SECRETAIRES-ARMOIRES
Le dernier genre de meubles fermants dont fait usage le xvme siècle, c'est le secrétaire «en forme d'armoire» ou plus simplement le secrétaire-armoire qui peut servir à la fois de coffre-fort, de secrétaire et même de commode. Sa naissance se place vers 1740 environ, mais la grande vogue ne lui vient que vingt ou trente ans plus tard.
Bien que divisé en deux parties sur la hauteur, le secrétaire-armoire est fait d'un seul corps, dont le bâti, à peu près semblable à celui des armoires, mesure environ im30 de hauteur sur om8io à om975 de largeur et om325 à om405 de profondeur. Il présente quatre portes sur le devant. Les deux d'en bas s'ouvrent comme dans les bas-de-buffets, c'est-à-dire verticalement. Les deux d'en haut, qui tiennent ensemble et par conséquent sont feintes, se rabattent horizontalement en un seul panneau pour servir de table à
écrire. Au-dessus de cet « abattant », immédiatement au-dessous de la corniche, est disposé un tiroir qui ouvre de toute la largeur. L'abattant, abaissé, doit se trouver à om70 du sol. Les premiers modèles sont souvent terminés par un amortissement en retrait, en forme de doucine, qui sert à supporter une sphère, un buste, une pendule. Quelques-uns sont chantournés sur toutes les faces. A partir de 1770, la cimaise à angles droits ou à pans coupés est la règle générale. Sous Louis XVI, le dessus en marbre devient très fréquent et supprime toute cimaise.
La disposition intérieure est très variable. Les ébénistes se sont complu à modifier à leur fantaisie le nombre des tiroirs, des casiers, des cachettes à secret. Voici cependant l'arrangement le plus fréquent. Dans la partie du bas est disposé un caisson d'environ om325 de hauteur, contenant deux rangs de tiroirs ouvrant de toute la largeur, comme ceux des commodes, ou séparés en deux. Quelquefois, les tiroirs sont simulés et le caisson s'ouvre par devant en forme d'armoire ou par dessus. La partie supérieure est remplie, comme dans les autres secrétaires, par un serrepapiers comprenant deux rangs de casiers, au-dessus d'un caisson contenant deux rangs de tiroirs de chaque côté; un petit caisson au milieu, qui rentre dans le grand aussi juste que possible, masque deux petits tiroirs secrets au fond et ferme la « cave ».
Par la suite, l'imagination des décorateurs modifie le type classique Dans certains modèles, dits secrétaires « chiffonniers », la partie inférieure au lieu d'être disposée en armoire, contient trois rangées de tiroirs, ouvrant de
MEUBLES FERMANTS
toute la largeur, comme dans les commodes. D'autres, à côtés arrondis, présentent des rangs de tablettes de chaque côté de l'armoire, ouverts dans la partie supérieure, fermés par un panneau cintré dans le bas. D'autres sont entièrement garnis de tiroirs, en haut comme en bas, dissimulés par des portes à coulisse. D'autres enfin sont en trois parties au lieu de deux : au milieu le secrétaire à abattant, en bas des tiroirs ou une armoire, en haut une armoire plus petite dont les vantaux peuvent être vitrés.