‹ Les Métrorragies FonctionnellesChapitre 27 sur 33 · LT ES · texte numérisé non relu

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Le cas le plus bénin est représenté par les hyperménorrhées qui marquent parfois le début de la menstruation et qui relèvent le plus souvent d’une congestion utérine exagérée. Dans ce cas, il suffit souvent de quelques recommandations hygiéniques pour voir la menstruation se régulariser : entre les règles, éviter la fatigue physique et intellectuelle et se livrer à des exercices modérés; au moment des règles, repos au lit avec une vessie de glace sur le ventre ou quelques injections chaudes; si les règles se prolongent, prendre un peu d’ergotine dès le troisième ou le quatrième jour; préventivement pendant les dix jours qui précèdent les règles suivantes, prescrire des préparations à base d’hydrastis ou d’hamamélis. Ces malades, qui sont souvent des neuro-arthritiques, bénéficient d’une cure hydro-minérale à Luxeuil ou à Néris.

À un degré de gravité de plus, les règles sont non seulement trop abondantes, mais encore trop fréquentes, ou bien alors les hémorragies n’ont plus aucun rythme et des métrorragies profuses s’intercalent entre des périodes d’aménorrhée plus ou moins courtes.

Si le traitement hygiénique et médicamenteux précédent a échoué, il faut essayer les médicaments coagulants puis les vaso-dilatateurs tels que l’émétine et surtout l’insuline. Ce dernier médicament opothérapique donne des résultats remarquables dans le traitement des métrorragies fonctionnelles des jeunes filles, qu’il soit administré selon la méthode de Vogt pour les faire cesser ou selon la méthode de Cotte pour en prévenir le retour. On peut encore essayer les différents traitements opothérapiques, en particulier les

extraits polyglandulaires à base ovarienne, la sistomensine ou même la folliculine. Cela peut paraître paradoxal, mais Murken aurait obtenu quelques bons résultats en injectant 1 ce de folliculine par jour pendant quelques jours. Si ces différents traitements n’ont pas réussi, avant d’avoir recours aux moyens physiothérapiques ou chirurgicaux, il faut soupconner la tuberculose ou surtout la syphilis. Chomé recommande de faire un traitement d’épreuve, si les examens cliniques et sérolegiques se sont montrés négatifs. Et de fait on voit quelquefois après échec complet des traitements médicaux habituels, l’administration du sirop de Gibert arrêter les hémorragies et régulariser le cours de l’ovulation.

Si tous les traitements médicaux ont été essayés en vain, il ne faut compter sur le curetage que pour confirmer le diagnostic posé; nous avons vu que sa valeur thérapeutique essentiellement symptomatique était de courte durée. C’est à ce moment que l’on est autorisé à envisager les traitements physiothérapiques ou chirurgicaux. Deux méthodes sont employées concurremment en ce moment, la curiethérapie et la réduction ovarienne. L’une et l’autre ont leurs avantages et leurs inconvénients. Nous avons vu que la marge de sécurité était bien étroite dans le traitement physiothérapique ; d’autre part, en employant cette méthode, on risque d’irradier une lésion ovarienne, comme un kyste lutéinique, qu’il serait beaucoup plus facile d’extirper, ou encore d’irradier deux ovaires qui ne sont qu’en partie malades ou même dont l’un est complètement sain. Aussi, étant donné la sécurité que procure l’asepsie

moderne, et l’innocuité d’une laparotomie, nous sommes plutôt partisan de l’intervention chirurgicale qui permet d’abord de voir et de reconnaître les lésions présumées par l’examen clinique, puis d’agir directement sur elles.

Quoi qu’il en soit, que l’on adopte l’une ou l’autre méthode, le physiothérapeute ou le chirurgien doivent s’efforcer de conserver à l’appareiïl génital toute sa valeur fonctionnelle, ou tout au moins sa valeur endocrinienne en conservant un ovaire, si une hystérectomie est indispensable.

Chez la femme au cours de la phase active de sa vie génitale. — Passé l’âge de la puberté, les caractères sexuels secondaires de la femme étant bien acquis, les inconvénients d’une castration prématurée sont moindres, mais ceux de la stérilité qu’elle entraîne subsistent. Aussi chez les femmes jeunes adoptera-t-on la même tactique thérapeutique que celle que nous avons préconisée à propos des jeunes filles au voisinage de la puberté; c’est-à-dire que le traitement sera autant que possible conservateur. En cas d’échec du traitement médical, on aura recours à la curiethérapie ou plutôt au traitement chirurgical qui, comme nous l’avons expliqué, a le gros avantage sur le précédent de ménager plus facilement les différentes fonctions de l’appareil génital : fonction de reproduction et fonction endocrinienne.

Chez la femme au voisinage de la ménopause. — Au fur et à mesure que la femme avance en âge et qu’elle approche de la ménopause physiologique, les incon-

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