Les méthodes du passé dans l'archéologie française
UN SIMPLE COUP D’OEIL SUR LES ÉTUDES DE L'ART FRANÇAIS DURANT LA PREMIÈRE PARTIE DU MOYEN AGE.
Lorsqu'on embrasse d’un regard d'ensemble l’évolution de l’histoire de l’art, on arrive à se convaincre combien est grande l’œuvre critique accomplie depuis cent ans. Les monuments ont été soustraits au vandalisme des foules, défendus contre les injures du temps. Les objets qui pouvaient être conservés ont été exposés dans nos musées servant de leçons et d'exemples aux jeunes artistes, aux artisans avisés. Grâce à des travaux qui ont surgi sur tous les points de l'Occident, l’histoire de l’art est sortie de l'ombre, Le gain est immense. On a rendu une plus grande Justice au passé, on a montré par des conférences aux habitants des cités, avec quel respect ces villes devaient considérer les monuments, les aimer, y reconnaître une part intéressante et notable de leur propre passé, car ils attestent aux générations futures les commencements lointains de leur civilisation. Les
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détruire, n'est-ce pas perdre leur âme et la cité n’est-elle pas anéantie, ces ruines disparues ? Mais, après cette première période d'inventaire, si nous pouvons dire, il a été nécessaire de classer chronologiquement les œuvres d’art, sous peine de devoir renoncer à écrire un jour l’histoire du développement des arts occidentaux. Les résultats de cette première enquête sont déjà grands. Le goût peut changer, les enthousiasmes varier, les grandes époques de l’art ne seront jamais plus méconnues, dédaignées, et les seules qui s'offrent à nous, géniales et créatrices, seront sans cesse l’admiration des générations futures.
Mais si l’évolution des arts antiques est mieux connue, si l’art du moyen âge n’a plus de défenseurs timides et hésitants, s’il est aimé, apprécié et devient le sujet de nombreuses études, il faut avouer cependant qu'il y a un temps d’arrêt dans les travaux. On dirait même que les archéologues français ont oublié les grandes lignes pour se cantonner dans des recherches d’érudition d’une utilité secondaire. Les archéologues-architectes recherchent avec un soin minutieux la création technique de la voûte d’ogive. Sans se soucier d'établir d’une manière scientifique et par les textes écrits le moment probable de sa naissance, ils discutent à perte de vue sur la priorité de tel ou tel monument, le déplacement de tel ou tel porche. On concentre tous les efforts vers la solution de questions secondaires. Et tandis que s’entassent ces brochures érudites, le plus souvent vaines et inutiles, les manuels se multiplient, leurs auteurs tombent dans des redites sans fin et ne contribuent nullement au progrès de l’histoire de l’art.
Quelles sont les vraies causes de cet arrêt? Nous le devons à notre enseignement supérieur. Celui-ci n’est plus à la hauteur de sa tâche, il répète chaque année ce qui est déjà connu, il ne cherche même pas à augmenter le patrimoine reçu, c’est-à-dire