‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 67 sur 85 · CAS DES PRÉCIPITANTS SOLIDES · texte numérisé non relu

CAS DES PRÉCIPITANTS SOLIDES

dans une solution aqueuse de sulfate de cuivre qu'on renouvelle de temps en temps. Le métal cristallisé est associé à du phosphure de cuivre qui se dépose sur le phosphore en croûte continue*.

Ayant abandonné pendant sept années entières delà galène dans la solution aqueuse du sulfate de cuivre et du chlorure de sodium, Becquerel a constaté à sa surface Texistence de cristaux de chlorure de plomb ou cotunnitc et des cubes d'oxychlorure de plomb ayant la composition chimique de la matlockite ^

Malgré leur insolubilité dans Teau, un grand nombre de sulfures naturels réagissent aussi sur des dissolutions salines dans des conditions qui jettent du jour sur un ensemble de faits qu'on peut réunir sous le nom de réactions secondaires des filons.

De nombreuses expériences, dont TAcadémie des Sciences a eu le résultat sous les yeux, ont montré à M. Stanislas Meunier^ que les sulfures naturels, mis en présence de solutions métalliques convenablement choisies, déterminent la réduction à Tétat de liberté du métal dissous. Par exemple, la galène, placée dans le chlorure d'or, se dore presque instantanément; dans le nitrate d'argent elle se recouvre bientôt de végétations métalliques très élégantes offrant la même disposition que les arbres de Diane ; le mercure est précipité dans les mêmes conditions.

La réaction s'exprime dans le premier cas par :

3Pb S + Au*C18 = 3 PbCl + 2Au-f 3S.

Et dans le second par :

Pb S + Ag G, Az 0» = Pb Az 0^ + Ag + S,

Tous les sulfures que l'auteur a examinés (pyrite, cuivre sulfuré, blende, cinabre, stibine et même monosulfure de sodium si fréquent dans les eaux minérales) donnent lieu à des précipitations analogues. Le fait est par conséquent tout à fait général et on ajoutera que divers séléniures, antimoniures, arséniures et tellurures, donnent lieu à des réactions analogues. Les sulfures inso-

« Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 1454, 1877.

• Comptes rendus, t. XLIV, p. 938, 1852.

3 Comptes rendus, t. LXXXIV, p. 638, 1877.

lubies sont simplement placés en fragments dans la solution métallique. Pour le sulfure de sodium il a fallu recourir à la disposition suivante: un gros tube de verre de 15 à 25 millimètres de diamètre et de un mètre environ de longueur, est placé verticalement, rempli d'eau et fermé aux deux bouts par des bouchons de liège. On plonge dans une cuvette pleine d*eau Textrémitéinférieure puis on introduit une certaine quantité de sulfure alcalin audessus du bouchon que Ton replace immédiatement. Cela fait, on retire le bouchon supérieur et on le remplace par une pipette que Ton a fermée par le haut après l'avoir remplie de la solution étendue du nitrate d'argent, et dont l'extrémité effilée plonge dans leau du tube. Le sel d'argent se diffuse lentement dans la colonne liquide et arrive au contact du sulfure, on peut le dire, molécule à molécule. Après moins de vingt-quatre heures on observe sur la paroi interne du tube, au niveau de la zone atteinte par le sulfure dans sa très lente diffusion ascensionnelle, une sorte d'anneau brillant constitué par du sulfure d'argent et par beaucoup d'argent métallique. La quantité de celui-ci augmente peu à peu par une sorte de végétation analogue à celle des dendrilcs naturelles. On a varié la disposition de cette expérience qui a constamment réussi. On peut, avec le même succès, substituer au tube droit un tube en U renversé plein d'eau distillée et dont une branche plonge dans la solution du sulfure alcalin et l'autre dans la solution du sel d'argent. L'or et le cuivre ont également été réduits à l'état métallique.

Il convient d'ajouter que les faits précédents paraissent susceptibles de conséquences géologiques, par exemple en ce qui concerne les associations minéralogiques si fréquentes dans les filons métallifères. Il paraît en effet que ces associations peuvent être éclaircies, au moins dans certains cas, par les faits dont il s'agit.

Supposons qu'un filon de galène reçoive des infitrations d'eau de mer, toujours argentifère, comme l'ont montré les analyses de Malagulti et de Durocher : tout l'argent de cette eau sera arrêté et concentré par le sulfure. On sait que l'argent natif existe dans un certain nombre de galènes et l'on peut croire qu'il y a été introduit comme il vient d'être dit. De plus, il est évident que l'argent libre étant extrêmement divisé se trouve placé dans les conditions

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