‹ Les métiersChapitre 1 sur 9 · LE LABOUREUR · texte numérisé non relu

LE LABOUREUR

à la terre. Puis il revient, il sème, et le grain germe, pour que le monde continue de vivre.

Pensez que le labour est le plus ancien des métiers, et le plus universel. Dés le début, et lorsque l'homme marchait sur un sol tout jeune et saturé d'énergies, il inventait la charrue. Elle est sculptée sur les plus vieux monuments, célébrée dans les plus vieux livres. Simple

branche d'arbre d'abord, aiguisée en forme d'épieu, elle devait, au cours des siècles, être fabriquée en métal, s'enrichir d'un versoir et d'une paire de roues. Mais l'idée première n'a pas changé.

Même la forme de la charrue primitive s'est conservée intacte dans un grand nombre de pays. J'ai vu les Arabes d'Afrique labourer avec une sorte de gros hameçon de bois qui égratignait la poussière et que tirait un chameau attelé avec un âne. J'ai vu des machines à peu près semblables dans les campagnes de l'Asie Mineure. J'ai rencontré, dans la plaine de Home, quinze charrues de front, exactement alignées, ouvrant et rejetant ensemble la terre violette. C'étaient les mêmes instruments que Virgile avait décrits : un coin de fer, deux ailes de bois, une plate-forme, à l'arrière du timon, sur laquelle le laboureur se tenait debout. Une moitié du monde ne laboure

Page 1