‹ Les méthodes du passé dans l'archéologie françaiseChapitre 4 sur 23 · ME · texte numérisé non relu

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furent chassés, souvent tués et le souvenir seul des monastères ou de l’église disparus, perpétuait ces horreurs. Le x° siècle n’est pas moins troublé, des guerres intestines rendent bien difficiles tout progrès, des hordes pillent les biens des clercs.

Les Hongrois dévastent le plat pays jusqu’au milieu du x° siècle. Ce n’est qu’au commencement du xr° siècle qu’une certaine sécurité s'établit. La paix, avec la trève de Dieu, s'organise. Les documents écrits nous attestent un grand nombre d’édifices qui s'élèvent dès le début du x1° siècle pour réparer tous ces désastres sans accuser les modifications importantes apportées par les nouveaux architectes.

Nous devons donc dresser pour l'instant la liste de toutes les églises que la doctrine orthodoxe peut alléguer comme œuvres des x° et x siècles. Il est nécessaire de réunir tous les renseignements épars dans les documents de cette période, il est obligatoire de nous rendre compte du développement architectural dont elle nous a laissé le souvenir et ensuite d'analyser les édifices que la doctrine orthodoxe peut alléguer comme étant l’œuvre des x° et xi° siècles. Une analyse pénétrante, une étude attentive des différents membres architectoniques de ces édifices nous montreront si ces affirmations sont exactes et si nous devons identifier ces églises avec celles que nous avons sous les yeux. Faire aussi une série de monographies, les grouper par régions, serait d’un très grand profit pour l’histoire de l’art. Nous verrons alors que contrairement à l’opinion orthodoxe nous n’avons pas d’églises voûtées avant les premières années du xu° siècle, que les seuls monuments indiqués par elle, sont enveloppés de ténèbres légendaires mais qu’une étude préalable de la construction fait rejeter bien vite la date trop reculée du monument. Et si comme nous le pensons les églises voûütées naissent

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au xu° siècle, nous avons raison de dire et d'affirmer qu’on pourrait étendre les recherches plus loin encore, tenir compte de l'influence des croisades, c’est-à-dire, nous assurer, si la vue des églises, en appareil régulier et solide, en pierres de taille égales n’incitait pas les maîtres maçons qui se trouvaient parmi les pèlerins, ou plus tard parmi les croisés, à améliorer la manière de bâtir si rudimentaire du xr siècle. On pourrait même reculer encore d’un tiers de siècle ces influences orientales sur les architectes romans et reporter le grand mouvement novateur vers les premières années du xu° siècle. Que de points restent obscurs dans le développement de l’art roman !

La prospérité relative de la France favorisait aussi ce mouvement novateur en permettant une plus grande stabilité aux monastères. Nous savons en effet que les cloîtres favorisèrent dès le milieu du xr° siècle les études antiques. Une renaissance commençait déjà à se faire sentir dès le début du xn° siècle; Guibert de Nogent et d’autres clercs nous témoignent le goût très vif des lettres de cette époque, lisant dans le dortoir à la dérobée, à la chandelle, les auteurs latins. Ovide, Horace, Virgile, sont fort prisés et font déjà concevoir une âme tout autre que celle des hommes lettrés du xr siècle. Ce désir si naturel de connaître, se développe avec une très grande rapidité, permettant aux artistes comme aux clers de jeter un regard plus pénétrant sur le monde extérieur. Ils remarquent alors les monuments antiques, ils lisent les inscriptions, admirent même leur beau caractère. L'influence de ces études se fait aussi bien sentir sur l'architecture que sur l’épigraphie. L'artiste, le sculpteur surent même profiter des leçons du passé, et vont apprendre à l'école romaine la technique nécessaire, depuis si longtemps oubliée !

Pouvons-nous croire à une création spontanée générale sur tout l’Occident, de l’art roman, comme on l’enseigne en ce

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