‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 11 sur 85 · MINÉRAUX DES FUMEROLLES · texte numérisé non relu

MINÉRAUX DES FUMEROLLES

des couleurs si variées et si brillantes. Cependant il est bien probable que ces corps résultent de doubles décompositions réalisées dans les profondeurs. L'hydrogène sulfuré, l'acide carbonique, rhydrogène, l'eau elle-même qui se dégagent des bouches ignivomes à divers moments de léruption doivent également être cités ici, en attendant que l'expérience jette quelque jour sur les conditions de leur genèse.

On peut s'étonner au premier abord de voir Teau figurer dans des produits de voie, sèche ; il est cependant bien clair que la combustion d'un carbure d'hydrogène par Toxygène donne de Teau, et Ton verra que l'attaque des carbures métalliques par les hydracides donne des hydrogènes carbonés, comme celle des sul^ fures donne de l'acide sulfhydrique. C'est en même temps sans doute, ou du moins par des réactions liées aux précédentes, que prend naissance l'acide carbonique et il est à peine besoin de faire remarquer que cette eau d'origine synthétique, pour ainsi parler, doit être distinguée de celle qui fait la grande masse des produits volcaniques, dont la puissance expansive constitue la part prépondérante de l'énergie mécanique des volcans et qui nest en somme qu'un retour au jour d'eaux fournies aux profondeurs par la surface. L'acide borique et les borates des soufflards doivent aussi être cités.

Le soufre plus ou moins allié de sélénium se signale par l'énorme masse de ce corps, qui imprègne les lapillis dans les phases ultimes des crises et qui caractérisent les solfatares. On sait bien qu'il ne s'agit pas ici de vapeurs condensées dans les parties froides, mais d'acide sulfhydrique incomplètement brûlé et qui perd, sous forme d'eau, la totalité de son hydrogène. Son dépôt est comme un degré atténué des combustions qui donnent lieu en tant d'endroits à la sortie de l'acide sulfureux par lequel l'atmosphère devient suffocante et de l'acide sulfurique qui rendent corrosivesles eaux de bien des sources. Des solfatares célèbres existent à la Guadeloupe, en Sicile, autour du Vésuve (PouzzoUes), et bien ailleurs. La rapidité avec laquelle le soufre exploité se régénère est parfois remarquable.

On observe à la soufrière de PouzzoUes, comme M. Scacchi l'a constaté et, dans d'autres solfatares, la production actuelle parvoie de sublimation du bisulfure d'arsenic ou réalgar.

SYNTHÈSE E.N UINËRALOGIK. 2

Parmi les minéraux les plus rcconnaissables qui se subliment à rheure présente dans le cratère de Vulcano, il faut citer le trisulfure d*arsenic ou orpiment. Le môme minéral se rencontre encore dans des conditions identiques dans la solfatare de Pouzzolles et dans les fumerolles du Vésuve.

M. de Chancomtois montrait à son cours de l'Ecole des mines un échantillon de cinabre, qu'il avait recueilli lui-même à PouzzoUes à rentrée de la fumerolle principale et qui y avait été déposé par le jet de vapeur aqueuse et sulfurée*.

En Nouvelle-Zélande, M. Hutton a signalé à quelques milles au sud-est du lac Omapere deux sources chaudes autour desquelles sont des dépôts de cinabre*. Le grès du voisinage est imprégné de mercure sulfuré et de mercure natif.

Nous placerons à côté des réactions précédentes celles qui au Vésuve, comme Ta déjà signalé Gay-Lussac et dans la plupart des volcans, déterminent le dépôt du fer oligiste cristallin. Ici encore Teau intervient pour décomposer le perchlorure de fer, mais les deux corps réagissent, se rencontrant à l'état gazeux à une température supérieure à celle de l'ébuUition de Teau sur les points où a lieu le dépôt, nous considérons la production comme dépendant sans contestation de la voie sèche. On verra plus loin comment Gay-Lussac a su éclairer expérimentalement tous les détails de la question et comment la méthode qu'il a ainsi inaugurée d'une manière si éclatante a fourni la solution d*une foule de problèmes intéressants.

II faut noter également les productions minérales qui résultent de l'action des vapeurs volcaniques sur des roches de la surface. L'anhydrite plus ou moins môlée de gypse et l'alumite résultent ainsi de l'attaque des roches calcaires et des roches feldspathiques sous l'influence des gaz sulfhydriques s'oxydanl à l'air. La dernière espèce minérale s'accompagne dune élimination de silice qui apparaît comme quartz ou comme opale parfois extrêmement abondants.

Voici, à titre de complément, la liste donnée par M. Scacchi' des

* Rolland. Bulletin de la Société de Minéralogicy 1. 1, p. 99, 1878. » Transactions ofthe New-Zealand Institut, t. III, p. 252, 1878. ' Spettatore di Vesuvio et dei Campi Flegrij 1887.

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substances volatiles du Vésuve et de celles qu'on peut obtenir directement par des dissolutions d'efflorescences ou cristallisation des sublimations salines: acides chlorhydrique, fluorhydrlque et sulfhydrique; acide carbonique, acide sulfurique, cyanochroïte ou sulfate double de cuivre et de potasse sublimé par l'éruption de 1855; chlorure d'aluminium, coquimbite de Téruption de 1850; ciyoptahite ou fluosilicate d'ammoniaque (lave de 1872); cupromagnésite ou sulfate double de cuivre et de magnésie à 7 équivalents d'eau ; epsomite ; exanthalose ; picroménite ; pyrotechnite ou soude sulfatée ; proïdonine ou fluorure de silicium ; sassoline de l'éruption de 1817; scacchite ; sulfate de magnésie de l'éruption du 24 octobre 1822.

C'est comme résultats de réactions du môme genre, mais beaucoup plus énergiques, que se présentent les minéraux si nettement cristallisés des blocs depuis si longtemps signalés dans les lapillis de la Somma. Ceux-ci, dont le nombre ne saurait être donné avec précision et qui ont formé la matière d'études si intéressantes pour les minéralogistes, semblent bien dériver de la matière môme des calcaires sédimentaires sous l'influence de la haute température el des émanations des substances volcaniques au sein desquelles ils ont été emprisonnés ; c'est un des cas les plus complets du métamorphisme de contact.

Voici la liste des principales espèces recueillies jusqu'ici dans les blocs dont il s'agit* : anhydrite, anorthite, amphibole, apalite, biotite, blende, breislakite, criphiolite (phosphate de magnésie avec fluor), cuspidine, dolomie, graphite, grenat, idocrase, quarinine, hauyne, humite, hydrodolomie, hydrogiobertite, lapislazuli, leucite, méionite, mélilite, périclase, pyroxène, sarcolite, scolézite, sodalite, spinelle, sphène, zircon.

Des faits comparables s'observent dans les calcaires du Kaiscrsuhl où Ton trouve la magnélitc titanifôre, le pyrochlore, la perowskyte et Tapatite.

■ Voyez le Mémoire de G. Thomson dans la hibliotheque britannique, t. VII, p. iO, 1788; cl ScAcciiij Spetlalore di Vesuvio el dei C(onpl-Fle(/ri, 1887.

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