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TABLES DE NUIT

Inventée en 1717, selon Voltaire (Dictionnaire philosophique), la table de nuit, « ce meuble commode qu'on place près d'un lit et sur lequel se placent plusieurs ustensiles », se compose de quatre pieds et de deux tablettes, l'une à om485 de hauteur, l'autre à om70, recouvertes parfois de marbre. L'espace compris entre ces deux tablettes est fermé sur trois côtés par des. panneaux à jour. Au-dessous de la tablette du bas, on pratique un petit tiroir d'environ omo55 de hauteur qui s'ouvre à droite de la table. Les pieds et les trois côtés sont en saillie au-dessus de la tablette du haut pour retenir les objets qu'on y place. C'est un meuble léger, à pieds de biche et à formes chantournées jusque vers 1770.

Sous Louis XVI, la table de nuit est entièrement ouverte. Les tablettes ne sont reliées que par deux panneaux de côté, et la tablette du bas sert aussi bien à porter des livres qu'un vase de nuit. Sous la tablette du haut, dépourvue de rebord, on dispose un rang de deux petits tiroirs. Hauteur om65o, largeur om5i5.

TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS

GUERIDONS

Avant l'invention des tables de nuit, c'est le guéridon qui sert à porter la lumière et tout ce dont on peut avoir besoin pour la nuit. Mais le guéridon du XVIIe siècle, de om8io à om975 de hauteur, s'est abaissé dès la Régence au niveau d'une table un peu élevée, om70 à om755. Son dessus, monté à vis sur une tige unique, est ravalé pour former rebord au pourtour que l'on décore ordinairement de moulures. Le pied, en forme de plateau et orné également de moulures, repose sur trois ou quatre boules. Vers 1770, le guéridon à la mode perd encore de hauteur. Le pied, au lieu d'un plateau plein, se compose de trois patins qui s'assemblent dans la tige. Comme il sert souvent à porter la lumière près du feu, on y ajoute une main en saillie pour tenir un écran qu'on arrête avec une vis à la hauteur convenable.

Sous Louis XVI, l'anglomanie fait créer de charmants modèles de guéridons ou de petites tables pour «le déjeuner à l'anglaise ». On les fait rectangulaires, avec rebords sur les quatre côtés, circulaires, avec tablette entre les pieds. On tient les pieds cambrés ou à l'antique (Boucher fils). Aucun de ces petits meubles n'a de tiroirs.

CHIFFONNIERES

Les chiffonnières en ont. Ce sont de petites tables dont les dames se servent lorsqu'elles travaillent à coudre ou à broder. Elles ont ordinairement om650 de hauteur, et leur

dessus mesure om325 à om405 de longueur sur om245 à om325 de largeur. Sous ce dessus, recouvert parfois de maroquin comme pour les tables à écrire et muni de rebords sur trois côtés, on ménage deux ou trois tiroirs superposés dont l'ouverture se fait par devant ou par côté. Celui du haut est disposé pour recevoir un encrier. Le meuble tient donc autant des petites commodes que des tables. Sous Louis XV, il est chantourné et à pieds de biche. On le munit, à omi35 ou omi6o de la base, d'une tablette assemblée avec les quatre pieds, dont elle maintient l'écart, et garnie au pourtour d'un rebord pour retenir ce qu'on y met. Comme on s'en sert l'hiver, au coin du feu, on y adapte parfois un écran par derrière, à l'aide de deux coulisseaux.

Ce petit meuble léger, souvent monté sur roulettes de cuivre, est en grande vogue de 1775 à 1789. La fantaisie des ébénistes et des ornemanistes en multiplie les variétés.

On fait des chiffonnières rectangulaires, larges de om485, hautes de om730, avec un seul rang de tiroirs, une galerie en bronze repercée entourant le dessus, un filet garnissant la tablette du bas de façon à former une case pour les laines ou les chiffons ; les pieds droits sont à l'antique. On en fait aussi de circulaires, à om325 de diamètre environ, hautes de om755, avec deux tablettes entre les pieds.

Vers 1785, la mode amène la « chiffonnière ronde à l'anglaise », d'une construction un peu différente. C'est une table plus basse (om540 de hauteur), à pieds légers et droits montés sur roulettes, à tablette distante de om2i5 du sol.

TABLES — BUREAUX — GUÉRIDONS — ÉCRANS

Le dessus peut être carré (ou plutôt rectangulaire), avec deux rangs de tiroirs en dessous. Il peut être circulaire (diamètre om43o), avec un seul rang de tiroirs (i).

ATHENIENNES

Citons encore, parmi les petits meubles, l'athénienne, gracieuse et éphémère création de la mode à la « grecque ». C'est une petite table en forme de trépied, composée de quatre pieds et de trois tablettes circulaires, l'une à la base, la seconde au milieu, la troisième formant dessus, et de plus en plus grandes. Celle d'en haut contient une cave ronde pour recevoir des rieurs. Wattin, qui s'en attribue l'invention, en donne une description détaillée dans les Annonces (1773). Lalonde appelle l'athénienne « petit pied » ou « caisse à bouquets » (hauteur omo,20, diamètre om43o). En aucun cas, on ne lui donne le nom de brûle-parfums qu'on trouve consacré dans les catalogues de ventes.

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