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Goûté, sindic de la communauté des tanneurs corroyeurs

Auxquels sindic et adjoint susnommés avons fait faire lecture de laditte déclaration du Roy et règlement y annexé, leur avons enjoint d'assembler chacun leur communauté respective à l'effet de faire pareille lecture de ladite déclaration et règlement et de l'enregistrer sur le registre de leurs communautés à l'effet de s'y conformer chacune endroit soy, ce qu'ils ont promis faire, dont

et de ce que dessus avons dressé le présent procèsverbal.

Les non signés ont déclarés ne le savoir.

Suivent les signatures.

^Archives de Blois, HH. 8).

Blois, 4 décembre 1788

Adresse des communautés du Tiers-Etat de Blois au maire et aux échevins en faveur du doublement du Tiers.

A Messieurs

Messieurs les maire et échevins de la ville de Blois. Le tiers état de ladite ville.

Messieurs,

Les Etats Généraux sont solennellement annoncés, les citoyens composant la majeur partie du tiers état du royaume sont réunis, ils portent au pies du Souverain des témoignages de leur profonde reconnoissance, de leur attachement, de leur fidélité ; de toutes part éclatent les sentimens patriotiques. Le citoyen jaloux de la gloire de son Roy veut rendre à l'Etat son lustre. La ville de Blois ne doit-elle pas s'empresser d'y concourir.

C'est elle qui a servy de demeure à plusieurs de nos Rois, elle a eu le bonheur de voir naître dans son sein un monarque adoré de ses sujets, le Père du peuple.

Marchons, Messieurs, sur les traces de nos ayeux, que notre auguste souverain dise, avec Louis le bien aimé, que nous n'avons épargné ny nos personnes, ni nos biens lorsqu'il a été auestjon de,

son service et de l'Etat. Vous conservés dans nos archives ces monuments précieux de notre fidélité ; l'instant est arrivé, il faut en donner la preuve, les sacrifices ne nous coûteront rien, nous désirons en faire l'homage au Souverain, mais nous désirons le faire nous-mêmes et lui porter en personne le tribut de nos biens et de notre amour.

Vous êtes, Messieurs, les chefs du tiers état, nous vous avons élus pour nous deffendre, soyés notre organne.

Nous sollicitons de la bonté de sa Majesté notre admission aux Etats-Généraux dans un nombre égal à celui des deux premiers ordres réunis et nous pouvons vous dire qu'à cet égard il n'y a qu'une opinion dans la Nation.

Le tiers Etat est lui seul plus nombreux que les deux autres ordres; il paye, on pourroit dire lui seul, presque tout l'impôt ; il fournit des ministres aux autels, des magistrats pour juger, des soldats pour deffendre l'Etat; il occupe tous les emplois, les atteliers, les manufactures, les arts, le commerce, cette branche aujourd'hui si intéressante, devenue si florissante sous le grand Colbert et que l'on peut dire ignorée lors de la tenue des derniers Etats ; il cultive la terre ; enfin il fait naitre les productions indispensables aux trois ordres. Tels sont au milieu de tant d'autres les motifs de notre démarche.

Le premier ordre est trop éclairé, le second a trop de loyauté pour contester au troisième des vérités qu'il trouvera gravée dans le cœur paternel de sa Majesté.

Nous n'ignorons pas, Messieurs, qu'il faut des rangs, des distinctions dans la société, nous nous empresserons toujours de les reconnoitre et de rendre gu premier ordre tous nos respects, au

second toute notre reconnoissance des services qu'il a rendus et qu'il rend à la patrie, nous verrons avec la satisfaction la plus sensible, qu'ils auront l'un et l'autre parmi nous les premiers rangs; nous y ajouterons même par notre empressement à le leur déférer ; mais, comme ces distinctions honorifiques ne peuvent être pécuniaires, comme aucune loi fondamentale n'a voué à la servitude la majeure partie des citoyens, que l'inégalité ne fit jamais partie d'aucun ordre de l'Etat, nous sollicitons de la bonté de sa Majesté une loi équitable qui écartera les inconvéniens, suitte nécessaire de l'inégalité des représentans.

Déjà, Messieurs, le clergé et la noblesse, dans plusieurs provinces ont eux-mêmes généreusement proposés d'accorder au Tiers Etat une égalité de représentans. La voix publique a applaudi, sa Majesté a eu la bonté d'accueillir, qui pourroit actuellement nous faire douter du succès ?

Les siècles d'ignorance et de barbarie sont passé, la France plus éclairée sur ses véritables intérest trouve aujourd'huy dans le Tiers Etat une source de lumière.

Cet ordre s'est fait une douce habitude de fournir à son souverain les subsides qu'il demande, il sçait par l'expérience le moyen de les rendre moins onéreux; il paie la majeure partie; n'est-ce pas lui, par conséquent, qui doit voter pour son étendue, sa durée, sa distribution.

Ces sentimens, Messieurs, nous n'en doutons pas, animent les deux autres ordres et nous allons les voir, dans votre assemblée même, nous donner une preuve évidente de leur amour de la patrie et de la plus exacte justice ; ils vont vous prouver qu'ils ne veulent parmi nous que les distinctions dues au mérite et à la vertu,

Ce n'est point assés, Messieurs, que le Tiers égale les deux autres ordres, il faut que les opinions se comptent par têtes; autrement notre présence devient inutile et nous ne sommes pas légitimement représentés par les anoblis confondus avec le Tiers (à moins que la liberté dans l'élection ne nous soit accordée) (i).

Tel est, Messieurs, l'objet des vœux du Tiers Etat de la ville de Blois, il sollicite une admission aux Etats Généraux en nombre égal à celui des deux premiers ordres réunis; il demande que les suffrages se comptent par têtes, que ses représentons soient pris dans son ordre (et si sa Majesté veut que les anoblis restent dans sa classe, il demande la liberté dans l'élection) (2).

Concourez, Messieurs, avec nous à ces demandes, faites parvenir votre vœu et le notre au pied du trône; présenté le à ce ministre amy de la vérité, dont le zelle patriotique, l'amour vrai du bien ne peuvent que seconder les vues d'un Roy bienfaisant auquel nous ne cesserons de donner des preuves de notre respect pour sa volonté sacrée et de notre zelle ponr le bonheur commun.

Blois, le quatre décembre 1788

Deux lignes et demye batonnées aprouvée.

... [ du corps de marchands

Laurand Roger, syndic \ . . , . M

5 ' /,. . < merciers et drapiers Bezard Legrand, adjoint / , .

0 J \ reunis.

Lemaigrin l'aîné, syndic ( du corps des épi-

Lanery Destouches, adj oint ( ciers ciriers.

Laborne fils, syndic ( du corps des orfèvres

Trinquart fils, adjouin ( et orlogers.

(1) Les mots placés entre parenthèses ont été ratures, mais comme on le verra plus bas, ils ont été définitivement approuvés, (21 Idem,

Chaumier ( députés du corps des marchands

Chantetoube ( chapelliers et bonettiers.

Avrillon fondé de pouvoir des maîtres selliers boureliers, charons et autres ouvriers en voitures.

Tessier, sindic des aubergistes caffetiers et limonadiers.

Dobin, sindic, et Guillon pour les charpentiers et autres ouvriers en bois.

Pierre Chevalier, pour les cordonniers.

Portié, sindic, François Joulin, pour les menuisiers, tonnelliers, bois, selliers, ébénistes, tourneurs et sabotiers.

Delhomme, sindic, Mareille, pour les maîtres maçons, couvreurs, plombiers, paveurs, plastriers, tailleurs de pierres et constructeurs en piastres et ciment.

Métivier, sindic, et Marc Minière, députés et fondés de pouvoir des mcs serruriers, taillendiers, maréchaux, ferblantiers, cloutiers et ferrailleurs.

Boillot, sindic des poeliers, fondeurs , potiers d'étain, épaingliers et bijoutiers.

Pardessus, doyen et bâtonnier des avocats.

Amiot, doyen de la communauté des procureurs.

Ferrand, greffier en chef des Eaux Forest.

Suit une délibération des officiers de l'élection de Blois.

Les négotiants et commissaires de la ville de Blois reconnaissans avec douleur qu'à la tenue des Etats Généraux de 1614, le Tiers Etat était représenté de manière à ne pouvoir faire valoir ses droits et que, si cette même composition avait lieu aujourd'huv (1), que le Tiers Etat dégagé de

(1) Le rédacteur de la pièce a oublié ici quelques mots, mais jl esÇ facile dç rétablir le sens,.

toute espèce de servitude vivifie presque seul le royaume par la culture, les arts et le commerce, compose à lui seul plus des dix-neuf vingtièmes de la nation et porte plus des trois quarts du poids énorme des charges publiques, considérant, disons-nous, que si la composition des Etats Généraux prochains était la même qu'en 1614, il en éprouverait un très grand préjudice, ils demandent avec instance :

i° Qu'à la tenue des Etats Généraux, le nombre des députés du Tiers Etat soit au moins en nombre égal à celui des députés des ordres du clergé et de la noblesse réunis.

20 Que, lors des délibérations, les trois ordres se réunissent en commun et que les voix s'y prennent par tête et non par ordre.

30 Que les annoblis, ainsi que les nobles, ne puissent être élus présidents ni députés pour le Tiers Etat.

40 Sollicitent encor que sa Majesté veuille bien accorder à cette province des états provinciaux composés d'après les mêmes règlements que ceux qu'elle vient d'accorder au Dauphiné. prient les officiers municipaux de faire parvenir leur vœu aux pieds du throne et aux ministres de sa Majesté et d'en solliciter l'effet.

Pointeau, Audouin-Boesnier, Legros, Porcher- Aurioust, Guérin-Boucherat, Chéron-Lamotte, Bréchemin, Millochin et Leroux, Blau.

(Archives de Blois, BB. 31, f° 77, et pièces annexes).

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