SECRETAIRE A ABATTANT
Les petites tables à écrire ne diffèrent des grandes que par les dimensions de leur dessus, réduit quelquefois à om650 de longueur sur.om405 à om485 de largeur, et par un petit rebord qu'on y ajoute de trois côtés. Ce dessus est tantôt garni de peau, tantôt en bois uni et apparent. Vers 1770, on le cintre par le devant, étrange anomalie puisque la position de la personne qui écrit semble plutôt exiger une forme creuse.
Au nombre de ces petites tables, il faut comprendre
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les secrétaires de toute espèce, à la fois tables et meubles fermés, et que l'on désigne volontiers aujourd'hui sous le nom de petits bureaux de dames. Leur pied, d'une hauteur de om65o à om730 est fait de quatre pieds de biche très légers. Il comporte, sur le devant, deux rangées de tiroirs qui occupent om245 à om270 de hauteur. Le rang inférieur ouvre de toute la profondeur du meuble. Le premier rang n'a de mobiles que les tiroirs des bouts. Le tiroir du milieu est simulé, sa place étant occupée par une case ou cave qui s'ouvre par en haut pour les papiers secrets.
Le dessus de la table, qui mesure depuis om65o à om975 de longueur sur om325, om405 ou om46o de largeur, est entièrement occupé par un serre-papiers de om245 à om325 de hauteur, composé de deux rangs de tiroirs étages en pyramide aux deux bouts, avec tablettes ouvertes dans l'intervalle. Ce serre-papiers forme un coffre ou bâti à part (comme dans les bureaux à cylindre). Il entre à rainures dans le dessus de la table, sur lequel on le colle ou on l'arrête par des goujons, et se ferme sur le devant par une porte ou « abattant » incliné à 450, servant de table à écrire quand il est rabattu. L'abattant se soutient horizontalement, soit avec des tirants de fer placés au-dessous de la table, soit avec des crochets attachés d'un bout au revers de l'abattant et arrêtés de l'autre dans une mortaise pratiquée à l'intérieur du bâti du serre-papiers où ils rentrent quand on ferme l'abattant.
Ce petit meuble, en grande vogue à partir de 1745, se fait de bois uni et sans moulures. Les modèles élégants sont recouverts de bois de placage ou de marqueterie. Certains
sont chantournés sur le pourtour de l'abattant. Ils n'ont point d'amortissement. Vers 1780, on leur donne le nom de secrétaires « en tombeau », plutôt sans doute pour la forme en pente de leur abattant (1), que pour leur rôle de tombeau des secrets. Les ébénistes leur ont fait subir quelques modifications heureuses. Le pied comporte toujours deux rangées de tiroirs, mais la rangée inférieure n'a de tiroirs qu'aux deux bouts, l'espace du milieu restant libre pour le jeu des jambes. Le secrétaire est surmonté d'un amortissement présentant un rang de quatre tiroirs et une légère galerie de bronze. Les dimensions sont un peu plus grandes et la longueur atteint im250 sur une hauteur^ totale de imi35-
Un compromis élégant de la même époque combine la petite table à écrire avec le casier de livres et donne le « bonheur du jour ». On le fait en acajou avec un rang de deux ou trois tiroirs selon la longueur de la table. La hauteur du casier, à portes vitrées, avec rideaux de taffetas vert, est également très variable. Elle ne dépasse pas parfois omio,o. Tous ces petits bureaux de dame sont d'une grande variété et toujours d'une exécution soignée.
Roubo donne aussi la construction d'un secrétaire « à culbute », dont le serre-papiers rentre dans l'intérieur du pied de table « en faisant la culbute », ce qui permet d'utiliser la table tantôt pour écrire et tantôt pour jouer. Il est probable que ce meuble singulier fut d'un usage peu fréquent.
(1) Cf. pi. XXVII le lit à « tombeau ».
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