‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 64 sur 85 · I. CAS DE PRÉCIPITANTS DISSOUS · texte numérisé non relu

I. CAS DE PRÉCIPITANTS DISSOUS

Le cas le plus simple est celui où le précipitant agit lui-même SOUS la forme de dissolution. Souvent la réaction consiste réellement en une double déc'omposition, et par conséquent elle appartient au chapitre suivant ; mais il arrive aussi qu'elle prenne naissance d'une façon moins compliquée. Si, par exemple, une solution de potasse est introduite dans du sulfate de fer, il se fait de la limonite et du sulfate de potasse.

Ce type peut se varier à l'infini.

D'habitude les précipités produits comme nous venons de le dire sont amorphes ; on les voit prendre les formes cristallines si l'on opère avec une grande lenteur. Celle-ci est obtenue de diverses façons. On peut, à l'exemple de M. Dreverman * immerger dans un grand vase plein d'eau deux petits vases éloignés l'un de l'autre et contenant chacun l'un des deux réactifs : la diffusion leà amdhe progressivement l'un vers l'autre.

Un très long tube de large diamètre rempli d'eau au fond duquel est une des deux solutions (la plus dense) pendant que l'autre

» Ann. Ch. Pharmacie, t. LXXXIX,p. 11, 1854.

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arrive par en haut (la moins dense) s été employée par M. Stanislas Meunier'.

On a très souvent fait usage de tubes courbés en (q ) remplis d'eau et dont chaque branche plonge dans un vase contenant Tun des deux agents de l'expérience.

A. Becquerel a imaginé de fêler le tube qui contient Tune des dissolutions, et de le plonger dans Tautre.

Dans de longues séries d'expériences, M. Frémy faisait arriver lune des liqueurs dans l'autre, en utilisant la capillarité d'une mèche de coton mouillée»

Les vases, en biscuit poreux, employés dans les piles à deux liquides peuvent rendre de grands services pour s'opposer au mélange trop rapide des deux liquides réagissant.

C'est avec avantage que, dans bien des cas, on fait usage de membranes organiques telles que la baudruche ou le papier parchemin.

La décomposition lente du sulfate de cuivre par une dissolution alcaline de glucose a donné à Mitscherlich, des cristaux d'oxydule de cuivi'e tout pareils à la cuprite naturelle.

En décomposant très lentement par l'ammoniaque la solution diluée de l'acétate de plomb dans l'eau, Payen a vu s'isoler des cristaux de massicot ou oxyde de plomb *•

L'acide chlorhydrique, agissant lentement sur les silicates alcalins, au travers d'une paroi poreuse, a fourni à Becquerel des lamelles siliceuses plus dures que le verre et qu'on peut rapporter à l'hydrophane '\

Des expériences du même genre ont été reprises et continuées par M. Fremy *.

M. Stanislas Meunier* a obtenu, parle même ordre de phénomènes, des résultats qui sont ici à leur place. L'expérience consiste à immerger dans du silicate de soude sirupeux un vase poreux de pile électrique, rempli d'acide sulfurique fumant dit de Nordhausen.

* Comptes rendus du 2 avril 1877,

■ Annales de physique et de chimie^ t. LXVI, p. 51.

• Comptes rendus, t. LXVII, p. 1081, 1868.

* Comptes rendus, t. LXXII, p. 702, 1871.

• Comptes rendus, t. CXII, p. 953, 1891.

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