‹ Les Métrorragies FonctionnellesChapitre 10 sur 33 · AE | PE · texte numérisé non relu

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terminées et que l’écoulement sanguin n’est pas tout à fait tari (fig. 3). Notons en passant qu'il arrive quelquefois que la muqueuse utérine s’élimine en un seul morceau au cours de l’hémorragie cataméniale, sous la forme d’une membrane en doigt de gant plus ou moins complète; cetie élimination ne se fait pas sans quelques douleurs, maïs ce n’est en somme que l’exagération d’un phénomène physiologique auquel on donne le nom de dysménorrhée membraneuse.

En résumé, retenons que chez la femme, après vingtquatre jours de préparation à la nidation de l’œuf, si celle-ci n’a pas lieu, l’hémorragie menstruelle se produit, la muqueuse régresse et l’hyperémie disparaît. L’hémorragie marque donc la fin d’un cycle menstruel et la fin de cette hémorragie coïncide elle-même avec le commencement d’un autre cycle.

Si le cycle de l’ovaire et le cycle utérin sont actuellement bien connus dans leur évolution, il est encore bien difficile de dire quelles sont leurs relations chronologiques réciproques et de préciser la place exacte de l'ovulation dans le cycle menstruel. Cependant, des observations cliniques précises, ainsi que des expérimentations rigoureuses qui ont été faites sur certains grands singes, comme le macacus rhésus, permettent de représenter le cycle menstruel de la facon suivante:

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Muqueuse utérine au 24° jour du cycle menstruel : exsudation sanguine entre les culs-de-sac glandulaires, début de la phase d'élimination (D’après SCHRŒDER.)

Fia. 4.

Utérus métrorragique ; muqueuse hypertrophiée. (D’après CoTTE.)

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Tagreau II

Rapports chronologiques entre les phénomènes utérins et les phénomènes ovariens au cours du cycle sexuel.

PAÉNOMÈNES UTÉRINS

{ Post- menstruum :

phase de réparation et de prolifération muqueuses.

tan 1{f jours

Prémenstruum phase sécrétoire et de préparation de la muqueuse à la nidation de l’œuf.

11° au 24 jour.

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{ Menstruum : des-

\ truction de la muqueuse et

hémorragie.

24° au 28° jour.

PHÉNOMÈNES OVARIENS on CUT ne RE

Évolution d’un follicule.

Ponte ovulaire suivie de la formation d’un corps jaune.

l'Évolution du corps jaune.

Régression du corps jaune et commencement du développement d’un nouveau follicule.

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Ainsi donc, comme le dit Cotte, dans l’évolution de la muqueuse utérine il y a deux phases : l’une de construction, la plus longue, est faite en vue de la nidation de l’œuf; l’autre, de destruction, plus courte, plus brutale, marque la fin du cycle et se termine par l’hémorragie menstruelle toutes les fois qu'il n’y a pas eu fécondation. Du côté de l'ovaire, il y a chez la femme, comme chez les autres mammifères, une phase folliculaire et une phase lutéinique, le follicule ne commençant à évoluer que lorsque le corps jaune précédent régresse.

Mais sous quelles influences se produit l’hémorragie menstruelle? Nous allons le voir en étudiant maintenant le mécanisme de la menstruation. Parmi toutes les théories destinées à expliquer l’hémorragie menstruelle, il y en a qui reposent sur des faits mal observés et qui ne peuvent plus être acceptées. D’autres s’appuient sur des hypothèses qui n’ont pu encore être vérifiées expérimentalement. D’autres, enfin, font état de faits très précis observés soit chez les primates supérieurs dont les femelles sont réglées tous les vingtsept jours, soit chez d’autres mammifères dont la muqueuse utérine, à défaut de règles, montre des stades évolutifs tout à fait instructifs. En l’absence de données précises sur la ponte ovulaire de la femme, nous sommes obligé de raisonner en nous appuyant sur les analogies qui existent entre le cycle menstruel de celleci et le cycle sexuel des mammifères et en faisant état des faits actuellement démontrés dans la série animale. Il serait bien surprenant, en effet, que l’évolution fonctionnelle de la muqueuse ne soit pas commandée

par les mêmes facteurs chez la femme et chez les autres mammifères. Mais s’il existe quelques analogies entre le rut et la menstruation, il faut bien se garder d’assimiler ces deux phénomènes. Sans doute, ce sont là deux phénomènes, l’un et l’autre périodiques, en rapport, tous deux, avec l’ovulation. Il n’en est pas moins vrai, cependant, qu'ils n’ont pas la même signification physiologique et qu'ils se manifestent, au cours même du cycle, à des dates différentes. Les nombreux travaux faits en Amérique dans ces dernières années, les recherches si précises de Bouin et de ses élèves sur le cycle sexuel des mammifères, celles de Gerlinger en particulier sur la chienne, ne permettent pas le moindre doute à ce sujet. L’hormone folliculaire provoque l’hyperplasie de la muqueuse utérine. Le corps jaune assure ensuite son développement et préside à l’apparition des phénomènes sécrétoires. Le rut n'existe pas chez la femme, du moins en ce qui concerne l’acceptation du mâle à l’exclusion des autres périodes du cycle; mais comme chez les autres mammifères, pendant la phase folliculaire la muqueuse utérine commence sa préparation à la nidation de l’œuf; celle-ci se poursuit et s’achève pendant l’évolution du corps jaune. La menstruation survient chez les primates et chez la femme non pas au cours de l’œstrus, mais au cours du postæstrus. Elle ne se fait qu’autant que l’ovule n’a pas été fécondé. Elle n’est, comme l’a tres bien dit Marshall, qu’un accident au cours du cycie menstruel. La muqueuse utérine n’est pas, comme on le croyait autrefois, une partie d’organe qui reste inerte dans l’intervalle des deux périodes menstruel-

les : précédente et suivante. Chez la femme, elle subit, comme chez les autres mammifères, pendant toute la durée de la vie génitale, des métamorphoses qui la serdent apte à assurer, le cas échéant, la nidation de l’œuf. Et, comme le fait très judicieusement remarquer Histschmann, ce n’est certes pas en vue de cette hémorragie terminale, mais bien en vue de la gravidité que la muqueuse utérine se modifie ainsi chaque mois. La menstruation n’est qu’un accident qui traduit l’inutilité de l’effort fourni par la muqueuse dans ce stade préparatoire. Aussi on peut admettre que chez la femme, comme chez les autres mammifères, les hormones du follicule et du corps jaune interviennent presque dans le même sens au niveau de l'utérus, en provoquant du côté de la muqueuse les modifications nécessaires propres à assurer la nidation de l’œuf. D’autre part, puisqu'il paraît bien établi que la ponte ovulaire, qu’on peut, en principe, fixer au douzième jour après le début des règles, c’est-à-dire le huitième jour du cycle, peut subir des variations assez importantes, on ne voit pas pourquoi le corps jaune ne pourrait pas, par une évolution accélérée ou ralentie, compenser l’évolution trop lente ou trop rapide du follicule, ce qui assurerait la régularité du rythme menstruel. Cela est d'autant plus vraisemblable que déjà dans certains follicules non rompus on peut voir parfois les cellules de la granuleuse se transformer en cellules lutéiniques. Le corps jaune menstruel, en tout cas, n’a qu'une vie limitée et sitôt qu’il régresse, la muqueuse utérine entre également en régression. La menstruation survient environ deux jours après. Dès

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lors, pourquoi chercher dans l’ovaire une hormone qui provoque le flux menstruel? Il est plus simple d’admettre que par ses hormones folliculaires, puis lutéiniques, l’ovaire assure non seulement la régularité de l'ovulation, mais qu’il règle encore le développement de la muqueuse utérine qui se prépare à recevoir l’œuf fécondé et à assurer sa nidation. Si celle-ci n’a pas lieu, le corps jaune régresse et la muqueuse arrivée à son complet développement subit une destruction brutale qui s’accompagne d’une hémorragie. L’ovaire n’a donc pas un rôle actif dans le mécanisme de l’hémorragie menstruelle; s’il préside à la construction d’une muqueuse susceptible d'offrir un abri à l’ovule fécondé, c’est au contraire la soustraction de son influence matérialisée par la régression du corps jaune qui détermine une régression trop rapide de la muqueuse utérine pour qu’elle se fasse sans hémorragie. Tout se passe comme si la mort de l’ovule entraînait la chute de la clef de voûte de l'édifice utérin. L’hormone lutéinique venant à diminuer et peut-être à se modifier avant de faire complètement défaut, la muqueuse utérine ne reçoit plus le stimulus qui lui venait de l’ovaire et entre dans une phase de déchéance et d’élimination partielle; c’est la liquidation d’une tentative manquée. En somme, le phénomène menstruel a beaucoup d’analogie avec l’avortement ; les règles sont des avortements d’un ovule mort; et de même que la mort d’un embryon entraîne l’expulsion au cours d’une hémorragie non seulement de l’œuf et de ses enveloppes fœtales, mais encore d’une muqueuse utérine différenciée dans le sens de son uti-

lisation et qu’on appelle une caduque, de même la mort d’un ovule provoque avec son élimination celle d’une muqueuse qui s’apprêtait à le recevoir. Mais pourquoi cette régression aussi rapide de la muqueuse utérine, régression tellement rapide qu’elle entraîne son élimination partielle au cours d’une hémorragie? En quatre jours est détruit un édifice qui a demandé vingt-quatre jours de construction. L’abondance des matériaux accumulés dans la muqueuse utérine pendant la phase sécrétoire est telle qu’elle nécessiterait pour sa résorption une régression assez lente de la muqueuse, peut-être aussi lonque que sa construction, d’où un allongement considérable du cyele menstruel et des chances de fécondation diminuées d’autant. D'autre part, à la fin de la phase sécrétoire, le vingtquatrième jour du cycle œstrien, la muqueuse utérine présente une différenciation fonctionnelle tellement spécialisée que le retour progressif vers le type initial est impossible, l’évolution est irréversible sans accident et l’accident c’est l’hémorragie et l’élimination partielle. Enfin la nature, dans sa finalité tendue vers la reproduction de l’espèce, accélère le rythme sexuel en diminuant la phase régressive du cycle sans toucher à la phase constructive, la seule importante au point de vue de la reproduction. L’hémorragie menstruelle est une liquidation rapide d’une tentative manquée, mais elle marque le début d’une préparation pleine d’espoirs.

La fin de l’hémorragie menstruelle se produit par un phénomène de cicatrisation tout à fait comparable à celle de toutes les autres muqueuses; il est cependant

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