MODIFICATION MOLÉCULAIRE SANS FUSION
prolongée d'un feu violent, sont remplis de cristaux de sillimanite.
Transformation de minéraux cristallins. — Le résultat des études de M. W. Vernadsky * est que le disthène chauffé à la température de 1,200 à 1,330 degrés, insuffisante pour le fondre, se transforme en un autre minéral qui est probablement la sillimanite.
L'étude expérimentale des météorites fournit des documents analogues. Certaines roches, blanches ou grises, se transforment complètement en roches toutes différentes par l'application d'une chaleur d'ailleurs insuffisante pour amener leur fusion. On trouvera de longs détails sur cette question, qui dépend du grand chapitre du métamorphisme météoritique dans une série de mémoires présentés àTAcadémie des sciences par M. Stanislas Meunier*.
C'est par une méthode très ingénieuse et qui fait intervenir la chaleur, sans déterminer la fusion totale des matières employées, que Wœhler a réalisé une très belle synthèse de la pyrite de fer en cubes et en octaèdres' : elle consiste à soumettre un mélange d'oxyde de fer, de soufre en fleurs et de chlorhydrate d'ammoniaque à une température à peine supérieure à celle où ce dernier sel se volatise. Un simple lavage à Teau tiède suffit pour isoler les cristaux produits de la matière pulvérulente qui leur sert de gangue.
Sublimation, — La sublimation doit compter ici parmi les procédés qui permettent de faire cristalliser par voie sèche et sans fusion certains corps amorphes.
On peut très aisément, par voie de sublimation, obtenir le calomel ou proto-chlorure de mercure avec les formes quadratiques du minéral naturel. Il suffit pour cela de distiller le caloiliel du commerce : les cristaux se déposent dans les parties froides de l'appareil et grandissent peu à peu.
La sublimation permet d'obtenir le salmiac ou chlorhydrate d'ammoniaque en agrégats cristallins.
* BulL Soc, Miner., t. XII, p. 447, 1889.
• Un certain nombre de ces travaux ont été réunis par l'auteur dans le YOlume inti tulé Mbtboritbs, faisant partie de ÏEncyclopédie chiinique, Paris, 1887.
» Poggendorfs Annalen, t. XXXVII, p. 238, 1836.
. Le tellure volatilisé dans un gaz inerte se sublime en prismes hexagonaux surmontés d'une pyramide tout à fait semblable à ceux que fournit, en si petites quantités d'ailleurs, la célèbre mine Maria Loretto à Facebay, près de Zalathna en Transylvanie «.
Le sulfure amorphe de cadmium, chauffé au rouge blanc dans un courant d'hydrogène, a fourni à H. Sainfe-Claire Deville et à M. Troost de la greenockite parfaitement cristallisée *. Peutêtre n'est-ce pas le résultat d'une simple sublimation et y a-t-il à faire intervenir la dissociation dans l'explication du phénomène. MM. Dupont et Ferrières ' ont répété l'expérience au laboratoire de M. Frémy au Muséum et ils ont obtenu de petits prismes hexagonaux, d'un brun rougeàtre, transparents, basés avec ou sans modification de la pyramide et présentant parfois l'hémiédrie signalée dans les cristaux naturels du cadmium sulfuré.