sont trop chargés; ils ne peuvent pas faire de bons sol- « dats, ils sont éreintés. »
« Dans l'armée du général Chanzy, quand ils ont été obligés de faire des marches un peu longues, une partie des mobiles, des mobilisés de l'Isère ont tout jeté. Ils ont à porter les sacs, les effets de campement, l'habillement, les cartouches, etc. C'est trop ! »
« Faire combattre l'infanterie sac au dos, c'est la mettre dans l'impossibilité d'exécuter des mouvements rapides, d'enlever d'emblée une Ï)Osition et de prévenir l'ennemi sur un point important. Dès que 'action s'engage ou même qu'elle devient certaine, il ne faut pins poursuivre qu'un seul but : celui de vaincre, et se donner de suite toutes les chances possibles de succès. On doit dès lors mettre sac à terre et faire prendre à l'homme seulement ses armes, ses cartouches, la bande de pansement, la besace aux vivres, le petit bidon et la marmite. En sautoir, il gardera le manteau. Les havre-sacs seront laissés par compagnie ou bataillon près des villages, des ambulances ou des parcs, ou dans une grange, une église, etc. Si on bat l'ennemi, on retrouve ses sacs ; en les gardant, on se serait privé de la liberté
de ses mouvements ou de beaucoup d'hommes que la fatigue aurait fait rester derrière. Si on perd la bataille, les sacs auraient été perdus de toute manière, car les hommes qui ont combattu ou non sac au dos le jettent pendant la retraite.
« Dans la guerre de 1870-71, la conviction était si générale dans l'armée allemande que combattre avec le havre-sac donnait trop peu de chances de succès, qu'on en était arrivé à l'habitude, dès qu'un combat était inévitable, de laisser les sacs sous la garde des écloppés, sauf à les faire rejoindre ensuite sur des voitures de réquisition. »
Un capitaine de l'infanterie prussienne^
Le sac du fantassin prussien a des bretelles où passe une broche qui permet de les ajuster à la taille de l'homme , à volonté et instantanément.
Les cartouches sont renfermées dans deux petites gibernes que Fhomme porte au ceinturon. Dans chaaue giberne, les cartouches sont placées sur deux rangs dont l'un est plus haut que l'antre, et chacune d'elles est isolée, ce qui permet de la saisir immédiatement et l'empêche de ballotter.
Le reste des cartouches est contenu dans deux petites boites en ferblanc placées sur les deux côtés du sac et recouvertes d'une patelette. On peut donc, en soulevant cette patelette, saisir de suite la boîte en fer-blanc sur le sac d'un blessé ou d'un tué, sans qu'il soit besoin d'ouvrir le sac.
Les accessoires pour l'entretien de l'arme sont dans le havresac, puisqu'on ne les emploie que rarement.
Ordre général.
Badajox, le 44 septembre 4809.
c Le but et l'utilité de la voiture de malades affectée à chaque régiment (d'un effectif de 1 ,000 hommes environ) est de transporter les nommes ou les armes des hommes qui tombent malades pendant la marche ; et, dans ce but, la voiture doit constamment suivre le régiment dans ses marches. »
Le commandant en cbef, Sir Arthur Wellesley (Wellington).
Umpereur Napoléon au comte Daru, directeur de r administration
de la Grande Armée , à Bunzlau.
Bonzlan, 26 mai 4843.
c Dans les marches, ces voitures (d'ambulance) pourraient aussi servir à porter les hommes écloppés et fatigués jusqu'au lieu où on forme des dépôts pour les hommes écloppés et fatigués. •
■jî— j
IS adjudant général de Varmèe -anglaise aux chefs & état-major*
des divisions.
25 juin 4843.
« Quand plusieurs divisions marcheront sur la môme route, et que la fatigue de la marche ou le mauvais temps feront rester des malingres en arrière, Son Excellence le commandant en chef (Wellington) recommande aux divisions suivantes de recueillir les hommes ainsi sortis des rangs et d'en prendre soin comme s'ils faisaient partie de leurs propres troupes. Les chefs d'état-major sont particulièrement chargés d'y veiller, de faire prendre les noms de ces retardataires, celui de leur corps et de les taire visiter par un médecin pour éviter les impostures. »
Note sur quelques Usions produites par ta chaussure chez le fantassin, et des modifications légères qu'il conviendrait d'y apporter pour les prévenir.
« Les détails les plus minimes en apparence acquièreitf dans l'hygiène de l'homme ae guerre une importance considérable. Chez le fantassin appelé à des marches continuelles, la chaussure ne saurait être trop surveillée. Il ne pourra se mouvoir facilement qu'à la condition de ne pas souffrir dés pieds. Les excoriations de ces membres, aussi légères qu'elles soient, après avoir été seulement douloureuses, pourront amener des affections plus graves, telles que le phlegmon et l'engorgement des extrémités inférieures. Il n'est pas un médecin militaire qui n'ait pu constater fréquemment ces accidents.
t Ces excoriations s'observent surtout au niveau du cou-de-pied et immédiatement au-dessous de la malléole externe. Elles sont produites, dans le premier cas , par les deux angles que forme le soulier des deux côtés de la fente qui supporte les lacets, ces deux angles exerçant un frottement répété à chaque flexion du pied sur la jambe; dans le second, par le bord libre du quartier du soulier qui appuie d'une manière incessante sur la saillie constituée par la malléole ; celle du côté interne du pied, plus élevée et moins prononcée, échappe à cette pression.
c Ces excoriations assez communes, surtout chez les jeunes soldats, pour figurer dans la proportion d'un tiers dans les exemptions de service qui leur sont accordées, peuvent, quand elles sont négligées, s'ulcérer et demander parfois un temps assez long pour guérir. Leur guérison ne s'obtient, au reste, qu'à la condition de supprimer la cause qui les à produites.
t Le soldat déjà rompu au service évite cet accident par un moyen fort simple : il amincit le bord libre du quartier du soulier, l'échancre au niveau de la cheville et coupe les deux angles dont nous avons parlé. Cette modification si simple, dont la nécessité est démontrée par l'expérience, pourrait, ce nous semble, être apportée dans la
§ 4. PBRFECTI(mi!BMElfTS DANS l/ORGÀmSÀTIOfl. 605
chaussure avant qu'elle fût livrée aux hommes, et soumise à des règles fixes dont la commission de linge et chaussure surveillerait rexécution. Ne pourrait-on pas aussi, tout en exigeant du cuir la solidité et la résistance voulues, lui demander un peu plus de souplesse ? Il ne faut pas oublier que le soldat n'a pas de chaussette qui protège sa peau du frottement qu'elle éprouve, et qu'elle y est d'autant plis sensible qu'elle se trouve ramollie par la transpiration et la sueur. >
Le médecin militaire Lèques.
« Les blessures aux pieds s'annoncent au début par une rougeur de la peau, qui devient de plus en plus vive avant d'aboutir à l'excoriation.
< Si, dès le début, on a soin de passer avec un pinceau une couche de collodion sur la rougeur, après la marche, on prévient l'augmentation du mal, >
M. le docteur Dqfrest.
« Le 6 décembre (1870) l'armée de la Loire battit en retraite sur Salbris. Je ne quittai Lamothe-Beuvron qu'après avoir organisé une forte arrière-garde de cavalerie, soutenue par de l'infanterie et du canon. Cette arrière- garde, composée de trois régiments de cavalerie, un d'infanterie et une batterie à cheval, que je renforçai ensuite de deux sections d'une batterie de 4 montée, devait s'établir à Nouan-le- Fuselier, à moitié chemin de Salbris, et couvrir cette position. Lorsque ces ordres furent exécutés, je pris le train pour Salbris. Tous les wagons étaient envahis par plus de 400 hommes de toutes armes, de tous les corps, qui avaient, pour ainsi dire, enlevé le convoi d'assaut.
« Je voulus me rendre compte alors de 1 état sanitaire réel de l'armée, en visitant ces hommes un à un. Pour en venir à bout et faire descendre tout ce monde des wagons, je dus faire venir une compagnie de mobiles, placée de garde au chemin de fer.
c J'avoue que je n'en trouvai pas une centaine capables de faire la route à pied. Il y avait une vingtaine de varioleux, d'autres avec les fièvres, des faciès d'épuisés et plus de deux cents écloppés, tous ayant aux pieds des écorchures graves et au talon des morceaux de peau enlevés de la largeur d'une pièce de h* francs. Ces blessures provenaient de nos chaussures, dont la forme défectueuse, compliquée de guêtres, est très-mauvaise. L'homme ne peut les retirer la nuit, sous peine d'être dans l'impossibilité de les remettre dans l'obscurité s'il y a prise d'armes, et elfes sont toujours ou mouillées, ou remplies de satle ou de petits cailloux, suivant la saison et les terrains rencontrés . dans la marche. »
M. le général de division Martin des Pallières, qui commandait le 45* corps à l'année de la Loire*
c Dans la guerre de 1870-71, nos hommes, dans l'infanterie, avaia tellement reconnu le soulagement qu'on se procure après une marct en quittant les chaussures de cuir, qui compriment et échauffent pied, que partout où ils le pouvaient ils achetaient une paire de pai toufles en drap sur leurs économies, malgré que le fantassin n'ain guère à ajouter un nouveau poids à celui de son sac. »
Un capitaine de l'infanterie prussienne.
< Outre les forges de campagne destinées à subvenir chaque jos au ferrage des chevaux, il est nécessaire d'avoir, par brigade, un voiture portant les nouvelles machines pour coudre ou visser les soi liers à la minute, avec un approvisionnement de semelles et de cuir afin de réparer chaque jour les chaussures en mauvais état. »
L'Ue-en-Dodon, le 24 mars 4844.
« En considération du mauvais temps qui a duré pendant les op rations au milieu de l'hiver, et par suite de l'usure extraordinaire A chaussures qui en est résulté, le général en chef a décidé que toc! sous-officier et soldat d'infanterie présent à son corps, du 8 aa U décembre 1813 ou du 14 février au 24 mars 1814, recevrait de Tintes dance une paire de souliers gratis. >
Wellington.
« Quel est l'officier prussien qui, dans la campagne de 1866, rt s fait son profit d'expériences pratiques , malgré la rapidité de h
que
ait été refusée au 8e corps et qu'il n'ait pas eu l'occasion de remporter des succès éclatants, ce corps, dans différents combats auxquels iU
Eris part, comme à Sadowa, .par exemple, a prouvé qu'il savait se attre. Peser d'un poids prépondérant dans la balance qui décide dp sort d'une grande Bataille est un bonheur auquel chacun ne saurait prétendre. Mais partout où 'elles furent engagées, les troupes* l'armée de l'Elbe firent leur devoir; c'est ce que reconnut d'ailler publiquement le roi de Prusse, en décorant à Lundenburg de forte de l'Aigle noir le général Herwarth, hpmmage rendu tant à ce $»&* qu'aux troupes qu'il commandait.
« Dans le combat, la vigueur est une qualité essentielle chez le soldat ; mais ce dernier doit encore en montrer dans la marcùe et savoir supporter les fatigues. C'est indiquer là sommairement'68 conditions qui permettent en tout temps à une troupe de se présenter sur le champ de bataille et d'être prête à y combattre ; et, sons ce rapport, l'armée de l'Elbe s'est particulièrement distinguée. ^ 13 juin, à huit heures et demie du soir, son avant-garde passait 1™
§ 4. PEBFECTIONNfiMENTS DANS L'ORGANISATION. 607
à Lôssniff ; le 48, à midi, elle entrait à Dresde et s'y établissait pour la nuit; Te 19, elle poussait à un mille (7,500 mètres; plus loin, avait une fausse alerte dans la soirée et passait la nuit sous les armes; le 20, elle revenait sur ses pas, traversait Dresde une seconde fois pour prendre la route de Bohême, franchissait jusqu'au 26 (jour du combat de Hûnerwasser) 21 milles (40 lieues) ; du 26 au 3 juillet, elle faisait encore 15 milles (environ 30 lieues) pour arriver à Sadowa, prenait part dans l'intervalle à l'engagement de Mûnchengrâtz, et continuait à marcher ainsi jusqu'au 20 juillet, jour où elle arrivait à 2 milles (presque 4 lieues) de Vienne, après avoir encore franchi une distance de 39 milles (environ 75 lieues). Depuis le 15 juin, le bataillon avait donc fait 74 milles (près de 150 lieues). Pendant tout le temps de la marche, il avait passé aux avant-postes une nuit sur deux, n'avait été logé que trois fois, bivouaquant sans cesse en dehors de ces trois cantonnements. Il parcourait enfinj46 milles (environ 90 lieues) pour rétrograder jusqu'aux environs de Prague. Si, à ces chiffres, nous ajoutions encore les marches effectuées avant le 15 juin le long de la frontière de Saxe, à partir de Halle, nous trouverions que l'avant-
farde de l'armée de l'Elbe a fourni une traite de 143 milles (près de 80 lieues).
« En franchissant en si peu de temps une distance aussi considérable, on est à même, pour peu qu'on veuille s'en donner la peine, de recueillir des observations utiles. J'ai eu récemment sous les yeux d'excellentes remarques au sujet de bottes et de pantalons ; ce sont ces réflexions, dont le sens pratique m'a frappé, qui m'engagent aujourd'hui à publier également mes idées. Ma manière de voir concorde absolument avec celle de l'auteur, sauf sur un seul point, et précisément sur celui qui me paraît le ulus important ; c'est l'habitude qu'on a de laisser la seconde paire àe bottes aux ballots. A nous aussi, on nous laissa libres de déposer en magasin notre seconde paire de bottes; quelques bataillons le firent, mais la plupart s'en abstinrent ; les premiers, du moins en ce qui concerne le 8e corps, l'ont plus tard bien regretté. Lorsque, comme nous le fîmes, on franchit avec tant de rapidité des distances énormes, il faut au moins se préoccuper de ce qu'il est convenable et possible de faire suivre dans des fourgons. Du moment qu'on ne pouvait le faire pour le pain, on devait encore moins espérer faire transporter la chaussure. Une seule paire de bottes ne suffit d'ailleurs pas lorsqu'on a en perspective un voyage pédestre de cent quarante-trois milles (280 lieues), encore moins si l'on veut bien mettre en ligne décompte les chemins affreux qui nous échurent en partage. Il est arrivé plusieurs fois, dans ces derniers temps, que des corps de troupes n'emportèrent pas la seconde paire de bottes, disons mieux, qu'ils la jetèrent ; dans la campagne de 1866, au contraire personne, ne songea à se défaire de sa chaussure ; les hommes eurent bien vite compris l'utilité des bottes, et si, en 1813, l'armée de Silésie en eût eu une seconde paire, elle ne l'eût certes pas jetée, pour en être réduite, après la bataille de Dresde, à marcher avec des couvre-platines attachés sous les pieds en guise de
sandales. Dans mon bataillon, beaucoup d'hommes avaient emporté des pantoufles dans leur besace ; ce genre de chaussure est très-comtnOQG dans les cantonnements, et môme au bivouac lorsque le temps est sec ; mais le guignon voulut qu'au bivouac nous fûmes presque toujours dans l'eau. Il est donc essentiel d'avoir par-devers soi deux paires de bottes, qu'elles aient de longues ou de courtes tiges, peu importe. Les premières sont en tous cas les meilleures. Je ne crois pas non plus que les souliers que nous avons actuellement adoptés en remplacement de la seconde paire de bottes, soutiennent l'épreuve ; leur poids diffère fort peu de celui des bottes à courte tige, et ils ne valent rien pour la marche si en môme temps on ne délivre pas de bas aux hommes. L'habitant des bords du Rhin porte généralement des bas; il n'en est pas de môme du Polonais. Lorsquril pleut, on marche difficilement avec des souliers ; lorsmi'il fait sec et que les routes sont poudreuses, il faudrait, à chaque étape, se laver les pieds, ce qui n'est pas toujours possible, et dès lors on est encombré d'écloppés. Quant à notre bataillon, il n'avait pas d'écloppés et se distingua du reste pendant toute la campagne par un état sanitaire excellent, condition essentielle pour une troupe qui est sur le point de combattre. Il n'est en effet pas indifférent qu'un bataillon d'avant* garde, beaucoup plus fatigué par le service d'avant-postes qu'il est appelé à fournir qu'un bataillon du gros, ait 100 hommes de plus ou de moins pour fournir ce service.
c Le 15 juin, au bivouac de Fichtenberg, sur la frontière de Saxe, notre bataillon ne comptait que quarante-six malades, dont boa nombre avaient déjà été laissés h Cologne, à Halle et à Torgau. Ce chiffre représente à peu près la moyenne ordinaire du pour cent des pertes
Suelconaues qu'une troupe subit en campagne, et prouve qu'il est bon e se débarrasser dès le principe des hommes dont la constitution est débile. Du 15 juin au 9 juillet, c'est-à-dire pendant les quatre semaines où l'armée eut à supporter le plus de fatigues et de privations, mais au moment aussi où les troupes étaient le plus surexcitées, le bataillon, déduction faite de ses pertes au feu, n'eut à enregistrer que vingt malades ; la situation du 9 juillet n'en porte en effet que soixante-six. Ce résultat prouve certes beaucoup en faveur de la solidité de la troupe dans les marches. Je me suis beaucoup inquiété de savoir à quoi cela pouvait tenir, et j'ai fini par comprendre que l'esprit des troupes y était pour beaucoup ; officiers et soldats avaient a cœur qu'il n'y eût point de traînards. D'autres bataillons cependant n'avaient rien à nous envier sous ce rapport. Lors de la période de grandes fatigues que nous eûmes à traverser, les fossés de la route étaient abondamment garnis d'écloppés, cela est vrai. Mais aussi j'ai souvent vu quelques-uns d'entre eux se relever pour échapper aux plaisanteries dont les accablaient impitoyablement les hommes de notre bataillon. Dès le premier jour, notre chef de bataillon veilla ri-
§oureuseraent à ce que jamais un écloppé ne restât avec les voitures, luiconcnie ne pouvait suivre, devait demeurer où il était, et comme au bataillon chacun savait qu'en se couchant on l'enverrait sans ré-
g 4. mtBCTioitiminnrs dans i'oicunisatio*. 609
mission à l'hôpital (juand même il teindrait dans la soirée, les irais malades seuls restaient en arrière. L'énergie et à défaut, l'excitation morale font beaucoup dans ce cas, et dès le début officiers et sous-officiers s'attachèrent à la développer chez leurs subordonnés ; mais aussi leurs soins furent couronnés de succès. On conçoit aisément qu'on ne saurait en campagne, comme on le fait en paix, laisser un sous-officier en arrière avec quiconque sort des rangs ; mais le corn* mandant de compagnie et le sergent-major, qui marchent habituelle* ment à la queue de la compagnie, doivent veiller & ce que personne ne s'arrête sans prendre son nom ; cette précaution est d'ailleurs absolument nécessaire dès qu'un engagement est imminent. Parfois encore on remettait à ceux qui restaient en arrière un billet d'hôpital rempli au crayon, ce qui produisait d'ordinaire un excellent effet } l'homme faisait encore un effort, se levait, marchait et finissait par arriver. Peut-être est-ce à toutes ces mesures que l'on a dû de maintenir sur un aussi bon pied l'état Banitaîre du bataillon ; mais aussi il faut avouer que, sous ce rapport, nous fûmes des privilégiés. D'autre
Ï>art on ne tolérait pas que les hommes bussent immodérément de 'eau pendant la marche. Partout où cela pouvait se faire, on faisait chercher de l'eau, car il n'y a pas d'inconvénient à laisser boire les hommes pendant la marche, c'est-à-dire lorsqu'à la suite d'un arrêt de quelques minutes ils continuent aussitôt leur route. On ne souffrait jamais non plus que, pour aller boire, les soldais sortissent des rangs en traversant des bourgs ou des villages ; cette mesure avait été prise moins pour éviter les pleurésies que dans l'intérêt de la discipline. Aussi, à l'approche d'une localité, le chef de bataillon et l'adjudant' major prenaient-ils les devants, chassant dans leurs maisons tous les habitants qui, dans la meilleure intention d'ailleurs, se tenaient dans la rue avec des baquets d'eau et d'autres récipients ; quiconque sor* tait des rangs malgré la consigne était alors sévèrement puni. Pour obtenir l'exécution de ces mesures, il fallait que les officiers déployassent toute leur énergie, car pour leur propre compte, ils étaient souvent épuisés ; et pour que les soldats fussent convaincus que cette ri* sueur apparente ne les frappait que dans leur intérêt bien entendu, lorsqu'ils voyaient d'autres corps agir différemment, il leur fallait toute la confiance que leurs officiers leur avaient inspirée.
« On ne saurait mer que le poids du sac accroît considérablement les fatigues, Il importe donc de l'alléger. Mais comment y parvenir ? La solution de ce problème doit être bien difficile, sans quoi elle serait depuis longtemps trouvée. Les bottes doivent figurer dans le paquetage, cela est indiscutable. Quant aux cartouches, je redoute presque de m'attirer une tempête de contradictions, en proposant d'en réduirfe le nombre. Soixante cartouches constituent un poids considérable, et la campagne de 1866 a prouvé que le soldat ne les épuisait pas. C'est le 37e réeiment prussien qui en a, je crois, le plus consommé, et pourtant il n'en a eu guère que trente de brûlées par homme. Tous les antres corps, même ceux qui ont exécuté des feux à volonté nourris, sont restés de beaucoup au-dessous de ce chiffre. La préoccupation de
l'épuisement prématuré des munitions ne saurait donc prévaloir de* vaut les résultats de cette campagne. En ne distribuant que trente ou quarante cartouches par homme, et en en conservant vingt mille dans la voiture à cartouches, je pense qu'on serait assuré contre toutes les éventualités. Mais comme avant la guerre on ne savait pas quelle se- / rait la consommation probable de munitions, on crut nécessaire de charger l'homme de soixante cartouches à balle, d'un paquet de cartouches à poudre et d'un autre d'aiguilles. On pourrait donc supprimer les deux étuis à cartouches et réduire par là les dimensions du sac, qui se trouverait alors allégé de deux livres; ce serait certes déjà un soulagement.
« Les marmites, bien qu'au bout d'un peu de temps les couvercles et les poignées en eussent été perdus, ont soutenu l'épreuve. Ce sont de bons ustensiles pratiques, et je les préfère de beaucoup aux énormes chaudrons autrichiens dont un si grand nombre restèrent entre nos mains. Le café jouant un grand rôle dans l'alimentation et la ménagère n'étant pas absolument nécessaire pour provoquer l'ébullition, je proposerais de transformer cette ménagère en passoire, ce qui s'obtiendrait tout simplement en la trouant. Le café n'en serait que meilleur et l'on n'en perdrait pas autant qu'en jetant le marc comme on le fait d'après le procédé habituel. En opérant ainsi il serait pins facile de tenir la marmite propre, car il arrive souvent en campagne que l'on soit obligé d'économiser l'eau. Enfin la transformation entière entraînerait si peu de frais qu'il ne vaut pas la peine d'en parler.
Il serait à désirer qu'on délivrât à la troupe tous les objets de première nécessité. Dans le nombre je citerai, pour l'officier, le revolver, pour le soldat, le petit bidon. Rien n'est plus disgracieux que la bigarrure de formes et d'aspect que présentent tant de modèles divers de gourdes et de tonnelets. Chaque soldat d'ailleurs, dès les premiers jours dé marche, a soin de se procurer de lui-même un récipient quelconque qui lui permette d'avoir toujours de l'eau pour calmer sa soif. On pourrait transformer en bidons les étuis à cartouches, au moins, si l'on ne voulait pas renoncer à tous les deux ; ce bidon improvisé se porterait alors au cou au moyen d'une banderole de cuir. Des bouteilles de verre enfermées dans un treillage en osier seraient peut-être plus propres et rempliraient mieux le but, mais elles reviendraient
£lus cher et ne dureraient pas aussi longtemps, car dès que le treilige commence à se défaire, on est obligé de les jeter.
c Je suis loin d'avoir épuisé la matière, en ce qui concerne l'équipement ; des plumes plus compétentes que la mienne ont traité celte question avec un soin minutieux, et l'expérience de la campagne de Bohême leur fournira certainement des données utiles qui les aideront à persévérer dans cette louable étude ; je n'ai voulu qu'indiquer aux recherches quelques-uns des détails qui m'ont plus particulièrement frappé. Je ne suis pas non plus de l'avis de ceux qui voudraient d'un seul coup tout changer de fond en comble. A quoi bon? L'armée, telle qu'elle est actuellement équipée, ne s'est-elle pas distinguée d'une manière hors ligne ? Mais, en tout cas, il me semble utile de
§ JL PERFECTIONNEMENTS DANS INORGANISATION . 611
chercher à obtenir de plus grands résultats en exigeant moins de la force physique du soldat. Exprimer cette pensée, c'est avoir du moins le mérité d'éveiller chez les autres le désir de les développer.
c Des auteurs militaires condamnent l'usage de mettre sac à terre au moment où l'on va être engagé. Je partage leur opinion, même en ne tenant pas compte des mouvements rétrogrades. Un officier prussien, instruit par l'expérience, s'est dernièrement encore prononcé contre cette coutume. Au combat de Hûnerwasser, nous déposâmes nos sacs en arrière de Niemes, et, allégé de la sorte, le bataillon franchit avec une rapidité inouïe la distance qui sépare Niemes de Hûnerwasser. Etant restés le 27 à Hûnerwasser, on nous y amena nos havre-sacs, mais dans quel pitoyable état! Il vaut donc mieux ne pas déposer le sac, à moins de sacrifier de propos délibéré la petite fortune du soldat. Lorsqu'on considère la nouvelle manière de faire la guerre, on est fondé à se demander s'il serait possible de faire transporter les sacs. Nous le fîmes pendant deux jours pour arriver devant Vienne, et tout alla à merveille. Les sacs de tout un bataillon trouvent facilement place sur quatre grandes voitures à deux colliers, soit une voiture par compagnie. On conçoit aisément que quatre grandes voitures chargées de havre-sacs ne sauraient, pendant la marche, rester à la queue de leurs bataillons respectifs; elles ne feraient que gêner les troupes et encombrer la route ; mais on pourrait les réunir à la suite d'un corps d'armée ou d'une division même, si celle-ci opérait isolément, en ayant soin de laisser entre elles et la troupe une demijournée de marche, et de ne les faire serrer sur les colonnes que lorsque celles-ci s'arrêtent. En comptant le corps d'armée à 25 bataillons, il faudrait 100 voitures, ce qui ferait un convoi long d'environ mille pas ; un officier de cavalerie et douze cavaliers escorteraient ce convoi, maintiendraient parmi les conducteurs une discipline sévère, et veilleraient surtout à ce que les voitures suivent exactement les unes derrière les autres l'un des côtés de la route. Si les opérations d'une grande guerre ne souffraient pas, comme je le pense, cte l'adoption de cette mesure, on aurait enfin trouvé le plus facilement possible cette pierre philosophale des chercheurs et des militaires pensants, l'allégement du soldat. Pour mon compte, ie n'appliquerais pas cette mesure dès le début des opérations ; j'attendrais rentrée de la troupe en pays ennemi, lorsqu'elle aurait bien appris à connaître les inconvénients et les fatigues occasionnés par le havre-sac ; mais alors ce serait pour exiger d'elle, à un moment donné, une somme d'efforts plus considérable. Les principaux avantages de cette mesure sautent aux yeux : concentration plus rapide et plus certaine sur un point donné de différents corps destinés à agir ensemble; plus de vigueur et d'élan au feu, sans pour cela mettre la troupe sur les dents ; enfin, plus d'énergie dans la poursuite du moment que l'infanterie pourrait y prendre part.
« Le 3 juillet, à Sadowa, le corps de la garde prussienne a donné avec un élan remarquable. Je ne saurais dire si les hommes avaient sac au dos ou non, mais je crois qu'ils l'avaient. Si, le 2 juillet, il
6i2 RELATIONS DU GtHÉiUL BK CHEF ÀYfiC 886 ilWJTENÀNTS.
avait été possible de se procurer 100 voitures de plus, ou eût pu y
§ lacer les sacs» la garde eût peut-être apparu plus tôt sur le champ e bataille, et les résultats eussent été plus considérables. Le 30 juin, nous croisâmes aux environs de Sobotka les bagages du IVe corps. La marche était pénible, et nous jetions des regards d'envie sur les voitures chargées des havre-sacs de ce corps. Là où les conducteurs avaient conservé la file, ces voitures ne nous barraient pas le passage. Certains corps ont, par conséquent, fait transporter les havre-sacs, et je ne suis pas à même de juger s'il en est résulté des inconvénients. Ce qu'il y a de certain, c'est que les deux divisions de ce corps ont fait merveille à Sadowa. La grande difficulté est de se propurer à temps le nombre de voitures nécessaire, mais la cavalerie se chargera certainement volontiers de ce service de bonne camaraderie. Je le répète encore, l'efficacité d'action de notre infanterie serait énorme, pourvu qu'auparavant le sac lui ait suffisamment endolori le» épaules» « Qui eût pensé que nos grands fourgons de bataillon* nos voitures à bagages d'officiers ou à effet d'habillement eussent si bien résisté à l'épreuve ? Le bureau de bataillon une fois installé sous le toit protecteur du couvercle de la Toiture (car il y a toujours à écrire), il n'y avait plus qu'un inconvénient, c'est qu'il ne restait plus assez de place pour y loger un homme ; le fourgon était trop plein, bien qu'il ne renfermât rien de contraire au règlement. Le coffre-fort et la caisse de l'armurier y occupaient une place considérable. Le ooffre-fort cou» tient d'ordinaire peu d'argent, la caisse de l'armurier renferme trop de choses dont on ne se sert pas. Un coftre-fort en tôle de fer, de moitié plus petit que celui employé en temps de paix, et la caisse de l'armurier garnie dé la moitié du matériel qu'elle renferme actuelle* ment, c'est-à-dire également moitié moins grande que la caisse actuelle, permettraient d'économiser une place énorme que Ton des* tinerait à des objets de première nécessité, tels que de la toile à doublures, du cuir pour réparer la chaussure, des clous de souliers, une réserve de fers de cheval (60 paires au moins), etc. On avait été obligé de retirer aux hommes les gants de laine et les couvre-oreilles mobiles pour placer ces effets dans les voitures, sans quoi ils auraient certainement été perdus. Mais tout cela prenait beaucoup de place. La mobilisation ayant eu lieu au printemps, on eût dû laisser dans les magasins des dépôts tout cet attirail d'hiver. Dans chaque campagne, il y a toujours une période de calme dont on peut profiter pour laire venir de l'intérieur ces effets destinés à servir dans les temps froids*
« Lès charrettes à bagages de compagnie rendirent des services vivement appréciés ; mais il est indispensable de les pourvoir de sabots ou d?autres appareils à enrayer. Il est peu probable qu'à l'avenir elles aient à lutter contre des difficultés de terrain plus grandes que celles qu'elles ont surmontées pendant la campagne de 1866, et cependant elles en triomphèrent; mais l'absence de tout mécanisme à enrayer fatigue par trop les chevaux. Je crois qu'il serait facile de les en doter sans même avoir recours au sabot. On ne saurait placer le
sabot sans occasionner dans la file des voitures des temps d'arrêt qui peuvent influer d'une manière fâcheuse sur la marche du convoi. Cette observation s'applique surtout à la voiture d'ambulance, car il est de règle qu'elle marche avec les troupes. Il est souvent arrivé dans les descentes que cette voiture a failli occasionner des accidents dans la queue d'un bataillon en marche, malgré le dévouement du conducteur, à gui, en fin de compte, il ne restait d'autre ressource que d'aller volontairement verser dans un des fossés de la route. »
Un officier de l'armée prussienne.
< Après la guerre de 1866, on fit de suite des essais dans l'armée prussienne pour doter chaque bataillon d'infanterie d'une section de 36 ouvriers d'art, savoir : 18 ouvriers en bois, 10 mineurs, forgerons et serruriers, 4 maçons et 4 bateliers! Ces hommes de profession servaient Me noyau pour grouper des auxiliaires et parer à toutes les éventualités en campagne. »
M. le capitaine prussien H. L. W.
Extrait du journal des marches et opérations du 9e régiment de réserve prussien. Observations recueillies pendant les campagnes de 1813 et 1814.
Heinsberg, le 25 février 4845.
« Il me semble à propos de mentionner ici les complications sans nombre et les embarras qui résultent pour le chef de corps de ce que la comptabilité est confiée à un officier-payeur. Très-souvent, au cœur d'une campagne, on est à court d'officiers et obligé de tirer parti, à tout prix, de ceux qui restent. Or, l'officier-payeur, chargé de la comptabilité, ne devrait jamais être exposé à être tué ou blessé. Mais comment renvoyer sur les derrières, au moment du danger, un jeune officier qui brûle du désir de se distinguer ? Ce serait porter atteinte à l'esprit militaire. Cependant le hasard veut plus d'une fois que l'officier-payeur perde la vie dans un engagement ou reçoive une blessure grave, qui l'empêche pour longtemps de faire aucun service ; il en résulte que le chef de corps est dans le plus grand embarras quand il faut arrêter les comptes, et il ne peut souvent sortir de ce chaos, malgré la meilleure volonté. Je parle par expérience, car pendant que je commandais le bataillon de fusiliers (infanterie légère du régiment de Colberg), j'ai eu successivement 5 officies-rpayeurs dans la campagne (1). »
Le chef de corps.
(\) Cet inconvénient n'existe plus dans l'armée prussionne. Chaqne bataillon s'administre séparément. La comptabilité est tenae par un officier d'administration qui dirige le conyoi régimentaire et auquel le règlement défend d'aller au fcn.
« Les soldats allemands n'ont ni tentes ni piquets, et portent en bandoulière un grand manteau. Leur sac ne contient que les rechanges, la gamelle par-dessus. Ils ont leurs vivres dans une musette, laquelle, outre la courroie passant sur l'épaule, est retenue au ceinturon par deux agrafes. Ce ceinturon est lui-même soutenu par deux pattes tenant aux côtés de la tunique et par deux boutons massifs attachés derrière cette tunique, ce qui fait que tout le poids de Ja musette est réparti assez également sur la ceinture. Cette musette contient tonjours du riz, du café, une sorte de saucisse composée de purée de pois, de graisse de porc, de lard, le tout salé, poivré et fortement comprimé. Un morceau de cette saucisse suffit à faire une bonne soupe. >
M* Viollet-le-Dnc, lieutenant-colonel de la légion auxiliaire du génie pendant le siège de Paris, en 4870-74.
« J'ai examiné, aujourd'hui (24 septembre 1870), le havre-sac que porte le fantassin prussien.
t II contient les objets suivants : une chemise, une paire de bottes, une paire de semelles de rechange, une boîte à graisse pour la chaussure, un sachet de sel, un sachet de riz, un pantalon de toile, une jaquette de toile, des bandelettes en toile suiffées et une boîte de suif
Sour les pieds. Je vois d'ici des officiers anglais s'étonner sur ces eux derniers objets. Néanmoins je ne crois pas que dans tout un régiment d'infanterie prussien on trouve en ce moment cinquante
Ê aires de chaussettes. Leurs soldats enveloppent leurs pieds avec ces andelettes de toile bien suiffées, avant de les mettre dans les bottes; et j'ai vu par expérience que ce système réussit très -bien. De Sarrebrûck à Gravelotte, j'ai marché avec des régiments prussiens, et je puis affirmer en toute assurance que ce système de chaussettes un peu primitif ne prévient pas moins très-efficacement les blessures aux pieds, et empêche les écorchures quand le soldat porte des chaussures neuves, comme c'était alors le cas dans la plus grande partie de l'armée.
c Ajoutez à ce qui précède quarante cartouches contenues dans deux boîtes en fer-blanc placées sur les côtés du sac, une marmite individuelle qui contient un moulin à café, et vous avez tout ce que renferme le havre-sac du fantassin prussien.
• Quand le temps est beau, il roule son manteau par-dessus, en sautoir. Dans une musette qu'il porte sur le côté, se trouve sa ratios de vivres de réserve. Ses deux petites gibernes contiennent chacune vingt cartouches. Enfin il est muni d'une gourde ; et c'est tout. »
Sir R and al Roberts, correspondant militaire du Dayly Telegrapk.
Extrait du règlement prussien du il décembre 1874 sur les bagages
de rinfanterie en campagne.
Les bagages de Tinfanterie constituent une partie du train de Tannée; ils comprennent les Toitures réglementaires, celles des cantiniers et les chevaux de main; Ils peuvent s'augmenter éventuellement des voitures de réquisition et de bétail sur pied.
Il est strictement défendu aux corps de troupes d'avoir des bagages en sus de la prescription réglementaire, a moins qu'ils n'y soient autorisés spécialement par des ordres supérieurs. Les voitures réglementaires sont :
1 voiture à deux chevaux pour l'état-major d'un régiment d'infanterie ; 1 caisson de cartouches à 6 chevaux ; \
1 voiture d'effets de rechange à 4 chevaux ; r par bataillon 4 voitures de compagnie à z chevaux ; i d'infanterie.
1 voiture médicale à 2 chevaux. J
Un bataillon de chasseurs à pied a droit à : 1 voiture à 2 chevaux pour l'état-major ; 8 voitures de compagnies (deux par compagnie) à 2 chevaux ; 1 voiture médicale à 2 chevaux.
Tout cantinier en pied est autorisé à emmener une voiture à 2 chevaux.
Quand i> y aura lieu d'affecter aux corps de troupes des voitures spécialement destinées au transport de leurs vivres, que ce soit des voitures de réquisition, ou de l'entreprise, ou du parc des subsistances, l'ordre en fixera le nombre. En règle générale, deux voitures à quatre roues et à deux chevaux suffisent pour transporter la consommation journalière d'un bataillon en pain, vivres de campagne et fourrage.
Sous le titre de chevaux de main, on comprend tous les chevaux que les officiers, médecins et fonctionnaires ne montent pas euxmêmes, qu'ils soient conduits en main ou montés par des ordonnances. Si les corps de troupes ont encore des animaux de bât, on les comprendra dans la même qualification.
Des ordres spéciaux fixeront chaque fois s'il y a lieu d'emmener du bétail sur pied, quelle espèce, et en quelle quantité.
La voiture affectée à l'état-major du régiment d'infanterie ou du bataillon de chasseurs est destinée à en porter les bagages et les outils de l'armurier.
Le caisson de cartouches est destiné à subvenir au premier remplacement des munitions consommées pendant le combat. . La voiture de rechanges de chaque bataillon porte les bagages de l'état-major du bataillon, la caisse et la réserve d'habillement.
La voiture attribuée à chaoue compagnie porte le bagage des officiers de la compagnie, des effets de rechange, des couvertures pour malades et une petite réserve de cartouches destinée à compléter les gibernes dans les détachements et les cantonnements. Les bataillons de
chasseurs, n'ayant pas de caisson spécial de cartouches, emportent les leurs sur les voitures de compagnie, et doivent, pendant le combat, avoir recours à celles-ci.
La voiture médicale porte le bagage des médecins, les médicaments et pansements, des couvertures pour malades et des civières ou brancards.
La réserve d'outils est répartie sur les voitures de cartouches, de compagnie et celle de médicaments.
En général, la troupe ne peut se passer au feu de son caisson de cartouches (une voiture par compagnie de chasseurs), de sa voiture médicale et de ses chevaux de main. Les autres voitures ne se tiendront avec elle d'ordinaire que dans les bivouacs ou cantonnements, suivant les besoins.
Forme des voitures. — Les voitures réglementaires de l'infanterie sont peintes en gris, à l'exception de la voiture médicale, qui est peinte en bleu et pourvue de la croix de Genève. Chaque véhicule porte, en lettres blanches, la désignation du corps auquel il appartient et son affectation. Toutes les voitures du dernier modèle sont construites avec le système d'avant-train articulé. Gomme leurs roues de devant peuvent passer sous le corps de la voiture, celle-ci possède la facilité de faire demi-tour sur place. Chaque voiture se compose d'une partie d'avant et d'une partie d'arrière; celle-ci comprend aeux corps super* posés; la partie d'avant n'en a qu'un seul dont l'essieu reçoit la cheville ouvrière. Le corps supérieur de la voiture se compose, suivant la destination spéciale de chaque véhicule, de plusieurs coffres. Le coffre d'avant sert de siège au conducteur.
Les roues, les timons, les volées sont semblables, en général, à ceux des caissons de munitions, sauf <}ue les essieux sont en acier fonda et n'ont pas de corps d'essieu en bois. Dans les voitures attelées de deux chevaux, les chaînes de timon sont égales.
Dans la voiture à bagages de compagnie, les roues d'avant et d'arrière sont égales et hautes d'environ 4m,20. Du siège, le conducteur peut manier un frein dont la poignée est à portée de sa main. Sur les côtés de la voiture sont disposés des anneaux et crochets pour recevoir des outils. Près du siège se trouve la boîte à graisse. A l'arrière on peut saisir de suite les caisses de munitions et le compartiment qui renferme les outils du cordonnier.
Le caisson de munitions est reconnaissante à un fanion, ou la nuit à une lanterne dont les quatre verres sont de couleur verte.
La voiture de médicaments ne diffère des autres que par les dis- . positions suivantes : sur le dessus sont des anneaux dans lesquels passent des cordes qui fixent les brancards placés sur le couvercle. Sur le côté est un encastrement dans lequel on loge la hampe du fanion de la Convention de Genève. A la partie d'arrière de la voiture sont disposés huit tiroirs dans lesquels se trouvent les bandages et médicaments, ainsi que deux planches mobiles qui peuvent servir de table. Enfin, sur le côté du siège, on peut placer un tonnelet rempli d'eau pour les blessés.
La voiture à munitions du modèle 1867 possède à la fois un frein et une chaîne d'enrayage. A l'arrière, on peut décrocher et laisser tomber un étai qui empêche la voiture de reculer dans les montées.
Mobilisation du matériel roulant. — Les adjudants-majors de bataillon et de régiment dirigent la mobilisation des équipages de leurs corps de troupes. Dans chaque bataillon, un. sous-officier est spécialement chargé de la surveillance des conducteurs, chevaux et voitures. Ce sous-officier a reçu une instruction ad hoc dans un stage qu'on l'envoie faire à l'artillerie, s'il n'a pas la pratique nécessaire. Un autre sous-officier et un ou deux caporaux peuvent lui être adjoints. Il est muni du règlement sur les bagages et de l'état contenant la nomenclature du matériel.
Pour conduire les bagages, on choisit des hommes qui ont été formés dans les bataillons du train, ou qui ont appris ce métier dans leur profession civile. Pour monter les chevaux au timon, on prend les conducteurs les plus habiles. Il est désirable que parmi ces hommes affectés à la conduite des bagages, il y ait un maréchal ferrant; on lui remettra la trousse et les outils qui lui sont destinés et que comporte la nomenclature. Chaque conducteur reçoit une paire de chevaux distincte à soigner. Quand on occupe de grandes écuries, le service y est fait régulièrement.
Chargement, — La nomenclature indique ce qu'il y a à mettre sur" chaque voiture.
Les objets les plus lourds doivent être placés en dessous, autant que possible. Il faudra aussi que les deux essieux supportent une charge presque égale ; si c'est difficile, on chargera davantage l'essieu d'arrière, sans cependant lui faire supporter plus du double que l'autre.
Le chargement des voitures de cantiniers ne doit pas être tel qu'elles ne puissent marcher à l'allure des autres.
A l'égard des voitures portant des munitions, il faut avoir soin d'éloigner des cartouches les matières combustibles.
Les cartouches sont empaquetées dans des caisses. Chaque caisse, en bois de pin, a une largeur dans l'intérieur de 314 millimètres, une longueur de 445 millimètres, une hauteur de 127 millimètres 1/2; ses parois sont épaisses de 13 millimètres. Elle pèse vide 4 kil. 250 gr. Les cartouches y sont empaquetées dans des boites en carton bleu? par 20 et par 10. Les caisses à cartouches que portent les voitures a bagages de V infanterie sont identiques aux caisses à cartouches que portent les caissons de munitions ^infanterie. Une voiture à bagages de compagnie charge trois (3) caisses de cartouches ; dans les chasseurs à pied, elle en reçoit cinq (5). Chaque caisse pèse chargée 46 kilogr. 500 grammes*
Les vivres sont chargés de manière que ceux qui ne doivent pas être écrasés soient en dessus. On se rappellera en outre que l'air est essentiel à leur conservation, surtout pour le pain, à l'exception du café grillé, et que l'humidité leur est contraire. C'est surtout le sel qu'il importe de protéger contre l'humidité. On aura soin de placer
le lard de manière que son odeur et ses émanations ne soient pas préjudiciables aux autres denrées.
Si deux voitures du pays ont été mises à la disposition de chaque bataillon pour le transport des vivres, on chargera le pain sur la pin grande. Il est désirable qu'elle soit pourvue de hautes ridelles sur tous les côtés. Les pains seront empilés par couches successives, de manière que l'air circule librement dans les intervalles ; au-dessv sera une bâche imperméable. L'air est nécessaire à la conservation du pain, et U est vicieux de l'empaqueter dans des sacs» car les émanations qui se dégagent du pain frais réagissent contre sa conservation. Enfin, on évitera de placer par- dessus des objets lourds.
La seconde voiture chargera les vivres de campagne proprement dits et l'avoine. Dans le fond, on placera les boîtes de conserves, te sacs d'avoine, les légumes secs. En été, la viande, dépecée par gros quartiers, sera étendue sur un lit de paille ou d'herbe fraîche, recouverte de même avec une bâche par- dessus. La viande fraîchement découpée doit être accessible à l'air ; à cet effet, on placera les quartiers sur des barres de bois transversales s'appuyant sur les côtés de la voiture.
Répartition des bagages. — Si les circonstances ne permettent pas de laisser suivre la troupe par tous ses bagages, on les scindera en deux groupes, ainsi qu'if suit :
Le premier groupe, dits des petits bagages, marchera immédiatement derrière la troupe, ou suivant les ordres de l'autorité supérieure et d'après les exigences de la situation, à la queue des grandes unités tactiques telles que régiments, brigades, etc. On comprend sous la dénomination de petits bagages d'habitude les caissons de cartouches, les voitures de médicaments et les chevaux de main. Quand la situation militaire sera moins tendue, on pourra réunir dans ce groupe les deux voitures de vivres par bataillon, les voitures de cantiniers et enfin les voitures de compagnie.
Le deuxième groupe, dit des gros bagages, comprendra les antres voitures. Il suivra la queue des troupes à une distance fixée par l'autorité supérieure. Il formera alors, ainsi compact, une partie du convoi de la division ou du corps d'armée, convoi placé sous les ordres d'un chef spécial qui ne relève que du commandant de la division on du corps d'armée.
Lorsque la mobilisation est terminée et tant que les bagages ne sont pas scindés, les voitures de compagnies sont sous les ordres des capitaines; les autres voitures du bataillon sous ceux du chef de bataillon, qui les fait surveiller et commander par l'adjudant-major et le sous-officier (vaguemestre).
Quand les bagages sont scindés, les mêmes dispositions restent en vigueur à l'égard du groupe des petits bagages. Quant aux gros bagages, ils passent sous les ordres du comptable auquel on adjoint un sous-officier ou caporal ; sinon on les confie à un sous-officier.
Tout chef de bagages séparés de la troupe a pour premier devoir de chercher par tous les moyens à savoir où se trouve sa troupe. Dès
S 4. FJUtfBCTIOflKEiaSTS BA1IS LORGÀKISITIOH, 619
qru* il reçoit ordre de la rejoindre, il doit le faire le plus promptement possible, sans consulter ses aises.
Si les gros bagages sont incorporés au convoi de la division ou du corps d'armée ou avec un autre détachement, tout le personnel qui les accompagne passe sous les ordres directs du chef du convoi et tombe sous son pouvoir disciplinaire.
La gendarmerie exerce vis-à-vis du personnel des convois le rôle d'une sentinelle et il doit être donné suite immédiate à ses injonctions.
Marche des bagages, bivouacs et cantonnements. — Les voitures de bagages marcheront par un, à une distance l'une de l'autre de cinq (5) pas, distance mesurée de l'essieu d'arrière de Tune à la tête des chevaux de la suivante. En tête des b? .âges seront les chevaux de main, puis les caissons de cartouches, le voitures de médicaments, les au* très voilures réglementaires, celle cantiniers, celles de réquisition, enfin le bétail sur pied.
Les voitures tiendront le même côté de la route que les troupes. Pour soulager les chevaux du timon, on pourra de temps en temps les conduire en guides, le conducteur assis sur le siège.
Le sous-officier vaguemestre et les hommes attachés aux bagages mettront leur sac sur les voitures; mais ils ne pourront y monter sans autorisation.
Toute voiture qu'on abandonne doit être garée en dehors de la route. c
Les conducteurs en arrêtant veilleront à ce que le timon ne barre pas obliquement la route, et que les chevaux de main ne puissent donner des coups de pied aux passants.
En parquant, on évitera de placer les voitures contenant des munitions près des feux. D'habitude les voitures seront espacées de cinq (5) pas d'axe en axe. Une sentinelle gardera le caisson de cartouches et la caisse.
Dans toute écurie contenant au moins deux chevaux on fera coucher un conducteur.
Le commandant des bagages, avant d'arriver au cantonnement ou bivouac, fera commander le service du jour et celui du lendemain, corvées de fourrages, garde d'écurie, corvées de propreté, etc. Il tien* dra compte que pour donner la botte il faut 1 heure à 1 heure 1/2,
Îour nettoyer le matériel 1/2 à 3/4 d'heure, pour harnacher et seller /â heure, pour atteler et passer l'inspection 1/4 d'heure. Après chaque marche, on examinera chevaux, voitures et harnais» L'emplacement du bivouac devra être, autant que possible, un lieu sec, protégé contre le vent et d'une sortie facile. Au besoin, on pré-
Earera les débouchés en coupant les haies, comblant les fossés, etc. es voitures seront disposées de manière que leurs essieux d'arrière soient alignés, et on formera un espace fermé en réunissant par des cordeaux le bout des timons et les roues d'arrière.
Remplacement des munitions. — Lorsque le temps redevient beau, après la pluie ou la neige, on ouvrira les compartiments qui, dans les
voitures de compagnie, renferment les caisses de cartouches, pour voir si l'humidité ne s'est point introduite. On fera sécher à l'air sec, ou au soleil, les paquets humides; ceux dont les cartouches sont détériorées seront versés à l'artillerie, au parc des sections de munitions.
Après un combat, on se rendra compte de suite de la quantité de cartouches restant sur les voitures. Dans les cantonnements, ou an bivouac, on complétera le nombre de cartouches que le soldat doit porter dans sa giberne et son havre-sac en puisant dans les caisses portées par la voiture de compagnie, et on ne touchera au caisson de cartouches que dans le cas où les voitures de compagnie ne suffiraient pas à compléter au chiffre normal.
La troupe doit s'efforcer constamment d'avoir son approvisionnement de munitions au complet. Ses chefs sont tenus ne prendre euxmêmes l'initiative pour tirer le complément de leur quantité réglementaire de cartouches en s' adressant au parc des sections de munitions d'infanterie.
Ce n'est pas le caisson de cartouches du bataillon qui doit remplacer les munitions tirées des caisses transportées par les voitures de compagnie, sauf dans des cas exceptionnels, avant, par exemple, que ce caisson ne parte pour se réapprovisionner au parc, ou bien avant de détacher des compagnies. (On veut tenir le caisson au complet pour U combat).
Dans les bataillons de chasseurs à pied, où chaque compagnie possède deux voitures, l'une d'elles doit toujours avoir au complet son approvisionnement de munitions.
Il ne faut remettre dans la voiture les sacoches de munitions qui seraient humides que lorsqu'on les a séchées.
On veillera à ce que les lanternes de couleur servant à indiquer la nuit l'emplacement des voitures portant des munitions soient toujours pourvues du nombre de bougies nécessaire.
Soins à donner aux voitures de vivres. — On examiner a chaque jour les voitures de vivres. Le pain humide sera déchargé, et pour éviter qu'il se moisisse on le séchera, s'il est possible, dans un four chauffé modérément.
Si Ton transporte du pain pendant plusieurs jours, on fera bien de le décharger de temps en temps pour l'étendre et le mettre à l'air. Il faut surtout le soustraire à l'humidité de la nuit.
On veillera aussi à sécher l'avoine et les légumes en étendant la bâche sur le sol, répandant dessus ces denrées et faisant sécher les sacs en les suspendant aux voitures. Une fois les denrées étendues, on les retournera plusieurs fois.
On distribuera en premier lieu les denrées les plus vieilles ou les plus sujettes à se gâter. Celles qui sont détériorées seront jetées.
La propreté des voitures et le soin de se débarrasser des débris ou parties moisies contribuent beaucoup à la conservation des vivres.
Bétail sur pied. — On confiera le bétail sur pied à des hommes de troupe qui étaient bouchers, vachers ou bergers de leur profession.
Si le troupeau doit suivre la troupe pendant plusieurs jours sur
des routes un peu dures, on ferrera d'avance les animaux. Pour qu'ils ne maigrissent pas trop, il faut leur distribuer journellement en marche, outre le fourrage vert, deux ou trois kilogrammes d'avoine ou d'orge, et avoir soin de les faire boire suivant leur besoin.
Gomme la viande fraîchement abattue ne donne pas de bonne soupe, et môme est d'une cuisson très-difficile, on abattra les animaux nécessaires dès la veille au soir, après le coucher du soleil, quand les mouches à viande ne volent plus par essaims. Dès l'abatage, la viande doit être lavée à grande eau pour en séparer le sang, puis suspendue pour se refroidir.
Utilité de brancardiers dressés d'avance.
« On a besoin d'une certaine habitude pour remuer un blessé, pour le charger sur un brancard et pour le transporter. C'est moins par la force que par l'adresse qu'on y réussit, et celle-ci ne s'acquiert que par l'exercice. Des porteurs de brancards marchant à pas inégaux secouent douloureusement le blessé ; l'usage seul donne cet ensemble et cette mollesse de mouvement sans lesquels le transport devient un supplice ; qu'on se figure un blessé étendu par terre, ayant une cuisse brisée ou une jambe emportée, et c'est dans ces cas surtout que des porteurs adroits sont nécessaires; s'il est relevé par des hommes sans expérience, qui ne sauront pas soutenir en même temps le membre ; si ces hommes le jettent brusquement sur le brancard au lieu de l'y déposer avec douceur f si chacun confusément veut concourir à ce triste service, quelles secousses, quels déchirements l'infortuné n'éprouve-t-il pas î
c On ne saurait trop le répéter: le premier secours et la première consolation que doit recevoir un blessé, c'est d'être enlevé promptement et commodément ; ce qui ne pourra s'effectuer qu'autant qu'il y aura derrière lui de bons brancards pour le recevoir, et des hommes exercés pour les porter. »
Le Dr Percy, médecin en chef des armées françaises sous la première République.
« Quelles que soient l'activité et la volonté du médecin de régiment, il est souvent paralysé dans son action parce qu'il ne peut pas faire enlever les hommes du champ de bataille sans avoir recours aux combattants eux-mêmes ; c'est près de lui que devraient se trouver les brancardiers et toujours en nombre suffisant pour tous les besoins : chaque compagnie pourrait, en effet, avoir ses brancardiers spécialement chargés de ce service pendant le combat ; ils ne dépasseraient pas la dernière ligne des combattants où les brancardiers-infirmiers prendraient le blessé pour le conduire aux ambulances dont remplacement leur serait connu.
< Cette organisation ferait cesser la perte énorme de combattants qui se produit dans chaque affaire, en enlevant aux militaires l'occasion d'accompagner à l'ambulance un camarade blessé. Notre armée
, est la seule dans laquelle subsiste encore cette cause de désertion facile du devoir déguisée sous les apparences d'un service rendu ; et nous en avons tous trop constaté les abus pour qu'il ne soit pas apporté un empêchement absolu au retour de pareilles fautes.
« Pour augmenter les réserves en objets de pansement, les armées du Nord ont adopté une très-bonne mesure : elle consiste à donner à chaque homme une compresse, une bande et de la charpie, ce qui est nécessaire pour un premier pansement simple. En Crimée, chaque soldat russe, amené dans nos ambulances, avait ces petits objets de pansement; en 1870-71, les Prussiens en étaient également porteurs. »
H. le Dr Qoesnoy, médecin en chef du 6e corps à l'armée du Rhin.
t Si on n*a pas un personnel suffisant pour relever les blessés, les combattants, je ne les blâme pas, les transportent, mais ne retournent plus rejoindre leur régiment; autrement le blessé reste sur le champ de bataille, et meurt abandonné de tous, après des souffrances inouïes ; il est exposé aussi a être volé par les maraudeurs qui suivent les armées et qui ne se gênent point de l'assassiner an besoin. A la bataille de Sedan, sur le plateau de Givonne, l'ambulance de la 2e division du 12e corps, placée derrière sa division, avait bien 300 hommes non blessés sur 600, qui étaient venus transporter les blessés à l'ambulance et s'y réfugier, lorsque les Prussiens sont venus l'entourer. Ceux qui y étaient doivent S'en souvenir. »
M. le capitaine du train Bovier-Lapierre, témoin oculaire.
« Il y aurait lieu, pour le bien du service, de prendre les dispositions suivantes à l'égard des brancardiers d'infanterie :
« 1. — Les débarrasser de leur pistolet ; les munir de tourniquets de dimensions suffisantes pour faire une ligature autour de la partie la plus épaisse de la cuisse ; leur donner un couteau capable de couper les buffleteries du blessé.
« 2. — Fournir à chaque détachement six brancards à roues, bien plus commodes que les brancards ordinaires à bras pour transporter les blessés à. l'ambulance en terrain plat.
« 3. — Leur recommander de ne donner à boire qu'à ceux qui parlent, et de s'en abstenir à l'égard des soldats blessés à la tête ou qui ont le poumon traversé, afin de ne pas provoquer une hémorrhagie*
< 4. — s'il est nécessaire de déplacer de suite les blessés qui encombrent des» passages ou qui courent le risque d'être écrasés, il faut s'abstenir de transporter avant qu'un médecin ne les ait vus, ceux dont un bandage n'a pu arrêter l'hémorrhagie, qui sont sur le point d'étouffer, ou dont la poitrine est traversée.
c 5, — Il est important d'enseigner à quels signes on distingue la cessation de la vie, à observer les battements du cœur, la réaction des pupilles; faire voir que la nuit la transparence des doigts est
i «4. FSRFKCTIONJUnWflS BANS L'OKGAIUSATIQH. 623
rouge ehe* l'être vivant, tandis que ceux du mort restent opaques, et pales.
« 6. — Il vaut mieux leur apprendre à tirer parti des objets.de l'habillement et de l'équipement du soldat pour taire un pansement que de compter qu'ils auront avec eux les appareils compliqués de la science ; leur montrer que s'il y a lieu de couper des parties de l'habillement, ce n'est pas dans les coutures, où l'épaisseur est double» mais bien à côté qu'il faut trancher ; que pour enlever un vêtement» e'est la partie qui recouvre le membre atteint qui doit être enlevée la dernière, et remise au contraire la première.
« 7. — Les médecins chefs de patrouilles de brancardiers sur le champ de bataille rendront le transport des blessés à l'ambulance beaucoup plus sûr et rapide en faisant ficher en terre une arme ou un signe quelconque à côté de ceux de ces blessés qui ont été préalablement préparés à ce transport ; de cette manière, les brancardiers reprenant de l'ambulance verront de loin où ils doivent se diriger sans hésitation. >
M. le D\édeciB-major allemand Tibortias.
Extrait d'un mémoire de M. le médecin autrichien DT Mûhlvenzl.
€ En relevant, dans l'ouvrage officiel de l'état-major prussien sur la guerre de 1870-71, le nombre de blessés dans 26 divisions de l'armée allemande aux batailles de Wœrth, Spicheren, 14 août, 16 août et 18 août 1870, on trouve que chaque compagnie d'infanterie a eu, en moyenne, vingt- quatre (24) blessés. Toutefois ce chiffre ne s'applique rigoureusement qu'à une seule division ; dans la réalité, il a été dépassé dans douze divisions, et dans quatre seulement il a été un peu inférieur. La perte maximum s'est trouvée dans la lr* division d'infanterie de la garde royale prussienne, qui a eu, le 18 août, 2,971 blessés, le cinquième de son effectif. •
« De cette moyenne de 24 blessés par compagnie, il ressort qu'il faut à chaque compagnie quatre (4) infirmiers, ou soldats-panseurs, car cela ne fait qu'un infirmier pour six blessés. Il faut de plus, par compagnie, deux (2) civières ; car il ressort des chiffres relevés par M. le Dr Beck, médecin des ambulances badoises pendant la guerre de 1870-71, que sur 4,344 blessures, 1,787, ou 41 p. 100, se trouvaient dans les membres inférieurs et que, par suite,, les blessés qui en étaient atteints durent être transportés.
« Ainsi, on n'arrivera à fournir des secours suffisants aux blessés sur les champs de bataille, avec les armes de plus en plus meurtrières en usage aujourd'hui, que si on donne à chaque compagnie 4 infirmiers pourvus de médicaments et 2 civières. Il faut aussi que chaque médecin ait sur lui, comme en Prusse, de petits feuillets en parchemin avec un fil qu'il attache à un bouton du patient, et sur lequel il indique la nature de la lésion, ce qui évite aux médecins de l'ambulance une perte de temps et au blessé les douleurs inséparables d'un second examen de sa blessure.
624 RELATIONS DU GÉNÉRAL Xlf CHEF AYEC SIS UBUTBWAHTS.
« Chaque médecin doit être suivi de deux porte-sac qui lui présentent les médicaments et les bandages au fur et à mesure des besoins.
« Avec ce personnel, on pourra suffire aux premiers soins à donner aux blessés dans les batailles ordinaires, mais non aux exigences de combats très-meurtriers, comme ceux du 18 août 1870, où la l1* division dé la garde prussienne eut en quelques heures 2,971 blessés, h 2* division 2,572 ; ou bien la 10e division d'infanterie avec ses 2,(H1 blessés à Wœrth ; ou encore la 6e division, le 16 août, qui eut 2,511 hommes touchés ; la 5e, le môme jour, 2,267; la 10e, également dans le môme combat, 1,999, etc. Pour des pertes aussi énormes, il faut non-seulement que chaque soldat soit porteur, comme en Prusse, d'un bandage tout préparé dans la poche de son vêtement, mais encore qu'il sache l'appliquer.
< Après que le personnel en médecins et infirmiers des corps de troupes, réuni à une partie des détachements d'infirmiers divisionnaires, a pu fournir d'urgence aux blessés un pansement de premier secours, leur donner à boire et les munir du billet en parchemin présentant un aperçu du diagnostic, il faut envoyer ces blessés en arrière, à l'endroit où le reste du détachement divisionnaire a établi un abri pour procéder aux opérations qui exigent le plus de soins. Gomment ce transport aura-t-il lieu ? Sur les civières ; mais il en faut un nombre suffisant pour ne pas transborder le patient, sans quoi on le soumettra à des tortures auxquelles il succombera le plus souvent. Il convient donc que le détachement d'infirmiers divisionnaires ait, par- devers lui, le double de civières que les corps de troupes de la division en possèdent eux-mêmes, car, d'une part, les civières doivent retourner aux troupes sur la ligne engagée ; d'autre part, il en faut un jeu égal pour évacuer de l'endroit ou se font les opérations chirurgicales jusqu'à l'ambulance où les patients sont définitivement reçus et traités.
< Puisque chaque compagnie a besoin de 2 civières, la division de 52 compagnies en aura 104, et le détachement d'infirmiers divisionnaire est tenu dès lors d'en posséder 208.
c Les voitures destinées à amener les blessés jusqu'au lieu où se feront les opérations chirurgicales doivent être aménagées de manière que les blessés puissent être chargés sans quitter leur civière. Combien faut-il de ces voitures ? Leur nombre dépend de leur capacité, du nombre moyen des blessés et de la distance entre l'endroit où ils ont été apportés en civières à bras et celui où se font les opérations chirurgicales.
« La capacité de ces voitures ne peut dépasser celle de 8 hommes, dont 4 couchés et 4 assis ; sinon ils seront entassés et torturés. Quant au nombre de blessés, il a été de 1,330 en moyenne par division d'infanterie, dans les principales batailles de la guerre de 1870-71, sur lesquels, en comptant ceux dé l'ennemi, il y en aura 750 environ à transporter. L'éloignement entre le lieu de premier pansement et celui où se font les opérations chirurgicales sera souvent d'une demi-heure de marche au moins. Si les attelages font dix allées et venues en dix heures, on voit qu'il faudra 19 voitures à 4 places couchées, pour
' 8 *• PMF1CTI0HHEMEHTS DAKS i/OKGÀlUSATION. 625
amener en dix heures les 750 blessés au lieu des opérations chirurgicales.
< Si ces chiffres paraissaient trop élevés, nous rappellerions que pendant la guerre de sécession aux Etats-Unis, chaque bataillon de 5 compagnies avait à sa disposition 1 voiture à quatre roues, 4 à deux roues pour le transport de ses blessés, et deux autres voitures à deux roues portant les médicaments et les appareils.
< Le blessé, une fois arrivé au lieu où se font les opérations chirurgicales, soit à pied s'il a pu marcher, soit en voiture sur celles dont nous venons de calculer le nombre, sera classé dans une des trois catégories suivantes. La première comprend ceux qui n'ont reçu qu'une lésion légère et oui seront évacués sur l'ambulance sans difficulté. La deuxième est celle des blessés dont l'état est désespéré, et dont on cherchera à adoucir les derniers moments, mais qu'il n'v a pas lieu d'évacuer. La troisième enfin comprend ceux qui vont subir des amputations ou des opérations graves. Ce sont ces derniers dont l'évacuation demande de grands soins. Il faut pour cela avoir une grande provision de cordes et de civières pour pouvoir les suspendre commodément sur les voitures de paysans qui servent à ces évacuations, puisque malheureusement les armées sont toujours dépourvues d'un nombre suffisant de voitures d'ambulance. »
Perfectionnements concernant la cavalerie.
An quartier général impérial de Yitehsk, le 30 juillet 4 84 S.
Napoléon, empereur des Français, etc.
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :
Art. 2.
c Les documents et cartes nécessaires à nos officiers de terre et de mer pour les missions qui leur sont confiées leur seront toujours fournies gratis par nos dépôts de cartes.
Art. 3.
« Notre ministre de la guerre fera partir sur-le-champ par un fourgon en poste, pour la Grande Armée, cinq cents exemplaires de la nouvelle carte de Russie, afin qu'on en puisse donner à tous les généraux et colonels de l'armée, et à tous les chefs d'escadron et capitaines de cavalerie légère qui en auraient besoin pour la nature de leurs fonctions. »
Le paquetage du cavalier allemand est moins volumineux que celui du cavalier français. Le mousqueton est maintenu dans un étui en cuir depuis le bout du canon jusqu'à lahausse sur la fonte de droite ; le bout du canon dirigé vers la pointe de l'épaule du cheval.
6S6 relàtioks du cfcffiaAL w œnr avec am uiotkrawts.
La main 'du cavalier n'est pas gênée par la charge; le pommeau de la selle est nu. Le manteau et le sac sont roulés en porte-manteau. Une marmite, d'environ un litre et demi de contenance, est placée à droite de la palette dans un étui en cuir. Aucun cliquetis ne se fait entendre dans la marche.
Les harnachements pour les officiers et ceux de la troupe sont en cuir fauve.
La voiture de bagages de chaque escadron porte à l'arrière un dispositif de forge de campagne, car on a reconnu dans la campagne de 4870-71 que Tunique forge roulante donnée à chaque régiment ne suffisait pas, attendu aue les escadrons sont presque toujours détachés dans le service d'éciaireurs.
t Dans l'armée allemande, le chargement du cheval de selle est :
« Chez les cuirassiers, de 147 kilos.
« Chez les hussards, dragons et houlans, de. . . 116 kilos.
M. le capitaine Pelooi.
Extrait de V instruction prussienne relative à la cartouche de dynamite distribuée à la cavalerie,
c La cartouche explosive contient environ 0k,380 de dynamite k base de cellulose, enfermée dans une triple enveloppe de parchemin, d'étain et de papier bleu commun. Elle affecte la forme d'un prisme rectangulaire dont les arêtes vives auraient été remplacées par des surfaces courbes.
Les dimensions sont : longueur ISO"8"1, largeur 34"m, épaisseur 56M.
« Cette cartouche est traversée par un petit tube de gutta-percha, qui pénètre dans l'intérieur de la matière explosive.
« On radoube les cartouches qui laissent suinter la nitroglycérine en faisant absorber cette substance par de la sciure de bois.
c Chaque cartouche est renfermée dans un étui en fer-blanc, que porte le cavalier. »
Le général Easton, quartier -maître de Varmèe du général Sherman, au général Meigs, intendant en chef des armées des Etats-Unis.'
Morehead City, le 46 mars 4865.
« Dans l'armée du général Sherman, la forge portative de campagne a presque entièrement disparu. Presque tous les officiers préfèrent emporter un soufflet de petite dimension, et employer comme boite à feu une caisse ordinaire remplie de terre boueuse. Le soufflet est suspendu entre deux pièces ou perches arrachées à une clôture ou coupées sur un arbre et fichées en terre, avec une pièce de bois clouée transversalement au sommet pour y suspendre le manche du soufflet. La caisse, d'habitude une caisse à biscuit, est placée à la hauteur
S 4. FERFECTKMraMIimTS DANS l'organisation. 6Î7
convenable sur quatre piquets fichés en terre et reliés entre eux par des morceaux de bois transversaux.
« On ne transporte en marche que le soufflet, l'enclume et les outils, et on emploie une caisse quelconque ou un baril comme boîte à feu. Dans notre marche d'Atlanta à'Savannah, presque tous les ouvrages en fer ont été fabriqués au moyen de forges de cette espèce. Les officiers préfèrent cet arrangement à la forge portative, parce quil est moins sujet à des dérangements et fournit plus de chaleur:
Observations d?un officier allemand sur l'organisation dés moyens de transport de 'la cavalerie, d'après l'expérience de 1870-71.
Il est naturel qu'un escradron n'entre d'abord en campagne qu'avec une seule voiture de bagages. Celle à quatre roues distribuées en ce moment (1872) convient infiniment mieux au service de guerre, sans contredit, que la voiture à deux roues donnée en 1870, car
Sresque aueun escadron n'a pu se faire suivre de cette dernière au delà es premières marches forcées. Après avoir versé plusieurs fois, son essieu se brisait, et il fallait se tirer d'affaire tant bien que mal en séparant le coffre des roues et en le transférant sur le châssis d'une solide voiture de paysan à quatre roues.
Pour porter les vivres de l'escadron et le fourrage, quand on vit comme c'est l'habitude en campagne, partie de réquisition, partie de distribution, il faut au moins deux voitures par escadron, car le cheyal de selle ne doit porter de fourrage que pour un jour, et il est prudent de se munir de fourrage pour deux jours d'avance. On prendra donc deux voitures de réquisition, afin de pouvoir les détruire ou les renvoyer en cas de besoin.
L'innovation récente, celle d'établir un dispositif de forge à l'arrière de la voiture à bagages de chaque escadron, est très-pratique, mais il faudrait que le soufflet ne fût pas trop faible.
Pour alléger le chargement du cheval de selle, il y aurait lieu de supprimer la croupière et la schabraque, qui sont inutiles.
Le lieutenant général de cavalerie Dejean au rapporteur
du comité de la guerre.
9 janvier 4845.
« Jusqu'à présent on ne s'est pas occupé assez de la ferrure et des maréchaux. Ce sont des hommes infiniment précieux qu'il faut ménager et dont on n'a jamais assez. Dans l'état actuel, deux maréchaux par compagnie ne sont pas suffisants en campagne. Je crois donc que dans votre projet d'organisation, il faut demander deux maréchaux par compagnie en temps de paix, et quatre en temps de guerre, sans compter ceux du dépôt. Je voudrais aussi que les maréchaux fussent considérés comme non-combattants, et qu'on ne les mît jamais dans les rangs.
628 EBLATI058 DU GÉNÉRAL BS CHEF ÀYEC SJBS LWUTENAHTS.
« Je pense aussi que deux trompettes ne sont pas suffisants à la guerre, et que leur nombre devrait être porté à trois et peut-être même à quatre.
c Comme vous le dites, il est nécessaire d'avoir des maîtres-ouvriers en campagne; mais je voudrais en outre qu'il y eût des ouvriers reconnus pour tels dans chaque compagnie* >
« Le 16 décembre 1870, dans la 3* brigade de cavalerie allemande placée sous mes ordres, la ferrure avait tellement souffert par suite de nos marches continuelles, que dans le régiment de cuirassiers quatre pelotons, dans le régiment de houlans (lanciers) trois pelotons durent rester à Saint-Léonard, parce qu'on n'avait pu encore referrer leurs chevaux.
« Je vais, à ce sujet, intercaler ici quelques observations sur la ferrure, d'après l'expérience des dernières guerres.
« Il a été démontré jusqu'à l'évidence qu'en campagne une ferrure ingénieuse, délicate, n'est point pratique, parce que d'habitude le temps nécessaire à une opération compliquée fait défaut. Si, à k guerre, on a des fers, c'est déjà un bon appoint, surtout aujourd'hui où les armées sont si considérables. Les fers à cheval grossiers de fabrication française nous parurent un bienfait dans la campagne de la Loire.
• Il faut emporter pour chaque cheval, y compris ceux des officiers, quatre fers de réserve.
« Si on se contente de dire qu'on enverra des fers à la cavalerie, elle ne les recevra jamais au moment où elle en aurait le plus grand besoin.
< Néanmoins, il est utile d'avoir des approvisionnements de fers de rechange en dépôt dans les grands centres de la ligne d'étapes, d'où on puisse les recevoir quand l'occasion est propice pour eu envoyer.
« La ferrure à glace est indispensable en hiver. Des fers à cheval munis de crampons à vis sont à la vérité très-commodes, mais lenr entretien est très-difficile en campagne, car il faut beaucoup de temps pour les confectionner.
L'utilité des crampons mobiles n'est pas encore bien prouvée ; leur confection exige beaucoup d'habitude et de soin. S'ils tiennent même sur la neige durcie, ils se brisent ou sortent du fer dès que le cheval parcourt à une allure vive un endroit où le sol est dur, ou s'il trotte sur le pavé.
« Le plus simple est d'avoir des clous à glace confectionnés avec du très-bon fer. Gomme chaque escadron a plusieurs maréchaux ferrants, ils peuvent, en cas de besoin, munir chaque cheval rapidement de deux de ces clous. Les clous à glace empêchent l'animal de glisser pendant un et même deux jours.
« On n'a besoin de la ferrure à glace en campagne qu'assez rarement et d'habitude pour peu de temps» mais dès qu'il y a du verglas elle est aussitôt nécessaire. Or, en une heure, une heure et demie au plus, avant le départ, le travail peut être fait.
« C'est aussi à propos de la ferrure à glace qu'on peut dire : « Le mieux est l'ennemi du bien. »
M. le général prussien ?on Colomb, qui commandait la 3« brigade de cavalerie dans la guerre de 4870-74 .
Le général de division Mathieu Dumas, intendant général de la Grande Armée, au général Grouchy, commandant un corps d'armée de cavalerie.
Poseuse 26 mai 4842.
« J'ai l'honneur de vous informer que j'ai reconnu la nécessité, de faire mettre à la disposition de différents corps de cavalerie de réserve une certaine Quantité de faux et faucilles, pour couper le vert lorsqu'on sera obligé d'avoir recours à cette ressource.
< Je fais expédier sur le quartier général du 3* corps de cavalerie trois cents faux et trois cents faucilles. J'invite M. le commissaire ordonnateur Boileau à en faire la répartition dans les différents régi» ments et dans les corps d'artillerie.
« Je vous prie de vouloir bien donner à cet égard les ordres que vous jugerez convenables. »
Wellington au comte de Liverpool, secrétaire d'Etat.
Freneda, 44 février 4842.
« Afin de permettre à notre cavalerie de profiter du fourrage vert, je vous prie de me faire envoyer mille faucilles avec leurs manches. »
L'empereur Napoléon au général Lacuée, ministre directeur de f administration de la guerre.
Dresde, le 46 mai 4813.
« Tous les officiers de cavalerie se plaignent de la suppression des couvertures. J'ai rendu un décret pour les restituer à la cavalerie. Donnez ordre à Francfort qu'on arrête les dragons et les cuirassiers qui s'y trouvent jusqu'à ce qu'ils aient reçu des couvertures. »
Le général CassaignoUes, commandant la brigade de grosse cavalerie de l'armée oVOrient, au chef de V état-major général.
Oumou-Fahy, le 2 juillet 4854.
« Je pense que M. le maréchal, de Saint-Arnaud sera bien aise de savoir comment se comporte sa grosse cavalerie. Jusqu'à présent tout va bien.
« J'ai dû (dans la route de Gallipoli à Varna), toutes les fois que je ne trouvais pas d'herbe, prescrire au sous-intendant de ma colonne d'acheter des récoltes sur pied. Jusqu'à présent je ne l'ai fait que trois
630 BELATÏOKS IHJ GfljfcUL IN OUF AVEC SK8 LIECTEKANTS.
fois ; mais c'est indispensable pour remplir les intestins de nos gros chevaux. Ils ne mangent pas la vieille paille hachée : elle serait, dans tous les oas, insuffisante.
« Il est regrettable qu'on n'ait pas laissé de l'orge à chaque "étape, ainsi qu'on Fa fait pour la paille ; on aurait évité ainsi un surcroît de charge et par suite quelques blessures aux chevaux.
« Le système de selles est mauvais : elles sont trop plates. J'ai demandé,
Îour remédier à cet inconvénient, des demi-couvertes de campement. e désire les trouver le plus tôt possible.
c En résumé, l'état ^Jani taire des hommes et des chevaux me fait espérer pouvoir entrer en ligne, s'il y a lieu, d'une manière convenable. Je voyage, vous le savez sans doute, avec le 6- de cuirassiers et le 6e de dragons.
« Faites, je vous prie, que je trouve le. plus tôt possible les demi-couvertes de campement.. •
Situation sommaire de l'effectif (présents) de la 2* division de réserve de cavalerie de l'armée du Rhin, le 20 août 1870.
Camp de Gbâkms, le 20 août 4 870.
Etat-major. — 13 officiers, 7 hommes de troupe, 33 chevaux.
\™ brigade.
1er régiment de cuirassiers. — 35 officiers, 442 hommes de troupe, 358 chevaux disponibles, 74 chevaux indisponibles.
4* régiment de cuirassiers. — 32 officiers, 455 hommes de troupe, 297 chevaux disponibles, 162 chevaux indisponibles.
2* brigade.
2# régiment de cuirassiers. — 30 officiers, 441 hommes de troupe, 220 chevaux disponibles, H2 chevaux indisponibles.
3- régiment de cuirassiers. — 33 officiers, 452 hommes de troupe, 349 chevaux disponibles, 75 chevaux indisponibles.
Gendarmerie.
1 officier, 20 gendarmes, 21 chevaux disponibles.
Total : 144 officiers, 1817 hommes de troupe, 1278 chevaux disponibles, 423 chevaux indisponibles.
Nota. — Sur les 1278 chevaux portés disponibles, il y en a 80 qui ne le sont pas aujourd'hui, mais qui, devant l'être dans quelques jours, ont été portés dans cette colonne.
Le général commandant la division, vicomte Bonnemains.
Extrait des notes d'un officier supérieur de grosse cavalerie, d'après V expérience de la guerre de 1870-71.
Cuirasse. — La cuirasse' donne de la confiance à l'homme et lui assure, dans le combat corps à corps, un grand avantage sur le cava-
lier qui en est dépourvu. Toutefois le modèle, dit à taille ajustée, qui a été fait pour plaire à l'œil, présente un inconvénient sérieux en campagne. Il faut l'ajuster avec beaucoup de soin, car pour peu que la taille soit trop longue, elle blesse Phomme aux hanches. Or, il se peut parfaitement, à la guerre, que les cuirasses des malingres cpi'on
allait à presque tout le monde. On a eu raison d'alléger son poids, mais non d'altérer sa forme.
Casque. — Il faut un intermédiaire entre l'acier et le crâne, sinon un fort coup de sabre peut étourdir, sinon assommer la tête. La meilleure substance pour cette matelassure, c'est le liège. Tout coup frappé sur cette matière essentiellement élastique, fait rebondir la lame.
Tunique. — Ce vêtement étroit, qui gène le libre mouvement de la poitrine rien que pour la respiration, n'est nullement assez souple pour se prêter aux efforts violents du bras dans un combat corps à corps. La vareuse, ou blouse en laine, est le seul vêtement permettant la libre respiration et les efforts corporels.
Equipement. — Le ceinturon devrait être plafe sous le vêtement, et il faudrait substituer une boucle à l'énorme plaque que les mouvements de la cuirasse font rentrer dans le corps du cavalier. Le sabre devrait être fixé sous le panneau de la selle, comme il est d'usage chez tous les peuples cavaliers, chez les Arabes, les Mexicains, etc.; car comment le cavalier peut-il combattre à* pied ayant les jambes empêtrées par cet énorme sabre? D'ailleurs, le mode actuel d'attache est défectueux : si la petite bélière casse, la grande laisse basculer le sabre.
L'épaulette, utile sous la cuirasse, devrait être métallique et sans franges. L'épaulette en laine avec franges est promptement mise hors
de service par le biseau de Pgchancrure de la cuirasse.
Le général Morris, commandant la division de cavalerie de V armée
(FOrient, au général en chef.
Van», le 24 juillet 4834.
« En réponse à votre lettre du 21 courant sur l'opportunité de garder la pelisse et le dolman pendant la campagne, j'ai l'honneur de vous rendre compte que le dolman serait la meilleure 'tenue pour l'été, étant plus léger que la pelisse, si ce vêtement n'était pas aussi juste, aussi serré.
« En hiver, la pelisse est un excellent habillement, très-chaud, assez large pour que les hommes puissent mettre dessous un gilet de laine, bien plus commode de toutes façons pour la guerre. En été peut-être il sera un peu chaud, inconvénient auquel il est possible de remédier en partie en laissant les hommes déboutonner les premières tresses.
« Je pense donc qu'il serait convenable d'avoir les deux vêtements, en ayant l'attention de n'en donner qu'un seul à la fois; mais je ne mets pas en doute que la pelisse ne doive, en toute circonstance, être préférée au dolman, si Ton est obligé de ne conserver qu'un de ces habits.
« J'ai l'honneur de vous adresser ci-joint, suivant votre demande, la lettre de M. l'intendant Darricau qui donne l'ordre, au nom du ministre, au conseil d'administration du 4* hussards de conserver les pelisses en magasin, comme vêtement inutile en temps de guerre, tandis que le 1er régiment de hussards recevait en même; temps un ordre complètement opposé. »
Le ministre Daru au maréchal Soult, major général de Y armée.
Paris, le 24 mai 4845.
< Dans l'organisation qui avait été suivie pour la Grande Armée en 1812 et 1813, il n'avait été donné qu'une ambulance par corps d'armée de cavalerie, composé de deux ou trois divisions; et cette ambulance, chargée sur huit caissons, ne pouvait suivre qu'avec beaucoup de peine les mouvements de la cavalerie.
< Aujourd'hui que Sa Majesté a jugé convenable de substituer des chevaux de bât aux caissons, le transport des moyens de pansement et de premier secours à la suite de la cavalerie devient praticable, et les ambulances pourront être utiles. »
Extrait des remarques de M, le médecin allemand 0e Tiburtius, concernant le service de santé dans les divisions de cavalerie.
• Le détachement d'infirmiers attribué à une division de cavalerie doit pouvoir en suivre les mouvements rapides. Il est donc nécessaire de les transporter sur des voitures. Pour les 177 hommes du détachement normal d'infirmiers d'une division en Prusse, il faudra 26 voitures, car on ne peut guère espérer mettre plus de huit hommes sur chacune. Les conducteurs porteront le brassard de la convention de Genève; les voitures arboreront la croix rouge. Sous les sièges des infirmiers on placera des sacs et couvertures pour les blessés et malades. Les voitures porteront quelques outils pour s'ouvrir un passage en cas de besoin, et surtout des récipients pour,mettre de l'eau.
« Comme les régiments d'une division de cavalerie chargés d'éclairer l'armée à plusieurs jours de marche se séparent le plus souvent pour battre le pays, il convient d'attacher à chacun deux voitures du détachement d'infirmiers avec des civières et des médicaments. Les autres voitures du détachement resteront réunies et suivront la trace du quartier général de la division. Les deux voitures marchant avec chaque régiment, et leur personnel en infirmiers, seront sous les ordres du médecin-major du régiment, tant qu'elles resteront détachées avec lui.
« Toutes ces voitures seront pourvues de volées pour pouvoir atteler des chevaux de renfort au besoin, et il est bon de disposer leurs caisses de manière à les charger et décharger à bras, et à les placer près du médecin pendant les séjours.
« Le médecin en chef commandant le détachement d'infirmiers de la division se tiendra de sa personne aux côtés du général de division, et aura près de lui quelques ordonnances afin d'être en mesure de transmettre ses ordres aux différentes parties de son personnel, soit pendant le combat, soit pendant les marches. Il laissera toujours aux bagages un médecin sous-aidef, ou tin infirmier pour donner des soins aux cavaliers malades ou écloppés transportés sur les voitures à bagages.
« La place du détachement d'infirmiers en marche ou au début d'un engagement devra être mise à l'ordre par le général de division, sur les instances du médecin en chef, afin que les corps de troupes sachent où s'adresser pour les secours dont auront besoin leurs blessés.
« Pendant le combat, le détachement d'infirmiers aura soin de s'établir, pour faire ses pansements, en dehors des défilés ou des projectiles ennemis, autant que possible derrière un abri infranchissable à la cavalerie et à l'artillerie. Une de ses deux sections restera provisoirement en réserve pour suivre les mouvements ultérieurs des troupes. ». .
t Les blessés, après avoir reçu sur le lieu du combat un pansement de premier secours, seront groupés (sans être entassés) dans quelque édifice, et on laissera près d'eux quelques iufirmiers et un médecin jusqu'à ce que les ambulances venant en arrière puissent relever ce personnel et lui permettre de rejoindre la division de cavalerie à laquelle il appartient. On requerra de suite dans la localité les vivres et ustensiles nécessaires, et l'assistance des médecins civils.' Un infirmier sera spécialement chargé de prendre les noms et tous renseignements nécessaires pour établir l'identité de chaque blessé ou malade, afin de rapporter ces données importantes aux corps de troupes.
Personnel médical des régiments.
« Le personnel médical des régiments de cavalerie de la division doit être assez nombreux pour assurer le service des escadrons détachés au loin en pointe ou sur les flancs. Il faut au moins un médecin et un infirmier par escadron. Chaque médecin aura avec lui son ordonnance monté, et les selles de leurs chevaux porteront les médicaments et appareils les plus indispensables pour le pansement des plaies les plus fréquentes dans le combat de cavalerie contre cavalerie : blessures par arme tranchante à la tête et aux bras, chutes de cheval, etc. Les infirmiers d'escadron, tous montés également, auront sur leur selle les instruments de leur profession, parmi lesquels il ne faut pas oublier des ciseaux pour couper les vêtements et un fort couteau pour couper le cuir, bottes ou courroies du patient. Comme à la guerre, et surtout quand le nombre des blessés augmente
634 BELATIONS DU GÉRÊtAI. SIC CHEF ATOC SES UEDTEHAHTS.
rapidement, on est toujours pressé, il faut que ces médicaments et appareils soient placés de telle manière dans les sacoches qu'on puisse les ouvrir d'une main et les trouver sans hésitation (1). Enfin, chaque cavalier sera porteur d'un bandage et de charpie.
c Toutes ces précautions sont d'autant plus importantes que h division de cavalerie, précédant Tannée à de grandes distances, n'a pas à sa portée les ressources des ambulances, dont les voitures ne sauraient d'ailleurs suivre ses mouvements rapides. »
Perfectionnements concernant l'artillerie.
Armée des Pyrènèe*4)rientale$.
20 germinal an n.
« Le général en chef ordonne au général d'artillerie Lasalette de faire fournir au chef de division des charrois d'artillerie une certaine quantité de poudre d'inférieure qualité ou de rebut, pour que les chevaux destinés à ce genre d'exercice soient familiarisés avec l'explosks des fusils et des canons. »
Dagommier.
Le colonel commandant le 13e régiment d'artillerie attaché à ta réserve générale, à M. le général de division Canu, commandant la réserve générale d'artillerie de l'armée du Rhin.
An camp sons Nancy, la 3 août 4870.
< Dans votre visite au camp, vous avez remarqué ce matin les inconvénients du mode d'attache des chevaux avec la longe en cuir on en corde, et m'avez signalé l'emploi des longes en fer, pratiqué dans la Garde, comme bien préférable.
« Je vous serais très-reconnaissant de vouloir bien m'exprimer votre sentiment par écrit, afin que je puisse m'en autoriser pour faire demander, par le conseil d'administration du 13e régiment, l'autorisation administrative pour Tachât de ces longes, à l'aide d'un marché dont le montant serait imputé sur les fonds de la masse de harnachement et ferrage. >
(4) La Toiture de médicaments donnée à chaque régiment devra, comme il est dit pins haut, comporter plusieurs coffres susceptibles d'être portés à bras -et ea lui donnera quatre chevaux d'attelage, car l'expérience de la guerre de 4870-74 a montré que deux chevaux sont insuffisants pour suivre les marches rapides de la cavalerie.
! 4. PIRFICTIONNEMEHTS DANS l'ORGANISàTIOH. 635
Le général commandant l'artillerie de la Garde impériale au généi de division commandant en chef V artillerie de l'armée du Rhin.
Metz, le 3 août 4870.
« La composition des batteries de campagne (décision ministérielle du 17 décembre 1867) fixe à sept, une par affût, le nombre des prolonges ferrées de chaque batterie.
« Ce chiffre me paraît insuffisant. Il arrive souvent, en effet, que pendant l'action les munitions de l'avant -train de la pièce étant épuisées, on remplace cet avant-train par celui du caisson de la batterie de combat» qui ne porte pas de prolonge ; et Ton pourra oublier dans ce changement de conserver la prolonge de l'avant-train de la pièce pour la mettre à l'avant-train du caisson.
« En second lieu, la manœuvre recommandée par votre dépêche du 27 juillet 1870 n'est pas possible.
« J'ai l'honneur, en conséquence, de vous prier de vouloir bien donner des ordres pour autoriser les batteries de l'artillerie de la Garde a se faire délivrer, par la Direction d'artillerie de Metz, six prolonges ferrées par batterie. De cette manière, chacun des avant-trains de la batterie de combat, pièces et caissons, serait muni d'une prolonge ; et le nombre total de ces prolonges serait 13 au lieu de 7. •
< Dans les batteries de campagne anglaises, les servants, au moment du combat, ne sont pas comme les nôtres embarrassés par le fardeau énorme d'un sac qui porte, en outre des effets d'habillement et de campement, plusieurs jours de vivres, du bois et des munitions. Les servants anglais accrochent leur sac tout autour des coffres, à des crampons disposés exprès. Les manœuvres ne souffrent nullement de la position de ces sacs, qui ne gênent en rien les couvercles. De plus, la présence de ces matelassures peut quelquefois sauver un coffre de l'atteinte d'un projectile. »
Le lieutenant d'artillerie Jonbert, qui a fait ces observations en Grimée»
« A l'armée du Rhin (1870), les voitures militaires, notamment les caissons d'artillerie, étaient encombrées de bagages (sacs, coffres, etc.), ce qui faisait dire avec raison au maréchal Bazaine : « Quand, dans l'action, j'ai besoin d'une batterie d'artillerie, il lui faut un certain temps pour se débarrasser de ses surcharges et se mettre en mesure de Étire feu. •
M. le colonel Hngueney, qui commandait le train des équipages à l'armée du Rhin.
Ordre.
En notre quartier impérial de Schœnbrunn, le 23 août 4809.
t Sa Majesté l'empereur et roi ordonne ce qui suit : • 1. — Le 1* septembre, l'artillerie de notre garde, avec la réserve» défilera à la parade, ainsi que l'équipage du pont.
636 RELATIONS DU GftlfEBAL EN CHEF AVEC SES UBUTKNAKTS.
«2. — Deux compagnies de sapeurs, une compagnie de pontonniers et la compagnie de marins marcheront avec le parc de notre garde.
< 3. — L'artillerie de notre garde défilera sur quatre divisions :
< 1* Les quatre batteries d'artillerie à pied ; on ne mettra avec ces quatre batteries aucun chariot de munitions ; il y aura une seule forge pour douze pièces, avec un approvisionnement complet en munitions:
2* La seconde fraction d'artillerie à pied formant les deux batteries de douze ;
« 3° L'artillerie à cheval ;
« 4* Le parc où seront les chariots et munitions , les caissons d'infanterie, un approvisionnement complet pour les pièces, et la pins grande partie des forges.
c Cet ordre sera constamment suivi ; bien entendu que, lorsqu'une division sera détachée, le directeur du parc fera détacher les forges, affûts et autres objets nécessaires et de rechange.
< 4. — Chaque caisson du parc de notre garde portera un flambeau à éclairer les convois, ce qui fera cinq cents (500) flambeaux pour le parc. Les caissons auront sur le devant des coffrets qui seront destinés, les uns à mettre la graisse, les autres à mettre les marteaux, chus et petits outils de rechange, les autres enfin à porter des lanternes et un approvisionnement de bougies. Il y aura pour chaque lanterne une quantité de bougies suffisante pour éclairer pendant trois nuits. Le nombre des lanternes sera d'au moins cent (100), dont une petite partie sera fabriquée de manière qu'on puisse y adapter un manche àt bois pour la porter en l'air ; ce manche sera attaché aux caissons. Les proportions voulues par les ordonnances pour les outils, roues et autres objets de rechange, seront strictement observées.
« 5. — Le 2 septembre, défilera à la parade le parc du génie, avec les ouvriers et les marins attachés au génie, les outils de pionniers, les outils des ouvriers, les différents objets prescrits pour le raccommodage des ponts et le passage des rivières, enfin quatre pièces de canons légers pour servir à l'usage de cette petite réserve marcheront avec ensemble et en bon état. Chaque voiture du parc du génie, quelle que soit sa dénomination, portera deux flambeaux à éclairer les convois et le parc, cent (100) lanternes avec une provision de bougies.
« 6. — Le 4 septembre, le général commandant le génie nous remettra un état du personnel et du matériel du génie, tant de la réserve que du parc et de chaque corps d'armée. »
Napoléon Iw.
Le général Eblé. commandant en chef VartiHerie de V armée du Rhin, au ministre de la guerre.
Augsburg, le 44 brumaire an ix.
« L'arrêté des consuls sur la formation des bataillons du train d'artillerie n'admettant qu'un maréchal ferrant par compagnie, il en résulte que lorsqu'il est inopinément hors d'état de faire son service.
celui de la compagnie à laquelle il est attaché souffre, surtout lors- *qu'eîle se trouve éloignée des autres compagnies du même bataillon.
t rai, en conséquence, attaché à Tétat-major du train d'artillerie six maréchaux, pour remplacer provisoirement ou définitivement ceux des compagnies qui viennent à manquer par cause de maladie, mort, désertion... etc. ; et ces six maréchaux sont employés à forger des fers pendant qu'ils sont h l'état-major.
<, Mais, comme il ne m'appartient pas de les faire compter dans le train d'artillerie, j'ai l'honneur de vous prier d'arrêter qu'il sera attaché à l'état-major du train d'artillerie de l'armée du Rhin six maréchaux remplaçants, lesquels seront payés comme ceux des compagnies.
« Les mêmes raisons que ci-dessus nécessitent une augmentation de quatre bourreliers. Avant leur incorporation dans les compagnies, ils seront employés aux réparations des objets de harnachement, et même à construire à neuf dans un atelier central que j'ai établi et qui est nécessaire. Ces quatre bourreliers feront aussi partie de l'état-major du train d'artillerie, sous le nom de remplaçants, et seront payés comme les bourreliers des compagnies.
Veuillez, citoyen ministre, approuver la mesure que j'ai prise, et donner l'ordre aux inspecteurs aux revues de comprendre les maréchaux et bourreliers remplaçants dans leurs revues, afin qu'ils soient payés comme ceux des compagnies. »
Dans les corps d'armée prussiens, les voitures des munitions d*artiUerie sont peintes en bleu; celles des munitions <f infanterie sont peintes en gris.
On a voulu, dans l'armée allemande, éviter de dépaqueter les munitions, tant d'infanterie que d'artillerie, quand il faut en fournir en remplacement de celles consommées.
A cet effet, on a renfermé les cartouches d'infanterie dans des caisses identiques qui en contiennent chacune 960.
Chaque voiture de compagnie porte 3 de ces caisses dans l'infanterie de ligne. Chaque caisson de munitions attribué à un bataillon en porte 20. Chaque voiture de cartouches de la section de munitions d'infanterie, au parc du corps d'armée, en porte 20 également.
Le caisson de munitions du bataillon reste intact jusqu'au jour du combat. On remplace les cartouches du sac ou de la giberne, sauf pendant une action, à l'aide des munitions portées dans les trois caisses de la voiture de chaque compagnie. Quand une de ces caisses est vide, on l'échange contre une caisse pleine de la section de munitions. Ces remplacements sont extrêmement faciles, parce que les caisses de cartouches sont toutes absolument identiques, sur les voitures de compagnie, sur le caisson et aux voitures du parc.
Au feu, c'est le caisson de munitions du bataillon, et non la voiture 4e compagnie, qui subvient au remplacement des munitions consom-
638 RELATIONS DU GfctlAL BU CHEF AVEC SES LlSUTKIf ANTS.
mées. Trois hommes de chaque compagnie viennent prendre d> touches du caisson, les placent dans les 12 sacs que contient c son (3 sacs par compagnie) et les portent à leurs camarades ei avec l'ennemi. Chaque sac a une contenanoç de 500 cartouches On a suivi un système analogue pour les projectiles d'arti ils sont renfermés dans des caisses a claire-voie, qui sont les i dans les coffres des batteries que dans ceux des voitures du p* sorte que Ton peut échanger l'une contre l'autre.
Artillerie allemande. DétaiU sur son matériel en 1876.
1* Matériel. — Les projectiles sont placés dans de petites cai claire-voie en tôle. Ces caisses, au nombre de six par coffre, soi posées dans les deux compartiments latéraux, qui s'ouvrent c une porte ordinaire. Les glissières en fer, sur lesquelles elles
ticulier. on enlève successivement les projectiles ; lorsque ceux des moitiés sont distribués, on retire totalement la caisse et réintroduit en sens inverse dans son logement.
T#us les caissons en service, soit dans les batteries, soit da sections de munitions du parc, sont munis de coffres aménagés ci il vient d'être dit. On comprend dès lors avec quelle facilité et < rapidité peut se faire le remplacement des munitions épuisées : il n effet, d'échanger les caisses à projectiles vides contre d'auti orme identique mais pleines, sans être obligé de toucher aux ions elles-mêmes.
Ces caisses à claire-voie possèdent encore l'avantage de permet constituer avec ordre de petits dépôts de munitions lorsque les j sont protégées par des épanlements, auquel cas on ménage dai derniers des cavités dans lesquelles on loge les caisses, de sort les avant-trains peuvent être mis à l'abri sans crainte d'oblig pourvoyeurs à parcourir un trajet trop considérable.
La case de gauche du coffre contient, outre une lanterne so divers objets pour les canonniers-conducteurs, notamment une de guides qui servent au conducteur de derrière à conduire l'atl du milieu lorsque le conducteur de ce dernier vient à manquer.
Parmi les accessoires portés par Pavant-train, on remarque un d'abreuvoir fermé par un couvercle et contenant les ustensiles d sine pour les hommes de. la pièce (3 marmites, 10 assiettes, 1 éci et une grande cuiller).
Contrairement à ce qui a lieu en France, l'avant-train allei transporte une pelle et une pioche fixées à l'aide de courroies s devant du coffre, et deux hachettes maintenues sur les côtés dan gaines que portent les garnitures en cuir des supports de den Grâce à cette disposition, les commandants de batterie ont tou
quelques outils à leur disposition quand ils marchent sans leurs caissons.
Les boites à mitraille ne sont pas placées dans les coffres. Chaque pièce n'en possède d'ailleurs que trois, disposées^ chacune dans une gaîne isolée : Tune sur l'affût lui-même ; les deux autres derrière Pavant-train le long des armons.
Les charges sont disposées dans des sacs en cuir que l'on retire du coffre en soulevant le couvercle. Chacun der ces sacs est muni de deux anneaux qui permettent de les suspendre aux crochets d'une courroie que les pourvoyeurs portent en bandoulière.
Le sac à étoupilles contenant le tire-feu est placé dans un coffret disposé entre les flasques de l'affût. Il en est de môme du sac à fusées, que le chef de pièce suspend à la dragonne de son sabre.
Ainsi on s'est efforcé, dans l'artillerie allemande, non-seulement de réduire autant nue possible la charge des servants à pied, comme nous allons le voir, mais encore de leur laisser toute liberté de mouvements. Aussi les voit-on fréquemment monter sur les coffres, ou sauter à terre, sans que la batterie ait besoin de s'arrêter ; d'ordinaire, ils enjambent la roue de l'avant- train en plaçant le pied sur l'extrémité du moyeu et en saisissant avec les mains les poignées du coffre.
Chaque batterie possède une loneue-vue très-puissante, portée parfois par le maréchal des logis chef en bandoulière.
Personnel. — Les servants des batteries montées prussiennes n'ont pour toute arme qu'un sabre droit. Ils ne portent ordinairement que leur manteau roulé en sautoir sur l'épaule gauche, ainsi qu'une gourde et une musette entoile. Quant à leurs havre- sacs, ils sont to 1jours placés sur les voitures. Ce havre-sac renferme:
1° Une paire de souliers ou de bottes; .
2° Une chemise ;
3* Un caleçon, ou pantalon de toile ;
4° Un pantalon de treillis avec des linges de pieds ;
5* Un sac en toile pour le riz et un sac en drap pour le sel ;
6* Une trousse;
7° Une casquette.
Les hommes des sections de munitions ont, en plus, un mousqueton et un paquet de dix cartouches, pour défendre leur convoi.
Quelques servants désignés par les chefs de pièce ont, en outre, une brosse à graisse, une brosse à reluire, une brosse à habits et une patience.
Dans la musette se trouvent: un peigne, un couteau, une cuiller, une fourchette et le déjeuner.
Les havre-sacs des cinq servants sont disposés : trois sous l'avanttrain, et deux entre les sièges et les flasques de l'affût ; ils sont maintenus à l'aide de courroies. Tel est le dispositif adopté pendant les manœuvres. Le règlement prescrit toutefois qu'en campagne tous les havre-sacs doivent être placés sur les coffres d'arrière -train des caissons et sur les chariots de batterie.
Les servants ne prennent les armements qu'au moment du tir, et
les remettent en place dès qu'on change de position. Le pourvoyeur trouve dans l'avant-train une courroie munie de crochets qu'il passe sous sa patte d'épaule et à laquelle il suspend les sacs à charge qu'il retire tout remplis du coffre.
Attelages. — Les pièces de campagne allemandes, quel que soit leur calibre, sont toutes traînées par six chevaux attelés à l'allemande. L'attelage de derrière tise sur des palonniers accrochés à une volée fixe; les chevaux du milieu sont attelés sur des palonniers fixés à une volée mobile de bout de timon ; enfin, l'attelage de devant tire sur les traits de celui du milieu.
Dans l'artillerie saxonne, les chevaux de devant, au lieu de tirer sur les traits de ceux du milieu, sont attelés directement aux palonniers de volée de bout de timon à l'aide de longs traits qui sont soutenus par des eourroies fixées au harnachement des chevaux du milieu. Cette disposition offre l'avantage de faire tirer directement tous les chevaux sur la voiture.
La selle d'artillerie prussienne est une selle hongroise du modèle général adopté dans la cavalerie.
Paquetage des chevaux. — Le paquetage des chevaux de selle de l'artillerie est à très-peu près le même que celui usité dans la cavalerie ; la différence essentielle consiste dans la suppression de la marmite individuelle.
Les hommes montés de l'artillerie prussienne n'ont pas de portemanteaux. Les effets et autres objets à leur usage sont placés, partie dans les coussins de siège, partie dans des sacoches fixées en avant de la selle ; le tout est recouvert par un tapis en drap (schabraque) maintenu par un surfaix*
Le manteau, plié ou roulé, est fixé à la palette de la selle à l'aide de courroies.
Dans la sacoche de gauche, se trouvent ; 1 paire de chaussures, i livret de solde, 1 cuiller, 1 flacon d'eau-de-vie, 1 sachet à sel, le déjeunera — De plus, il y a dans la poche du couvercle ; i trousse, l'éponge, de la brique anglaise, de la craie, du savon, 1 peigne, 1 alêne et du fil poissé pour les conducteurs.
Dans la sacoche de droite, on trouve : le pistolet et ses accessoires, i étrille, 1 brosse à cheval, 1 brosse à habits, 1 brosse à souliers, 1 brosse à graisse, 1 boîte à graisse, 1 boîte à cirage, 1 chiffon de toile et 1 de drap, 1 patience.
Dans le coussin du siège de la selle on met: 1 chemise, 1 caleçon. — Le coussin de siège des sous-verge ne renferme qu'une paire de bas et de gants pour le conducteur. Les servants à cheval et les sousofficiers placent leurs bas et leurs gants dans leur sacoche de gauche.
Ce mode de paquetage offre l'avantage de laisser le devant de la selle complètement libre entre les sacoches, de sorte que l'homme peut toujours avoir la main de la bride bien placée ; il à, en outre, toute facilité pour prendre ou remettre en place les objets qui se prouvent dans les sacoches, et notamment son pistolet. Paquetage des chevaux de trait. — Le porteur n'a qu'une selle nue,
sans sacoches ni schabraqne. Sous la selle est placée une couverture pliée.
Le sous*verge, au contraire, est sellé et paqneté comme les chevaux de selle; il porte tous les objets et effets à l'usage du conducteur, à l'exception d'une chemise et d'un caleçon oui sont placés dans le coussin de siège de la selle du porteur ; de deux poches à fer et de deux cordes à fourrages, qui sont également fixés à la selle de ce dernier. Le paquetage du sous-verge est recouvert par une schabraqne en drap. .
Grâce à ces dispositions, le porteur est allégé autant qu'il est possible, et, en cas de besoin, le sous-verge peut être immédiatement monté.
Transport de V avoine. — Chaque cheval de selle et chaque sousverge porte toujours une ration d'avoine répartie en deux portions à peu près égales aux deux extrémités d'un sac fixé en son milieu à la
Ïtalette de la selle. Ce sac contient, en outre, une musette pour donner 'avoine au bivouac avec une ration de pain, et un sachet pour le rie et le café.
Les trois rations d'avoine pour les porteurs d'une même pièce sont placées dans un sac à distribution* qui contient de plus trois petits sacs à avoine et trois musettes. Ce grand sac à distribution est couché à plat, à l'aide de courroies, sur le couvercle de Pavant-train de la pièce : il sert donc de matelassure quand on s'assied sur le couvercle.
En campagne, chaque batterie transporte avec elle trois rations d'avoine pour chacun des chevaux; une de ces rations est portée comme il vient d'être dit ; les deux autres sont contenues dans des sacs placés sur. les caissons et les chariots de batterie.
Les piquets dé campement et les cordes pour attacher les chevaux au bivouac sont brelés sur le marchepied de Pavant-train.
Extrait de V aide-mémoire officiel {en 1877) de V artillerie allemande.
« Les chevaux de trait doivent être d'une forte structure; et d'un âge entre 6 et 14 ans. L'expérience a montré que ceux âgés de 9 à 12 ans supportaient le mieux les fatigues d'une campagne.
« En distribuant les chevaux de selle dressés en temps de paix, il faut, après avoir servi les officiers, donner les meilleurs aux trompettes (obligés de suivre constamment les commandants de batterie ou de section dans tous leurs mouvements). »
Le major général de l'armée du Rhin au commandant
du 3e corps d'armée.
Metz, le 6 août 4870.
« En réponse à votre dépêche du 4 de ce mois, j'ai l'honneur de vous faire savoir que j'informe aujourd'hui même le ministre de la guerre de l'absence de médecins et de vétérinaires à la réserve d'artillerie de votre corps d'armée. »
642 EKLATIOKS DU GfiHÉlAL EN CHEF AVEC SES LIBBTEKAUTS.
Le major général de V armée du Rhin au payeur général.
Metx, le 4" août 4870.
« Le tableau de la composition du personnel de la Trésorerie et de Postes, qui m'a été envoyé, ne mentionne ni la réserve générale d'artillerie, ni le grand parc. J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien, pour combler cette lacune, désigner les employés qui devront être chargés d'assurer ces deux services auprès des corps d'artillerie qui ne relèvent pas des commandants de corps d'armée.
« La réserve générale d'artillerie est à Nancy ; le grand, parc, à Toul. »
Le maréchal Baraguey-d'HiUiers, commandant le itT corps de forma
d'Italie, au major général.
Pozzolengo, le 29 juin 4859.
« J'ai l'honneur de vous prier de donner des ordres pour qu'on vétérinaire soit désigné pour être attaché spécialement à l'artillerie de réserve du 1er corps, qui compte plus de cinq cents chevaux on mulets. »
Extrait du journal de marche tenu par un officier du 2e règvmem de zouaves, en Afrique et au Mexique.
« L'artillerie devrait porter dans des coffres, ou avec sa forge, du fer-blanc et de quoi réparer les marmites, bidons et gamelles de l'infanterie à laquelle elle est attachée, car ces ustensiles se détériorent constamment, et on en perd un grand nombre faute de pouvoir faire une soudure ou une réparation immédiatement. »
Extrait du journal des marches et opérations de la 5* brigade d'infanterie prussienne, en 1813 et 1814.
* Les ustensiles de cuisine en fer-blanc n'ont pas répondu à ce qu'on en attendait. Déjà, en temps de paix, j'ai tait dresser, dans chaque compagnie de régiment sous mes ordres, quelques soldats pour faire les réparations, soudures, étamages, etc., et je leur ai procuré les instruments nécessaires ; néanmoins il n'a pas été possible de suffire aux réparations. On ne renouvelle pas assez souvent ce matériel, qui est cependant d'un usage si continuel. •
* Il y a un trou sans fond qui engloutit plus de matériel de campement, plus d'habillement et d'équipement que toutes les autres causes de destruction réunies : c'est l'ambulance ou l'hôpital. Les hommes qui en sortent n'ont plus ni équipement, ni linge et chaussure, ni campement. Leurs armes sont hors d'état de servir et ils n'ont plus de cartouches. Il faudrait attacher un armurier à chaque hôpital.
Le chef de brigade.
S 4. FEftFKCTIONHIMBKTS DAlfS L'OIGàNISÀTION. 643
Perfectionnements concernant le génie.
Extrait du journal des marches et opérations de la 4* division du 1" corps alarmée français, en 1870.
5 août (veille de la bataille de Frœsehwiller).
« Vers midi, nous sommes entièrement établis, et les grand'gardes placées sur le Sauerbach.
« On a cherché à faire sauter le pont de pierre près du moulin, mais ce travail nous a appris que les voitures du génie ne portent pas de poudre de mine. A moins donc de saigner des çargousses et de prendre de la poudre à canon, aucun fourneau de mine ne peut être disposé. •
Extrait du rapport sur le service du génie du 5* corps d'armée français
pendant la campagne de 1870.
« 9 août. — Avant de quitter Sarrebourg, le génie fit enlever les appareils télégraphiques du bureau de la ville et de la gare ; et, n'ayant pas de poudre à sa disposition, ni dans le parc du génie, ni dans la réserve d'artillerie, il donna Tordre au chef d'équipe de la station d'enlever et de jeter dans la rivière les traverses et les rails de la voie sur toute la longueur du pont sur la Sarre, aussitôt que tout le matériel roulant aurait été dirigé sur Nancy.
« 12 août. — A Charmes, le génie détruit le pont du chemin de fer sur la Moselle, et prépare la destruction du pont de pierre sur la même rivière, mais il est obligé de le laisser debout, faute de poudre.
M. le colonel (depuis général) Chareton.
Le colonel de Marcilly, commandant le génie de X armée, au général &AureUe de Paladines, commandant en chef V armée de la Loire.
• 4 décembre 4870 (bataille et retraite d'Orléans).
< Ni le maire, ni le directeur des contributions indirectes, ne peut nous donner les poudres nécessaires à la destruction des ponts, 500 à 600 kilogrammes. Je vais voir Hugon (colonel directeur du parc d'artillerie) s'il peut nous en faire venir ; mais ce matin il en doutait. •
Instruments et outils spéciaux dont est munie en campagne une compagnie du génie bavarois,
Instruments.
1 boussole avec sa boite, 1 lunette avec son étui, $es mètres, niveaux de maçon, règle de nivellement, etc,
644 BELÀTIONS DU GÉNÉRAL EN CHEF ÀTEG SES LDEUTBNAHTS.
Oattts 9pécÛVX.
200 commandes.
2 cordages métalliques, en fer galvanisé, longs de 60 -mètres et
épais de 41 millimètres.
16 pinces pour couper les fils métalliques. 4 tiers*
Pour détruire les Toies ferrées.
10 trousses avec sacoches contenant chacune 1 plane, i eàseaii et
1 masse.
10 trousses avec sacoches contenant chacune i clef à écrous et
1 lime à bras.
36 couteaux à fascinâmes ou serpes.
8 petits cabestans à fascines.
90 pioches.
360 pelles.
8 maillets en bois.
200 commandes de pontage.
8 cordeaux à tracer.
4 piquets à jalonner.
72 serpettes à osier.
i assortiment d'outils de mineurs avec piles et fils électriques. 1 — d'ouvriers en bois pour charpentiers, menui-
siers et charrons. 1 — d'ouvriers maçons, avec pinces, pfeds-de»
biche, etc.
1 assortiment de clous, vis, écrous et crampons. 10 kilos de fil de fer.
200 sacs à terre.
256 kilos de poudre de mine.
2 kilos d'étoupes.
200 fusées brûlant sous l'eau.
400 mèches de communication.
50 saucissons porte-feu.
1 assortiment d'outils pour ouvriers en fer, avec enclumes, etc.,
1 — maréchal ferrant.
1 trousse pour sellier-bourrelier.
1 — tailleur.
1 — cordonnier.
i -— armurier.
Des pièces de rechange pour les voitures.
1 boîte de médicaments pour la troupe,
1 — les chevaux.
1 caisse à papier et fourniture de bureau.
1 caisse contenant les règlements à consulter et ouvrages techniques.
1 caisse de comptabilité.
Le major général Berthier au vice-roi (Eugène Napoléon) commandant X armée de l'Elbe.
Paris, le 5 avril 4843.
« J'ai Thonneur d'informer Votre Altesse que l'empereur a examiné la proposition que M. le général Rogniat a faite de donner à chaque compagnie de sapeurs deux chevaux de bât, indépendamment de son caisson d'outils, et de faire porter à chaque sapeur un outil à pionnier, ou tranchant, renfermé dans un étui en cuir.
c Sa Majesté, sur le rapport que lui en a fait le ministre delà guerre, a approuvé :
1° Que la mesure dont il s'agit fût exécutée pour toutes les compagnies de sapeurs qui seront attachées à la Grande Armée ;
2° Que les caissons d'outils des compagnies de sapeurs de chaque corps d'armée fussent réunis au quartier général de ce corps, où ils formeront un petit parc dont la surveillance sera confiée spécialement à un officier du génie, et qui sera constamment entretenu de manière à pouvoir fournir en toutes circonstances au remplacemeut des outils portés par les sapeurs, ainsi que des outils d'art et autres objets portés par les chevaux de bât.
« J'en donne connaissance au général Rogniat, en le chargeant de prendre toutes les mesures nécessaires pour exécuter promptement les ordres de Sa Majesté à cet égard. Je prie Votre Altesse de se faire rendre compte des dispositions qui auront été faites en conséquence.
« Je joins ici un état indiquant le chargement des deux chevaux de bât qu'aura chaque compagnie de sapeurs. > ,
Etat indiquant le nombre et r espèce d'outils tfart si d'objets d'approvisionnement formant le chargement de deux chevaux de bât qui seront attachés, dans la prochaine campagne, à chacune des compagnies de sapeurs qui seront employées^ la Grande Armée.
Désignation des objets. Quantité. Poids approximatif»
Pour le 4» cheval :
Pinces en 1er 4 25 livra.
Passeçartotit 2 20 —
Scie à deux mains 4 8 —
Scie a une main 4 6 —
Hache de charpentier A 40 —
Bisaigue A 42 —
Herminettes.. 2 46 —
Plane 4 3 —
Ciseaux à manche de bois 2 4 —
Ciseaux en fer 2 8 —
Marteaux de charpentier 2 8 —
Marteau ordinaire» . . , 4 3 —
Maillets 2 8 —
Tenaille 4 3 —
Tarières. 4 46 — »
24 objets. 450 livres.
Report 24 450
Vilebrequin, avec 3 mèches de rechange. .4 3 —
Vrilles K \ —
Compas en fer K 4 —
Equcrrc en fer ^ 2 —
Googes 2 4 —
Tire-points 4 4/2 —
Limes 2 4 —
Piochon 4 40 —
Epaule de mouton 4 45 —
Pierres à aiguiser 2 2 —
Torches 2 8 —
. Tolal 42 objets. 494 £ Hrrei.
Pour le 2« cheval :
Glameaux 50 livres.
Cordages assortis. . . 60 —
Broches et clous • . * 70 — —
Cordeaux à tracer 4 —
Pierres à tracer 1 —
Torches. 8 —
Total 493 livres.
Le commandant du génie de la in division du 12e corps (en 4870}
au ministre de la guerre.
Pau, le 7 avril 4873.
« Le 29 août 1870, à cinq heures et demie du soir, Tordre me fat donné verbalement à Mouzon d'établir un pont sur chevalets en amont du village de Villiers-sous-Mouzon.
« Ce pont, commencé à huit heures et demie du soir, ne put être continué pendant la nuit, à cause de l'obscurité et du manque complet de moyens d'éclairage. Il avait plu les jours précédents, les bois étaient mouillés, de sorte que les feux du bivouac fumaient sans flammes. >
Extrait du journal de marche de la V compagnie du génie du IXe corps d'armée allemand pendant qu'elle était attachée à la . 22* division d'infanterie (10 nov. 1870 au 12 mars 1871).
« Dans les marches, la compagnie était chargée de déblayer les obstacles accumulés par l'ennemi sur les routes» Mais le sac était le principal obstacle à l'exécution rapide de ces travaux. Non-seulement son poids fatiguait énormément les hommes, obligés déjà de porter un outil de pionnier, mais de plus à chaque déblaiement il fallait d'abord mettre le sac à terre, puis le reprendre, l'ouvrage fini, ce qui naturellement faisait toujours perdre du temps. »
« Dans les troupes du génie (pionniers) de l'armée allemande, la baïonnette ordinaire est remplacée par un couteau à fascines, dont
3k ! 4. PERFECTIONNEMENTS DANS L'ORGANISATION. 647
k une des arêtes est dentelée en scie : cette arme, qui se termine d'ail— ' leurs en pointe, peut être fixée au bout du canon. >
. M. le capitaine Peloox.
Le maréchal de MaoMahon, commandant le 1er corps d'armée,
au général commandant le génie.
34 juill eH 870,
t Je vous prie de faire emporter dix-huit cents (1,800) outils par division d'infanterie, pelles ou pioches, pour les tranchées- abris. Vous - voudrez bien donner des ordres pour assurer, par des voitures de 31 réquisition, le transport de ces outils. »
Le ministre de la guerre aux commandants du génie des corps d'armée.
Paris, le 7 août 4870.
« J'ai l'honneur de vous adresser un exemplaire des documents ciaprès :
« 1* Instruction sur le service du génie dans les places (juillet 1835);
< 2° Instructions sur les marchés des travaux du service du génie et annexes (7 mai 1857) ;
« 3° Règlement sur la comptabilité des matières appartenant au département de la guerre (décembre 1845). »
Perfectionnements concernant le train et les moyens
de transport.
Extrait du règlement approuvé par le général en chef Bonaparte pour les équipages d'artillerie de l'armée d'Orient.
46 thermidor an vi.
« Outre les compagnies numérotées, il y aura au parc une compagnie surnuméraire. Sa force ne sera pas déterminée. Elle sera destinée à recevoir tous les hommes et les animaux de nouvelle levée, et servira à remplir les vides qui se feront dans les compagnies numérotées. »
L'intendant général de la Grande Armée, Daru, au major général Berthier.
Berlin, le 24 décembre 4807.
« Je rappelle à Votre Altesse la proposition gue j'ai eu l'honneur de lui faire par ma lettre du 18> novembre dernier, et qui consiste à
attacher à la suite de chaque bataillon du train des équipages militaires une compagnie à pied spécialement destinée au service des équipages auxiliaires en temps de guerre, c'est-à-dire à la surveillance, à la garde et à la direction des parcs de voitures de réquisition, >
« Après l'arrivée à la Vera-Cruz, en septembre 1862, des renforts destinés au corps expéditionnaire du Mexique, îe but à atteindre était de pouvoir porter le plus promptement possible l'armée à Mexico. Mais, pour y arriver, il fallait d'abord s'emparer de Puebla,; et, ayant de se porter devant cette place forte, on devait se réunir à Orizaba pour s'organiser et se préparer. La première difficulté était donc de faire passer 25,000 hommes par des chemins que les 6,000 hommes du premier envoi avaient eu de la peine à parcourir; puis, avant tout, il fallait soustraire les troupes au fur et à mesure de leur débarquement, aux influences meurtrières de la fièvre jaune qui sévit en permanence sur la côte orientale du Mexique. Il a donc fallu des efforts inouïs pour mettre à la suite des bataillons débarqués les moyens de transport nécessaires pour leur permettre de sortir du climat malsain «des Terres chaudes et d'arriver sur les plateaux pins élevés et plus sains d'Orizaba et de Jalapa.
« Mais il ne suffisait pas d'amener seulement l'armée sur ces deux points, il fallait y faire arriver aussi tous les moyens de guerre, un matériel considérable, une artillerie nombreuse; il fallait approvisionner le corps expéditionnaire de munitions, de vivres, maintenir des communications souvent attaquées, accumuler sur tous les points des moyens de transport sans lesquels on ne pouvait rien. Cette partie du service était la préoccupation de tous.
« Pour arriver à constituer les transports nécessaires à l'armée, on fit des achats de mulets à Cuba, à New- York et à la Martinique. Un matériel roulant fut acheté aux Etats-Unis : une partie put arriver, l'autre fut saisie. Quand on avait des voitures, c'étaient les attelages qui manquaient, car la grande difficulté était de se procurer des mulets ; et quand, après des ennuis de toutes sortes, on était parvenu à en avoir, on manquait alors de conducteurs. Il fallait donc s'ingénier pour arriver à pouvcjir se servir du nombreux matériel dont l'Administration avait fait l'acquisition; et, comme conséquence, on fut amené à changer le mode de conduite des voitures en usage en France au train des équipages et qui consiste à employer, pour» voiture à 4 roues, l'attelage à 4 chevaux ayant deux conducteurs montés sur les deux chevaux de gauche. On porta ce môme attelage à 6 mulets n'ayant plus qu'un seul conducteur monté sur le cheval de gauche de derrière, conducteur conduisant son attelage à grandes guides.
c Ce changement amena les modificationssui vantes dans le service, qui fut réglé comme ci-après :
« 1° Un seul pansage par jour, en station : celui dumatin; en roofe».' celui du soir, après l'arrivée au gîte.
-+ £• L'abreuvoir en liberté, après le pansage. * 3° Distribution de la moitié de la ration de fourrage, paille et orge mélangées, immédiatement après l'abreuvoir.
< 4° En station, le pacage en liberté, de 11 heures du matin à 4 heures du soir.
« 5° L'abreuvoir en liberté à la rentrée du pacage; et, immédiatement après, distribution de la 2e moitié de la ration de fourrage, toujours paille et orée mélangées.
« 6° Mise en liberté des animaux, soit à l'écurie, soit pendant la route. Dans ce dernier cas, on se sert des voitures pour former le vorral (expression mexicaine signifiant enclos), c'est-à-dire qu'elles -sont formées en cercle, renfermant à l'intérieur un espace assez vaste pour permettre d'y laisser les animaux en liberté.
< 7° Enfin, pour les routes et convois, l'usage de l&pésèbre (auge) en toile reposant sur des pieds articulés en forme d'X.
« Le service exécuté de cette manière offre les avantages suivants :
« 1° Un pansage par jour suffit pour entretenir et soigner un cheval ou mulet de troupe, ce qui permet aux conducteurs d apporter plus •de soins au matériel qui leur est confié.
< 2° L'abreuvoir en liberté a l'avantage dé laisser à l'animal la faculter de boire à sa soif et d'employer seulement quelques hommes pour cette opération (il suffit d'avoir en tête une jument portant une clochette, que tous les animaux suivent).
c 3° En laissant les chevaux et mulets libres de manger à l'écurie ou au corral, on empêche ces animaux de manger, gloutonnement, de prendre en aliments plus qu'il n'est nécessaire à leur sustentation; conséquemment, les cas d'indigestion, si fréquents quand les animaux sont attachés, deviennent fort rares.
« 4° Le pacage en liberté, qui remplace la promenade en main, a l'avantage de permettre à l'animal de se mouvoir comme il veut, de conserver et de rétablir ses aplombs, et de n'employer pour cette partie du service que quelques hommes qui suffisent à garder un troupeau de cent à deux cents mulets (car ceux-ci sont attentifs à ne pas perdre de vue la jument qui porte la clochette).
La liberté des animaux parait chose difficile; mais, dans la pratique, ce mode n'offre aucune difficulté sérieuse. L'animal qui s'y trouve soumis arrive promptement à une docilité complète. Son entretien exige moins de monde et de soins ; ce qui donne à son conducteur plus de loisir pour l'entretien de ses armes, de ses effets et de son harnachement.
5° Enfin, l'usage pour la route de la pésèbre, ou auge en toile, en remplacement de la musette-mangeoire, a le grand avantage de garantir le fourrage du contact du sol, de livrer à l'animal commodément sa ration entière, qui est utilisée par le voisin s'il n'en profite pas; tandis qu'avec le système européen, la ration est au tiers perdue par le piétinement des chevaux sur la corde de campement le long de laquelle est étendu le fourrage.
650 RELÀTIOïfS DU GtHftfcAL SN CHEF ÀY1C 818 LŒUTHUNTS.
« Ce sytème de conduite et d'hygiène a produit les meilleurs résultats, tant sous le rapport de la conservation des animaux que sous celui de l'économie de travail pour les conducteurs, enfin de l'économie de dépense pour le Trésor.
« C'est au moyen de cette organisation que notre Train des équipages a pu pourvoir, pendant quatre années, au service du Corps expéditionnaire dont il a suivi tous les mouvements dans l'intérieur de cet immense empire, grand comme quatre fois la France. »
II. le eolonel Hngueney, qui commandait le train des équipages an cent expéditionnaire.
L'intendant général de V armés du Rhin au major général.
Meta, le dO juUIet 4*ft.
c Les voitures requises dans les différents départements, pour la fourniture des équipages auxiliaires de l'armée, sont arrivées en partie, et constituent dès à présent des ressources importantes, qu'il faut organiser solidement en vue des opérations ultérieures, mais l'insuffisance du train régulier ne permet pas d'avoir recours aux cadres de ce corps pour encadrer les équipages auxiliaires requis. •
< Si les voitures auxiliaires du train sont fournies par l'entreprise, \on devra exiger qu'elles soient à 4 roues et bâchées, et autant que possible du modèle dit Comtois; mais, si elles proviennent de réquisitions, elles ne peuvent être que du modèle en usage dans le pays oà a lieu la réquisition.
c Dans tous les cas, chaque voiture devra avoir une plaque sur laquelle sera indiquée: (Armée française.— Train auxiliaire). Le conducteur de la voiture devra être porteur d'un brassard portant la même inscription et un numéro d'ordre. Enfin, pour la régularité du service, on établira un contrôle sur lequel seront inscrits : le nom du conducteur, son domicile, le signalement des chevaux, l'indication du modèle et des accessoires de la voiture.
« Les voitures provenant des réquisitions ou d'une entreprise se» ront, à compter du jour de leur arrivée, entretenues par l'Etat, cVstà-dire que leurs conducteurs auront droit aux distributions et aux fourrages comme le train régulier. Ces distributions leur seront faites au moyen de bons du modèle réglementaire, établis par les soins de l'officier commandant le cadre de ce train auxiliaire.
« Il faut empêcher que ces voitures conduites par des paysans ne soient mêlées aux troupes, sans quoi elles seront pillées, leurs conducteurs maltraités, et on arrivera au plus grand désordre.
c L'expérience acquise, pendant la malheureuse campagne de 1870, à l'égard des moyens de transport de notre train régulier, a démontré une fois de plus que la conduite des voitures en grandes guides pour le service des£ quipages militaires était de beaucoup préférable à celle dite en Daumont, tant sous le rapport de l'économie pour le
§ 4. PSIPBCTIOHHIMIHTS BANS L'OtGAIUSATIOlf . 651
Trésor que de la conservation des chevaux et de l'augmentation de force dans la traction, ainsi que de l'économie de travail pour les hommes; parée que, pour la conduite en guides, le soldat employé à ce service y est promptement façonné, car il lui faut seulement quelques jours de pratique pour le mettre à même de conduire sa voiture tandis que, pour l'attelage en Daumont, il faut au moins six mois pour former un conducteur; et encore, après ce laps de temps, laisse- 1- il beaucoup à désirer. Seulement, pour la conduite en guides, il conviendrait, l'homme étant placé sur le siège de la voiture» de porter l'attelage a trois chevaux de front; au lieu de deux qui est l'attelage actuel. Pour atteler de cette manière, il faut remplacer le timon par une limonière; conséquemment, le cheval du milieu serait garni en derrière, et les chevaux de droite et de gauche garnis en devant. De plus, avec ce genre d'attelage, il est indispensable de remplacer le sabot de la voilure par un frein se manœuvrant du siège de la voiture.
c Notre train des équipages possède une excellente voiture : c'est sans contredit le chariot de parc à hautes ridelles. Il conviendrait de n'employer que cette seule voiture en campagne ; et si on la dotait d'une bâche reposant sur cerceaux, on aurait une très-bonne voiture, propre à tous les transports de l'administration, même à celui des malades, et sur laquelle on pourrait placer 42 quintaux.
« Quant au matériel pour bêtes de somme, nous n'avons aucune modification à signaler : lescacolets et les litières sont deux excellents moyens pour enlever les blessés sur le lieu de l'action, mais ils ne conviennent pas aux évacuations en raison du mouvement de va-et-vient produit par l'allure du mulet, qui fatigue énormément le blessé. »
M. le colonel Hogueney, cpi a été le chef da train des éouipages aux armées d'Afrique, de Grimée, d'Italie, da Mexique et do Rhin.
Le général Canrobert, commandant en chef de V armée de l'Orient,
à l'intendant de £ armée.
Au camp devant Sébastopol, le 24 janvier 4856.
« Je désire que tous les hommes du train des équipages soient pourvus d'une paire de bas de laine et d'une paire de gants. »
Observations d'un officier prussien, après la campagne de 1866, sur V organisation du train des équipages et les moyens de transport.
« Les succès surprenants remportés en 1866 par les troupes prussiennes ont poussé toutes les puissances de l'Europe à soumettre leur organisation militaire à un examen sévère, à la perfectionner et à la remanier plus ou moins profondément. Ces succès, l'armée nrussienne les doit en grande partie à l'intelligence et à l'assiduité avec lesquelles, pendant les loisirs d'une paix de cinquante ans, elle a étudié, dans les combats soutenus par les armées étrangères, lés progrès de l'art de
652 RILÀTI01W DU GftRÊtAL KN CHEF ÀYÏC 818 LIEUTENANTS.
la guerre, et à son ardeur infatigable à profiter de l'expérience -ainsi acquise à l'étranger.
< Il ne faut donc pas s'étonner si, aujourd'hui encore, Tannée prussienne, loin de se reposer sur ses lauriers, continue à exploiter sous toutes ses faces le champ étendu. d'observations que lui ont ouvert les faits d'armes de la guerre de 1866. L'échange des idées éveil* , lées par les événements de cette campagne ne peut qu'aider au succès * de ces recherches; aussi nous permettons-nous d'appeler l'attention sur quelques défectuosités qui se sont révélées pendant la guerre de Bohème dans l'organisation du train attaché à notre infanterie*
« Dans les longues marches qu'il effectua en Silésie aux mois de mai et de juin 1866 vers Landshut et Liebau, de là vers la Neiss de Glatz (ligne entre Neiss et Grottkau), et ensuite par Mûnsterberg sur Glatz, Lewin, Nachod, Skalitz, Gradlitz et Koniggraetz; dans son mouvement en avant à travers la Bohème, la Moravie, la Hongrie, jusqu'aux petits Karpathes ; enfin, pendant la longue marche rétrograde
3u'il effectua presque constamment en pays de montagnes, le 5e corps 'armée prussien, dont nous faisions partie, eut fréquemment l'occasion de constater que notre train de troupe avait maint côté faible. L'organisation n'en est pas uniforme dans tous les bataillons d'infanterie.
« Les bataillons de mousquetiers ont une voiture à cartouches à 6 colliers, une voiture à 4 colliers pour les bagages des officiers, une voiture à 2 colliers pour les effets de linge et chaussure, une charrette à médicaments à 2 colliers, 4 chevaux de bât de compagnie, en tout 4 voitures et 20 chevaux. Pour les voitures à cartouches, à effets de lingt et chaussure, et les charrettes à médicaments, le train des bataillons de fusiliers est composé comme nous venons de le voir ; mais au lieu de la voiture à bagages d'officiers et des 4 chevaux de bât, ces bataillons ont pour chaque compagnie une charrette à 2 colliers, ce qui porte leur convoi à 7 voitures et 20 chevaux, et constitue, en somme, pour 1,000 hommes, un train fort considérable.
c Si le train suit directement chacun de ses bataillons, la colonne de marche s'allonge d'une façon démesurée. La moindre cause y occasionne des à-coup qui, en se renouvelant, fatiguent énormément les troupes. Pour se former en bataille au début d'un engagement, surtout lorsque cette manœuvre a lieu au débouché d'un défilé long et étroit (comme il arriva au 5e corps d'armée, le 27 juin 1866, près de Nachod), les corps de troupe un peu considérables ont dans ce cas des difficultés infinies à surmonter.
« Le général von Steinmetz, commandant le 5e corps d'armée, reconnaissait fort bien ces inconvénients. Dès le 5 juin, il ordonna que les voitures à cartouches des bataillons d'infanterie suivissent les batteries attachées aux corps de troupes, et, à partir du 26 juin, jour où s'effectua le mouvement en avant sur la chaussée de Glatz à Nachod, il ne fit suivre les troupes que par les voitures d'ambulance, les voitures à bagages et les chevaux de bât; encore les réunit-il par brigade. Les voitures à 4 colliers des bataillons durent, à cause de la pésan-
§ 4. PBRFECTIONNBMBNTS DANS L'ORGANISATION. 653
teur de leur allure, marcher à la suite du corps d'armée. Ces mesures
Î portèrent leurs fruits, en ce qu'elles permirent au 5* corps de forcer e passage de ce long défilé et de s'y maintenir d'une façon brillante en présence d'un ennemi égal en nombre. Le corps tout entier n'employa que 3 heures à passer ce défilé.
< Cette mesure fut cependant désavantageuse pour les troupes sous certains rapports. Les outils et presque tout l'attirail de rechange des , voitures d'un bataillon sont portés par les voitures à cartouches. Cellesci parquaient presque toujours loin du train d'infanterie qui se trouvait à tout bout de champ obligé de se tirer d'affaire comme il le pouvait sans ses rechanges. Cette circonstance créait de grands inconvénients faciles, à éviter si Ton répartirait proportionnellement entre les autres voitures une partie de cet attirail de rechanges qui n'y prendrait pas beaucoup de place et n'en augmenterait guère le poids. Les bataillons ne parvenaient que rarement à être rejoints par leurs voitures à 4 colliers, restaient souvent plusieurs jours sans les voir, et enduraient des privations. C'était tantôt le payeur qui manquait avec sa caisse, tantôt l'armurier avec ses outils et les pièces d'armes de rechange ; une autre fois, c'étaient les effets de linge et de chaussure, la popote des officiers, qui faisaient défaut. De nombreux désagréments en résultèrent, et cependant cette mesure était impérieusement commandée par les circonstances. N'eût-il pas été possible de se tirer d'affaire autrement, de réduire, par exemple, les bagages que l'on traîne habituellement à sa suite ? Nous ne le croyons pas. La nécessité d'avoir auprès de soi les voitures à cartouches et celles d'ambulance ne souffre pas la discussion; il n'est pas moins utile de se faire suivre d'effets de rechange, de chaussures surtout, des outils de l!armurier, des pièces d'armes, de la caisse et de la comptabilité du bataillon. La voiture à bagages d'officiers et les 4 chevaux de bât d'une part, de l'autre les 4 voitures à bagages de compagnie, suffisent bien juste au transport des bagages, de la popote des officiers, et aux premiers besoins de compagnies. Mais il est à coup sûr possible de tirer un meilleur parti de la force de la traction dont on dispose et de mieux la répartir, ce qui permet en même temps de la réduire. Il suffirait, pour cela, qu'une grande partie de nos voitures fussent mieux construites et que l'on supprimât les chevaux de bât.
< Une voiture bien construite doit réunir les conditions suivantes : « Ses mouvements, tant horizontaux que verticaux, doivent s'articuler
avec souplesse; elle doit joindre, à la précision de mouvement, des dimensions convenables, être solide et durer longtemps ; elle doit être facile à traîner, tant sous le rapport de la charge qu'elle peut supporter que sous celui de la force employée à la mettre en mouvement, de manière que les chevaux puissent la faire mouvoir même dans les mauvais chemins et sur les pentes roides.
« La voiture à cartouches nouveau modèle, telle que l'ont aujourd'hui toutes les troupes, satisfait pleinement au but auquel elle est affectée ; elle est suffisamment mobile, contient une quantité convenable de cartouches, et les 6 chevaux dont elle est attelée suffisent à la traîner.
654 RELATlOftS DU Gfel&lUL IN CHEF AVEC SB U1UTBHAHTS.
c II n'en est pas de même des voitures à 4 colliers, leurs mouvements sont malaisés ; il est doue indispensable de ne pas les faire suivre immédiatement les bataillons qui tout partie de grands corps de troupes en marche. Ce sont du reste celles dont il est le plus facile de se passer momentanément. Ces voitures ont cependant l'avantage d'être très-bien appropriées à leur chargement, Il est certain que l'on pourrait encore augmenter celui-ci, si le peu de largeur de leur plancher et leurs dimensions intérieures ne s'y opposaient, des voitures sont tellement remplies, qu'il faut être très-exercé pour parvenir à y emballer tous les objets prescrits pour leur chargement.
c Les voitures d'ambulance et celles à bagages îles compagnies de fusiliers ont le grand inconvénient de n'avoir que deux roues. En introduisant dans l'année les véhicules à 2 roues, on a gratuitement donné la préférence à la mobilité aux dépens de la capacité de transport.
« Moi-même, à cause de leur mobilité, je leur avais attribué des qualités éminemment pratiques. Je ne fus donc pas peu surpris» un jour que je remarquai les inconvénients graves qu'offre leur emploi. Le régiment arrivait du nord et s'engageait dans les premiers contreforts du Riesengebirge. Nous avions à franchir une montagne assez escarpée par un mauvais chemin vicinal, et j'avais quelque inquiétude au sujet de la voiture à effets de petite monture, dont les attelages étaient médiocres et dans le conducteur de laquelle je n'avais pas grande confiance. Elle se comporta cependant à merveille : les chevaux enlevèrent cette lourde masse sans s'arrêter; à propos de quoi nous observerons encore que ceux qui étaient sellés avaient à porter un cavalier, poids auquel ils n'étaient pas habitués. Derrière venait la voiture de médicaments, portant à peine le quart du poids de la précédente, et attelée de deux chevaux de trait vigoureux. L'attelage nt tous ses efforts, le limonnier, incommodé par la sous-ventrière qui le lie au brancard, s'emporta; la charrette finit par ne plus bouger, commença à rouler en arrière, et il fut infailliblement arrivé un malheur, si une grosse pierre n'eût arrêté au bord du fossé la reculade de la voiture, l'ai secvent été, dans la suite, témoin d'accidents pareils, une voiture restaitelle en route, c'était toujours la voiture à bagages d'une compagnie de fusiliers ou d'un escadron de cavalerie, à 2 roues.
« Les causes de cet inconvénient s'expliquent facilement.
« L'essieu est placé de telle sorte, que le centre de gravité du véhicule repose presque sur lui, très-peu en avant du côté des chevaux. En plaine, rien de mieux, mais en montant, le centre de gravité se déplace, tout le poids de la charge se porte sur l'arrière, la sous-ventrière soulève littéralement le limonier, en sorte que celui-ci, bien qu'il touche encore à terre, est incapable de tirer avec force. Dans les chemins raboteux ou non frayés, le cheval ne peut, à mi seul, enlever la voiture. En descendant, au contraire, tout le poids se porte violemment vers l'avant, puisqu'on principe déjà le centre de gravité est situé un peu en avant. Le limonier est obligé de retenir à lui seul le véhicule roulant en pente, ce à quoi il parvient à peine, tout
S 4. FlftFSCTIOjmEMBIlTft DANS i/OEOiHISlTlOIÏ. 655
le poids de la voiture agissant sur son dos, et, par suite, poussant en ayant le garrot.
• L'autre cheval ne suffit pas à contenir cette chasse en avant, et il faut que le limonier soit fort et solide sur ses jambes pour s'acquitter de son rôle, d'autant plus que ces voitures ne sont pas pourvues d'appareil à enrayer. U arriva maintes fois que des voitures à 2 roues descendirent des pentes à la course, se jetant sur celles qui les précédaient ou dans les rangs des bataillons, parce que leurs attelages ne pouvaient les retenir.
c D'autre part, toute la charge ne reposant que sur deux roues; celles-ci pénètrent plus profondément dans les sols peu consistants,
2ue lorsque le chargement est réparti sur 4 roues. Une roue vient-elle Lors à se briser, il est bien difficile et mémo impossible d'y remédier, c Si les charrettes reposaient sur 4 roues, tous les inconvénients que nous venons d'énumérer disparaîtraient, et deux chevaux suffiraient à traîner un poids presque double. On pourrait également construire des charrettes à 4 roues, de façon à ce qu'il fût possible de les faire évoluer dans un petit espace. Il suffit pour cela que l'essieu de devant soit situé fort au-dessous du plancher du véhicule, et gue les roues de devant soient assez petites pour effectuer leur révolution audessous de ce plancher (1). On comprend facilement que les roues de derrière doivent être de dimensions suffisamment grandes, et qu'il faut se garder de réunir les deux essieux par une traverse. La voiture d'ambulance autrichienne nous offre» sous ce rapport, un modèle à imiter.
« Cette voiture a encore, sur notre charrette à médicaments, le grand avantage d'être aménagée de telle sorte que les médecins peuvent y prendre place. Le rôle le plus important du personnel médical ne commence que sur le champ de bataille, Pour la plupart, les médecins, loin d'être des écuyers consommés, ne viennent pas à bout de leurs chevaux, fatiguent beaucoup en selle, et ne peuvent alors, on le comprend facilement, être assez dispos pour consacrer toute leur activité à leur pénible besogne, pendant laquelle ils ne savent non plus •que faire de leur cheval, un homme du train ne pouvant sans relâche oourir sur leurs talons. La charrette à médicaments doit pourtant les suivre partout sur le champ de bataille, puisqu'ils ne sauraient porter par-devers eux tous les pansements qui leur sont nécessaires. Si donc la charrette avait quatre roues et était aménagée de telle sorte que les médecins pussent y prendre place, il en résulterait les avantages suivants :
« 1° On pourrait y placer, outre le chargement actuellement prescrit, les brancards, les bagages et les instruments des médecins, une
(4) De petites roues de devant offrent sans contredit des avantages que l'on né -doit pas dédaigner ; mais, d'an antre coté, elles entravant la marche an terrain heriioaUl, et ne triomphant pas si facilement que les grandes du frottement à» «mieux et daa inégalités des chemins raboteux.
plus grande quantité de pansements et de médicaments, sans que les chevaux eussent un poids plus considérable à traîner ;
« 2° Les médecins arriveraient plus dispos sur le champ de bataille et pourraient y déployer toute leur activité;
€ 3° On pourrait, dans chaque régiment, supprimer 7 chevaux (les deux du médecin-major, les deux des aides-majors et les trois des médecins assistants), ce qui, lors d'une mobilisation, en comptant ^économie des rations et des indemnités pour achat de chevaux, couvrirait, à peu de chose près, le coût de trois charrettes à médicaments supplémentaires. ^
« 4* La charrette serait dans des conditions de marche bien meilleures que celle à 2 roues, tout en étant plus maniable. Cette dernière condition a d'ailleurs perdu de sa valeur, aujourd'hui que toutes les puissances militaires ont adhéré aux clauses de la Convention de Genève de 1864, et que la neutralité du personnel médical et du matériel dont il dispose a été généralement reconnue.
« Les voitures à bagages de compagnie ont sur les chevaux de bât le grand avantage de permettre à aes compagnies détachées d'emmener avec elles tout ce dont elles ont besoin, tant pour les officiers que pour la troupe, sans être obligées de requérir des chevaux de renfort. C'est -aussi la raison pour laquelle on les a données aux compagnies de fusiliers, parce que l'on a admis qu'elles se trouvaient plus souvent appelées à être détachées que cela n'a lieu dans les bataillons de mousquetiers. L'expérience a démontré cependant qu'elles n'avaient pas toujours pu suivre leur compagnie en pays de montagnes, et qu'alors les officiers avaient été obligés de se passer de leurs manteaux et de leur matériel de popote, tandis que les chevaux de bât passent partout. Mais cet inconvénient résulte précisément de la construction de ces voitures. Nous sommes convaincu qu'une voiture à 4 roues, construite d'après les principes que nous avons énumérés plus haut, sera non-seulement en état de passer partout où il y aura un chemin carrossable, mais qu'elle pourra encore contenir sans inconvénient plus de bagages.
« Un cheval de bât ne peut porter au plus que 3 quintaux (de 50 kilogrammes), tandis qu'un fort cheval de trait traîne facilement de 7 à 9 quintaux. Lorsqu'il porte 3 quintaux, le cheval de bât ne saurait trotter ; aussi est-il à craindre qu'il ne résiste pas à des marches forcées.
< Malgré la meilleure construction, le bât blesse facilement le cheval, et, dans ce cas, il ne reste plus à une compagnie d'autre ressource que de requérir des chevaux de renfort, que l'on ne peut d'ailleurs se procurer partout. On ne saurait, d'un autre côté, employer comme bêtes de somme que des chevaux d'humeur pacifique ; beaucoup d'entre eux ne s'habituent jamais à porter une charge aussi informe.
« Nous pensons donc, en nous basant sur toutes ces considéra, tions, que le train des bataillons devrait être constitué de la manière suivante, qu'il s'agisse de bataillons de mousquetiers ou de fusiliers:
g 4. PERFECTIONNEMENTS DANS L'ORGANISATION. 657
« 1* Une voiture à cartouches à 6 colliers du modèle actuellement en service ;
« 2* Une voiture à 2 colliers affectée à l'état-major, et renfermant, outre les bagages des officiers qui en font partie, l'attirail de l'armurier, la caisse de comptabilité du bataillon, la caisse du payeur et la popote des officiers de l'état-major ;
« 3° Une charrette à médicaments à 2 colliers, ou plutôt une voiture d'ambulance disposée de façon à ce que deux médecins puissent y prendre place, et contenant, outre leurs bagages, les médicaments, les pansements, les instruments et les brancards ;
< 4# Quatre charrettes de compagnie à 2 colliers pour les bagages des officiers, leur popote, les effets de petite monture, la comptabilité de la compagnie, et tout ce qui lui est autrement nécessaire ;
« 5° Pour l'état-major régimentaire, une voiture à 2 colliers par ré* giment.
« Les voitures spécifiées aux articles 2, 3, 4 et 5 seraient à 4 roues et construites d'après les principes sur lesquels nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de revenir. Chaque voiture serait en outre pourvue des rechanges et outils nécessaires, qui jusqu'à présent n'entraient que dans le chargement des voitures à cartouches.
« D'après ces principes, il faudrait à un régiment :
• 3 voitures à Q colliers et 19 à 2 colliers, en tout 22 voitures avec 56 chevaux.
< Dans l'organisation actuelle, le régiment a 3 voitures à 6 colliers, 5 à 4 colliers, 8 à 2 colliers, en tout lo voitures et 62 chevaux (y compris les 8 chevaux de bât).
« Il y aurait donc 6 voitures de plus, mais les 5 voitures à 4 colliers, qui constituent précisément la partie la plus embarrassante du convoi, disparaîtraient.
« Outre les 7 chevaux des médecins, on pourrait encore en supprimer 6, ce qui porterait à 43 le nombre des chevaux que l'on économiserait de cette manière.
< Toutes les voitures seraient pourvues d'appareils à enrayer ou de sabots.
« Les voitures à cartouches pourraient être attachées aux batteries, et les véhicules de toute autre destination être réunis par brigade et marcher sous la direction du payeur le plus ancien. On devra, pardessus tout, tenir la main à ce que le train ne suive que le bord droit des chemins, et qu'à l'approche de l'ennemi il quitte aussitôt la route et s'arrête jusqu'à nouvel ordre. Quant au convoi des brigades d'avant-garde, il devra même rétrograder jusque hors de la portée de canon.
< Dans l'organisation actuelle du train, il faut à un bataillon de mousquetiers :
< 7 conducteurs montés ; « 1 conducteur sur siège ; « 4 palefreniers ;
• En tout 12 soldats du train pour le convoi.
658 RELATIONS DU GfiMftfiAL EK CHEF ÀVTC SES UKUmUNTS.
« Un bataillon de fusiliers a :
< 5 conducteurs montés ;
« 5 conducteurs sur siège.
« En tout 40 soldats du train.
« L'étatanajor régimentaire emploie :
« 1 conducteur sur siège.
« H faut, par suite, au régiment entier :
< 49 conducteurs montés ; « 8 conducteurs sur siège ;
< 8 palefreniers pour les chevaux de bât. « En tout 35 soldats du train.
c D'après l'organisation que nous proposons, l'état-major régimes* taire emploierait :
« 1 conducteur sur siège.
« Les trois bataillons :
« 9 conducteurs montés ;
«48 conducteurs sur siège.
< En tout 28 soldats du train*
< Cette organisation présenterait donc encore l'avantage de réduire dans chaque régiment, dedix, le nombre des conducteurs montés qu'il faut dresser.
c Le harnachement, en supposant que Ton adopte généralement celui du nouveau modèle, satisfait à toutes les exigences. En temps de paix, les harnais sont déposés dans les magasins des bataillons. Personne ne s'entend à les entretenir convenablement pendant ce temps, et il arrive qu'en les remettant en service, tout rompt, tout casse, parce que le cuir s'est durci ou a et? mangé par les vers. Les réparations coûtent alors autant que la confection d'un matériel neuf; il n'est guère non plus facile de les faire exécuter au moment d'une mobilisation, quand les selliers civils sont accablés de besogne.
« De même personne, pas même les conducteurs, ne s'entend à ajuster les harnachements ; en sorte que les chevaux ont plus de peine à tirer et se blessent très-facilement (4). •
c II serait en conséquence préférable que les voitures, les harnais et tout ce qui en dépend fussent réunis dans les dépôts stationnés dans les garnisons occupées par de l'artillerie ou du train, et qu'ensuite les voitures pourvues de tout l'atirail nécessaire, les chevaux harnachés et attelés, fussent confies à des hommes exclusivement dressés à ce service, puis essayés pendant un ou deux jours. Les voitures pourraient alors être dirigées sur les corps de troupes auxquels elles appartiennent, pour y être chargées. La voiture à cartouches serait équipée dans la batterie à laquelle elle aurait été attachée, et suivrait cette dernière lorsqu'elle se mettrait en route.
$ (4) Les sous-officiers que les régiments d'infanterie détachent annuellement à l'artillerie devraient, pour le moins, être familiarisés arec l'entretien et l'ajustage do harnachement.
§ 4. PBEFKCTIOmnUffKTS DAHS i/OKAXISATIOlU 660
« Il serait également désirable que chaque année l'artillerie instruisit un plus grand nombre d'hommes de l'infanterie, que cela n'a eu lien jusqu'ici, et surtout de sous-officiers, à conduire les voitures, à entretenir et à manipuler les harnais, à charger les voitures, à soigner le* chevaux, etc. Cette instruction devrait durer plus longtemps et être donnée avec plus de soin que jusqu'ici.
« Les idées que nous venons de développer nous sont communes avec beaucoup de nos camarades avec lesquels nous avons eu l'occasion de nous entretenir, et dont l'opinion, à cet égard, ne différait que fort peu de la nôtre, lorsqu'ils n'étaient pas absolument de notre avis. Chacun reconnaissait pleinement les défauts dont l'organisation de notre train d'infanterie est entachée, ainsi que les améliorations dont elle est susceptible. Tous étaient unanimes à convenir que les charrettes à deux roues ne sont pas d'un usage pratique. Les améliorations que l'on introduira dans la constitution du train d'infanterie seront considérées par toutes les personnes compétentes comme un grand progrès. §
Vn officier de l'armée prussienne qui a fait la campagne de 4866.
« Dans ces derniers temps (1871), on a cherché, dans l'armée autrichienne, à réduire le plus possible les équipages. Une des mesures prises dans ce but a été de transformer l'attelage à 4 chevaux de toutes les anciennes voitures à vivres en attelage à 3 chevaux de front, ce qui a donné non-seulement une économie d'un quart dans le nombre des animaux et la quantité de fourrage à délivrer, mais encore réduit de six pas par voiture la longueur des colonnes d'équipages. Enfin, on a adopté la conduite en guides.
« Une seconde mesure a été Y introduction, dès 1867, d'une nouvelle voiture du train qui peut être attelée indifféremment en queue ou en tête, de sorte que, s'il faut brusquement battre en retraite, il n'est pas nécessaire de faire tourner la voiture, ce qui est souvent d'ailleurs impossible dans les chemins étroits : il suffit d'amener les chevaux avec le timon du côté opposé, c'est-à-dire de changer le côté de l'attelage. De plus, cette nouvelle voiture possède le grand avantage de pouvoir se démonter en entier. »
MM, Obaaer et Guttenberg, officiers supérieurs de l'état-major autrichien.
Extrait du règlement du 14 novembre 1872 sur le tenace du train
en campagne dans V armée allemande.
« Les voitures du nouveau modèle, quoique divisées en 4 groupes, suivant leur destination, sont toutes construites sur un plan uniforme*
< Pour leur donner la plus grande flexibilité possible, on a établi la liaison de leur avant-train avec leur arrière-train, d'après le système adopté dans les voitures d'artillerie. Elles peuvent faire demitour sur place, parce que les roues de devant passent sous l'avant train.
600 1BIATIQRS DU GÉRfiRAL IN CHEF ÀVKC SB3 LIEUTENANTS.
« Le poids des voitures et leur chargement normal est réglé de manière qu'elles paissent se mouvoir en dehors des chemins avec leur attelage réglementaire, même quand cet attelage est affaibli par les privations inséparables de la vie de campagne.
< Toutes les voitures sont pourvues de rrein. Les fusées d'essieu, et autant que possible les roues, sont uniformes avec celles de l'artillerie de campagne. La largeur de la voie est aussi celle de l'artillerie, c'est-à dire de lm,52.
< Les essieux sont en acier fondu. Les roues ont été fabriquées pendant quelque temps avec des moyeux en bronze, d'après le système Thonet. Maintenant on est revenu aux moyeux en bois. »
Extrait du journal de marche tenu par le chef d'ètat-major de la colonne Martin dans la province de Durango (Mexique) en juin 1864.
< Les voitures à deux roues roulent généralement fort bien en plaine, et exigent un moindre effort de traction que celles à quatre roues sur un terrain à peu près plat ; mais il en est tout autrement dans les montées. Là, s'il n'y a qu'une bête d'attelage, elle porte une
Ïtartie du poids d'autant plus grande que la pente est plus raide, et 0 ui faut encore vaincre le frottement. Mais ce qui rend ces sortes de voitures surtout impropres à la guerre, c'est qu'elles sont toujours surchargées, ou que leur chargement est mal équilibré : dans les descentes, le centre de gravité tend à écraser le cheval ; dans les montées, à le soulever et à l'empêcher de prendre son point d'appui sur le sol pour donner du collier. >
Extrait du journal des marches et opérations de V artillerie du 5e corps
d'armée, dans la campagne de 1870.
c Notre marche, dans la nuit du 6 au 7 août, de Bitche vers h Petite-Pierre, par des chemins forestiers à travers les bois qui avoisinent la Petite-Pierre, avait été singulièrement retardée par la difficulté que les caissons d'infanterie à deux roues avaient à franchir les Ïtas difficiles : cette voiture et la charrette à bagages des officiers sont es moins mobiles de tout le matériel de campagne, y compris les voitures de 12. •
M. le colonel (depuis général) d'artillerie De Fénelon.
t. En mars 1876, le ministère de la guerre, en Russie, a décidé que les voitures de munitions à deux roues seraient remplacées par des vortures à quatre roues. »
Section de statistique de l'état-major prussien.
§ 4. PKRF£CTI0MUUUÏfT8 DANS i/ORGARISATlON. 661
Berlin, le 20 février 4872.
« Jusqu'à présent subsistait dans l'infanterie prussienne, comme voitures à bagages réglementaires, le Packkarren ou voiture à deux (2) roues, traînée par un cheval et sur laquelle on chargeait les bagages des officiers de la compagnie, la comptabilité et des pièces de rechange. On a reconnu, dans le courant delà guerre de 1870-71, que ce moyen de transport était insuffisant. Par suite, on vient de prendre une disposition par laquelle la voiture de chaque compagnie sera à quatre (4) roues. Tous les charrons ici sont occupés de la fabrication de ces voitures nouveau modèle, et doivent les fournir pour le Ie* avril. »
< Dans l'armée allemande, le poids du chargement des voitures
régimentaires est le suivant :
« Voiture à bagages et pièces de rechange du bataillon 740 kilos.
c Voiture à bagages de compagnie 450 »
t Caisson de cartouches ; 1000 »
« Voiture médicale . • 380 »
« Les cartouches transportées sur les voitures de compagnie servent
à renouveler l'approvisionnement des hommes en station, au camp,
au bivouac, dans les cantonnements.
« Le caisson de cartouches du bataillon d'infanterie est peint en
gris. De jour, il est reconnaissable à un fanion blanc dans lequel est
encadré un carré noir; la nuit, à une lanterne verte. Les cartouches
qu'il porte servent à renouveler l'approvisionnement des hommes au
feu, sur le lieu du combat, t Pour éviter des erreurs, les caissons de munitions d'artillerie sont
peints en bleu, de manière qu'on les distingue de suite des caissons
de cartouches d'infanterie. « La voiture médicale porte la croix de Genève peinte en rouge sur
un fond bleu. L'arrière de cette voiture s'ouvre comme une armoire à
deux battants ; une sorte de table, fixée sur les armons prolongés,
sert au médecin à préparer les médicaments ; elle est abritée par une
petite marquise en tôle. »
M. le capitaine Peloux.
• Depuis 1876, la voiture médicale de chaque bataillon d'infanterie ou de chasseurs à pied de l'armée allemande porte une boite de médicaments pour les chevaux, et des outils pour le ferrage. »
Prescription ministérielle.
Liste des objets de rechange et de harnachement, ou autres attirails, que portent les voitures de bagages dans les armées prussiennes.
Règlement du 11 janvier 1876.
Licol, avec têtière de bridon, 1 par cheval. Chaîne de licou» 1 par cheval.
662 MLÀTKWW DU GÉHflAL Bl CUF AT1C m LmurBUHTS.
Mors de bridon :
4 par cheval de main, avec rênes fendues.
4 par cheval de selle, avec rênes continues* Petite couverture, 1 par cheval de main on de selle. Sangle, 1.
Harnais à collier, 1 paire par voiture. Guides croisées en cuir, 1 par voiture- Fouet, 1 par voiture.
iS'pour cheval, | « P» «Jeteur.
Sac à fourrage, un par cheval de trait.
Corde à fourrage avec anneaux en fer, 1 par paire de chevaux de
trait.
Musettes, 2 par cheval.
Sceau en toile imperméable, 1 par voiture. Fers à cheval, 4 paires de rechange par cheval Clous pour fers à cheval, 16 de rechange par paire de fers» Sacoche pour les brosses, 1 par paire de chevaux de trait.
Outils.
Hache, 4 par voiture.
Faucilles avec manche, 2.
Pelle, 4.
Gtnitares direnes.
Lanterne sourde, 4 par voiture.
Boite à graisse avec courroies, 4 par voiture. Cordes d'attache, 5 par voiture.
Clef à fourche, 4 par voiture, Palonnier de rechange, 4 par voiture.
Cheville ouvrière de rechange, 4 par voiture. Ghevillette avec lanières de cuir, 2 par voiture. Brosse pour nettoyer la voiture, 4 par véhicule.
Moyens de transport affectés aux troupes allemandes en campagne, d'après les prescriptions en vigueur en 4874-
Le convoi d'un régiment d'infanterie se compose de 22 voitures. D nécessite remploi du 62 chevaux et de 34 conducteurs.
Les voitures qui le composent sont :
4° La voiture des bagages de l'état-major du régiment;
2° Les voitures des bataillons.
La voiture de l'état-major porte les bagages du commandant di régiment, du commandant en second et de l'adjudant-maior; ceux do comptable ; les ustensiles de cuisine et les mauteaux de l'état-major; les livres et la caisse du régiment; les partitions de la musique; enfin, les effets du conducteur, les ustensiles d'écurie et quelques pièces de rechange, roue, essieu, traits, etc., pour la voiture et te harnachement.
>B | 4. PERFECTIONNEMENTS BANS L'OEGANISàTION- 663
Les Toitures de la 2* série sont, pour chaque bataillon : 1° Une voiture à munitions attelée à six chevaux ; 2* Une voiture de bagages de bataillon à quatre chevaux; 3* Quatre voitures de bagages de compagnie à deux chevaux ; 4* Une voiture médicale à deux chevaux. La voiture de munitions porte :
à) Les ustensiles d'écurie, les effets des conducteurs, les pièces de rechange pour la voiture et le harnachement;
b) Des outils du génie;
c) Vingt caisses de 960 cartouches chacune, en tout 19,200.
a) Douze sacs pour renouveler l'approvisionnement de cartouches *3 pendant le combat, à raison de trois sacs par compagnie. La voiture de bagages du bataillon porte :
a) Les ustensiles d'écurie, ks pièces de rechange et les effets du conducteurs;
b) Les bagages, les ustensiles de cuisine et les manteaux pour le ^ commandant du bataillon, son adjudant-major et le comptable ;
£ c) La caisse et les livres du bataillon ;
a) Une partie de la réserve d'effets d'habillement ;
e) Les outils de l'armurier.
Chaque voiture de compagnie porte :
a) Les ustensiles d'écurie, les pièces de rechange et les effets du conducteur;
b) Des outils du génie;
c) Les ustensiles de cuisine, les bagages et les manteaux des officiers;
d) La caisse et les livres de la compagnie ; é) une petite réserve d'effets d'habillement ;
f) Trois caisses de neuf cent soixante cartouches chacune, soit 2,880 cartouches.
La voiture médicale porte :
a) Les ustensiles d'écurie, les pièces de rechange et les effets du conducteur;
b) Des outils du génie ;
g c) Les bagages et les manteaux du médecin et de son adjoint;
d) Une pharmacie complète avec ses accessoires (brancards et ap-
. pareils). Ces derniers objets sont chargés à l'arrière de la voiture, qui
' peut, dans ce but, s'ouvrir à deux battants comme une armoire* Une
sorte de table, fixée sur les armons prolongés, permet au médecin de
préparer ses médicaments. Elle est abritée par une petite marquise en
tôle légère assujettie au-dessus de la voiture et formant toit.
— Le poids des bagages auxquels les officiers ont droit, est fixé ' comme il suit :
1 Officiers supérieurs et adjudants-majors. . 33 kilog.
1 Capitaines • 25 »
' Lieutenants . . . . . 47 •
— Les outils du génie alloués à un bataillon d'infanterie sont (sauf modification projetée) :
1° Douze haches à lame étroite (aexte). On les place sur la voil i de munitions.
2* Cent onze petites haches ordinaires (beile). On en met une i chaque voiture de compagnie et sur la voiture médicale, quatre- vin; quatre sont portées par les hommes ; les autres par les voitures : munitions.
3° Dix-huit pioches, dont quatorze sont chargées sur les voitures, raison de deux pour chaque voiture. Les quatre autres sont porté par des hommes, à raison d une par compagnie.
4* Soixante-quatorze bêches, oxrat cinquante- quatre portées sur fe voitures, et vingt par les hommes.
59 Sept faucilles, dont une par voiture.
Il résulte de. ce qui précède que chaque régiment d'infanterie, ont les munitions que les hommes ont dans leur sac, dispose d'm réserve de 92,000 cartouches sous sa main, avant d'avoir à en démit der à l'artillerie.
Le convoi d'un bataillon de chasseurs comprend :
1° Une voiture pour les bagages de l'état-major; 2° Huit voitures de compagnie (2 par compagnie); 3° Une voiture médicale. |
La voiture de l'état-major et la voiture médicale ont le même char gement que dans les bataillons d'infanterie. Celui des voitures de compagnie est modifié comme il suit : Voiture n° 1. Elle renferme :
a) Ustensiles d'écurie, rechanges et effets du conducteur;
b) La moitié des outils du génie ;
c) Les bagages et les manteaux du capitaine et des deux sous-tientenants ;
d) Cinq caisses contenant chacune neuf cent soixante cartouches (et tout 4,800 cartouches).
e) La moitié des ustensiles de cuisine. Voiture n# 2. Elle renferme :
a) Ustensiles d'écurie, rechanges et effets du conducteur. bj La moitié des outils du génie ;
c) Les bagages et manteaux du lieutenant et du troisième sonslieutenant ;
d) La moitié des ustensiles de cuisine ;
e) La caisse et les livres de la compagnie ;
S Cinq caisses de cartouches, en tout 4,800. n bataillon de chasseurs a donc sous la main une réserve <» 40 caisses ou 38,400 cartouches.
Moyens de transport d'un régiment de cavalerie.
Le convoi d'un régiment de cavalerie comprend : 1* Une voiture à 4 chevaux pour les bagages de l'état-major; S* Quatre voitures à 2 chevaux pour les bagages des quatre escadrons;
3° Une voiture médicale.
En tout six voitures nécessitant U chevaux et 7 conducteurs.
La voiture pour les bagages de l'escadron comprend :
a) Les ustensiles d'écurie, les rechanges et les effets du conducteur ;
b) Une caisse de médicaments pour vétérinaire ;
c) Une forge avec ses outils, des fers préparés et du fer en barres. Cette forge est établie à l'arrière de la voiture, disposition nouvelle,
qui a permis de supprimer la forge indépendante qui accompagnait autrefois chaque régiment de cavalerie.
d) La trousse du vétérinaire ;
e\ Des outils, savoir : une hache et deux bêches ;
f) Les outils et engins accessoires pour la destruction des chemins de 1er. Chaque cavalier a en outre dans une sacoche des cartouches de dynamite pour cet usage.
g) Les bagages et manteaux des officiers ; h) Le matériel de cuisine pour les officiers ; i) Six couvertures?
j) La réserve d'effets d'habillement ;
k) Les instruments de travail du tailleur, du sellier et du bottier.
I) Les livres et la caisse de l'escadron.
La voiture médicale a le même chargement que dans l'infanterie.
Les outils alloués à un régiment de cavalerie sont (sauf modification projetée) ;
141 haches, dont 6 sur les voitures et 135 sur les selles ; 8 bêches, dont 2 sur chaque voiture d'escadron ; 6 faulx, dont une par voiture.
Le chef d'état-major du 6* corps au major général
Laon, le 8 juin 4845.
< Il est fort à regretter que les voitures de réquisition ne soient pas couvertes. On risque deperdre beaucoup de pain et d'autres provisions, »
GRANDS ARMER
An quartier impérial de Thorn, le 3 juin 4842.
Ordre*
« Pour empêcher la désertion des voituriers de réquisition, les commandants de place feront mettre de suite, aux ponts et aux bacs, des fardes, avec la consigne de ne laisser repasser la rivière à aucune es voitures de réquisition, jusqu'au moment où elles seront dans le cas d'être licenciées et munies d'un certificat qui leur sera délivré.
« Le commissaire des guerres chargé des transports dans chacun des corps d'armée donnera un livret à chaque voituricr. Ce livret
666 BSLATIORS ©U tifeltlAL IN CHIP ÂTIC SIS UBUTJDKA1IT
contiendra le nom du voiturier, la nature delà voiture, le nom chevaux, et fera mention de ce qui aura été payé chaque jour a voiturier, de manière que ce livret soit en ordre connue celui 4c que soldat est muni. »