‹ Les méthodes de synthèse en minéralogie: cours professé au MuséumChapitre 8 sur 85 · CONTEMPORAINS · texte numérisé non relu

CONTEMPORAINS

Il s'agit ici de ceux des minéraux contemporains qui prennent naissance dans des conditions que Thomme n'a aucunement modifié, soit dans la qualité, soit dans la proportion, soit dans la situation relative des éléments réagissants. Le sujet est si vaste que nous n'avons aucunement la prétention de le traiter en entier : trop de détails nous feraient même manquer le but que nous avons en vue et qui est bien moins d'écrire un chapitre de géologie contemporaine que d'emprunter à cette science des lumières relatives à la genèse des minéraux anciens.

Pour les mêmes raisons, la classification des faits qui vont nous occuper devra être inspirée avant tout, non pas par la considération des catégories de minéraux, mais par celle des catégories de procédés mis en œuvre par la nature actuelle : de là trois paragraphes concernant successivement les produits de la voie ignée, ceux de la voie mixte, ceux de la voie humide.

CIIAPITHE PREMIER

Les éruptions volcaniques sont accompagnées de la production des minéraux très variés et qui ne résultent pas tous, à beaucoup près, des mêmes réactions. Un certain nombre d'entre eux paraissent dériver du refroidissement pur et simple de matériaux rendus liquides par la fusion ignée et cependant la présence de Teau si universellement contenue dans les laves à Fétat d'occlusion peut faire douter que celte fusion ignée proprement dite intervienne réellement au moins dans beaucoup de cas. Le fait de la disparition totale de Teau par la solidification ne suffit pas à démontrer qu'elle n'a eu aucune influence sur les phénomènes, car on verra que d'autres substances éminemment minéralisatrices ne subsistent pas davantage dans les produits cristallisés qu'ils ont si efficacement provoqués. Le fluor est dans ce cas. Pourtant il ne faut pas oublier que, comme nous y insisterons plus loin, les minéraux les plus caractéristiques des laves peuvent être reproduits par voie de fusion ignée, soit séparément, soit associés, comme dans les roches naturelles. Ce résultat est d'une importance assez grande pour que nous croyions devoir y insister. Il se pourrait en eflet, malgré le succès des expériences qui seront décrites plus loin, que l'intervention des matériaux volatils soit un jour démontrée dans l'élaboration de certaines laves, comme elle l'est, suivant moi, dans celle des roches météoritiques, où les grenailles métalliques, par la délicatesse de leur structure interne, procurent à l'observateur un élément d'information qui manque jusqu'ici à l'égard des roches terrestres.

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